05 juin 2012

Les leçons du Mal – Thomas H. Cook

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Points

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Seuil – mars 2011 – 356 pages

Points – janvier 2012 – 376 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc

Titre original : Master of the Delta, 2008

Quatrième de couverture :
Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d'eux-mêmes ? Telles sont les questions que Jack Branch, professeur dans un lycée du Mississippi dans les années 1950, pose à ses élèves. Parmi eux, Eddie Miller est tenu à l'écart, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du "tueur de l'étudiante". Jack lui suggère de fouiller son passé et de mener l'enquête sur son père. Peu à peu, ils découvrent un monde chargé de violence où Bien et Mal se confondent : un monde de ténèbres.

Auteur : Thomas H Cook, né en 1947, est salué comme l'un des plus grands auteurs de sa génération. Il a écrit une vingtaine de romans, dont The Chatham School Affair (Au lieu-dit noir-étang TP, à paraître au Seuil), qui a remporté le prestigieux prix Edgar Allan Poe en 1997.

 

Mon avis : (lu en mai 2012)
J'ai découvert Thomas H. Cook avec son livre Les Feuilles mortes que j'avais beaucoup aimé. Lorsque Livraddict nous a proposé ce partenariat avec les éditions Points pour ce livre, je n'ai pas hésité pour le solliciter et j'ai été super contente de l'obtenir.
Voilà un roman policier très original et vraiment prenant. L'histoire se situe dans le vieux Sud des États-Unis, dans une petite ville du Mississippi où vivent deux sociétés que tout oppose. Le narrateur, Jack Branch revient sur son passé de jeune enseignant et des évènements qui se sont passés en 1954.
Jack Branch est issu d'une famille de la Haute société habitant le quartier des Plantations, il a une relation particulière avec son père ancien professeur reconnu. Les élèves de Jack Branch viennent pour la plupart du quartier défavorisé des Ponts, il leur donne des cours sur le Mal.
Une de ses élèves, Sheila disparaît et l'un de ses camarades, Eddie est injustement soupçonné et rejeté par tous. En effet, ce dernier est le fils du « tueur de l'étudiante » mort en prison quinze ans plus tôt. Eddie Miller est un garçon solitaire, un peu naïf, Jack se prend d'affection pour lui et va l'aider à mener à bien ses recherches sur son père.

Dès le début de ce roman le lecteur comprend que cette histoire va se terminer sur un drame, mais impossible avant la conclusion du livre de deviner ce qu'il va réellement se passer, j'ai imaginé plusieurs scénarios possible et... la fin a été inattendue !
Avec cette histoire, l'auteur nous décrit l'état d'esprit de cette société américaine des années 50 dans le Vieux Sud, il veut également nous faire réfléchir sur l'hérédité et bien sûr à travers les cours de Jack composés de nombreux exemples historiques ou littéraires nous découvrons le Mal.
J'ai cependant deux petites réserves concernant ce livre : En premier lieu, durant tout le livre, nous passons du passé au présent et parfois on peut être un peu perdu... car rien n'indique le changement d'époque. De même la révélation finale du drame, n'est pas si claire que cela, j'ai du relire plusieurs fois les dernières pages pour m'assurer que j'avais bien compris.

J'ai vraiment aimé ce livre, ce style de roman policier où la psychologie des personnages est au centre de l'intrigue me plaît vraiment beaucoup.

Un très grand Merci à Livraddict et aux éditions Points pour m'avoir permis de découvrir ce livre. J'ai dans ma PAL le dernier livre de Thomas H. Cook publié en France, Au lieu-dit Noir- Étang que j'ai très envie de lire sans tarder.

Extrait : (début du livre)
Gâté par le sort, je n'ai pas su voir les ténèbres ni ce qu'elles dissimulaient. Jusqu'au moment fatidique, le mal s'est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armés, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d'actes abominables que j'exposais avec passion à mon auditoire d'élèves captifs.
Il n'y avait donc rien de surprenant à ce que, ce matin-là, j'aie pensé au vieux roi Hérode, aux tourments que furent les siens quand, à la fin de sa vie, ses organes génitaux gangrenés grouillaient de vers. C'était le symbole de la culpabilité châtiée, d'infections méritées par un oppresseur, et je supposais que, pendant le semestre suivant, je trouverais bien l'occasion de le placer dans l'un de mes cours.
C'était une belle matinée d'avril 1954, un peu moins d'un siècle après le début d'un conflit qui, à son terme, avait rendu orphelins la moitié des enfants du Sud.
J'avais vingt-quatre ans et, depuis trois ans, enseignais au lycée de Lakeland. A l'époque, là comme partout ailleurs, il existait une ligne de démarcation entre les races et les classes sociales, matérialisée par un splendide secteur des Plantations, où mon père habitait toujours, et un nouveau quartier sud où se concentraient artisans et commerçants locaux dans de modestes maisons de plain-pied accolées les unes aux autres le long de petites rues bordées d'arbres. Les ouvriers qui travaillaient dans les quelques usines de la ville résidaient dans une zone du nom de Townsend, qui consistait en de petites maisons bâties sur des terrains tout aussi petits pouvant tout de même contenir un soupçon de pelouse. Un peu plus à l'est, on trouvait la catégorie de gens pour qui, selon l'histoire ancienne, l'auberge affichait toujours complet, et qui vivait dans le quartier connu sous le nom des Ponts.

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Déjà lu du même auteur : 

les_feuilles_mortes_p Les feuilles mortes

 

50__tats
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Posté par aproposdelivres à 06:40 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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