les gosses Buchet Chastel - avril 2013 - 176 pages

Quatrième de couverture : 
« Je fais souvent le même rêve, enfin plutôt le même cauchemar. Mes enfants se transforment, ils ont des bras et des jambes immenses qui traversent l'appartement et sortent par les fenêtres. Ils prennent de plus en plus d'espace. Je suis obligée d'enlever toutes les portes. Je les regarde se développer ainsi, impuissante, et j'ai peur qu'ils m'écrasent. »

Une mère, la quarantaine, divorcée, légèrement dépassée. Et ses trois gosses : deux ados et une petite fille. Situations désopilantes, moments de crise et fous rires. Le portrait sans fard d’une famille du XXIe siècle.

Auteur : Valérie Clo vit en région parisienne et travaille dans l'audiovisuel. Elle a publié Plein soleil.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
La narratrice est une femme de 42 ans, divorcée qui élève ses trois enfants : un ado de dix-huit ans qui a raté son bac et qui a décidé de travailler plutôt que reprendre des études, une ado de seize ans toujours à la mode et critique et la petite dernière âgée de neuf ans obscédée par le bio et l'écologie... Cette mère de famille nous raconte son quotidien, les exigences de ses enfants, ses réflexions sur le temps qui passe, ses échanges avec son ex-mari, sa mère intruisive...
Ce livre se lit facilement et rapidement. Cette famille est plutôt caricaturale : l'ado avachi sur le canapé, qui vide le frigo, la mère qui fait honte à sa grande fille... Cette famille n'a aucun prénom : "ma fille, la grande", "mon fils", "la petite"
Quelques situations m'ont fait sourire, cela fait relativiser avec ce qui se passe réellement chez soi. La fin du livre est un peu brutale, comme s'il fallait attendre une suite ?

 

Extrait : (début du livre)
Depuis quelques mois, je ne sais pas ce que j’ai, je n’arrête pas de regarder les femmes qui ont passé la cinquantaine. Je fais une sorte de tri mental entre celles qui sont encore séduisantes et les autres, celles qui sont passées de l’autre côté, qui en quelque sorte ont déjà renoncé. Quand j’en vois une qui a du charme, je ne la quitte plus des yeux, j’essaie de comprendre comment elle fait. Est-ce parce qu’elle s’entretient ou est-ce ce qui émane d’elle qui la rend aussi belle ? J’ai envie d’aller l’embrasser, lui demander quel est son secret, lui dire à quel point elle me fait du bien. Qu’elle continue comme ça, elle est un espoir pour toutes les femmes. Elle donne envie de vieillir. Est-ce que je peux la prendre en photo ?

Il m’arrive aussi de plus en plus souvent de vieillir les gens. Je regarde quelqu’un et je lui donne plus qu’il n’a en réalité. Pas plus tard qu’hier, j’ai donné cinquante-cinq ans à une femme qui témoignait à la télé. Son âge s’est affi ché en bas de l’écran : quarante-deux ans. Le mien. J’ai couru me regarder dans la salle de bains. Je me suis dit que ça y était, je ne me rendais plus compte de mon âge. Ma mère soutient qu’il arrive un moment dans la vie où on ne se voit plus tel que l’on est. On a une image de soi, le plus souvent jeune bien sûr, qui s’est imprimée dans notre mémoire et qui ne correspond plus à notre âge dans la réalité. Eh ben ça y est, je suis en plein là-dedans.
Au mois de juin dernier, mon fils a raté son bac. Pour la rentrée, il a pris une grande décision : réfléchir au sens qu’il veut donner
à sa vie. En attendant de trouver, il a décidé de faire des petits boulots pour se confronter au monde du travail et savoir s’il veut
poursuivre ses études après. Son père, mon ex-mari, lui a rigolé au nez et lui a dit qu’il ne lui donnait pas trois mois avant de se réinscrire en terminale pour repasser son bac. Qu’il allait vite se rendre compte de l’importance des études pour faire un vrai métier. Mon fi ls lui a signalé que si avoir un vrai métier, c’était de se faire exploiter comme lui à longueur d’année, pour ensuite être viré comme un con à cinquante ans, ça ne lui donnait pas envie. Il préférait encore profiter de la vie.

Challenge Petit BAC 2013
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"Gros mot"