21 janvier 2013

C'est Lundi que lisez-vous ? [110]

 BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

le_jeu_des_ombres Alex_cd les_apparences cour_nord le_potagerdes_malfaiteurs_p 

Le jeu des ombres - Louise Erdrich 
Alex - Pierre Lemaitre 
Les apparences – Gillian Flynn (Grand Prix des Lectrices de Elle)
Cour Nord - Antoine Choplin 
Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna

 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La vallée des masques - Tarun Tejpal

Que lirai-je cette semaine ?

Lame de fond - Linda Lê
Souviens-toi de Hallows Farm - Angela Huth (Partenariat Livraddict / Folio)
L'Ange du matin - Arni Thorarinson

 


Bonne semaine et bonnes lectures.

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20 janvier 2013

L'anneau de Moebius – Franck Thilliez

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Audiolib – février 2009 – lu par Philippe Allard

Le Passage – octobre 2008 – 539 pages

Pocket – octobre 2010 – 604 pages

Quatrième de couverture :
Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature.
Depuis toujours, Stéphane Kismet est, quant à lui, hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte…
Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. 
L'un n'a encore rien vu, l'autre ignore qu'il sait déjà tout…

Auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez est ingénieur en nouvelles technologies. Son premier roman Train d'enfer pour ange rouge (2003) a été nominé au prix Polar SNCF en 2004. Il est également l'auteur de Deuils de miel (2006) et La Forêt des ombres (2006). La Chambre des morts (2005), classé à sa sortie dans la liste des meilleures ventes et salué par la critique, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006. Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais.

Lecteur : Né à Bruxelles en 1968, Philippe Allard est comédien et improvisateur. Acteur de théâtre et habitué des scènes belges depuis 1986, il exerce également son métier à la RTBF depuis 2007.

Mon avis : (écouté en décembre 2012)
Vic Marchal est un jeune flic sortant de l'école de police grâce à ses bons résultats, il a rejoint la Crim. Sa première affaire est particulièrement macabre, une ex-star du porno a été torturée sur son lit.
En parallèle, Stéphane Kismet, un maquilleur de génie qui travaille pour le cinéma et fabrique des monstres, des masques, des crimes sanglants est perturbé par des cauchemars très précis le mettant en scène. Les deux personnages principaux sont attachants.
L'intrigue est diabolique, construite avec une grande intelligence, entre thriller et fantastique. Le livre est captivant et le rythme est soutenu, difficile de le lâcher avant de connaître le dénouement. Âme sensible s'abstenir car l'univers de Thilliez est comme toujours morbide, noir et violent...
Je ne suis pas généralement une adepte de ce genre de thriller, mais lorsque l'histoire est aussi bien construite, le côté violence et noirceur est acceptable. J'aime également les côtés scientifiques du roman avec cette anneau de Moebius : une histoire qui défie le temps.

Extrait : (début du livre)
Jeudi 3 mai, 6h30
Les bouteilles de vin.

Devant ses yeux, l’image vibrait, grossissait, rapetissait. C’était à lui en faire exploser les tempes. Stéphane s’arrêta au milieu de l’escalier, se retourna brusquement, avant de continuer sa descente vers le rez-de-chaussée. Il chercha l’interrupteur du salon, l’actionna plusieurs fois. Aucune lumière, juste une traînée de sang que ses doigts abandonnèrent sur le plâtre. Il fixa un instant ses mains rouges de vie, de mort, toutes tremblantes, puis reprit sa progression rapide. Sa lampe torche découpait l’obscurité. Sa respiration le brûlait. De douleur. De terreur.
Tout s’enchaînait très vite dans son champ de vision. En face, entre deux colonnes, le portrait hiératique, venimeux, de la baronne de Reille. Puis, sur la gauche, une statuette asiatique en céramique, magnifique, qu’il fracassa d’un mouvement du coude. Enfin, sur le carrelage, des cartons déchirés, des valises empilées, un cutter à la lame déployée.
Il se précipita vers une porte, dévala huit marches qui le jetèrent au sous-sol. Dans cette partie froide de la gigantesque demeure, les rares fenêtres s’ouvraient juste au niveau du jardin, comme si le navire de pierre sombrait sous terre. Là, à cette heure, les vitres ne laissaient paraître que des ombres. Plus loin, le faisceau de lumière ricocha sur un miroir. Stéphane s’immobilisa. Ses doigts effleurèrent alors trois griffures sur son visage, avant de remonter vers son œil gauche, boursouflé, trempé de larmes.
Avec une violence sourde, son poing percuta la surface réfléchissante. Sa veste kaki de pêcheur sembla alors se fragmenter comme une grenade.

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Déjà lu du même auteur : 
la_foret_des_ombres La forêt des ombres la_chambre_des_morts La chambre des morts

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 22/12

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

Baby Challenge - Policier Livraddict 
policier
15/20

 

 

 

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19 janvier 2013

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna

Challenge Destination Finlande - 19 janvier 2013
proposé par evertkhorus

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Denoël – mai 2011 – 354 pages

Folio – mai 2012 – 376 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Hirttämättömien lurjusten yrttitarha, 1998

Quatrième de couverture :
L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo, la quarantaine sportive, est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie pour y enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole spécialisée dans la culture biologique d'herbes aromatiques, de sapins de Noël et de champignons, et objet des plus folles rumeurs. 
L'inspecteur, promu contrôleur du ministère de l'Agriculture pour l'occasion, découvre peu à peu que les immenses champignonnières installées au fond d'une ancienne mine de fer sont en réalité un camp de travail forcé où la patronne de l'exploitation, une veuve au caractère bien trempé, séquestre de petits et gros malfrats ayant échappé aux griffes de la justice. 
Séduit par la philosophie de l'entreprise – et par la fille de la patronne, Sanna –, l'enquêteur s'embarque corps et âme dans cet étrange projet. 
Un roman drôle et haletant en forme de réflexion sur l'équité et sur les débordements de la volonté de justice.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une vingtaine de livres, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël où ils ont toujours rencontré un grand succès. Citons entre autres Le Meunier hurlant, Le Lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis ou encore Un homme heureux. 

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Ce livre a été écrit par Arto Paasilinna en 1998, il n'a été traduit en français qu'en 2011.
Le nain de jardin facétieux de la couverture et le titre improbable du livre annonce parfaitement la couleur de l'histoire...
L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie pour y enquêter sur l'exploitation agricole biologique l’Étang aux Rennes. Certaines rumeurs font part de disparitions de personnes. Jalmari est là incognito, se faisant passer pour un contrôleur bio. Il est accueilli extrêmement chaleureusement par le personnel de cet ancien kolkhoze. Il est accompagné pour la visite de l'exploitation qui est spécialisée dans la culture d'herbes aromatiques, la production de sapins de Noël et de champignons dans une ancienne mine de fer reconvertie en champignonnière...
Cette exploitation semble tourner sans aucun problème et rien ne semble appuyer les folles rumeurs de disparitions. Appréciant son séjour et en particulier l'accueil que lui a réservé Sanna la fille de la propriétaire, Jalmari Jyllänketo prolonge son séjour et va découvrir les méthodes de recrutement un peu particulière de la main d’œuvre des lieux...
Comme d'habitude, l'auteur nous entraîne dans une histoire décalée, pleine d'humour, de fantaisie et de loufoquerie, aux situations les plus extravagantes et aux rebondissements inattendus...
C'est roman à la fois drôle et haletant qui nous fait réfléchir sur la justice et ses débordements... 

Merci à Natiora qui m'a offert ce livre lors du Swap Nordique - édition de Noël organisé par Myiuki22.

Extrait : (début du livre)
Belle bâtisse ! L'inspecteur principal de la Sécurité nationale finlandaise Jalmari Jyllänketo laissa courir son regard sur le fier kolkhoze de l'Étang aux Rennes, construit dans les années cinquante dans le canton lapon de Turtola. Le bâtiment principal, haut de deux étages, long de trente mètres et large de près de quinze, était peint en rouge comme toute Maison du Prolétariat. Les cornières et les encadrements de fenêtre étaient blancs, les portes noires.
La construction se dressait sur une petite éminence sablonneuse plantée de grands pins. La cour, à l'arrière, était entourée de plusieurs autres bâtiments, dont de vastes hangars et une rangée de logements de plain-pied, en partie dissimulée par un bosquet. Un peu à l'écart, un chien de chasse à l'ours au pelage noir aboyait furieusement, perché sur le toit de sa niche rouge. Il sauta de son observatoire et fit mine d'attaquer le visiteur, ne s'arrêtant, l'air féroce, que juste avant d'être étranglé par sa laisse.
Jalmari Jyllänketo était un homme de terrain, âgé d'une quarantaine d'années. Avec son mètre soixante-dix-huit, ses quatre-vingt-dix kilos et ses cheveux blonds, il avait tout du Finlandais moyen - avantage utile quand il s'agissait de mener de discrètes investigations dans le pays. Pour un policier, il était d'un caractère plutôt accommodant et observait volontiers les gens, les choses et la vie. Il procédait sans états d'âme aux arrestations et prenait même un certain plaisir, proche de l'ivresse de la chasse, à dire « suivez-mo i» aux individus suspectés de haute trahison.
Jyllänketo était venu de Helsinki pour enquêter sur le domaine de l'Étang aux Rennes, où l'on pratiquait la culture biologique d'herbes aromatiques. Au fil des ans, toutes sortes de rumeurs étaient parvenues aux oreilles de la Sécurité nationale. Les dénonciateurs prétendaient que des gens avaient disparu sur les terres de l'exploitation.
Jyllänketo regarda le paysage qui s'étendait devant lui. De sombres sapinières arctiques encadraient une immense plaine cultivée. Dans le ciel serein voguaient de légers nuages d'altitude. L'air était saturé du chant ininterrompu de milliers d'oiseaux migrateurs. Juin commençait à peine, mais les champs verdoyaient déjà et le vent était chargé d'effluves parfumés. L'inspecteur principal estima la superficie de l'exploitation à plusieurs centaines d'hectares. À l'orée des noirs sapins, deux tracteurs labouraient la terre, laissant sur leur passage des sillons brun foncé d'où montait de la vapeur. Derrière les machines agricoles, une nuée de travailleurs s'affairaient, sûrement à repiquer des plants.
Jyllänketo s'assit sur le perron du bâtiment principal, sortit son ordinateur portable de sa valise, l'alluma et, quand l'écran s'éclaira, se mit à écrire :
« Turtola, mardi 3 juin.
« Je suis arrivé en Laponie ce matin vers onze heures, après avoir passé la nuit à Oulu. Le temps est sec, la température d'environ dix degrés. L'endroit semble paisible. Les gens sont aux champs pour les travaux de printemps. Je n'ai encore parlé à personne d'ici. »

 

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Lieu"

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Année 2013 : 2/29

 Challenge Voisins, voisines

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Finlande

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Finlande 

 Challenge Littératures Nordiques

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Le billet a été écrit il y a quelques jours, mais le temps chez moi est depuis mercredi raccord avec la destination... Froid et neige...

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Mercredi

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Ce matin...

 

 

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Encore un challenge...

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Cette semaine, je me suis inscrite au Challenge Ma première lecture d’un auteur organisé par Val (La vie telle qu'elle me passionne).

Il s'agit de choisir une liste de 13 auteurs que l'on n'a encore jamais lu et que l'on voudrait découvrir durant l'année 2013 ! 

Cela me permettra de vider un peu ma PAL et découvrir de nouveaux auteurs que je veux lire depuis longtemps…

Voici ma liste :

1. Karine Giebel (polar)

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Chiens de sang - Karine Giebel

2. William Boyd (Grande-Bretagne)

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Orages ordinaires - William Boyd

3. Jussi Adler Olsen (Danemark) (polar)

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Miséricorde - Jussi Adler Olsen

4. Tarun Tejpal (Inde)

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 La vallée des masques - Tarun Tejpal

5. Johan Theorin (Suède) (polar)

6. Peter Høeg (Danemark)

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Smilla et l'amour de la neige - Peter Høeg

7. Sherman Alexie (ado) (États-Unis)

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Le premier qui pleure a perdu - Sherman Alexie  

8. Bernard Friot (ado)

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dés-accords - Bernard Friot

9. Agota Kristof (Suisse / Hongrie)

10. Hillary Jordan (États-Unis)

11. Linda Newbery (Grande-Bretagne)

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 De pierre et cendre - Linda Newbery

12. Christel Diehl

13. Murakami (Japon)

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1Q84 Livre 1 Avril - Juin - Haruki Murakami

 

 

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18 janvier 2013

Cour Nord - Antoine Choplin

cour_nord Éditions du Rouergue – janvier 2010 – 130 pages

Quatrième de couverture :
Cela se passe au début des années 80. Cela pourrait se passer aujourd’hui.
Dans une petite ville du Nord, le personnel d’une usine menacée de fermeture est en grève. Le jour, Léo participe mollement à la lutte, aux côtés de son père, leader syndical. La nuit, il répète dans un quartet de jazz.
Autour d’un double portrait d’un père et de son fils, de ses variations et de ses dissonances, Antoine Choplin compose une mélodie sensible. Au moyen d'une écriture dépouillée, il frappe juste et bien. Plus qu’un roman social sur la fin d’un certain monde ouvrier, Cour Nord est un roman plein d’émotion retenue pour le désarroi et les mystères de ses personnages.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (2005), L’impasse (2006), Cairns (2007), et de Apnées (2009), Cour Nord (2010), Le héron de Guernica (2011), La nuit tombée (2012).

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Après les avis positifs et unanimes sur les deux derniers livres d'Antoine Choplin (Le héron de Guernica et La nuit tombée) au Café Lecture de la Bibliothèque, l'une des participantes a demandé que la Bibliothèque fasse venir de la Médiathèque Départementale d'autres livres de l'auteur et elle les a gentiment partagé avec celles présentes. J'ai donc choisi de découvrir "Cour Nord".  
C'est l'histoire d'un père, Gildas, et son fils Léopold, dit Léo, le narrateur du livre. Ils vivent ensemble dans une petite ville du Nord, et travaillent tous dans une usine menacée de fermeture. Lorsque l'histoire commence c'est la grève, Gildas est très impliqué dans la lutte syndicale, Léo suit son père sans grande conviction. Sa tête est prise par la musique, il est membre d'un quartet de jazz et le soir il répète pour un futur concert. 
Cette histoire se passe au début des années 80, nous dit la quatrième de couverture mais elle est tout à fait actuelle, on découvre un père et un fils qui ont du mal à communiquer, un conflit social vu de l'intérieur, de belles descriptions des paysages du Nord et le jazz qui rythme l'ensemble...
Un roman plein d'émotion et d'humanité avec beaucoup de retenu, de pudeur et de poésie.

Extrait : (début du livre)
Depuis le début de la grève, on va à l'usine ensemble avec mon père. Ça dure depuis plus de deux semaines maintenant, sans compter les débrayages de septembre.
Ce matin encore, il est debout avant moi, vers les cinq heures et demie. Depuis mon lit, je l'entends quitter sa chambre, faire couler l'eau au lavabo du palier, s'asperger longuement le visage. Après, il frappe les deux coups secs à ma porte et descend à la cuisine. Il prépare le café et aussi quelque chose à mettre dans nos gamelles pour midi.
Quand je le rejoins, nous nous saluons d'un regard. Je soulève le couvercle des casseroles où cuisent des 
œufs et des lentilles au lard. J'expose mes paumes à la bonne chaleur du feu. Je demande à mon père s'il n'a pas eu trop froid durant la nuit, surtout avec ses douleurs aux articulations. Il ne répond rien.
Je sers le café dans les bols, dispose d'épaisses tranches de pain. Mon père en découpe une avec les doigts, en laisse tomber les morceaux dans le bol. Après, il les ramasse un par un avec une grande cuillère.  Recommence avec une deuxième tranche.
Le plus dur, c'est cette foutue humidité, dit-il en repliant sa serviette.
Je répartis le contenu des casseroles dans nos deux gamelles en fer-blanc tandis que mon père remplit la gourde de vin au cubitainer.
Pour ce qui est de la bière, on la boira chez Fanny avec les autres, il dit.
Dans l'étroit couloir de l'entrée, en évitant de trop nous heurter, nous attrapons nos sacs et nos manteaux.

Déjà lu du même auteur :

le_h_ron_de_guernica Le héron de Guernica 5600 La nuit tombée

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Lieu"

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17 janvier 2013

Les apparences – Gillian Flynn

les_apparences Sonatine – août 2012 – 573 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

Titre original : Gone Girl, 2012

Quatrième de couverture :
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s'installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. L'enquête qui s'ensuit prend vite une orientation inattendue : sous les yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal. Alors qu'il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu'elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres bien plus inquiétantes. Il serait criminel d'en dévoiler davantage tant l'intrigue que nous offre Gillian Flynn recèle de surprises et de retournements. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, la plus littéraire des auteurs de polars, qui dissèque ici d'une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes, nous offre en effet une véritable symphonie paranoïaque, dans un style viscéral dont l'intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Auteur : Gillian Flynn est née à Kansas City. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, Les Apparences est son troisième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Il ne faut pas se fier aux apparences...
Nick et Amy semblent être un couple assez banal. Après avoir perdus l'un et l'autre leur travail, ils quittent New-York pour s'installer à North Carthage, petite ville du Missouri où Nick a passé son enfance. Avec Margot, dit Go, sa sœur jumelle, Nick tient Le Bar pendant qu'Amy est femme au foyer. Deux ans après leur arrivée dans le Missouri, le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, lorsque Nick rentre chez lui, il découvre une maison en désordre et Amy a disparu. Que s'est-il passé ?
La première partie du livre permet au lecteur de vraiment découvrir ce couple et ses petits secrets. Le lecteur suit au jour le jour, Nick et ses réactions pas toujours adéquates après la disparition de son épouse, et en alternance nous découvrons des pages du journal d'Amy depuis sa rencontre avec Nick, cinq ans plus tôt. J'ai trouvé cette première partie trop lente et trop longue.
Heureusement, le rythme de la deuxième partie la rend plus passionnante et pris par l'histoire je l'ai dévoré avec facilité ayant hâte de connaître le dénouement avec les parties trois et quatre.
Je n'ai pas été totalement convaincue par ce thriller psychologique et machiavélique. Nick et Amy ne sont pas sympathiques, ils m'ont souvent énervés, l'un comme l'autre et j'ai trouvé le dénouement peu crédible... Malgré tout, la construction du livre est formidable, le suspense est présent durant les 573 pages et les rebondissements sont multiples...
Je gardais un si bon souvenir du livre précédent de Gillian Flynn que pour celui-là, j'en attendais plus et j'ai donc été déçue.

Autres avis :  CanelClaraHélèneJosteinMimiNadael

Extrait : (début du livre)
Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l'ai vue, c'est l'arrière de son crâne que j'ai vu, et il s'en dégageait quelque chose d'adorable. Comme un épi de maïs dur, luisant, ou un fossile trouvé dans le lit d'une rivière. Elle avait ce que les Victoriens auraient appelé une tête bien faite. Il n'était pas difficile d'imaginer la forme de son crâne.
Je reconnaîtrais son crâne entre mille.
Et ce qu'il y a dedans. Je pense à ça, aussi : à son esprit. Son cerveau, toutes ses spires, et les pensées qui circulent dans ces spires tels des mille-pattes impétueux frappés de frénésie. Comme un enfant, je m'imagine en train d'ouvrir son crâne, de dérouler son cerveau et de le passer au crible afin de tenter d'attraper et de fixer ses pensées. A quoi tu penses, Amy ? La question que j'ai posée le plus souvent pendant notre mariage, même si ce n'était pas à haute voix, même si ce n'était pas à la personne qui aurait pu y répondre. Je suppose que ces questions jettent une ombre funeste sur tous les mariages : A quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l'un à l'autre ? Qu'allons-nous faire ?

Déjà lu du même auteur : 

les_lieux_sombres Les lieux sombres

Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection policier 
Jury Décembre

50__tats
39/50 : Kansas

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 21/12

 Challenge 5% Littéraire 2012

   logochallenge2  
30/35

 

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16 janvier 2013

Alex - Pierre Lemaitre

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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AudioLib – mars 2011 – lu par Philippe Résimont

Albin Michel – février 2011 – 392 pages

Livre de Poche – mai 2012 – 408 pages

Quatrième de couverture :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée et livrée à l'inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve le talent de l'auteur de Robe de marié. Pierre Lemaitre hisse le genre noir à une hauteur rarissime chez les écrivains français : celle où se tient la littérature.

Auteur : Né à Paris, Pierre Lemaitre a longtemps enseigné la littérature avant d’embrasser la carrière littéraire. Ses trois premiers romans, Travail soigné (prix du Premier roman de Cognac 2006), Robe de marié (prix du Meilleur polar francophone 2009) et Cadres Noirs (prix du Polar européen du Point 2010), lui ont valu un succès critique et public exceptionnel et l’ont révélé comme un maître du roman noir et du thriller. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues et plusieurs sont en cours d’adaptation cinématographique.

Lecteur : Philippe Résimont brûle les planches depuis plus de 20 ans dans des registres très différents (Cyrano de Bergerac, Le Misanthrope, Ladies Night, Littoral). Il participe également à quelques aventures cinématographiques (Les convoyeurs attendent, Maternelle, Une nuit).

Mon avis : (écouté en décembre 2012)
J'ai décidé d'écouter ce livre en premier lieu pour participer au Challenge "Ecoutons un livre" organisé par Valérie. Jusqu'à présent, mes expériences d'écoute de livre audio n'avaient pas été concluantes... Cette fois-ci, j'ai mis toutes mes chances de mon côté en suivant les conseils des adeptes... 
Et bien, j'y ai pris goût, ainsi depuis, Alex, j'ai écouté 3 autres livres audio et mon 4ème est en cours !
En commençant ce livre, je pensais écouter un livre destiné aux adolescents... C'est sans doute à cause de l'illustration de la couverture... Or il n'en est rien... Ce livre est un thriller noir parfaitement construit, divisé en trois parties. L'auteur arrive parfaitement à bousculer le lecteur dans ses certitudes en lui proposant différents points de vue... 

Alex est une jolie jeune femme, elle est brutalement enlevée et séquestrée dans des conditions extrêmes... Le Commissaire Camille Verhoeven dirige l'enquête qui s'annonce complexe et pleine de rebondissements...
Une histoire très noire, glaçante mais passionnante. Le suspense, frayeurs et émotions sont au rendez-vous de ce thriller époustouflant. A ne pas rater ! 
En bonus du livre audio, il y a un entretien de 30 minutes avec l'auteur très intéressant à surtout n'écouter qu'après l'audition du livre. 

Mes nouvelles impressions sur le livre-audio : Pour ce Challenge, j'avais choisi Alex car j'avais repéré que les chapitres sont assez courts et donc le risque de perdre le fil de l'histoire en court de chapitre est moins grande... Le plus dur, c'est le début, il faut entrer dans l'histoire et ainsi garder son esprit à l'écoute et ne pas papillonner... J'ai maintenant un appareil mp3 plus sophistiqué qui me permet d'avancer ou reculer au court d'un chapitre et pour les premiers chapitres ne n'hésitent pas à les écouter plusieurs fois... Ensuite, je suis impatiente de connaître la suite de l'histoire. Et à ma grande surprise, j'ai lu ou plutôt écouté "Alex" en moins d'une semaine... En faisant mes courses, en attendant à la Poste, en marchant et au lit... en particulier en vacances ou le week-end, avant de me lever, je suis souvent réveillée avant mon mari et je ne peux pas allumer pour lire un livre papier !
En commençant ma lecture, je me suis dit que j'emprunterai le livre pour compléter mon écoute (comme je l'avais fait pour les livres audio précédents) et finalement, c'est inutile !

Je participerai au prochain rendez-vous du 16 février avec : 
Enquêtes de Miss Marple T1 (lu par Michaël Lonsdale)

Extrait : (début du livre)
Alex adore ça. Il y a déjà près d’une heure qu’elle essaye, qu’elle hésite, qu’elle ressort, revient sur ses pas, essaye de nouveau. Perruques et postiches. Elle pourrait y passer des après-midi entiers.
Il y a trois ou quatre ans, par hasard, elle a découvert cette boutique, boulevard de Strasbourg. Elle n’a pas vraiment regardé, elle est entrée par curiosité. Elle a reçu un tel choc de se voir ainsi en rousse, tout en elle était transformé à un tel point qu’elle l’a aussitôt achetée, cette perruque.
Alex peut presque tout porter parce qu’elle est vraiment jolie. Ça n’a pas toujours été le cas, c’est venu à l’adolescence. Avant, elle a été une petite fille assez laide et terriblement  maigre. Mais quand ça s’est déclenché, ç’a été comme une lame de fond, le corps a mué presque d’un coup, on aurait dit du morphing en accéléré, en quelques mois, Alex était ravissante. Du coup, comme personne ne s’y attendait plus, à cette grâce soudaine, à commencer par elle, elle n’est jamais parvenue à y croire réellement. Aujourd’hui encore.

  livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

 robe_de_mari__ Robe de marié

Lire sous la contrainte

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4ème session : Un seul mot

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs

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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

 Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 20/12

 

 

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15 janvier 2013

Le jeu des ombres - Louise Erdrich

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : OMBRE

le_jeu_des_ombres Albin Michel - septembre 2012 - 253 pages

traduit de l'américain par Isabelle Reinharez

Titre original : Shadow tag, 2010

Quatrième de couverture : 
Rythmé à la manière d’un thriller sombre et tragique, le Jeu des ombres est un huis-clos hypnotique, sans doute le livre le plus personnel de Louise Erdrich. Portrait d’un mariage et d’une famille sur le point de voler en éclat, d’un homme et d’une femme en proie à la violence d’un face-à-face, c’est aussi une réflexion sur les cicatrices qu’une histoire collective douloureuse peut laisser sur les individus. 
Gil est un peintre reconnu qui doit son succès à Irene, sa femme, un écrivain qui a longtemps été son modèle. Quand elle découvre que son mari lit son journal intime, Irene décide d’en rédiger un autre, qu’elle met cette fois-ci en lieu sûr. Elle y livrera sa vérité, se servant du premier comme d’une arme pour manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence, qui va révéler le côté obscur de chacun des personnages. En faisant alterner les journaux d’Irene et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d’une prodigieuse maîtrise narrative.

Auteur :  Karen Louise Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls, dans le Minnesota, d'une mère ojibura (famille des Chippewa), donc amérindienne, et d'un père germano-américain. Elle grandit dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes.
Louise Erdrich est, avec Sherman Alexie, l'une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d'outre-Atlantique. Si elle écrit, c'est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des Etats-Unis, vivent sur les décombres d'un passé mythique. Louise Erdrich vit aujourd’hui dans le Minnesota. 

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Le couple de Gil et Irène bat de l'aile. Gil est un artiste peintre possessif qui a depuis toujours comme seule modèle et sujet de ses toiles Irène sa femme. Irène est écrivain, elle a laissé sa carrière de côté pour élever leurs trois enfants, Florian, Riel et Stoney. Maintenant, elle étouffe, et lorsqu'elle découvre que son mari lit en secret son journal intime, elle décide de réagir à sa façon. Tout en continuant à écrire dans son carnet rouge, Irène commence en parallèle un carnet bleu qu'elle enferme dans un coffre à la banque. Le carnet bleu devient son vrai journal intime et elle utilise le rouge pour manipuler petit à petit son mari, elle utilise sa jalousie, elle glisse des détails insignifiants pour le faire douter, le rendre fou et l'obliger à la quitter...
Les extraits des deux carnets d'Irène alternent avec la narration à la troisième personne dont on connaîtra l'identité à la fin du livre. Le lecteur découvre petit à petit l'histoire du couple, de la famille, l'atmosphère est pesante, tendue. Les enfants sont des spectateurs impuissants et inquiets quand à l'issu du couple de leurs parents. Et le lecteur est impatient et curieux de connaître le dénouement de cette histoire...
J'ai aimé la construction du roman, les trois enfants du couple sont très attachants. Le personnage d'Irène est ambivalent, on comprend sa situation, mais sa manipulation est finalement assez cruelle...  

Extrait : (début du livre)
2 novembre 2007 
CARNET BLEU

Maintenant, j'ai deux agendas. Le numéro un, c'est le Mémento Journalier à couverture rouge et cartonnée, semblable à ceux dans lesquels j'écris depuis 1994, quand nous avons eu Florian. Tu m'as offert le premier pour que j'y consigne ma première année dans mon rôle de mère. C'était vraiment adorable de ta part. J'écris dans ce genre de carnets depuis ce temps-là. Ils sont tous cachés au fond d'un tiroir, dans mon bureau, sous un tas de bolducs et de papier cadeau. Le dernier en date, celui qui t'intéresse à présent, je le garde tout au fond d'un classeur métallique plein de vieux relevés bancaires, de chéquiers d'anciens comptes oubliés, le genre de choses que nous nous jurons chaque année de passer à la déchiqueteuse, mais que nous finissons par fourrer dans des dossiers. Après avoir pas mal cherché, je suppose, tu as trouvé mon agenda rouge. Tu t'es mis à le lire pour découvrir si je te trompais.
Le second, que l'on pourrait appeler mon véritable agenda, c'est celui dans lequel je suis en train d'écrire. Aujourd'hui, j'ai pris la voiture pour me rendre à l'agence bancaire de la Wells Fargo, installée dans les beaux quartiers de Minneapolis, sous le Sons of Norway Hall, le centre culturel norvégien. Je me suis garée sur le parking clients, je suis entrée, j'ai franchi deux doubles portes vitrées et descendu un escalier en colimaçon. J'ai tapé sur une clochette de comptoir et une certaine Janice est apparue. Elle m'a aidée à acquérir un coffre de taille moyenne. J'ai payé en liquide pour une année de location et apposé ma signature, trois fois pour vérification, sur la fiche. J'ai pris la clé que Janice m'a tendue. Elle s'est munie de celle qui fait la paire avec la mienne et m'a menée dans la salle des coffres. Une fois le mien extrait de son emplacement dans le mur, elle m'a ouvert un des trois petits cabinets privés, chacun ne contenant rien de plus qu'une étagère fixée à hauteur de bureau et une chaise. J'ai fermé la porte de ma salle privée et sorti ce carnet bleu du grand sac en cuir noir que tu m'as offert pour Noël. Dix ou quinze minutes se sont écoulées avant que je parvienne à commencer. J'avais le coeur qui battait tellement fort. J'étais incapable de dire si ce que je ressentais était de la panique, du chagrin, ou, allez savoir, de la joie.

Dès que le vrombissement de la voiture d'Irène fut englouti par le vacarme continu et assourdi de la ville, Gil se redressa. La serviette dont il se servait pour se protéger les yeux glissa. Il s'allongeait souvent sur le divan de son atelier quand il avait besoin de se reposer les yeux, et il lui arrivait de s'assoupir. Il pouvait dormir là une heure durant, mais le plus souvent il se réveillait en sursaut au bout d'une quinzaine de minutes, revigoré et très étonné, comme si on l'avait plongé dans la fraîcheur d'un ruisseau souterrain. Il s'assit en tâtonnant à la recherche de ses lunettes, qu'il posait parfois en équilibre sur sa poitrine. Les ovales métalliques avaient en effet fini par terre. Il les récupéra, les accrocha derrière ses oreilles. Ses cheveux drus étaient implantés bas sur son front et il les rabattit en arrière, lissa et rattacha sa courte queue de cheval grise. Il s'avança vers le tableau de sa femme et l'observa. Il avait des yeux rapprochés, froids, curieux et sombres. Il pressa la jointure d'un de ses doigts contre son menton. Ses joues maigres étaient mouchetées de peinture jaune.

Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas love_medecine_p Love Medecine la_d_capotable_rouge La décapotable rouge

Challenge 5% Littéraire 2012

  logochallenge2  
29/35

50__tats

38/50 : Dakota du Sud
Gil a passé son enfance à Rapid City

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Couleur"

 

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14 janvier 2013

C'est Lundi que lisez-vous ? [109]

 BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

simons_cat enfant_44_cd

Simon's cat se fait la belle - Simon Tofield 
Enfant 44 - Tom Rob Smith 
Un livre pour le Challenge Un mot, des titres organisé par Calypso avec le mot OMBRE

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Les apparences - Gillian Flynn (Grand Prix des Lectrices de Elle)

Que lirai-je cette semaine ?

Cour Nord - Antoine Choplin
Lame de fond - Linda Lê
L'Ange du matin - Arni Thorarinson
La vallée des masques - Tarun Tejpal


Bonne semaine et bonnes lectures.

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12 janvier 2013

Enfant 44 - Tom Rob Smith

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Audiolib - avril 2009 - lu par Frédéric Meaux

Belfond - février 2009 - 398 pages

Pocket - janvier 2010 - 522 pages

traduit de l'anglais par France Camus-Pichon

Titre original : Child 44, 2008

Quatrième de couverture :
Hiver 1953, Moscou. Le corps d'un petit garçon est retrouvé sur une voie ferrée.
Agent du MGB, la police d'État chargée du contre-espionnage, Leo est un officier particulièrement zélé. Alors que la famille de l'enfant croit à un assassinat, lui reste fidèle à la ligne du parti : le crime n'existe pas dans le parfait État socialiste, il s'agit d'un accident. L'affaire est classée mais le doute s'installe dans l'esprit de Leo.
Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Leo est contraint à l'exil avec sa femme Raïssa, elle-même convaincue de dissidence. C'est là, dans une petite ville perdue des montagnes de l'Oural, qu'il va faire une troublante découverte : un autre enfant mort dans les mêmes conditions que l'« accident » de Moscou.
Prenant tous les risques, Leo et Raïssa vont se lancer dans une terrible traque, qui fera d'eux des ennemis du peuple…

Auteur : Tom Rob Smith est né à Londres en 1979, d'une mère suédoise et d'un père anglais. Diplômé de l'université de Cambridge, il a passé un an en Italie dans un atelier d'écriture. Il a ensuite travaillé comme scénariste pendant cinq ans. Tom Rob Smith vit à Londres. Après Enfant 44 (2009), Kolyma est son deuxième roman.

Lecteur : Originaire du Sud-ouest de la France, Frédéric Meaux a fait ses études de Comédien-Danseur à l'école des Arts du spectacle à Bruxelles. Il poursuit ensuite sa formation dans l'art clownesque et la Commedia dell'arte. Depuis plusieurs années, il prête sa voix pour la télévision et le cinéma. Il a déjà enregistré pour Audiolib Enfant 44  et Le jeu de l'ange.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Avant de commencer ce livre, je ne m'attendais pas à lire une histoire pareille, le titre est mystérieux et induit même à l'erreur, le chiffre 44 m'évoquait autre chose que l'Union Soviétique en 1953...

Léo est un agent du MGB (ancêtre du KGB), il obéit au système et n'hésite pas à participer à la terreur stalinienne. Pourtant, un jour Léo décide de mener seul une enquête autour de disparitions d'enfants. En désaccord avec la Parti il devient personna non grata et il est déplacé au fin fond de l'Oural... Malgré tout, il poursuivra son enquête et fera des découvertes surprenantes...
J'ai beaucoup aimé ce livre, avec cette histoire, j'ai découvert le monde soviétique d'après-guerre, son contexte politique, économique et social et en même temps l'une enquête autour de ses enfants disparus est palpitante. L'ambiance est oppressante, par moment effroyable et le lecteur est tenu en haleine du début à la fin.  

Extrait : (début du livre)
Puisque maria avait décidé de mourir, son chat n’aurait qu’à se débrouiller. Elle s’en était déjà occupée au-delà du raisonnable. Voilà belle lurette que les villageois avaient attrapé et mangé les rats et les souris. Les animaux de compagnie avaient suivi. Tous, sauf un : ce chat, son compagnon qu’elle tenait caché. Pourquoi ne l’avait-elle pas tué ? Pour garder une raison de vivre, quelque chose à protéger et à aimer – une raison de survivre. Elle s’était promis de continuer à le nourrir jusqu’à ce qu’elle-même n’ait plus rien à se mettre sous la dent. Ce jour était arrivé. Elle avait déjà découpé ses bottes de cuir en lanières, les avait fait bouillir avec des orties et des graines de betterave. Elle avait creusé le sol pour trouver des vers de terre, sucé des morceaux d’écorce. Ce matin encore, délirante de fièvre, elle avait rongé un pied du tabouret de la cuisine jusqu’à ce que ses gencives soient pleines d’échardes. A sa vue son chat avait filé se réfugier sous le lit, refusant de se montrer alors même qu’elle l’appelait à genoux, le suppliait de sortir de sa cachette. C’est à ce moment-là que Maria avait décidé de mourir, n’ayant  plus rien à manger ni à aimer.
Elle attendit la tombée de la nuit pour ouvrir la porte d’entrée. Dans l’obscurité, son chat aurait plus de chances d’atteindre les bois sans être vu. Si un habitant du village l’apercevait, il lui sauterait dessus. Même si près de mourir, elle ne supportait pas l’idée qu’on tue son chat. Elle se consolait en se disant qu’il profiterait de l’effet de surprise. Au sein d’une communauté où les hommes adultes mâchaient de la terre en espérant tomber sur des fourmis ou des œufs d’insectes, où les enfants cherchaient dans le crottin de cheval les grains d’avoine non digérés et où les femmes se battaient pour quelques os, personne, à coup sûr, n’imaginait qu’un chat ait pu avoir la vie sauve.

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 Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

 Challenge Voisins, voisines

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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013

petit_bac_2013
"Chiffre/Nombre"

 Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 19/12

 Défi 1er roman
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