02 novembre 2011

Avec cette neige grise et sale – Yun Ch'oe

avec_cette_neige_grise_et_sale 3_nouvelles

Actes Sud – janvier 1999 – 77 pages

Babel - novembre 2000 - 212 pages

traduit du coréen par Patrick Maurus

Titre original : Hoesaek Nunsaram, 1992

Quatrième couverture :
Au temps de sa jeunesse, durant un hiver de souffrance et de solitude, en vendant des livres interdits, l'étudiante Kang a fait la connaissance d'An, un imprimeur contestataire. Puis elle a surpris le secret de son engagement et, presque tacitement, s'est mise au service de la " cause ". Mais tout a basculé. Vingt ans plus tard, anonyme, misérable, tandis que ses " amis " occupent des places enviables, elle se souvient et raconte... Ch'oe Yun est un des talents les plus exceptionnels de la littérature coréenne. Sa parfaite connaissance de notre langue et de notre culture lui confère, à l'égard des modèles narratifs occidentaux, une distance en même temps qu'une connivence singulières. Etincelant et désespéré, son roman brûle d'une passion universelle sans rien perdre de cette identité et de cette " voix " qui lui valent désormais dans son pays, après six années d'écriture seulement, une reconnaissance d'une rare précocité.

Auteur : Née en 1953 à Séoul, Ch'oe Yun a déjà publié Là-bas, sans bruit, tombe un pétale (1991) et Il surveille son père (1993). Avec cette neige, grise et sale a obtenu en 1992 le prix Tongin.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Voici un livre que j'ai pris par hasard et par curiosité à la bibliothèque de mon lieu de vacances. Je partais le lendemain donc je pouvais sans problème lire un livre de moins de 80 pages avant mon départ.
Un avant-propos du traducteur explique que son travail a été fait en collaboration avec l'auteur lui-même. Ce dernier ayant enseigné le français.
Ce roman est plutôt une nouvelle. La preuve, c'est que l'édition Babel regroupe 3 nouvelles de l'auteur (Là-bas, sans bruit, tombe un pétale / Il surveille son père / Avec cette neige grise et sale).
Une femme Kang travaillant à des recherches dans le bibliothèque tombe par hasard sur un entrefilet d'un journal. Cet article précise que l'on a retrouvé le corps d'une Coréenne dans Central Park à New York avec un passeport à son propre nom. Kang est bouleversée et elle se souvient d'évènements vieux de vingt ans. A l'époque, elle était alors une étudiante pauvre et seule à Séoul. Elle achetait alors des livres interdits, puis les revendait après les avoir lus. Elle rencontrera alors An, un imprimeur qui lui propose un travail...
A travers cette nouvelle, le lecteur découvre la Corée des années 70, un pays sous un régime autoritaire et où la contestation politique entraîne parfois une répression violente.

Extrait : (début du livre)
Ces évènements vieux de vingt ans me reviennent clairement en mémoire, comme une scène dans la lueur d'un projecteur. Au moment de les évoquer, s'organise dans ma tête comme un tableau sombre, uniformément recouvert d'une teinte vert-bleu. Mais, de l'autre côté de la fenêtre placée dans un coin de ce cadre obscur, une chaude lumière semble sur le point de naître. Une période de confusion. Et avant tout de douleur. Parce qu'elle est inachevée ? Pourtant, tout au long des étapes de la vie, rencontre-t-on vraiment ce qu'on appelle la perfection ? Ah, en ce temps-là... Certains moments du passé sont tels qu'une telle expression n'autorise pas à les rejeter négligemment. Des instants certes brefs, mais qui exercent une influence décisive sur toute votre existence.
Cependant, l'effet répétitif de la vie quotidienne doit être très fort, car cela fait bien longtemps maintenant que, sur ce sombre tableau vert-bleu, tombent pluie et neige, que les fleurs s'y fanent et refleurissent, pour y déposer petit à petit une couche de poussière, et le transformer en cicatrice insensible.

Posté par aproposdelivres à 06:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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