Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226249715g Albin Michel - août 2013 - 288 pages

Quatrième de couverture :
« Quelques semaines après le sinistre, en fouillant dans les décombres de ma chambre, j’ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C’était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne… J’ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. »

Pour tenter de renaître, Pauline part à Boston, en Nouvelle-Angleterre. Des rencontres étonnantes et baroques – un libraire-cyclope, un homme-oiseau, un professeur fantasque – la mènent sur les traces du grand écrivain romantique. Ode au rêve américain, celui de Hawthorne, Thoreau et Melville, La Transcendante est l’émouvant parcours d’une rédemption par la littérature. On y retrouve l’univers poétique et envoûtant de l’auteur de La Nuit n’éclaire pas tout, prix Cazes-Lipp 2011.

Auteur : Patricia Reznikov est franco-américaine. Auteur de plusieurs romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et albums jeunesse, elle a reçu le prix France Culture du premier roman pour Toro, le prix Thyde Monnier de la SGDL et le prix Charles Oulmont pour Le Paon du jour, et le prix Cazes-Lipp pour son dernier roman, La nuit n'éclaire pas tout (2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Pauline a tout perdu dans l'incendie de son appartement, tout a brûlé en particulier sa bibliothèque… « Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. » Après un séjour de quelques semaines à l'hôpital, elle revient sur les lieux du sinistre et retrouve le seul livre rescapé « La Lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne. Pauline décide donc de laisser sa fille à son ex-mari et de partir à Boston pour suivre les traces de Hawthorne. 
Elle va rencontrer quelques personnages hauts en couleurs, en premier lieu, Georgia, une vieille dame très originale, ancien professeur de littérature, elle va devenir son guide. Puis elle rencontrera Blake, un jeune homme, prof de philosophie.
J'ai trouvé très agréable cette lecture, je ne connaissais pas du tout « La Lettre écarlate » de Nathaniel, ni les Transcendantalistes (courant littéraire américain de la Nouvelle-Angleterre du XIXème siècle). J'ai vraiment aimé accompagner Pauline et Georgia dans cette visite historique de Boston et de ses environs.
Certains ont été gênés par les nombreuses phrases en anglais suivie de la traduction, pour ma part, n'étant pas à l'aise avec les langues étrangères, cela m'a amusée de lire de l'anglais sans faire l'effort de chercher la traduction...
J'ai aimé les personnages de Pauline et de Georgia et leurs échanges.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.
Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d'holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d'une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux.
À partir de ce moment ma vie a changé. Je n'ai plus cru en rien, ni au bonheur, ni à l'immortalité, ni que la vie puisse avoir une signification. Le fait qu'un appartement et tous les souvenirs qu'il renferme, tous les secrets, se transforment en cendres, le fait d'échapper de justesse à la mort me sont apparus comme l'événement le plus sinistre, le plus dénué de sens qui soit. L'épreuve n'a pas fait de moi une meilleure personne. Je ne suis pas devenue plus sage, plus généreuse, je n'ai pas eu de révélation. Je me suis sentie amoindrie, amère. Je me suis refermée sur moi-même pour lécher mes plaies.

Quelques semaines après le sinistre, en fouillant les décombres détrempés de ma chambre, à ma sortie de l'hôpital, j'ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C'était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, roman magnifique que j'avais eu l'intention de relire quelque temps auparavant, puis oublié près de mon lit. J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pouvait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leur secret avec eux. Je me suis mise alors à le parcourir fiévreusement. J'ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. Mais une réponse à quoi ?
C'est ce travail de questionnement fébrile, cette recherche un peu absurde qui m'a menée en Amérique cet été-là. J'ai voulu, pour essayer de comprendre, aller à la source du livre. À Boston, dans le Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre.

Sans trop savoir pourquoi j'avais poussé la porte de Savenor's, une épicerie fine de Charles Street. Dehors la température était montée jusque dans les cent degrés Fahrenheit. Une chaleur inhabituelle, disaient les gens ici. La fraîcheur climatisée m'a happée dans ses bras bienfaisants. Depuis trois jours que j'avais quitté Paris et commencé d'arpenter Boston, la canicule de juillet, la fatigue, le décalage horaire et un sentiment d'absurdité se mêlaient en une sorte d'hébétude. J'étais devenue une somnambule diurne. Un hibou délogé de son trou.
J'ai circulé entre les rayons de fromages français et d épices du monde entier, regardé les produits traditionnels américains, tenté de décrypter l'étiquette de ce mystérieux apple butter, une compote de pommes longuement cuites et épicées, et étudié les différentes sortes de pains frais. Puis je me suis penchée au-dessus du petit congélateur. Des paquets étranges, de formes diverses, emballés dans du film plastique et couverts de buée, étaient rangés en bon ordre.

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Massachusetts