juste_avant Flammarion – août 2011 – 119 pages

Quatrième de couverture : 
Voici un texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche. Par la voix d'une très vieille dame sur son lit de mort, et par celle de son arrière-petite-fille, une jeune femme que la vie moderne bouscule, cinq générations parlent. Face aux duretés de la vie, face à la mort qui sème la zizanie, leurs histoires transmettent une gaieté indéfectible. Un premier roman, un récit court qui traverse le siècle, réussite rare de vigueur et de simplicité.

Auteur : Professeur de français langue étrangère, puis responsable du centre d'apprentissage des langues de la Cité internationale universitaire de Paris, Fanny Saintenoy travaille aujourd'hui au cabinet du Maire de Paris.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ce livre nous présente tour à tour une narration à deux voix. Il y a celle de Juliette, âgée de presque cent ans, elle est « Juste avant » de mourir et elle revient sur les souvenirs de toute sa vie et celle de Fanny son arrière petite-fille, trente ans qui revient sur ses souvenirs avec son arrière grand-mère.
Malgré une sujet empreint de tristesse, le ton n'est jamais larmoyant car Juliette revient sur les petits détails de sa vie, des instants de joie ou de tristesse qui se succèdent dans sa vie elle ne garde que les souvenirs heureux ou des anecdotes. En toile de fond de ce récit sur un siècle d'histoire le lecteur suit la vie de cinq générations de femmes avec Juliette, Jacqueline, Martine, Fanny et la petite Milena , fille de Fanny. Cela commence avec la Première Guerre Mondiale, puis le Front Populaire, la Seconde Guerre Mondiale, puis Mitterrand... J'ai beaucoup aimé les chapitres de Juliette dans lequel je retrouvais un peu de mes propres grands-mères. Cette arrière-grand mère est émouvante et touchante. Les chapitres de Fanny sont moins réussis, il n'apporte rien de plus aux souvenirs de Juliette. Une lecture sympathique, mais mitigée.

Extrait : (page 47)
Bizarrement, c'est le retour qui a été très difficile, après la folie de la Libération. Le jour où de Gaulle a descendu les Champs-Élysées, on aurait dit que la France entière était là, de chaque côté du trottoir. On s'était mises sur notre trente et un avec ma fille. J'avais fait une folie pour l'occasion, je m'étais payé un beau chapeau, avec une plume sur le côté, très chic. Y avait des sacrées bousculades, d'une main je tenais fort ma fille, de l'autre mon chapeau, mais ma plume est tombée et ça m'a fait du souci toute la journée. L'histoire des grands jours envolée par la légèreté de ma plume, une si petite chose.
C'était beau cette euphorie générale mais il fallait reprendre sa vie. Paris avait des airs de ville en fête, et pourtant les gens n'étaient plus comme avant ; ça se voyait sur les visages. On apprenait, jour après jour, tout ce qui s'était passé, tout ce qu'on n'aurait jamais voulu savoir. J'ai essayé de retrouver mon mari. Un type m'a dit qu'il était à Buchenwald avec Louis, que mon mari faisait toujours le pitre, qu'il racontait toujours autant de bêtises. Ça m'a rassurée, je me suis dit qu'ils avaient pas réussi à le pourrir. Un autre m'a raconté qu'il était vivant le jour de la libération du camp, par les Russes, paraît-il. Un jour j'ai cru le reconnaître, un monsieur qui lui ressemblait. Je me suis rendu compte que j'avais presque oublié son visage.

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Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
40/42

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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star_4