Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

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Albin Michel - janvier 2014 - 416 pages
Albin Michel - octobre 1989 - 303 pages
10/18 - mars 2004 - 303 pages
traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet
Titre original : Last exit to Brooklyn, 1957
Quatrième de couverture :
Peu de livres ont suscité autant de haine, d’admiration  et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait « exploser sur l’Amérique comme une bombe infernale qu’on lirait encore cent ans après. » Cette prédiction est en train de s’accomplir :Last Exit est considéré aujourd’hui comme la première manifestation et le testament d’une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.
Auteur : Né à Brooklyn en 1928, Hubert Selby Jr. est un auteur incontournable de la littérature américaine contemporaine. Last Exit to Brooklyn, publié en 1964, est son premier et plus célèbre roman qui déclenche à l'époque procès et interdictions de traduction dans plusieurs pays. Atteint très jeune de tuberculose, accro à l'héroïne - expérience qui lui inspirera notamment Requiem for a Dream en 1978 - il décède en 2004.

Mon avis : (lu en février 2014)
Ce livre est la réédition avec nouvelle traduction d'un ouvrage mythique de l'Amérique des années 60. (que j'avoue je ne connaissais pas, même pas de nom...)
Avant de commencer à lire ce livre, je vous conseille de lire la note des traducteurs en fin de l'ouvrage. En effet, l'auteur a voulu transcrire le parler des rues de New York en créant sa propre typographie, le plus marquant c'est l'absence d'apostrophe « ’ » remplacée par « / » ou par rien. Au début c'est assez déstabilisant à lire puis je m'y suis faite... (cf. extrait)
New York, dans les annees 50, Hubert Selby Jr. nous invite à découvrir dans ce livre de six nouvelles, le destin tragique de six personnes qui "traîne leur vie" dans les bas fonds du quartier de Brooklyn. Vinnie et sa bande passent leur temps au bar "chez le Grec", et cherchent la bagarre, Georgette, le travesti amoureux, Tralala, une fille facile qui finira mal, Harry plein de haine... 

J'ai trouvé ce livre trop exigeant à lire pour moi. Après une première journée de lecture (120 pages), j'ai fait une pause en passant à un autre livre... J'y suis revenue pour en lire péniblement 100 pages par 100 pages en survolant certains passages... Je ne peux pas dire avoir apprécié cette lecture. Toutes ces histoires sont dérangeantes, il n'est question que de délinquance, de drogue, d'alcool et surtout de sexe... La violence est présente en permanence, le langage est très cru.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et cet ouvrage.

Extrait : (début du livre)
Ils étaient vautrés tout le long du comptoir et sur les chaises. Encore une soirée. Encore une soirée chiante à tirer chez le Grec, un diner pourri ouvert toute la nuit près de la base militaire de Brooklyn. De temps en temps un biffin ou un mataf entrait bouffer un hamburger et faisait jouer le jukebox. Mais d/ordinaire ils mettaient le disque à la gomme d/un quelconque plouc. Ils demandaient bien au Grec de remplacer ces disques-là, mais y leur disait non. Ils viennent ici dépenser leur argent. Vous, vous traînez toute la nuit sans acheter que dalle. Tu tfousdmoi Alex ? Tu pourrais prendre ta retraite rien qu/avec le pognon qu/on claque ici. Skata. Ça paye même pas mon trajet en bagnole...
24 disques dans le jukebox. Ils pouvaient en avoir 12 de leur choix, mais les autres c/était pour les clients de la Base. Si quelqu/un jouait un disque de Lefty Frazell ou d/un autre bouseux ils se mettaient à gémir, à faire des gestes avec les mains (Non mais ! putain quel ringard) et sortaient dans la rue. Cette fois, comme 2 gusses collaient des pièces dans le bastringue, ils s/installèrent adossés au réverbère ou appuyés contre les ailes des bagnoles. C/était une nuit tiède et claire et ils tournaient en rond, traînant le pied droit avec lenteur dans le déhanchement du danseur de kotsarie, la clope pendant au bec, le col du polo relevé sur la nuque, rabattu et roulé par-devant. Plissant les yeux. Glaviotant, regardant défiler les bagnoles. Les reconnaissant. Marque. Modèle. Année. Puissance. Arbre à came en tête, V-8. 6,8, cent cylindres, plein de chevaux. Plein de chrome. Feux rouges et ambre sur la calandre. Tavu la calandre de la nouvelle Pontiac ? Putain, la vraie classe. Ouais, mais pour les reprises tu repasseras. Rien vaut la Plymouth pour les reprises. Merde. Elle a pas la tenue de route de la Buick. Tu sèmes tous les flics avec la Roadmaster. Si t/arrives à démarrer. Lignes droites. Virages. Tu sèmes le shérif. La boîte automatique. Le système Dynaflow. Hydramatics. Tu démarres pas. Tu les auras tous sur le poil avant d/avoir fait cent mètres. Pas avec la nouvelle 88. T/enfonces laccélérateur et t/es plaqué contre le dossier. Une caisse géniale. Je choure plus rien d/autre. Yapas mieux pour un braquage. Nem-pêche, j/aime bien la Pontiac. Au cas que j/achèterais une bagnole. T/ajoutes des protège pare-chocs, des phares, quatre enjoliveurs de Cadillac et une superantenne à larrière... merde, yapas une tire qui en jette plus sur la route. Tu déconnes. T/arrives pas à la cheville de la Continental 47 décapotable. C/est le sommet. On en a vu une en ville, lautre jour. Sacrée-putain-de-bagnole. Putain ! ! ! Les bouseux continuaient à bêler et eux y causaient et marchaient, causaient et marchaient, rajustant leur polo et leur futal, expédiaient d/une pichenette leur clope sur la chaussée - j/aurais voulu que tu la voies cte tire. 

 

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