12 octobre 2012

Réanimation - Cécile Guilbert

r_animation Grasset - août 2012 - 272 pages

Quatrième de couverture :
« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s’ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »
La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l’un à l’autre, insouciants. Jusqu’au jour où Blaise est atteint d’une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d’urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial – la « réa » – tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...
Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi – surtout ? – une lettre d'amour à Blaise.

Auteur : Romancière et essayiste, Cécile Guilbert est l’auteur de Warhol Spirit (2007), Prix Médicis de l’essai et de Animaux and Cie (2010), avec Nicolas Guilbert.  

Mon avis : (lu en octobre 2012)
Le sujet de ce livre n'avait rien d'attirant pour moi et je ne l'aurai jamais lu en dehors du Grand Prix des lectrices Elle. J'ai personnellement une relation difficile avec l'hôpital, je n'aime pas les odeurs, les bruits, je suis jamais à l'aise lorsqu'il faut que je m'y rende que ce soit pour consulter ou pour rendre visite à quelqu'un...
A cinquante ans, Blaise le mari de la narratrice est opéré d'urgence pour une infection rare appelé cellulite cervicale. Après l'opération, sa femme vient lui rendre visite et elle découvre avec surprise que son mari est dans le service Réanimation post-opératoire et traumatologique, il a été plongé dans un coma artificiel pour quelques semaines.
Elle réalise alors que pour la première fois de sa vie elle se trouve séparé de Blaise et d'une manière qu'elle n'avait jamais imaginé, ni envisagé...
Elle se met alors à écrire au jour le jour, ses pensées, ses impressions dans un journal intime. Elle se retrouve seule à la maison, tout autour d'elle lui rappelle Blaise, elle se souvient du passé, elle a des craintes quand à l'avenir... Elle se raccroche à ces lectures, aux contes, à la mythologie, à l'Art... Elle se rend à l’hôpital, elle observe le service de Réanimation, son homme endormi, livré aux médecins et personnel soignant.
Ce livre est bien écrit, l'auteur a su décrire en détail l'atmosphère de l'hôpital et du service de Réanimation. Cette longue attente forcée va petit à petit conduire Blaise et la narratrice vers une réanimation médicale et spirituelle.
Le sujet est vraiment trop angoissant pour moi pour que j'apprécie pleinement ce livre, j'y ai également trouvé quelques longueurs. C'est malgré tout, une belle déclaration d'amour.

Extrait : (page 13)
Cette année-là, dans les derniers jours de mars, nuits et jours sont de même longueur et quelque chose a lieu.
Est-ce une buée passagère ? un fourmillement sans conséquence ?
La maladie est juste un mauvais rêve, le cauchemar favori des hommes tentés secrètement par la Faucheuse bien qu'ils la redoutent chaque nuit dans leur sommeil, enroulés dans leur drap comme dans leur linceul, étendus sans conscience comme s'ils étaient morts.

Blaise n'est pas de ce bois dont on fait les cercueils.
Dût-il demeurer longtemps alité, jamais ne lui viendrait la tentation de s'halluciner en cadavre. Pas plus qu'il n'aurait, mourant, l'idée de se photographier en gisant pour contempler son image durant son agonie. 
Y croit-il seulement, à la mort ?

Vous vivez ensemble depuis vingt ans.
Tu l'as aimé au premier regard, lumière du coup de foudre.
Tu aimes sa générosité, son espièglerie ; tu aimes son humour et par-dessus tout sa grande santé, qui ne vient pas du corps mais de l'appétit de vivre, et son élasticité joueuse, et son énergie.
Cet été-là, des feux d'artifice déchirent le ciel, Paris fait la fête, le Bicentenaire bat son plein mais la Révolution, c'est vous.
Davantage qu'à sa forte tête, trop souvent belliqueuse, tu fais confiance à son corps vif et viril de trente ans. Animé d'une gestuelle si déliée qu'il semble voltiger dans l'espace comme un papillon ivre, un ludion enfourchant l'univers dans sa ruée, tu sais d'instinct que sa vitalité supplantera toutes les baisses de tension (il y en aura), vaincra tous les chagrins.
Quand Aphrodite frappe, l'amour devient l'autre nom de la foi : brusque, soudaine, sans raison ni limites. Puisque Biaise saura être ton frère, ton fils, ton père, ton complice inégalé, et parce que vous y voyez l'occasion de sceller symboliquement l'exception dont n'ont pu se réclamer tous ceux et celles qui jadis et naguère ont fait battre vos cœurs et fondre vos corps, vous vous mariez. Bien décidés à n'avoir jamais d'enfants puisque vous en êtes. Que d'ailleurs Biaise a déjà un fils de six ans et Robert Louis Stevenson raison : les parents qui s'aiment n'engendrent que des orphelins.  

  Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Jury JANVIER
Document

Challenge 1% Littéraire 2012

  logochallenge2 
9/14

Posté par aproposdelivres à 06:49 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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