10 août 2012

Pleure, ô pays bien-aimé – Alan Paton

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Albin Michel – 1950 – 342 pages

Albin Michel – mai 1966 – 316 pages

Livre de Poche – janvier 1967 – 429 pages

Livre de Poche – 1978 – 429 pages

Livre de Poche – 1984 – 351 pages

Livre de Poche – juin 1997 -

Albin Michel – juin 1999 -

traduit de l'anglais par Denise Van Moppès

Titre original : Cry, the beloved country, 1948

Quatrième de couverture :
Appelé par sa sœur, Stephen Koumalo, le vieux pasteur noir d'un village d'Afrique du Sud doit se résigner à partir pour Johannesburg. Plusieurs de ses parents, dont son fils unique Absalon, sont déjà dans cette ville redoutable, le royaume des Blancs. Koumalo qui, tout au long de son existence, ne fut qu'amour et charité, découvre à Johannesburg la réalité brutale de l'apartheid, de la misère et de la déchéance qui règnent parmi les Noirs transplantés dans la grande ville. 

Auteur : Alan Stewart Paton est un écrivain et un homme politique sud-africain, fondateur du parti libéral d'Afrique du Sud.
Il est né en 1903 dans la province du Natal, aujourd'hui appelée KwaZulu-Natal. Sa famille descendait des colons anglais en Afrique du Sud. Ses parents appartenaient à la communauté religieuse protestante des christadelphians. Alan Paton obtint à l'université du Natal une licence de sciences ainsi qu'un diplôme d'enseignement.
Il devint enseignant en lycée, puis, de 1935 à 1948, proviseur d'un centre de rééducation pour mineurs délinquants. Il y introduisit des réformes progressistes en assouplissant les conditions de vie et en proposant toutes sortes de permissions en cas de bonne conduite : dortoirs plus ouverts, autorisation de travail hors du centre. Il autorisa aussi l'hébergement dans des familles d'accueil avec contrôle par l'institution.
Alan Paton voulut s'engager lors de la seconde guerre mondiale mais fut réformé. Il décida alors de voyager, à ses propres frais, pour découvrir les systèmes éducatifs étrangers et tout particulièrement leurs centres de rééducation. Il visita ainsi une partie de l'Europe et les États-Unis. Lors de son passage en Norvège, il commença à écrire son premier roman, Pleure, ô pays bien-aimé. Il en finit l'écriture fin 1946 à San Francisco, où il rencontra également son éditeur.
Rentré au pays en 1947, il fonda en 1953 le parti libéral sud-africain qui militait pacifiquement contre l'apartheid fraîchement instauré. Il en resta président jusqu'à sa dissolution en 1968, la loi interdisant alors les partis multiraciaux. Il prit sa retraite à Botha's Hill, dans sa province natale, où il meurt le 12 avril 1988. 

Mon avis :
Je me rappelle très bien avoir reçu ce livre comme cadeau d'anniversaire par mes parents, mais impossible de me souvenir pour quel âge exact, sans doute pour mes 15 ans.
Avec ce livre, j'ai découvert ce qu'était l'Afrique du Sud et la réalité brutale et injuste de l'apartheid.
C'est l'histoire d'un vieux pasteur zoulou Stephen Kumalo d'un petit village d'Afrique du Sud qui subit l'exode des hommes désignés pour le travail des mines d'or. Le vieux pasteur a reçu une lettre qui l'invite à se rendre à Johannesburg où son fils Absalon a disparu. Là-bas, il découvre la misère des populations noires, et après de longues et pénibles recherches il retrouve son fils en prison, lors d'un cambriolage Absalon a commis un meurtre sur un blanc. Il est condamné à mort.

Ce livre m'a marqué, beaucoup touché et adolescente, je l'ai relu plusieurs fois. Pour faire ce billet, j'en ai relu quelques passages et même si le style peu paraître un peu vieillot, j'ai retrouvé la force du livre.

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Ce livre a été adapté à plusieurs reprises au cinéma :
Pleure, ô pays bien-aimé (Cry, the Beloved Country) est un film britannique réalisé par Zoltan Korda, en 1951.
Lost in the Stars, en 1974 est un film américain réalisé par Daniel Mann.
Pleure, ô pays bien-aimé (Cry, the Beloved Country) est un film sud-africano-américain réalisé par Darrell Roodt en 1995.  

Extrait : (début du livre)
Il y a une jolie route qui mène d'Ixopo dans les collines. Ces collines sont couvertes de prairies, vallonnées et plus charmantes qu'on ne pourrait dire ou chanter. La route y monte pendant douze kilomètres jusqu'à Carisbrooke et, de là, lorsqu'il n'y a point de brouillard, l'on découvre à ses pieds l'une des plus belles vallées d'Afrique. Alentour s'étendent herbages et fougères et l'on entend au loin le cri mélancolique du titihoya (1), l'un des oiseaux du veld (2). Plus bas coule l'Umzikulu qui vient du Drakensberg et s'en va vers la mer et, de l'autre côté du fleuve, les hautes chaînes de collines se dressent les unes derrière les autres jusqu'aux montagnes d'Ingeli et d'East Griqualand.
La prairie est riche et touffue, l'on ne voit pas le sol. Elle retient la pluie et le brouillard qui pénètrent dans la terre, alimentant des ruisseaux dans tous les ravins. Elle est bien entretenue et il n'y a pas trop de troupeaux pour la paître, pas trop d'incendies pour la dévaster. Déchaussez-vous pour y marcher, car cette terre est sacrée et telle qu'elle sortit des mains du Créateur. Protégez-la, gardez-la, nourrissez-la, car elle protège les hommes, garde les hommes, nourrit les hommes. Détruisez-la et l'homme est détruit.
L'herbe alentour est riche et touffue et l'on n'aperçois pas le sol. Mais les riches collines vertes s'interroment. Elles descendent vers la vallée et, en descendant, changent de nature. Elles deviennent rousses, elles se dénudent ; elles ne retiennent plus la pluie ni le brouillard, et les ruisselets sèchent dans les ravins. Trop de troupeaux en paissent l'herbe et trop d'incendies les dévastent. Chaussez-vous bien pour marcher sur cette terre, car elle est rude et dure et les pierres sont coupantes sous les pieds. Elle n'est point entretenue, ni gardée ni nourrie, elle ne protège plus les hommes, ne garde plus les hommes, ne nourrit plus les hommes. Et il y a bien longtemps qu'on n'entend plus ici le cri du titihoya.
Les grandes collines rousses se dressent, désolées, et la terre s'en arrache comme de la chair. Les éclairs flamboient au-dessus d'elle, les nuages se déversent sur elle, les ruisseaux morts se remettent à couler gonflés du sang rouge de la terre. En bas, dans les vallées, les femmes grattent ce qui reste de terre arable et le maïs atteint à peine à la hauteur d'un homme. Ce sont des vallées de vieillards, de femmes et d'enfants. Les hommes sont partis, les jeunes sont partis. Le sol ne peut plus les nourrir.

(1) Onomatopée, désigne un oiseau de la famille du pluvier.
(2) Nom african, signifie prairie. Peut également servir à désigner l'herbe.

Souvenirs_souvenirs

Posté par aproposdelivres à 07:27 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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