27 juillet 2013

Une odeur de henné - Cécile Oumhani

une_odeur_de_henne_cecile_oumhani_9782842720711 une_odeur_de_henne_cecile_oumhani_9789973580375

Editions Paris Méditerranée - septembre 1999 - 

Editions Elyzad - mai 2012 - 236 pages

Quatrième de couverture : 
Kenza est médecin dans un hôpital de campagne. Son père lui a transmis sa passion des livres. Depuis son enfance, Kenza se sent différente, en rien semblable à sa mère ou à ses camarades de classe. Habitée par un vif désir de connaissance, elle fait tout pour échapper aux conventions de son milieu. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'un jeune homme a demandé sa main, Kenza se révolte. Elle part pour Paris, loin de l'emprise de la tradition. Sans se douter que sa soif de liberté y sera aussi mise à l'épreuve...
Grâce à son écriture sensible, Cécile Oumhani donne vie à un personnage attachant qui se débat dans ses contradictions, vit intensément ses émotions, s'émancipe, mais à quel prix, et découvre dans la souffrance une forme de libération.
Un roman élégant qui se fait l'écho intime de questions brûlantes dans la société tunisienne d'aujourd'hui.

Auteur : Poète et romancière, Cécile Oumhani est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Une odeur de henné est son premier roman. Elle a publié Le café d'Yllka (2008), Prix Littéraire Européen de l'Adelf (Association des écrivains de langue française), traduit en Italie.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
J'ai découvert ce livre grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque.
Le henné est un colorant naturel qui sert à réaliser des tatouages sur les mains d'une jeune mariée. Dans les pays du Magreb, cela représente la tradition et les mariages arrangés. Kenza est une jeune tunisienne de trente ans, qui a fait des études et est maintenant médecin, c'est une femme indépendante qui, aux regrets de ses parents, n'est toujours pas mariée. Un jour, un ami de la famille fait officiellement sa demande et Kenza ne se voit pas perdre sa liberté obligée de s'occuper d'un mari, de tenir une maison et d'avoir des enfants. Elle accepte ces fiancailles en échange de pouvoir partir un an à Paris pour faire de la recherche en médecine. Arrivée à Paris, elle prend de plein fouet le choc culturel, la liberté des femmes l'étonne, elles peuvent aller boire un verre dans un café, le compagnon de son amie française s'occupe de préparer le repas... Elle est perdue par ces différences culturelles et lorsqu'elle rencontre Jacques, elle est troublée par les sentiments qu'il suscite chez elle. Pour se protéger, elle se renferme sur elle-même et elle décide de porter un foulard et une tunique sombre. 

Une très belle lecture où il est question de traditions culturelles et religieuses, de la place de la femme dans la société tunisienne. L'écriture est sensible, poétique, les femmes sont au centre de cette histoire. A découvrir !

 

Extrait : (début du livre)
La nuit tombe sur Benissa. Les visages sont maintenant gagnés par l'onde dorée d'une autre lumière. La chaleur relâche son emprise et les gens émergent de la torpeur de l'après-midi. Le village s'éveille et entonne une rumeur ample et sourde. Ses maisons tout à l'heure prostrées dans la profusion des jardins se détachent avec un nouveau relief. Le village est paré du décor électrique qui s'illumine depuis l'arête des minarets, dès le crépuscule. Des enfants jaillissent des portes peintes de rouge, de bleu, se lancent dans des cavalcades, dégringolent le lacis des venelles tracées par de lointains ancêtres andalous. Leurs cris ricochent d'une cour à l'autre. Les vieilles psalmodient dans l'ombre du mausolée de Sidi Toumi. Des jeunes filles rient aux éclats à la fontaine où elles puisent l'eau et son joyeux murmure. La montagne fauve règne là-bas au fond du ciel. Ses contours assombris sculptent une menace indéfinie mais millénaire. C'est la saison des mariages et la nuit va bientôt résonner des ululuments des femmes en liesse dans le rythme obsédant des darboukas, traversé par les sonorités aigres du mezoued.

 

Posté par aproposdelivres à 06:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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