27 mars 2013

Arrive un vagabond - Robert Goolrick

arrive_un_vagabond Editions Anne Carrière - août 2012 - 320 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Titre original : Heading out to wonderful, 2012

Grand Prix Elle 2013

Quatrième de couverture :
C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises - l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D'abord, il s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres : il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass. Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au coeur de la passion. Il y dépeint les membres d'une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes simples, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu'il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

Auteur : Robert Goolrick vit à New York. Il est l'auteur de The End of the World as We Know It, un récit acclamé par la critique américaine. "Une femme simple et honnête" son premier roman, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. 
Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. 
Robert Goolrick reçoit le Prix Virgin Megastore 2012 pour « Arrive un vagabond ».

Mon avis : (lu en mars 2013)
« Arrive un vagabond », c'est un joli titre mystérieux et plein de promesse…
Été 1948, Brownsburd est une petit ville sans histoire de Virginie. Charlie est le vagabond, il arrive au volant de son pick-up, il est sans passé mais possède deux valises. Dans l'une, il y a de l’argent et l’autre contient des couteaux de boucher, c’est son métier. Dès son arrivée, Charlie tombe amoureux de la ville et décide de s'y installer, il achète un bout de terrain pour y dormir et propose ses services à Will le boucher. Petit à petit il se fait accepter par la population, il y a Alma la femme de Will, Sam leur petit garçon de 6 ans avec qui il noue une belle complicité, Claudie la couturière noire de génie, Boaty Glass l'homme le plus riche de Brownsburd... Mais sa rencontre la plus marquante sera celle avec Sylvan Glass. Dès le premier regard, Charlie tombe amoureux de Sylvan...
Dès le début du livre on ressent une certaine tension, et le lecteur comprend que l’issue sera dramatique. Mais ce roman n'est pas seulement une simple histoire d’amour et d’adultère, il y a une atmosphère de nostalgie, les différents personnages sont originaux et attachants. Sam est l'un de mes préférés, témoin particulier de toute cette histoire.
L'écriture est belle, empreinte de beaucoup de poésie et de tendresse... Une très belle découverte.

Autres avis : Valérie, Clara, Constance, Hélène

Extrait : (début du livre)
Tout souvenir est une fiction, gardez bien ça à l'esprit. Bien sûr, il y a des événements dont on est certain qu'ils ont eu lieu, sur lesquels on peut sans hésiter mettre une date et une heure, à la minute près, mais si on y réfléchit, cela concerne surtout ce qui arrive aux autres.
Ce que je m'apprête à vous raconter s'est bel et bien produit - et, à peu de chose près, de la manière dont je vais le décrire. C'est une histoire vraie, du moins a-t-elle la vérité que lui ont laissée soixante années passées à se la remémorer et à la répéter. Le temps modifie nos perceptions, et parfois la confusion s'en mêle. On pourra se rappeler un détail avec une précision implacable - le temps qu'il faisait, ou bien le reflet que le soleil glissant entre les pins noirs faisait miroiter à la surface ondoyante de la rivière, des broutilles même pas reliés à un événement en particulier - alors que d'autres faits, parfois majeurs, nous reviendront de manière complètement décousue, sans forme visuelle ou sonore. Les détails ont finalement plus de réalité que certains événements importants.
Aujourd'hui encore, les gens me posent des questions sur ces événements et sur leurs causes. Comme si je le savais, après tout ce temps. Car toute cette affaire date de plusieurs décennies, et il n'en reste que les on-dit, et le mythe - je ne sais pas comment l'appeler autrement. Je ne suis plus jeune, et je ne peux pas toujours faire la différence entre ce qui appartient réellement à mes souvenirs et ce que d'autres m'ont raconté. On me parle de choses que j'ai faites, que pour la plupart je ne me rappelle pas, et pourtant il n'y a pas que des menteurs par ici. Alors je persiste à les croire, jusqu'à finir par me rappeler vraiment les choses telles qu'ils me les décrivent.
Mais, tard le soir, il m'arrive encore de m'interroger sur tout ça, sur le cours qu'ont suivi des choses et la vie que j'ai menée. Je tourne et retourne inlassablement ces mêmes questions que les gens m'ont posées, ceux qui n'en ont entendu parler que par ouï-dire, qui n'étaient pas sur les lieux quand c'est arrivé. Que s'est-il passé, et pourquoi ?
Est-ce que tout ça m'a atteint ? Voilà ce qu'ils veulent savoir. Est-ce que j'ai été meurtri d'une manière ou d'une autre ? Je réponds non, systématiquement. Je ne crois pas avoir été abîmé. Mais changé, oui, profondément et à tout jamais, et j'en vois un peu plus chaque jour les retombées. De toute manière, il est trop tard pour faire machine arrière, pour ôter de l'eau le rocher qui a modifié le cours de la rivière.
Voici comment a commencé toute cette histoire. C'était ici même, il y a plus de soixante ans.

 

Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman 
Jury Avril

 50__tats
40/50 : 
Virginie

  Challenge 6% Littéraire 2012

 logochallenge2 
40/42

 

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