18 novembre 2011

Love Medecine - Louise Erdrich

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Livre de Poche

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Albin Michel – novembre 2008 – 400 pages

Livre de Poche – octobre 2011 – 512 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez

Titre original : Love Medecine, 1984

Quatrième de couverture :
De 1934 à nos jours, Love Medicine retrace les destins entrelacés de deux familles indiennes, isolées sur leur réserve du Dakota, à qui les Blancs ont non seulement volé leur terre mais ont aussi tenté de voler leur âme. Mêlant comédie et tragédie, puisant aux sources d'un univers imaginaire riche et poétique qui marque tous ses livres, de Derniers rapports à Little No Horse à ce qui a dévoré nos cœurs, ce roman est présenté ici dans sa version définitive, reprise et augmentée par l'auteur.

Auteur :  Karen Louis Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls, dans le Minnesota, d'une mère ojibura (famille des Chippewa), donc amérindienne, et d'un père germano-américain. Elle grandit dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes.
Louise Erdrich est, avec Sherman Alexie, l'une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d'outre-Atlantique. Si elle écrit, c'est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des Etats-Unis, vivent sur les décombres d'un passé mythique. Louise Erdrich vit aujourd’hui dans le Minnesota.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Tout d'abord, la photo de la couverture est très belle, un superbe ciel au ton rosé, quelques maisons, une pompe à essence...
Ce livre est le premier de Louise Erdrich. Il a été écrit en 1984 et n'avait jamais été traduit en français avant. Louise Erdrich nous fait découvrir l'Amérique vue du côté des indiens du Dakota de 1934 à 1983. Nous suivons sur plusieurs générations l'histoire deux familles : les Lamartine et les Kashpaw, avec leurs conflits, leurs alliances, leurs secrets. Le roman commence en 1981 avec la mort de June dans d'une tempête de neige. Le soir de son enterrement, ses proches évoquent sa mémoire à travers des souvenirs et anecdotes... J’ai pris mon temps pour lire ce livre qui est comme une série de nouvelles car chacun des chapitres pourrait presque être lu indépendamment. Il y a différents narrateurs et donc différents points de vue pour une chronique sociale. La vie des peuples indiens est difficile, il y a la guerre, le chômage l'alcoolisme. Mais malgré la misère et l'indifférence des blancs, ils persistent à survivre avec fierté, en aimant leur famille, leurs enfants. Ils doivent résister aux attraits de la vie moderne pour préserver les coutumes du clan. La nature environnante et les paysages de forêts et de lacs sont à la fois leur seul richesse et le symbole de leur liberté rêvée.
Tout au long du livre, je me suis très souvent référée à l'arbre généalogie présent au début du livre pour comprendre plus facilement les liens entre les différents personnages. J'ai trouvé ce livre très intéressant à lire pour mieux connaître la conditions des Indiens Chippewa, à travers son écriture pleine de poésie l'auteur sait nous transmette beaucoup d'émotions.
Merci à Livraddict et aux éditions du Livre de Poche pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Le matin précédant le dimanche de Pâques, pour tuer le temps avant l'arrivée du car de midi qui la ramènerait chez elle, June Kashpaw descendait la grande rue encombrée de Williston, un petit bourg pétrolier en pleine expansion du Dakota du Nord. C'était une Chippewa aux longues jambes, usée en tout par l'âge, sauf dans sa façon de bouger. C'est probablement cette façon de bouger, avec l'aisance d'une gamine sur des jambes minces et fermes, qui attira l'oeil de l'homme qui l'appela en toquant à la vitrine depuis l'intérieur du Rigger Bar. Elle avait l'impression de le connaître des tas de gens. Elle en avait vu passer tellement. Il replia le bras, l'invitant à entrer, ce qu'elle fit sans hésiter, en pensant simplement qu'elle allait écluser quelques verres avec lui avant de récupérer ses sacs et de prendre le car. Elle voulait, au moins, voir si elle le connaissait vraiment. Même derrière le carreau humide, elle se rendait compte qu'il n'était pas si vieux que ça et que son torse était généreusement matelassé de nylon rouge foncé et de duvet coûteux.
Il y avait des boîtes d'œufs colorés sur le comptoir, chacun miroitant tel un bijou dans son enveloppe de cellophane. Quand elle franchit la porte, le type en écalait un, bleu ciel comme celui d'un merle, en le tenant au creux de sa main pendant que du pouce il écartait la coquille. Le temps avait beau être couvert, la neige réfléchissait une telle lumière qu'elle fut momentanément aveuglée. C'était comme de plonger sous l'eau. Ce vers quoi elle s'avança plus que toute autre chose, ce fut cet œuf bleu au creux de la main blanche, un fanal dans l'air obscurci.
Le type lui commanda une bière, une Blue Ribbon, en assurant qu'elle méritait une récompense parce qu'elle était ce qu'il avait vu de mieux depuis bien longtemps. Il lui écala un œuf, un rose, en remarquant qu'il était assorti à son col roulé. On appelait ces machins-là des pulls chaussette. Il dit que si c'était une chaussette, il lui baiserait volontiers les pieds, et puis avant de lui tendre l'œuf nu, il fit un petit sourire au barman.

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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10/50 : Dakota du Nord

Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

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