29 septembre 2012

Bois sauvage – Jesmyn Ward

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

bois_sauvage Belfond – août 2012 – 336 pages

traduit de l'américain par Jean-Luc Piningre

Titre original : Salvage the Bones, 2011

Quatrième de couverture :
Couronnée par le National Book Award, une œuvre violente et bouleversante, aux accents faulknériens. Dans la chaleur étouffante d'un Mississippi pauvre et oublié de tous, l'histoire d'une famille fracassée par une des plus grandes catastrophes de l'histoire des États-Unis. 

Esch Baptiste, quatorze ans, observe. Elle voit son père tenter de s'extirper des vapeurs de l'alcool pour consolider leur masure ; elle voit Randall, son frère aîné, s'entraîner sans relâche au basket, dans l'espoir de décrocher une bourse sportive, d'échapper enfin à Bois Sauvage , à cette misère; elle voit Skeet, le cadet, voler de la nourriture pour China, son pitbull adoré, sa championne de combats ; elle voit Junior, le petit dernier, chercher un peu de tendresse et d'attention ; elle voit leur mère, morte en couches, qui veille sur eux malgré tout ; et puis elle voit son corps qui change, ce secret dont elle ne peut parler à personne, ce bébé qu'elle n'attendait pas. 

Dans dix jours, un ouragan va frapper le golfe du Mexique. Mais cet ouragan n'est pas un ouragan comme les autres, c'est Katrina, la mère de tous les ouragans. Telle Médée dont Esch lit et relit l'histoire, Katrina est venue pour tuer...

Auteur : Jesmyn Ward, trente-cinq ans, est née à DeLisIe, dans l'État du Mississippi, et vit aujourd'hui en Alabama. Elle est issue d'une famille nombreuse, dont elle fut la première à bénéficier d'une bourse pour l'université. Son premier roman, Where the Line Bleeds (à paraître en 2013) lui a valu d'être remarquée par la critique américaine. Mais c'est avec Bois Sauvage qu'elle va rencontrer la reconnaissance internationale en remportant le National Book Award 2011, récompense littéraire suprême aux États-Unis. 

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Nous sommes à Bois Sauvage dans le Mississippi, douze jours avant l'arrivée de l'ouragan Katrina. La narratrice Esch, 14 ans, nous raconte au jour le jour le quotidien de sa famille.
La maman est morte en mettant au monde Junior le petit dernier qui a maintenant 8 ans.
Le père alcoolique ne songe qu'à clouer des planches de bois sur les ouvertures de la maison avant l'arrivée de la tempête. Âgé de 16 ans, le fils aîné Randall s'entraîne sans relâche au basket, il espère être sélectionné par l'équipe universitaire. Le second Skeet, 15 ans, ne vit que pour sa chienne pitbull China, celle-ci vient de mettre au monde sa première portée qui devrait rapporter de l'argent. Esch doit s'occuper des tâches ménagères, elle rêve du grand amour et vient de découvrir qu'elle est enceinte. C'est un huis-clos familiale dans un climat de plus en plus pesant au sens propre comme au sens figuré... Les personnages sont attachants et haut en couleur. Le style est simple et souvent parlé puisque la narratrice n'a que quatorze ans, malgré tout il y a quelques passages plein de poésie « Le soleil s'est couché pendant que Skeeter et moi on cherchait du bois, les couleurs explosaient, le soleil a coulé entre les arbres, et le ciel s'est vidé comme l'eau dans un tuyau. Il est devenu tout délavé, tout blanc, puis bleu marine et noir. »

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
China se bat contre elle-même. Si je savais pas, je croirais qu'elle veut manger ses pattes. Et qu'elle est folle. Ça, c'est un peu vrai. À part Skeet, elle laisse personne la toucher. Quand elle était bébé, avec sa grosse tête de pitbull, elle volait toutes les chaussures de la maison. Les tennis que maman nous achetait, noires pour pas qu'elles salissent trop vite, celles qui gardent leurs formes si on les brosse pas. Maman a pas eu de bol avec ses vieilles sandales plates, oubliées dans un coin, tellement pleines de terre rouge qu'elles étaient roses. On les reconnaissait plus. China cachait toutes nos pompes sous les meubles, derrière les toilettes, elle en faisait des tas et elle dormait dessus. Dès qu'elle a pu trotter, elle descendait le perron pour les planquer dans les rigoles. Impossible de lui reprendre : autant déraciner un arbre. Aujourd'hui, elle vole plus, elle donne, elle va nous faire des petits.
C'est rien comparé à ce qu'a souffert maman en accouchant de Junior. Comme nous, il a vu le jour dans la chambre des parents, au milieu de la clairière que son père a créée de ses mains avant de nous construire notre maison. On l'appelle maintenant la Fosse. J'avais huit ans, je suis la seule fille de la famille, et j'avais rien pu faire. Papa dit que maman voulait pas qu'on l'aide, que Randall et moi étions sortis vite, sous l'ampoule nue au-dessus du lit, alors elle pensait que ça serait pareil avec Junior, mais elle se trompait. Elle est restée accroupie à hurler jusqu'au bout. Junior est né violet comme un hortensia : la dernière fleur de sa vie. Quand papa lui a montré, maman l'a effleuré du bout des doigts, comme si elle avait peur de la flétrir, sa fleur, d'éparpiller le pollen. Elle refusait d'aller à l'hôpital. Papa l'a portée jusqu'à la voiture, le sang coulait à ses pieds, on l'a jamais revue.
China fait ce pour quoi elle est faite : elle se bat. Contre nos chaussures, contre les autres chiens, contre ses chiots aveugles, trempés, qui poussent vers la sortie. Elle sue beaucoup et les garçons l'observent, tout contents. Je vois papa derrière la fenêtre de la remise. Sa tête brille comme les truites qui filent au soleil sous la surface de l'eau. Tout est calme. Il fait lourd. Ça sent la pluie, mais il pleut pas. Pas d'étoiles dans le ciel, rien que la Fosse et ses ampoules nues.
- Reste pas devant l'entrée, ça l'énervé. Skeeter est le portrait de son père, très noir, petit et mince. À seize ans, il a un corps musclé, plein de nœuds. C'est le cadet de la famille, mais le plus grand pour China. Elle connaît que lui.
- Mais non, elle s'en fout, répond Randall.  

 

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Le mois américain

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34/50 : Mississipi

Challenge 1% Littéraire 2012

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5/7

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Végétal"

 

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Sélection Jury de Janvier

La sélection de mon Jury est arrivée dans ma boîte aux lettres

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Il s'agit de 7 livres à lire en environ 7 semaines

3 romans :

Une partie de chasse - Agnès Desarthe (L’Olivier)
La déesse des petites victoires - Yannick  Grannec (Anne Carrière)
Certaines n’avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka (Phébus)  

2 documents :

La vie sans fards - Maryse Condé (JC Lattès)
Réanimation - Cécile Guilbert (Grasset)

2 romans policier :

 La ville des serpents d’eau - Brigitte Aubert (Seuil)
Freezing - Clea Koff (Héloïse d’Ormesson)

Je dois rendre ma "copie" pour le 22 novembre.

"Certains n’avaient jamais vu la mer" me fait très envie, l'auteur était présente le week-end dernier au Festival America et j'avais déjà prévue de découvrir ce livre.

J'ai déjà lu des livres de Maryse Condé : "Segou" il y a plus de 20 ans et "En attendant la montée des eaux" il y a un ou deux ans.

Sinon, je ne connais pas les autres livres ! J'ai hâte de les découvrir...

A suivre...

Grand_Prix_des_Lectrices_2013 

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28 septembre 2012

Le Journal d'Anne Frank

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Calmann-Lévy - janvier 1958 – 308 pages

Calmann-Lévy - janvier 1959 – 345 pages

Livre de Poche – 1969 – 275 pages

France-Loisirs – octobre 1977 – 320 pages

Livre de Poche - janvier 1979 - 317 pages

Gallimard jeunesse – décembre 1984 -

Presse Pocket – 1986 – 284 pages

Livre de Poche – 1991 – 274 pages

Calmann Lévy – mars 2002 – 280 pages

Livre de Poche – novembre 2008 – 352 pages

traduit du néerlandais

Titre original : Het Achterhuis. Dagboekbrieven 14 Juni 1942-1 Augustus 1944, 1947

Quatrième de couverture : 
C'est d'abord pour elle seule qu'Anne Franck entreprend l'écriture de son journal le 12 juin 1942. Mais au printemps 1944, le gouvernement néerlandais décide de rassembler, dès la fin de la guerre, tout écrit relatant les souffrances du peuple occupé. Du haut de ses treize ans, Anne Franck s'adresse alors à la postérité. Au fil d'un récit alerte et chaleureux, elle décrit à sa "chère Kitty" imaginaire sa pénible vie clandestine. Car Anne et les siens vivent cachés dans "l'annexe" des bureaux paternels. L'occasion pour la jeune fille d'observer et de consigner dans son précieux cahier les comportements de chacun, d'analyser avec une maturité étonnante les tensions psychologiques dont vibre le quotidien. Elle y confie aussi sa peur, ses rêves et ses ambitions, ainsi que ses premières amours et ses réflexions sur la religion.

Ce Journal demeure l'un des témoignages les plus émouvants sur la Seconde Guerre mondiale. La mort d'Anne Franck en déportation nous laisse au coeur une plaie vive : le souvenir, rendu plus présent et plus insupportable encore, par cette lecture, du génocide des Juifs.

Auteur : Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi. 

Mon avis : (relu en septembre 2012)
Après mon week-end à Amsterdam cet été et la visite de la Maison d’Anne Frank, je voulais absolument relire son Journal que j’avais déjà lu adolescente.

C'est un formidable témoignage d'une époque, d'une histoire. Anne commence ce journal à treize ans, seulement quelques jours avant que sa famille parte se cacher dans l'Annexe. Le journal d'Anne s'achève lorsqu'elle a quinze ans et presque deux mois, la cachette a été découverte et les clandestins arrêtés.
Anne raconte son quotidien et celui des clandestins à travers des lettres qu'elle adresse à Kitty une amie imaginaire. Elle confie à son journal ses colères, ses conflits avec sa mère, ses espoirs, ses sentiments. Elle décrit avec beaucoup de détails l’organisation de la vie à l’Annexe, les contraintes, les occupations de chacun, les nouvelles qu’ils ont de l’extérieur grâce à la radio et surtout aux quelques employés des entreprises d’Otto Frank qui aident les clandestins. Miep, Bep, Jan, Kleiman et Kluger s’occupent de leur approvisionnement et leur remontent le moral. Ils ont été indispensables à la réussite de cette clandestinité. Malgré ces conditions particulières, Anne confit également à son journal les questions qu’une jeune fille de son âge se pose sur les transformations de son corps, sur ses sentiments, sur ses projets d’avenir…

Je gardais de ce livre un souvenir émouvant et fort, avec cette relecture j’ai redécouvert la richesse de ce journal. Anne a une maturité étonnante et un vrai talent d’écrivain, elle sait observer et raconter. Au fil des pages, j’ai vu l’évolution de cette enfant pleine de vie qui devient  une adolescente qui aspire à évoluer. Les lettres sont parfois drôles, féroces, très intimes ou très tristes, Anne est  bouleversante de vérité et d’humanité.
A lire ou à relire ! Et à faire partager pour ne pas oublier !

La visite de la Maison d’Anne Frank : C’est « un musée avec une histoire », vous imaginez bien que c’est terriblement émouvant et tout au long du musée, les lieux sont décrits à l’aide de citations du Journal d'Anne Frank. La visite commence dans la maison principale où se trouvaient les bureaux d'Otto Frank et de ses employés. Les visiteurs découvrent peu à peu l'ambiance et le contexte historique de l’époque.
Au milieu de la visite, le visiteur découvre les pièces de la cachette dans l'Annexe, elles  ont été conservées dans leur état originel, mais vides étant donné que tout fut enlevé après l'arrestation des 8 clandestins. Il reste cependant sur le mur de la chambre d’Anne les photos de magazine qu’elle y a collé au début du séjour dans l’Annexe, une petite carte piquée d’aiguilles montrant l’avancée américaine après le débarquement de juin 1944…
Puis la visite se poursuit avec une exposition sur les déportations et les camps et une exposition entièrement consacrée au Journal d’Anne Frank.

Je vous invite également à parcourir le site de la Maison d’Anne Frank, il est très complet et très intéressant.

Article chez Valérie sur l'adaptation du Journal d'Anne Frank au Théâtre Rive Gauche

Extrait : (début du livre)

12 JUIN 1942:

Je vais pouvoir, j'espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n'ai encore pu le faire à personne, et j'espère que tu me seras d'un grand soutien.

(ajout du 28 SEPTEMBRE 1942)

Jusqu'à maintenant, j'ai trouvé en toi un grand soutien, comme auprès de Kitty à qui j'écris régulièrement, j'aime beaucoup mieux cette façon d'écrire dans mon journal et maintenant j'ai vraiment du mal à attendre le moment de te retrouver pour écrire. Oh, comme je suis contente de t'avoir emporté.

DIMANCHE 14 JUIN 1942

Je vais commencer au moment où je t'ai reçu, c'est-à- dire quand je t'ai vu sur la table de mes cadeaux d'anniversaire (car j'étais là quand on t'a acheté, mais ça ne compte pas). 
Vendredi 12 juin, j'étais déjà réveillée à six heures, et c'est bien compréhensible puisque c'était mon anniversaire. 
Mais à six heures, je n'avais pas le droit de me lever, alors j'ai dû contenir ma curiosité jusqu'à sept heures moins le quart. Là je n'y tenais plus, je suis allée dans la salle à manger, où Moortje (le chat) m'a souhaité la bien venue en me donnant des petits coups de tête. Un peu après sept heures, je suis allée voir Papa et Maman et ensuite je suis venue au salon pour déballer mes cadeaux, c'est toi que j'ai vu en premier, peut-être un de mes plus beaux cadeaux. Et puis un bouquet de roses, deux branches de pivoines, et une petite plante. Papa et Maman m'ont donné un chemisier bleu, un jeu de société, une bouteille de jus de raisin, qui, à mon idée, a un petit goût de vin (on fait le vin avec du raisin), puis un puzzle, un petit pot de pommade ; un billet de deux florins et demi et un bon pour deux livres, un livre, la Camera obscura, mais Margot l'a déjà, alors je l'ai échangé ; un plat de petits gâteaux faits maison (par moi bien sûr, car faire des petits gâteaux, c'est mon fort en ce moment), beaucoup de bonbons, et une tarte aux fraises faite par Maman, une lettre de mamie, juste à temps, mais évidemment c'est un hasard. 
Ensuite Hanneli est venue me chercher et nous sommes parties à l'école. Pendant la récréation, j'ai offert des galettes au beurre aux professeurs et aux élèves ; et puis il a fallu retourner au travail. 
Puis je suis rentrée à cinq heures car j'étais allée au cours de gymnastique (même si je n'en ai pas le droit parce que mes bras et mes jambes se déboîtent) et pour mon anniversaire j'ai choisi qu'on joue tous au volley. Quand je suis arrivée à la maison, Sanne Ledermann était déjà là et j'avais ramené IIse Wagner, Hanneli Goslar et Jacqueline Van Maarsen, parce qu'elles sont dans ma classe. Avant, Hanneli et Sanne étaient mes deux meilleures amies, et quand on nous voyait ensemble on disait toujours voilà Anne, Hanne et Sanne. Je n'ai connu Jacqueline Van Maarsen qu'au lycée juif et maintenant elle est ma meilleure amie. Ilse est la meilleure amie de Hanneli, et Sanne est à une autre école, où elle a ses amies. 

 

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Personne Célèbre"

Challenge le nez dans les livres

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La reine des lectrices : 11/6

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27 septembre 2012

Masse Critique chez Babelio !

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Tentez votre chance !

 

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26 septembre 2012

Le ciel tout autour – Amanda Eyre Ward

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Buchet Chastel - mars 2005 - 322 pages

J'ai Lu - août 2006 - 253 pages

Quatrième de couverture :
" La nuit allongée dans sa cellule, la télé éteinte, les bruits enfin calmés, elle repense à ce soir-là, sur la véranda. Elle tente de se convaincre qu'elle l'a vraiment vécu. Elle compte les minutes qu'il lui reste à vivre. Le 25 août est dans soixante-deux jours 89 280 minutes. "
Karen a vingt-neuf ans et elle attend son exécution dans le couloir de la mort d'une prison du Texas où les touristes affluent pour l'événement.
Célia, la veuve d'un des hommes que Karen a assassinés, ne parvient pas à se remettre de la mort de son mari. Cinq ans après, elle ne pardonne pas mais décide d'écrire à la coupable...
Franny, jeune médecin originaire du Texas, quitte New York pour rejoindre sa région natale et trouver peut-être un sens à sa vie.
Trois destins entremêlés dans un roman qui évoque l'univers carcéral féminin avec émotion et humanité. Inoubliable.

 

Auteur : Amanda Eyre Ward est née à New York eu 1972. Elle est également l'auteur de "A perte de vue" en 2006.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
C’est la blogosphère qui m’a donné envie de découvrir ce livre. La thématique n’est pas très gaie, car l’histoire se passe en partie dans le Couloir de la mort de la prison de femmes de Gatestown au Texas. Il y a trois femmes, trois voix, trois destins.
Karen est une tueuse en série, depuis cinq ans, elle attend son exécution, celle-ci est programmée pour le 25 août, dans 62 jours. Karen est atteinte du sida et elle partage son quotidien avec d'autres condamnées à mort.
Celia est la veuve d'une des victimes de Karen, bibliothécaire depuis la disparition de son mari, elle vit mécaniquement, dans la colère, dans la dépression, se refusant un avenir possible.
Franny est la nièce du médecin de la prison. Après le décès des ses parents alors qu'elle avait six ans, c'est son oncle qui l'a élevée. Elle est devenue médecin à New-York et après la mort d'Anna, une jeune patiente dont elle s'occupait, elle est en plein doute sur sa vie, son métier, son couple.
Tout au long du livre, lecteur voit évoluer ces trois femmes, découvre la réalité carcérale et est appelé à réfléchir sur le pardon, sur la peine de mort et les exécutions aux États-Unis.
Dans ce livre, il se dégage beaucoup d'humanité, les personnages sont très attachants et émouvants. Une très belle découverte.

Autre avis : Sandrine

Extrait : (début du livre)
Le mercredi, elles se préparent pour la fiancée de Satan, qui doit arriver après le déjeuner. Elles commandent une lampe et une radio à l'intendance, sur le compte de Tiffany. Karen fait le lit dans la cellule vide et met des draps propres. Toutes les femmes du Couloir de la Mort, qui utilisaient la cellule comme espace de rangement, en ont retiré leurs affaires personnelles pour permettre à la Fiancée de Satan de repartir du bon pied.
Tout en secouant le drap avant de bien le lisser sur le matelas, Karen se souvient du soulagement qui l'avait envahie lorsqu'elle avait découvert sa cellule : vide, propre, sentant l'ammoniaque. C'était il y a près de cinq ans.
Tiffany prend deux livres sur l'étagère, Femmes meurtrières et La Gymnastique de Jane Fonda. Elle les pose à côté du lit de la nouvelle. « Voilà », dit-elle. 

Quatre heures et demie du matin. Le petit déjeuner est terminé ; la longue matinée va s'étirer jusqu'au repas de midi. Tiffany se tient devant la cellule vide, un bras maigre passé autour de son ventre, l'autre contre son menton. « Je devrais peut-être lui dessiner quelque chose ? C'est tellement triste, cette cellule.
- Laisse tomber, dit Karen.
- Mais c'est sinistre », insiste Tiffany. Elle secoue la tête, et ses cheveux, coiffés à la Farrah Fawcett, se remettent parfaitement en place. Sous son survêtement, ses membres sont solides. Dans sa cellule, elle sautille, fait des abdos et des pompes. Tous les jours, à la promenade, elle arpente la petite cour grillagée, creusant un sillon en forme de huit dans la poussière. Elle croit à sa libération, et ne tient pas en place. Karen reconnaît cet espoir aigu, qui irrite comme un gravier dans la chaussure, quand on se rend compte du temps qui passe et de tout ce qui vous manque au-dehors. Lorsqu'on abandonne l'espoir, une paix sourde, engourdissante, prend le relais.
« Laisse tomber », répète Karen.

 

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34/50 : Texas

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25 septembre 2012

Là où j'irai - Gayle Forman

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Oh ! Editions - novembre 2010 - 281 pages

Pocket - novembre 2011 - 238 pages

Pocket jeunesse - novembre 2011 - 242 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-France Girod

Titre original : Where she went, 2010

Quatrième de couverture :
Il y a trois ans, il l’a suppliée de rester. À tout prix. Et Mia est sortie du coma. Pour quitter Portland, peu après, pour le quitter 
lui. C’était le prix à payer. Et la voilà de nouveau en chair et en os. Ce soir, Carnegie Hall est à guichets fermés. Tout New York est venu admirer sa virtuosité au violoncelle. Et Adam s’est glissé dans la salle. Lui, la rock star à la vie dissolue, pourchassé par les paparazzis, il tremble… Souvenirs et mélodies affluent – retrouvailles en si majeur…

Auteur : Gayle Forman vit à Brooklyn avec son mari et leurs filles. Ses livres, tous des best-sellers, sont traduits dans le monde entier.

Mon avis : (lu en septembre)
"Là ou j'irai" est la suite de "Si je reste", nous avions laissé Mia et Adam qui se séparaient pour cause d'études et nous les retrouvons dans des vies bien différentes même si l'un et l'autre ont réussi dans leur domaine. Mia, violoncelliste virtuose, joue maintenant à Carnegie Hall et Adam est devenu une rock star traquée par la presse et les fans.
Un peu par hasard, ils vont se retrouver à New-York et faire une longue balade dans la ville dans des lieux insolites. C'est romantique et poétique, cela se lit facilement. C'est sans prétention. Un moment de lecture détendant et sympathique.    

Merci Azilis pour ce livre offert lors du Swap Anniversaire organisé par Hérisson 

Extrait : (début du livre)
Chaque matin, en m'éveillant, je me dis : Ce n'est qu'une journée, vingt-quatre heures à passer. Je ne sais plus ni quand ni pourquoi j'ai pris l'habitude de cet encouragement quotidien. On dirait l'une des douze étapes de ces groupes d'Anonymes, dont je ne fais pourtant pas partie. Encore qu'à lire les âneries qu'on écrit sur moi, on pourrait penser que je devrais. Je mène le genre de vie devant lequel beaucoup bavent d'envie. Et malgré tout, j’éprouve le besoin de me rappeler la durée d’une journée, pour me persuader que si j’ai réussi à passer celle de la veille, j’irai au bout de la prochaine.
Après mon petit mantra, je jette un coup d'oeil à la pendulette minimaliste posée sur la table de nuit de l'hôtel. Elle indique 11h47, autrement dit l'aube, pour moi. La réception m'a déjà téléphoné deux fois pour me réveiller et notre manager, Aldous, a pris le relais, poliment, mais fermement. La journée qui m'attend n'a peut-être que vingt-quatre heures, mais elle s'annonce bien remplie. 

 

Déjà lu du même auteur : 

si_je_reste_ Si je reste 

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34/50 : Arizona
Bryn la petite amie d'Adam est originaire d'Arizona

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Le mois américain

Challenge New York en littérature
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  Challenge Objectif PAL Swap
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12/38

drame 
Baby Challenge - Drame Livraddict : 12/20

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23 septembre 2012

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [93]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

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A découvert - Harlan Coben 
Une seconde vie – Dermot Bolger 
La patiente – Jean-Philippe Mégnin

Je suis allée au Festival America : vendredi et samedi

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le ciel tout autour – Amanda Eyre Ward
Le journal d'Anne Frank

Que lirai-je cette semaine ?

Bois sauvage - Jesmyn Ward (partenariat)
Le vendeur de saris - Rupa Bajwa

Bonne semaine et bonne lecture. 

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Festival America - la suite...

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Conquise par ma visite du Vendredi après-midi, j'ai décidé d'y retourner pour la journée de Samedi avec un rendez-vous avec Valérie qui passe le week-end sur Vincennes...

Elle avait choisi de commencer par aller voir un Forum des écrivains sur le thème "Le rôle de l'écrivain" avec comme invités Russel Banks, Louise Erdrich, John Freeman, Nicole Krauss et Luis Sepúlveda. J'ai donc décidé d'y aller la retrouver et comme nous étions arrivés bien en avance, nous avons eu l'occasion de bavarder une bonne heure avant que le Forum des écrivains commence.
C'était la première fois que nous nous rencontrions "en vrai", le contact s'est fait spontanément comme si nous nous connaissions depuis toujours... Un moment très sympa !

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Russel Banks                                         Louise Erdrich

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John Freeman                          Nicole Krauss 

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Luis Sepúlveda

Forum des écrivains sur le thème "Le rôle de l'écrivain" :
Quelle chance de rencontrer quatre écrivains que j'ai eu l'occasion de lire et de les entendre parler de leur façon d'écrire, de raconter des histoires, d'être des citoyens et des écrivains... 

Ensuite, j'ai passée l'après-midi dans la salle des fêtes de la Mairie où j'ai trouvé une place autour d'une petite table au premier rang pour 3 Café des Libraires. Animé par Maëtte Chantrel, autour d'un thème, les auteurs sont interrogés par un libraire sur leur livre.

 

Le premier Café des Libraires sur le thème "D'autres vies que la leur" avec comme invités prévus Dave Eggers, Percival Everett et William Ospina. Je connaissais seulement Dave Eggers qui malheureusement a fait faux bond au festival.
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William Ospina (Colombie)        et            Percival Everett (États-Unis) 

 

Le deuxième Café des Libraires sur le thème "Drôles de couples"
avec comme invités Louise Erdrich, Jorge Franco et Adam Foss.
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Louise Erdrich (États-Unis)                                  Adam Foss (États-Unis) 
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Jorge Franco (Colombie)

 

Le troisième Café des Libraires sur le thème "La vie n'est pas si grave"
avec Jonathan Dee, Fernanda García Lao, Rebecca Makkaï et Alan Pauls
 
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Jonathan Dee (États-Unis)                       Fernanda García Lao (Argentine)
 
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Rebecca Makkaï (États-Unis)                                  Alan Pauls (Argentine)

 

Ensuite, j'ai refait un petit tour du Salon du Livre où quelques d'auteurs dédicaçaient...

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João Almino (Brésil)                     Teju Cole (États-Unis) 

Un seul regret pour ce Festival America, c'est mon faible niveau  en anglais qui ne m'a pas permis de communiquer avec un auteur. J'ai juste pu dire un faible "Thank you very much" à Louise Erdrich après avoir obtenu un signature sur mon livre...

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22 septembre 2012

Festival America - quelques photos

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Comme prévu, j'ai passé l'après-midi à Vincennes au Festival America, 

Mes premières photos :

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Salle des Fêtes de la Mairie de Vincennes, pour l'Ouverture du Festival America (15h à 16h)
avec Toni Morrison. Il y avait beaucoup de monde...

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C'était une interview autour de son nouveau livre "Home", 
c'était très intéressant (avec traduction), surtout que je l'ai lu il y a peu.

Vidéo : Café des Libraires avec Toni Morrison
(Vendredi 21 Septembre 2012)

 

 

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Débat sur le thème Zones d'ombres (16h à 17h)
avec Michael Christie (Canada), Eduardo Antonio Parra (Mexique)
Felipe Becerra Calderon (Chili) et Philipp Meyer (Etats-Unis), 
Ils ont écrit des livres sur les exclus de notre société.

Ensuite, j'ai eu le temps de faire un petit tour au Salon du Livre.

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Luis Sepúlveda (Chili)      Ángel Parra (Chili)    Eugenia Almeida (Argentine) 

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Juan Gabriel Vásquez (Colombie)

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Sergio Ramirez (Nicaragua) Eduardo Antonio Parra (Mexique)

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Marvin Victor (Haïti)

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Iain Levison (États-Unis)          Dinaw Mengestu (États-Unis)

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Darin Strauss Ruan (États-Unis)   Eric Miles Williamson (États-Unis)

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  Janet Skeslien Charles (États-Unis)

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 Samuel Archibald (Canada-Québec) Lucie Lachapelle (Canada-Québec) Michael Christie (Canada)           

 

et j'y retourne tout à l'heure...

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21 septembre 2012

La patiente – Jean-Philippe Mégnin

la_patiente Le Dilettante – août 2012 – 157 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire d’une femme qui ne dit rien. Et d’un homme qui tente de la comprendre. D’elle il sait très peu, elle sait tout de lui.
Quand enfin elle va se livrer, il le regrettera, mais il sera trop tard. C’est elle qui mène le jeu.
Après l’histoire d’un transfert amoureux en montagne pour son premier roman, voici celle d’un trio amoureux entre Paris et la Bretagne.

« On avait le sentiment d’être victimes d’une erreur. Ça ne nous paraissait pas possible, une histoire pareille. Inenvisageable ; et pourtant, c’était notre histoire. Et il fallait vivre avec. »

Auteur : Jean-Philippe Mégnin vil pas très loin de Besançon et tout près de sa femme et de leurs deux enfants. Quand il n'enseigne pas l'histoire des sciences, il se demande toujours ce qu'il préfère : écrire ou jouer du piano, Lascaux ou Soulages, le glacier du Géant ou le Quartier latin. Sans compter qu'il y a aussi la pointe du Raz... 

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Tout d’abord, je trouve très belle la couverture de ce livre.
Le narrateur est gynécologue à Paris. La patiente est bien mystérieuse, la première fois qu’elle vient le consulter, il a un drôle de sentiment, comme un malaise. Il sent que cette femme n'est pas une patiente comme les autres…
Je n’en dévoile pas plus car ce livre est très court et je l’ai lu d’une traite.
L’intrigue est captivante, le livre dégage une forte tension, le style est très efficace et j’ai beaucoup aimé !

Autre avis : Sandrine

Extrait : (début du livre)
C'est dès le premier échange de regards que j'ai compris que ce ne serait pas une patiente ordinaire.
La chaîne stéréo dissimulée dans le placard mural diffusait doucement les Suites pour violoncelle, et elle m'a regardé sans sembler me voir, comme si Bach à ce moment-là était plus présent dans la pièce que moi.

Sa tenue, son attitude, cadraient pourtant à la perfection avec mon salon d'attente plutôt distingué de la place Saint-Sulpice ; elle avait cette classe naturelle des femmes qui sont élégantes sans sembler se soucier de l'être, et qui s'inscrivait idéalement dans ce décor que j'avais voulu à la fois rassurant et original.

Malgré cela, sa seule présence a tout de suite éveillé chez moi une sensation obscure, un sentiment d'insécurité diffus mais palpable, comme une brume matinale.
Je ne saurais dire pourquoi j'ai eu cette impression. Je me suis demandé si elle était partagée par les autres personnes présentes dans la pièce. Je ne crois pas. C'est moi qui étais troublé, et qui m'en voulais d'être troublé. Moi seul.

Je savais que je ne l'avais jamais vue; de retour à mon bureau, j'ai jeté un coup d'œil rapide à la page du jour dans mon agenda, pour y voir son nom : Camille D. Pas plus que son visage ce nom ne m'a dit quoi que ce soit. Une inconnue, adressée par une amie ou par un autre médecin; rien là que de l'ultracourant, et pourtant...
Et pourtant ce sentiment d'insécurité, qui ne m'a plus quitté pendant les deux rendez-vous qui ont précédé le sien.
Je suis resté très professionnel, bien sûr. Très disponible. En apparence.
Mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser à cette femme qui m'attendait. À ce regard à la fois lumineux et indifférent.

Quand son tour est arrivé, je n'ai pas eu besoin de prononcer son nom; abandonnant Bach, elle m'a souri en se levant dès que j'ai eu ouvert la porte.
Je me suis effacé pour la laisser traverser le hall et pénétrer dans mon bureau, en face.

Je l'ai priée de s'asseoir et j'ai fait mine de chercher dans mon classeur un dossier à son nom.
- Ne cherchez pas, docteur ; nous ne nous connaissons pas encore. C'est la première fois que je viens vous voir.
Je le savais, mais sans m'expliquer pourquoi, j'éprouvais le besoin de ce genre de geste. Je me rassurais. 

Challenge 1% Littéraire 2012
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4/7

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