20 septembre 2012

Festival America - Vincennes (94)

 Ce week-end, destination l'Amérique !
Du 20 au 23 Septembre à Vincennes

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 (En cliquant sur l'une ou l'autre image, vous avez un lien vers le site très complet du festival !) 

 Je vais essayer de m'y rendre vendredi après-midi (je travaille pas très loin) 
et/ou pourquoi pas un autre jour du week-end...

 

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Une seconde vie – Dermot Bolger

une_seconde_vie Éditions Joëlle Losfeld - janvier 2012 - 256 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas

Titre original : A Second Life, 2010

Quatrième de couverture :
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la  suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. A son réveil, bouleversé, Sean perçoit le 
monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. A six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Eglise de le laisser à l'adoption. Avec le sentiment d'être devenu étranger à sa femme et à ses deux enfants, et très certainement en premier lieu à lui-même, Sean décide de partir à la recherche de cette mère dont il ne sait rien. Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, Dermot Bolger nous entraîne dans une histoire particulière (déjà évoquée au cinéma dans le très émouvant Magdalene Sisters), celle de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.

Auteur : Dermot Bolger, né en 1959, est issu de la classe ouvrière du faubourg dublinois de Finglas. Il se consacre à l'écriture depuis 1980, et est considéré comme l'un des pairs de toute une génération d'écrivains irlandais. Un grand nombre de ses ouvrages a été traduit en français, dont Toute la famille sur la jetée du Paradis, paru aux Editions Joëlle Losfeld en 2008.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Dans la Note de l'auteur qui commence le livre, Dermot Bolger nous explique que ce livre est une deuxième version, son premier roman est paru en 1994 et celui-ci a été entièrement réécrit plus de quinze plus tard. Une seconde vie est l'histoire de la recherche d'un passé enfoui : le passé d'un homme, d’une femme et le  passé d'un pays.
Tout commence à Dublin avec un accident de la route et Sean Blake la victime, marié, père de deux jeunes enfants Benedict et Sinéad, survole la scène où il se voit mort. Finalement, Sean revient à la vie mais celle-ci a changé pour lui, cet accident l'a renvoyé à son passé. A l'âge de onze ans, Sean a appris qu'il était un enfant adopté. Devenu adulte, il a tout fait pour l'oublier, en particulier, il n'en a jamais parlé à Géraldine, sa femme.
Au même moment, à Coventry, Elisabeth est réveillé brutalement. Mariée à Jack, mère de trois filles, elle vit depuis plus de trente ans avec un secret. A l'âge de dix-neuf ans, elle a eu un petit garçon qui lui a été retiré à six semaines. Et depuis, il n'y a pas eu un jour où elle n'a pas pensé à son petit garçon. Elisabeth a toujours eu l'espoir de le revoir un jour.
Le thème de fond est donc l'adoption mais également le scandale en Irlande des couvents de la Madeleine. 
On peut diviser le livre en deux parties, dans la première Sean s’interroge sur le trouble qui l’envahi et qui l’empêche de vivre heureux avec sa femme et ses deux enfants. Il revient sur les souvenirs de son enfance et sur les images qu’il a vu durant son expérience de mort éminente. Cette première partie est un peu lente et parfois peu claire comme peut être l’état d’esprit de Sean qui se sent perdu… Doit-il oui ou non retrouver sa mère adoptive ? Comment va-t-elle l’accueillir ? Elle l’a abandonné bébé, peut-être l’a-t-elle complètement oublié ?
Dans la deuxième partie, Sean a pris la décision de partir à la recherche de sa mère et de prendre le risque de se faire rejeter. Il a besoin de comprendre l’histoire de sa mère pour comprendre sa propre histoire et pouvoir avancer dans sa vie. Cette partie est beaucoup plus rythmée et émouvante. Cette partie est bouleversante et Sean et Lizzy sont vraiment très attachants. Une très belle découverte ! 

Extrait : (début du livre)
Celui qui avait repeint l'ambulance avait oublié la bordure supérieure des portières. Vus d'en haut, les sillons écaillés de la carrosserie ressemblaient au lit d'une rivière asséchée. Le dessus du chapeau de l'ambulancier était  tacheté de poussières et de pellicules et, quand il releva la tête de ma poitrine, je vis mon visage tourné vers le ciel, strié de sang. Les deux arbres séculaires qui surplombaient le portail du Jardin botanique avaient perdu leurs feuilles. Pourtant, au milieu de leurs profondeurs, un merle appelait.
Depuis combien de temps ne m'étais-je pas senti aussi serein ? Les insignifiantes tracasseries du début de matinée, le service photo du magazine qui avait téléphoné pour me rappeler les échéances à respecter, mon fils de trois ans, Benedict, qui refusait de manger et se désintéressait petit à petit de ses cadeaux de Noël, me paraissaient lointaines. Seules quelques minutes s'étaient écoulées entre-temps, mais c'était comme si je n'avais plus eu le moindre rapport avec mon ancienne vie. Et, à mon grand étonnement, je n'éprouvais ni douleur physique, ni tristesse, ni impression de perte. Mais j'observais au-dessous de moi la scène de l'accident avec une insouciante désinvolture.
De la mousse obstruait les gouttières de l'immeuble au coin de la rue. Il y avait sur le toit des ardoises cassées qui provoqueraient des dégâts pendant l'hiver. Une jeune étudiante jeta un coup d'oeil à travers les rideaux en dentelle d'une lucarne. Tandis qu'elle se penchait pour observer les voitures bloquées dans les deux sens, je vis les ballons de fête dont elle avait scotché les ficelles sur la vitre et le haut de sa tête encore mouillée de la douche. Les automobilistes qui nous regardaient derrière leur pare-brise semblaient terriblement stressés. Où allaient-ils tous, en ces limbes de Noël et le jour de l'An, quand les bureaux et les usines étaient fermés ? J'étais désolé pour eux, car voici qu'ils se retrouvaient forcés de comtempler mon cadavre. Mais pas pour moi. Je ne ressentais vraiment aucune émotion particulière vis-à-vis de mon corps qui gisait à moitié hors de la voiture broyée, et à moitié dedans. 

 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Irlande

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

 

Posté par aproposdelivres à 10:10 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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