21 mai 2013

A copier 100 fois - Antoine Dole

a_copier_100_fois Sarbacane - avril 2012 - 56 pages

Quatrième de couverture :
« Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois. » Et surtout, « pas pédé ». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?


Auteur : Antoine Dole vit à Paris et à Chambéry. Écrivain et scénariste, il a publié 3 romans chez Sarbacane, dont Je reviens de mourir et K-Cendres. Pour ce bref texte sur l'homophobie et le coming out, il ouvre au scalpel des pistes sensibles vers la réconciliation.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Le narrateur est un jeune garçon de 13 ans, qui subit humiliations et coups de la part de camarades du collège. Il aimerait avoir du soutien pour que cela s'arrête, il n'en peut plus. Mais depuis toujours son père lui répète qu'il ne veut pas d'un fils « pédé » et qu'il doit être un homme et savoir se défendre tout seul... Le jeune garçon ne sait que faire, il n'ose pas demander de l'aide à son père car il craint sa colère. Lorsqu'il est attaqué, la peur le pétrifie et l'empêche de se défendre, il est la victime idéale pour les petits caïds abrutis du collège... Autour de lui, les professeurs, les surveillants et la plupart des camarades sont témoins de ses souffrances et pourtant l'absence de réaction est flagrante !
Un récit poignant à lire et à faire lire à nos adolescents !

Autres avis : CanelJérôme

Extrait : (début du livre)
Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire. Mais papa n'est pas là quand Vincent et ses potes viennent me chercher des crosses dans la cour. J'me prends des baffes, des coups de poing, et je dis rien, je serre les dents. J'en parle pas. Pour quoi faire ? Papa m'a dit cent fois qu'un garçon, ça règle ses comptes tout seul, que ça doit savoir se débrouiller, «comme un homme» il a dit. Quand je rentre du collège, papa n'est pas content, parce que ma chemise est déchirée ou qu'un bouton manque, que ma lèvre saigne et que j'sais pas quoi répondre quand il me demande si j'ai su me défendre. Non papa, je me suis assis en boule, j'ai attendu que ça passe, j'ai mal aux côtes, j'veux pas y retourner demain, steuplé va leur demander d'arrêter. Mais ça, je peux pas lui dire. Je bredouille, je tremble, parce qu'à force, j'ai l'impression qu'il est de leur côté. Pas du mien.

Papa m'a dit cent fois quoi faire, comment les choses fonctionnent : «Si tu arrêtes de te laisser faire, ils arrêteront de s'en prendre à toi.» Mais ça ne marche pas. Si je réponds à Vincent, ou à Laurent, ou à Julien, la claque qui suit me déboîte la mâchoire, et si j'essaie de la leur rendre, ça part en vrille direct : une balayette et je me retrouve par terre à parer les coups suivants tant bien que mal.
Jeudi dernier, après le cours d'EPS, Laurent a écrasé mon visage dans l'herbe du terrain de foot jusqu'à ce que j'avale de la terre. Il était assis sur moi, les autres se marraient autour. Il écrasait ma tête contre le sol en me tenant fort les cheveux.

 Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Chiffre/Nombre"

 Lire sous la contrainte
80897277_o
7ème session : infinitif

Posté par aproposdelivres à 06:16 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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