26 avril 2013

L'avant-dernière chance - Caroline Vermalle

l_avant_derni_re Calmann-Lévy - mars 2009 - 245 pages

Prix Nouveau Talent 2009

Quatrième de couverture :
A Londres, lors du tournage d'une fiction pour la télévision, Adèle, une jeune stagiaire française, reçoit un texto totalement inattendu et absolument irréel : son grand-père, mort quelques jours auparavant, lui souhaite un joyeux anniversaire... Adèle se remémore alors les événements de ce dernier mois. Son papy, Georges, quatre-vingt-trois ans, les pieds plantés dans son potager, enraciné dans sa bonne vieille terre du Poitou, a subitement décidé de partir pour un tour de France avec son voisin et ami Charles, soixante-seize ans. Sa petite-fille a découvert leur projet et, inquiète pour la santé de son aïeul, lui a fait promettre de lui envoyer des nouvelles tous les jours par texto. Commence alors une drôle de correspondance, tendre et complice, entre le grand-père et sa petite-fille, qui ne se sont pas vus depuis dix ans. Ce beau récit, touchant et juste, mêle à la gouaille des dialogues l'émotion de sentiments qui peinent à se révéler.

Auteur : Née dans l'Oise en 1973, Caroline Vermalle est une voyageuse, férue de dépaysement, d'aventure et de cinéma. Cette fille de pilote de chasse déménage dix fois avant de quitter le cocon familial à 17 ans. Elle décroche ensuite le diplôme de l'Ecole Supérieure d'Etudes Cinématographiques. Puis elle s'exile à Londres à 21 ans. Outre-manche, elle est embauchée par la BBC où elle grimpe les échelons et devient productrice associée. Et quand, en 2006, Caroline a enfin réalisé son rêve en faisant carrière dans la production audiovisuelle de documentaires, elle épouse un architecte sud-africain. Elle démissionne de la BBC, et déménage en France en décembre 2007. « L'Avant-dernière chance » est son premier roman.

Mon avis : (lu en avril 2013)
J'ai commencé ce livre l'été dernier et comme le début m'a beaucoup plu j'ai décidé d'en faire cadeau à l'une de mes tantes alors que j'étais de passage chez elle. Je n'avais pas eu le temps de finir le livre avant de l'offrir, et c'est seulement maintenant que je le termine après l'avoir emprunté à la bibliothèque...

Pour ses 23 ans, Adèle jeune stagiaire française sur un tournage d'un film à Londres reçoit un texto de Georges son grand-père. Sa surprise est totale et bouleversée elle revient sur ce qu'il s'est passé ce dernier mois... Georges 83 ans et Charles 76 ans, son voisin, ont décidé de partir faire les étapes du Tour de France 2008 non pas en vélo mais en voiture ! Une drôle d'idée pour deux séniors à la forme déclinante... « C'était la dernière chance de quitter la scène avec un grand coup de chapeau. Il n'avait même pas besoin d'être grand, le coup de chapeau. Juste digne. Et le bonhomme, juste debout. »
Pour rassurer sa famille, Georges s'engage à envoyer chaque soir un texto à Adèle pour dire où ils en sont dans Tour de France.
Alors commence ce road-movie à travers le Grand Ouest. C'est un livre plein de tendresse et d'émotions mais également plein d'humour en particulier dans les échanges SMS entre Georges et Adèle.
J'ai aimé ce voyage (dont certains lieux m'étaient familier...) et ses échanges intergénérationnelles. Une belle découverte. 

Extrait : (page 13)
Adèle n’en était pas à sa première scène de meurtre. Ça l’ennuyait beaucoup, alors elle rêvassait en attendant que ça se passe. Juste avant que son téléphone ne vibre, elle était en train de se dire que la jeune femme qui pleurait dans la chambre lui ressemblait un peu. Même âge, même cheveux longs, bruns, épais, même taille fine. Mais la fille dans la chambre, sans être forcément plus jolie, était mieux habillée, mieux apprêtée, ses mains étaient douces et elle avait l’habitude d’être le point de mire. Adèle, en comparaison, malgré les traits harmonieux de son visage, faisait davantage garçon manqué. En outre elle n’était pas riche, et on ne faisait jamais très attention à elle. Même le jour de son anniversaire. Elle trouvait en revanche que le mort n’avait pas la classe d’Irving Ferns. Irving Ferns. Son coeur se serra à sa pensée.
Adèle bouillait d’impatience – qui lui avait envoyé ce texto ? Le jeune avocat rencontré lors d’une fête un mois plus tôt ? Mais comment aurait-il pu deviner que c’était son anniversaire ? Elle regarda autour d’elle. Il y avait du monde dans le couloir encombré, une trentaine de personnes peut-être, qui ne bougeaient pas, de peur de faire craquer le parquet ; quelques-uns se grattaient le nez, d’autres se rongeaient un ongle. On communiquait en mimant, car même les chuchotements étaient inappropriés. Mais personne ne semblait regarder Adèle. Elle vérifia encore une fois que les dictateurs du silence n’étaient pas dans le couloir – non, ils étaient occupés avec le mort –, sortit son portable et ouvrit le texto qu’on venait de lui envoyer.
Elle dut l’approcher de ses yeux pour être sûre qu’elle lisait correctement. Elle ne put s’empêcher de pousser un petit cri étouffé et lâcha l’appareil, qui alla s’écraser sur le parquet de la vieille maison avec un bruit assourdissant. Tout le monde sursauta et se tourna vers Adèle. Immédiatement, on entendit une voix en colère venir de la chambre.
« COUPEZ ! COUPEZ ! Mais qu’est-ce qui se passe là-dedans, nom de Dieu ? » Et le premier assistant-réalisateur fit irruption dans le couloir. Adèle bredouilla : « Je suis vraiment désolée, John, je… »
Toute l’équipe de tournage se tourna vers Adèle, acteurs compris, puis on passa à autre chose. Ça arrivait souvent, et c’était une occasion pour tout le monde de se délasser deux minutes.

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"Sentiment"

Posté par aproposdelivres à 06:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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