Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : LUMIERE

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Balland - octobre 2011 - 252 pages

Pocket - février 2013 - 245 pages

Quatrième de couverture :
Paul-Emile Bramont n'est pas un foudre de guerre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne voue pas au travail la vénération exigée par l'époque. Prince des ratés, il explore avec sérénité les bas-fonds de l'ambition, passant d'un hôtel miteux à un boulot minable et à des combines louches. Accompagné de son copain Momo, dj de patinoire de son état, et Bérangère, la femme d'un chirurgien plasticien, sa maîtresse du moment, il décide de fuir cette société basée sur le culte de la technique et de la consommation à tout-va et prend la route. Au cours de ce road-trip chaotique, ils découvriront Jérusalem, un hameau paisible où la loi du marché n'existe pas. On y boit sous les étoiles, on y lance des grenades pour combattre des chimères et les nuits sont enchantées. Ils y croiseront un curé anarchiste, un clochard amoureux des armes à feu et un militant primitiviste radical, tous en guerre contre le monde moderne et toute forme de production. Ils entrevoient alors un autre monde, un monde auquel il faudrait d'ores et déjà se préparer.

Auteur : Né en Alsace en 1969, Olivier Maulin vit et travaille aujourd'hui à Paris. Après des études sur l'histoire du Brésil à la Sorbonne et avoir exercé divers métiers (employé de banque, barman, conférencier, vendeur de sapins de noël ou facteur), il écrit aujourd'hui pour la presse notamment sur l'écologie ainsi que des scénarios. 
En 2006, il publie son premier roman En attendant le roi du monde, Prix Ouest France/Étonnants Voyageurs, pour lequel il est sélectionné au Festival du Premier Roman de Laval. Suivront quatre autres romans :Les Évangiles du Lac (2008), Derrière l'horizon (2009) et Petit monarque et catacombes (2009), ainsi que Les lumières du ciel (2011), sélectionné pour le Prix Flore 2011.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Livre que j'avais remarqué à sa sortie par sa couverture surprenante...
Paul-Emile Bramont ou Mimile ne court pas après le travail, il se contente de petits boulots ou profite de la gentillesse de ses amis. Après un travail de vendeur de sapins de Noël sur un parking de supermarché qui lui a permis de gagner une belle somme pour lui, il décide de partir quelques jours en vacances sur la Côte d'Azur. Il part vers le sud à bord d'une vieille Fiat Panda avec Bérangère, une femme au foyer sans enfants, très riche et son ami Momo, DJ dans une patinoire. La rencontre avec un auto-stoppeur vont leur faire faire un détour par Jérusalem, un petit hameau des Cévennes où une dizaine d'habitants vivent en autarcie, un peu à la baba cool, loin du monde moderne.
Une histoire pleine d'humour, avec des personnages haut en couleurs qui fait la critique de notre société de consommation. J'ai trouvé ce livre amusant et facile à lire mais sans plus, certaines situations peu crédibles ont alourdi l'histoire. Je n'en garderai pas un grand souvenir.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
J'avais laissé la fenêtre ouverte pendant la nuit. Il avait plu à l'intérieur de la piaule. Le parquet était tout taché, ça sentait le bois mouillé. Les toits brillaient, les pigeons roucoulaient, la matinée était froide mais ensoleillée, une belle journée de fin d'automne. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais l'impression qu'elle était pleine de promesses pour moi. J'ai rempli le lavabo d'eau froide, j'ai plongé ma tête dedans, j'ai soigneusement peigné mes cheveux mouillés, je me suis habillé et je suis descendu.

À peine le patron m'a-t-il vu qu'il s'est mis à tapoter de ses gros doigts sur le comptoir de la réception d'un air agacé. Il avait une gueule d'hippopotame, des chemises jaunes puantes en lin froissé et se croyait à la tête du Georges- V. Un vrai con.
- Salut, patron, belle journée en perspective, j'ai dit d'un air enjoué.
- Te fous pas de ma gueule, par-dessus le marché, petit salaud ! il a répondu. J'en ai plein le dos de tes boniments ! C'est pas l'Armée du salut, ici !
- Ben alors, en voilà des manières ! Et la politesse ? La courtoisie ? Piliers de la civilisation !
- Tu veux mon pied au cul, dis ?
Il y avait une lettre dans mon casier. Je l'ai saisie d'un petit geste élégant.
- Du calme, j'ai dit. Figure-toi qu'il n'est pas exclu que je devienne millionnaire avant la fin de la journée... J'attends une grosse somme d'argent...
J'agitais la lettre sous son nez. L'hippopotame secouait la tête en levant les yeux au ciel.
- J'en ai rien à renifler que tu soyes millionnaire ! Tout ce que je veux, c'est que tu paies tes nuits ! C'est tous les jours le même baratin ! T'émerges à midi, tu dis que tu vas être millionnaire et tu rentres bourré à pas d'heure ! J'en ai marre, si tu veux savoir...
- Pas de problème, patron. Fais-moi donc un petit café, s'il te plaît.
- Va te faire foutre.
J'ai décacheté l'enveloppe et lu la lettre.
« Cher petit enculé, non content de m'avoir arnaqué comme une ordure que tu es, voilà que tu tournes autour de ma femme. Alors écoute-moi bien parce que je le dirai pas deux fois. Si je te croise à moins de cent mètres de chez moi, je te pète la gueule sans sommation. Cent mètres, pas un de moins. Signé : qui tu sais. »
Les emmerdes, ça arrive généralement par nuées, comme les sauterelles dans la Bible.

 Challenge Petit BAC 2013
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