Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : ÂME

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Seuil – janvier 2005 – 422 pages

Points – décembre 2005 - 472 pages

Points – janvier 2006 – 480 pages

Points collector – janvier 2011 -

traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet

Titre original : The Heart of the Hunter, 2002

Quatrième de couverture : 
Véritable force de la nature, « P'tit » Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent. Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu du mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ? Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout. Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. L'Âme du chasseur a été salué comme un grand livre par le maître du policier américain Michael Connelly.

Auteur : Deon Meyer, né à Paarl le 4 juillet 1958, est un auteur de romans policiers originaire d'Afrique du Sud. Il écrit en afrikaans. Il passe son enfance à Klerksdorp, dans la province du Nord-Ouest, région des mines d'or.
Il a fait ses études à l'université de Potchefstroom avant de travailler comme journaliste pour Die Volkablad, quotidien afrikaner de Bloemfontein. Son premier roman paraît en 1994, mais il n'est pas traduit en anglais. Ses œuvres suivantes ont été traduites dans plusieurs langues. Elles reflètent la diversité culturelle de l'Afrique du Sud contemporaine, ses tensions et ses efforts pour vaincre le sous développement. Meyer est marié et père de quatre enfants, il vit actuellement à Melkbosstrand une petite ville de la municipalité du Cap, sur la côte ouest, à 35 km au nord du Cap.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C’est la première fois que je lisais un livre de cet auteur.
Thobela Mpayipheli est un ancien tueur de l'ANC, formé par les Pays de l'Est. Depuis que Nelson Mandela est arrivé au pouvoir en Afrique du Sud, il a changé de vie. Il a rencontré Miriam et son fils Pakamile, il a un travail comme homme à tout faire dans un garage et il suit des cours par correspondance, il aspire à une vie tranquille. Mais lorsque Monica, la fille de Johnny Kleintjes, vient lui demander de l'aide pour sauver son père, il ne peut refuser car il a une dette d'honneur envers lui. Il va renouer avec le passé et les ennuis vont commencer. Il va s'en suivre une sorte de road movie haletant à travers l'Afrique du Sud jusqu'en Zambie avec embûches et péripéties pour Thobela.
Un roman riche en émotions, où le lecteur découvre de superbes paysages d'Afrique du Sud mais aussi une société sud-africaine donc les codes ont évolués avec la démocratie naissante de l'Afrique du Sud.
Au fil des pages de ce roman, dans des flash-backs il est question de services secrets d'ici ou d'ailleurs, des luttes raciales d'hier entre Boers, Anglais et Xhosas...
L'histoire est palpitante, le contexte passionnant et le personnage de Thobela Mpayipheli vraiment attachant. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il se tenait derrière l’Américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l’esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre.
Il se revoyait assis sur l’éperon rocheux d’où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l’océan Indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s’achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir.

Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge. Son heure venue, lorsqu’il sentira la lame effilée lui ôter la vie, c’est là qu’il retournera, il le sait. A ces moments suspendus entre deux fracas.
Il reprit peu à peu conscience, presque avec précaution. Vit qu’ils n’étaient plus qu’à quelques minutes de Saint-Michel. Pencha à demi la tête vers l’oreille de l’Américain. Ses lèvres, là, aussi proches que celles d’un amant.
- Tu sais où on va après la mort ? lui demanda-t-il d’une voix de basse, dans un anglais fortement teinté d’accent africain.
Son ennemi se ramassa sur lui-même, larges épaules voûtées, nuque contractée.
Il attendit calmement que l’homme se retourne dans la cohue compacte du wagon. Il attendit de voir ses yeux. C’était le moment auquel il aspirait. La confrontation, le défi qu’on lance. Son instinct l’y poussait, c’était sa vocation, son accomplissement. Le guerrier venu des plaines d’Afrique, muscles bandés pour cet instant. Son cœur s’accéléra, la sève guerrière courut dans ses veines, la divine folie du combat prit possession de lui.
Le corps pivota en premier, sans hâte, puis ce fut la tête et enfin les yeux. Regard perçant du prédateur sans crainte, sûr de lui, amusé même, un sourire sur les lèvres minces. Etrange intimité, à quelques centimètres l’un de l’autre.   

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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