31 octobre 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [50]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

mots_de_t_te freedom famille_mod_le le_pacte_des_vierges

Mots de tête – Dominique Resch
Freedom – Jonathan Franzen (États-Unis)
Famille modèle – Eric Puchner (États-Unis)
Le pacte des vierges – Vanessa Schneider
Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode – Joann Sfar
Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre – Joann Sfar
Avec cette neige grise et sale – Yun Ch'oe

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Désolations - David Vann 

Que lirai-je cette semaine ?

Portes ouvertes - Ian Rankin (partenariat News Book)
Printemps - Mons Kallentoft
Eux sur la photo - Hélène Gestern

Bonne semaine et bonne lecture.

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30 octobre 2011

Le pacte des vierges – Vanessa Schneider

Lu en partenariat dans le cadre des
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
les matchs de la rentrée littéraire

le_pacte_des_vierges Stock – août 2011 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« A la fin de l'année scolaire, le lycée de Gloucester (Massachusetts) comptait 17 jeunes filles enceintes […]. La moitié d'entre elles – toutes ont moins de seize ans – ont avoué avoir fait un pacte pour avoir leurs bébés et les élever ensemble. »

Auteur : Vanessa Schneider est journaliste politique. Auteur d’un essai et d’un film documentaire, elle a publié deux romans, La mère de ma mère et Tâche de ne pas devenir folle.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
En 2008, à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachusetts à 60 kilomètres au nord de Boston aux États-Unis, un fait divers fait la une de la presse. Dix-huit jeunes filles d'un même lycée, âgées de moins de seize ans sont enceintes en même temps. Il semblerait qu'un pacte aurait été conclu entre elles.
A partir de ce fait divers ayant réellement existé, l'auteur imagine une journaliste venue faire son enquête et qui donne la parole à quatre jeunes filles parmi les dix-huit.
Il y a la meneuse, Lana dont le père est parti un jour, laissant seule Lana et sa maman qui n'a jamais supporté cet abandon. Elle passe ses journées devant la télévision, droguée à l'alcool et aux médicaments. Il y a Cindy que Lana a rencontré autrefois dans un foyer. Cindy a été recueilli par une tante après avoir été abandonnée à l'âge de par sa mère. Cindy est la seule à avoir un copain Tim. Il y a Sue qui vient d'une bonne famille très religieuse et bien pensante. Et enfin, il y a Kylie qui depuis toute petite est une habituée des concours de Mini-Miss. Elle aimerait être vraiment aimée, pas seulement pour son physique.
Tour à tour, on découvre la vie de chacune des quatre adolescentes, leurs blessures, leurs envies. A travers les voix de Lana, Sue, Cindy et Kylie, Vanessa Schneider nous décrit une société américaine où se mêlent rêves et réalités. C'est un prétexte pour évoquer certains problèmes d'éducation comme l'absence des parents, la drogue, l'alcool, la sexualité précoce... A aucun moment, l'auteur ne prend parti et ne blâme les jeunes adolescentes ou leurs parents. Elle garde un regard neutre et objectif.

Je suis cependant restée un peu sur ma faim, car l'auteur reste sur le fait divers, on a seulement une conclusion six mois après, et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après... Que sont-elles devenues quelques années plus tard ? Et le lecteur n'a pas de réponses à toutes les questions que se posent la journaliste.
C'est un livre intéressant qui se lit très facilement et qui m'a donné envie d'en savoir plus pour ce fait réel.

Merci à Priceminister pour ce partenariat et au Café Lecture Blog de ma Bibliothèque qui en me choisissant comme marraine pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister m'a permis de gagner ce livre.

Extrait : (début du livre)
Que voulez-vous savoir au juste ? Mes secrets vous ne les aurez pas. Je peux seulement vous raconter deux ou trois choses sur comment tout cela s'est passé. Ça va, ne faites pas cette tête. Vous devriez être contente. Vous voilà ici, chez moi, c'est ce que vous vouliez, non ? 
Alors ne vous gênez pas, posez vos questions. Je suis lycéenne et enceinte. Une gamine avec un gros ventre, c'est ce que vous pensez, j'en suis sûre. Ça a l'air de vous plaire les simplifications. Je ne pensais pas que ça ferait tout un foin cette histoire. Je ne comprends pas pourquoi on nous ennuie avec ça. Il n'y a pas d'âge légal pour avoir un enfant à ce que je sache. J'ai quinze ans. Je sais je fais plus, mais j'en ai connu des vertes et des pas mûres et croyez-moi, ce que j'ai vécu, ça use. En fait je ne les aurai que dans quatre mois, pour la naissance du bébé. Quinze, ça fait mieux que quatorze pour être mère, non ? Je ne sais pas pourquoi je vous parle, je ne suis pas sûre que votre tête me revienne, en fait. Je n'aime pas les rousses. Ni les femmes qui portent des lunettes. Si vous m'aviez précisé ça au téléphone, je veux dire pour la couleur de cheveux, je ne pense pas que j'aurais accepté de vous voir. C'est naturel ou c'est une teinture ? Bon, je vois, vous êtes du genre « Je ne parle pas, je suis là pour écouter », j'en ai fréquenté des femmes comme vous. J'ai été en foyer, j'en ai vu défiler des nanas qui essayaient de me tirer les vers du nez. Je perçois bien les gens, vous savez. Je fonctionne à l'instinct, j'y ai été contrainte. Je n'ai jamais pu faire confiance à quiconque, sauf aux filles de la bande. Elles, elles savent vraiment qui je suis, elles connaissent tout de mon âme, elles m'apprécient ainsi. Avec les autres, les gens de l'extérieur, avec vous par exemple, je joue les dures. C'est plus simple. Je vous expliquerai pourquoi je suis comme ça un autre jour, si on se revoit.
Depuis la parution de ce foutu article de Time Magazine, ils sont tous venus. Des journalistes du Gloucester Diary d'abord, puis d'autres, de Boston, et de New York aussi. Ça vous épate, hein ? Il y a eu la radio, la télé, et même des reporters pour Internet. Je ne savais pas qu'ils avaient des reporters sur Internet. Ils sont à peine plus âgés que nous, mais ils se laissent pousser la barbe pour avoir l'air vieux. C'est un peu ridicule si vous voulez mon avis. Bref, ils voulaient nous voir, faire des interviews, nous photographier, nous filmer. « Même de dos, ça ira », ils disaient. Enregistrer nos voix. Ça nous a fait bizarre. D'habitude, il n'y a pas grand monde qui vient jusqu'ici. Il faut dire qu'il ne se passe jamais rien de spécial à Gloucester. Nos vies n'intéressent personne. Du moins jusqu'à maintenant. La Fox a proposé de payer pour qu'on raconte. Mais on n'a pas voulu. On s'est concertées, on s'est parlé. On a décidé de ne pas le faire. Kylie a failli dire oui, mais je l'ai regardée droit dans les yeux. Je lui ai dit : « Tu ne peux pas choisir toute seule, on a toujours fait les choses ensemble. » Elle a fini par approuver. En même temps, je comprends qu'elle ait été tentée. Son père s'est barré avec une pouffiasse quand elle était petite et sa mère galère avec trois boulots pour payer les traites de la baraque. C'est vrai qu'elle en aurait eu bien besoin des chèques de la Fox, Kylie, ne serait-ce que pour le bébé. Il paraît que ça coûte pas mal de pognon en fait. Rien que pour les couches, des centaines de dollars par an ! Mais on lui a toutes dit, enfin, surtout moi, qu'il ne fallait pas s'en faire pour ça. On va s'arranger autrement. On va se débrouiller. L'argent de la Fox aurait tout sali.

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
16/21

50__tats
8/50 : Massachussets
L'histoire se situe à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachussets 

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Famille modèle – Eric Puchner

famille_mod_le Albin Michel – août 2011 – 544 pages

traduit de l'américain par France Camus-Pichon

Titre original : Model Home, 2010

Quatrième de couverture :
« Deux jours après que sa voiture – une Chrysler LeBaron avec sièges en cuir et options haut de gamme – eut disparu de l’allée du garage, Warren Ziller longeait discrètement les demeures cossues de ses voisins, s’appliquant à boiter au même rythme que son chien. »
Après La Musique des autres, recueil de nouvelles inventives et déroutantes, Eric Puchner réussit un premier roman saisissant de drôlerie et d’intelligence. Sur le ton de la tragicomédie, il raconte la chute de la famille Ziller, et plus particulièrement du père, Warren, qui a délaissé le bonheur paisible du Wisconsin pour la Californie du rêve américain. Mais rien ne se passe comme prévu et Warren ne peut avouer à sa femme et à ses trois enfants qu’il a investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui vient de tourner au désastre… Un mensonge qui ne sera pas sans conséquences.
Au cœur de ce fiasco, entre hilarité et désespoir, Puchner fait preuve d’une parfaite maîtrise du récit. Caustique et brillant, Famille modèle nous offre un portrait original et émouvant de la condition humaine.

Auteur : Professeur de littérature à l’université, Eric Puchner est l’auteur de La Musique des autres (2008), un recueil de nouvelles très remarqué.
Famille modèle, son premier roman, a été unanimement salué par la critique américaine en 2010.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
C'est encore l'histoire d'une famille américaine, une famille attachante, mais plutôt originale...
La « Famille modèle », c'est la famille Ziller. Le père c'est Walter lorsque l'histoire commence il vient de se faire saisir sa voiture car il a investi toutes les économies de la famille dans un projet immobilier « foireux »... Et il n'a pas encore eu le courage de l'avouer à sa famille...
La mère Camille travaille comme réalisatrice de spots publicitaires sur la contraception.
Le fils aîné, Dustin est un garçon intelligent, beau et charmeur, il se prépare à partir à l'université. Avec des amis, ils ont créé un groupe de musique. Dustin s'imagine devenir un jour une star du punk. La fille de la famille, c'est Lyle, elle est toujours dans ses livres. Elle n'aime pas la Californie et la plage car sa peau de rousse ne lui permet pas de s'exposer au soleil. Elle est en conflit avec ses parents.
Le petit frère, Jonas est le mal-aimé, il a des idées étranges et morbides et qui s'habille en orange de la tête aux pieds. Et pour terminer, il y a le vieux chien de la famille Mister Leonard.
Le lecteur va suivre durant presque deux ans les tribulations de la famille Ziller, les déboires du père vont rejaillir sur toute la famille et entraîner sa chute...
C'est un livre qui se lit facilement, le style est fluide, le ton enjoué, la famille est attachante et j'ai été à la fois inquiète et pressée de connaître le dénouement de l'histoire pour savoir comment chacun des membres la famille Ziller allait pouvoir se sortir des problèmes et des tuiles que la famille avait accumulées... Je vous engage donc à découvrir ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
Deux jours après que sa voiture – une Chrysler LeBaron avec sièges en cuir et options haut de gamme – eut disparu de l'allée du garage, Warren Ziller longeait discrètement les demeures cossues de ses voisins, s'appliquant à boiter au même rythme que son chien. Le brouillard qui enveloppait
Buggy Whip Lane embuait ses lunettes. On était en juin, mois des matins brumeux ; les lianes des bougainvillées grimpaient à l'assaut des poteaux télégraphiques, accrochées aux fils telles des guirlandes de Noël. Warren tirait sur la laisse de Mister Leonard, s'efforçant de suivre l'allée cavalière en bordure de la route. Une rassurante odeur de crottin montait des copeaux de bois à ses pieds. Il passa devant chez les Hathaway, les Wong, les Dunkirk, les Temple et les Starchild aux maisons blanches comme des dents, que seuls un cactus solitaire, un cerf en bronze dans le jardin ou une planche de surf appuyée au mur distinguaient de leurs voisines. Ces planches de surf étaient fascinantes. On les croyait prêtes à tomber, et elles restaient debout. Après trois ans dans le quartier, leur vue lui donnait encore le frisson. Lorsqu'il tentait de définir ce que la Californie représentait pour lui, la distance incommensurable qu'il avait parcourue depuis leWisconsin, Warren pensait toujours à ces magnifiques jouets en équilibre instable.
Mister Leonard s'immobilisa sur l'allée cavalière pour inspecter un rocher et se mit à chantonner. Une mélopée déchirante, comme pour inciter le rocher à chanter en duo avec lui. L'animal était vieux et perclus d'arthrite, mais l'idée qu'il puisse perdre la raison n'avait pas effleuré Warren. Pour un chien, il paraissait intelligent et plein de ressources, capable de retrouver les chaussures perdues ou d'ouvrir les portes d'un coup de patte.
« Vous n'avez rien remarqué d'anormal chez Mister Leonard ? » demanda Warren en rentrant chez lui. Les enfants étaient assis ensemble autour de la table de la cuisine, sûrement un effet du hasard. Une odeur de pieds et de McDo flottait dans la maison. Mister Leonard boitilla jusqu'à son écuelle et contempla sa maigre ration de croquettes.
« Mis à part le fait de chanter devant les rochers ? » répondit Lyle qui se coupait les ongles dans une chaussure de sport posée sur le sol. La sienne, apparemment.
« Donc tu as remarqué ?
– Devant chaque rocher. C'est plus fort que lui.
– Quelqu'un lui a peut-être donné du LSD, suggéra Jonas.
– Ça m'étonnerait, dit Warren.
– Est-ce qu'il saute par les fenêtres en croyant qu'il va s'envoler ? »
Dustin s'esclaffa. « C'est un mythe.
– Ah bon, les chiens ne volent pas ? » ironisa Lyle en posant son coupe-ongles sur la table.
Camille, la femme de Warren, leva les yeux de son évier.
« Je ne trouve pas ça drôle.
– Moi je trouve ça fabuleux, répliqua Dustin. Qu'il puisse rencontrer l'amour si tard dans l'existence.
– Au Vietnam, intervint Jonas, on tue les chiens quand ils ne servent plus à rien et on les mange. Il y a une recette de “chien aux sept sauces”.
– Ça suffit, les garçons ! s'écria Camille.
– Oui, approuva Lyle. Mister Leonard vous entend. »
Conscient qu'on parlait de lui, l'animal s'approcha de la table en traînant la patte et en agitant la queue. Dustin se pencha vers lui.
« Il y a si longtemps que je t'aime. Voyons à quelle sauce je vais te manger. »
Venant s'accroupir près de Mister Leonard pour lui caresser la tête, Camille foudroya ses enfants du regard. « J'espère que vous regretterez toutes ces moqueries, quand ce sera votre tour de chanter devant les rochers. »
Un silence coupable s'installa autour de la table. Warren eut pour une fois l'occasion d'observer ses trois enfants.
Dustin, sur le point d'entrer à l'université et torse nu comme à son habitude, engloutissait un Egg McMuffin qu'il avait dû acheter en revenant de sa séance matinale de surf, et se préparait pour une nouvelle journée de répétitions assourdissantes dans le garage avec son groupe. Lyle, seize ans, rouquine et misanthrope, portait un T-shirt avec l'inscription MORT AUX SANDWICHS en travers de la poitrine, dernière protestation en date contre les campagnes publicitaires de l'industrie agroalimentaire. Jonas, onze ans et obsédé par la mort…Que dire de Jonas ? Chaque matin il emplissait son bol de muesli, puis passait cinq minutes à enlever tous les raisins secs et les morceaux de dattes avant d'en recouvrir les céréales. Il préférait savoir où ils étaient, pour «ne pas tomber dessus parsurprise ». Ce jour-là il avait revêtu un coupe-vent orange sur un T-shirt de la même couleur. Le cœur de Warren se serra ; le désespoir le gagna. Il jeta un coup d'œil sous la table : jean de velours orange et, bien visibles, dépassant des mocassins de bateau, deux chaussettes couleur corail.
« Jonas, tu es orange des pieds à la tête. »
L'intéressé opina du chef.
« Il affirme sa personnalité », déclara Lyle.
Dustin donna à Jonas une tape sur l'épaule. « Bravo, grâce à toi les autres membres de la famille se sentent normaux. »
Warren regarda son fils orange retirer les raisins secs de son muesli. Il avait assez de soucis comme ça sans s'inquiéter pour la santé psychique de Jonas. « Tu ressembles à une carotte.
– Merci », répondit poliment Jonas.
Warren fronça les sourcils. Il prit la première page du journal et se trouva face à Mandy Rogers, la fillette handicapée mentale qui avait disparu de l'école. Les recherches duraient depuis deux semaines. Sa photo était placardée dans toute la ville : un visage lisse, genre marsouin, qui vous souriait sous un chapeau de cow-boy. Inquiétant et omniprésent. Chaque jour, pour aller au bureau, Warren passait en voiture devant la maison des Rogers et son escadron de camions hérissés d'antennes paraboliques.
« Si seulement on retrouvait le cadavre de cette malheureuse…
– Qui te dit qu'elle est morte ? lança Camille. Tu ne pourrais pas être un peu moins morbide…
– Parce que tu crois qu'elle a fait une fugue ?
– C'est vrai, maman, renchérit Lyle. Tu crois qu'elle attend au bureau des objets trouvés ?
– Et si c'était le type qui a volé la Chrysler ? suggéra Dustin.
– Ça m'étonnerait. Les voleurs de voitures ne kidnappent pas les enfants. »
Warren prononça ces mots sans ciller. Alors que les voisins laissaient leurs planches de surf sans surveillance dans le jardin, sa famille l'avait cru sur parole quand il avait annoncé qu'on venait de leur voler la Chrysler. Tout avait paru si facile que c'en était affligeant. Un coup de téléphone bidon à la police, un tour en ville pour porter plainte. (En réalité, il avait passé l'après-midi au bureau.) Il avait endormi leurs soupçons en évoquant les bandes de malfaiteurs qui sévissaient dans les résidences sécurisées, où tout le monde savait que les gens laissaient les clés sur leur voiture. Il avait traité les familles d'Herradura Estates de « doux rêveurs ».
À vrai dire, il avait nié l'évidence pour la Chrysler. Il espérait – bien qu'il n'ait pas fait un seul versement en six mois, ignorant les rappels de plus en plus secs et menaçants – que la société de recouvrement l'oublierait. Au lieu de quoi elle avait envoyé quelqu'un la nuit, pendant qu'il dormait.
Quand il était sorti dans l'allée avec Mister Leonard, il ne restait qu'une tache d'huile à l'emplacement de la voiture. Cette tache était le signe avant-coureur des ennuis à venir. Les meubles allaient suivre, le nouveau lave-linge Maytag, et même la maison. Dustin termina son petit-déjeuner, lécha la sauce qui avait coulé sur son poignet. Réflexe si enfantin, si innocent et spontané que Warren ravala son angoisse. Il protégerait cette innocence quoi qu'il lui en coûte. S'il fallait mentir à sa famille jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de sortir de ce pétrin, il mentirait.

 

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
15/21

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
challenge_100_ans

50__tats
7/50 : Wisconsin
Le père a quitté le Wisconsin pour la Californie

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
d_fi_du_1er_roman

 

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29 octobre 2011

Freedom – Jonathan Franzen

freedom Éditions de l'Olivier – août 2011 – 718 pages

traduit de l’américain par Anna Wicke

Titre original : Freedom, 2010

Quatrième de couverture :
Patty Berglund est-elle la femme idéale ? Pour Walter, son mari, la réponse ne fait aucun doute : c’est oui. Épouse aimante, mère parfaite, Patty a tout bon. Mais qu’en pense-t-elle ? En renonçant à Walter, ce « bad boy » dont elle était amoureuse – et qui se trouve être le meilleur ami de Walter –, Patty a peut-être commis l’erreur de sa vie. Freedom raconte l’histoire de ce trio et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité.
Anatomie d’un mariage et d’une famille – les Berglund –, ce livre analyse les illusions, les déceptions et les compromis d’une génération de baby-boomers qui avaient rêvé un jour de changer le monde. Mais c’est aussi un acte d’accusation implacable à l’égard d’une nation qui a cessé depuis longtemps d’incarner ses propres valeurs. Qu’avons-nous fait de notre liberté ? se demandent les personnages de Jonathan Franzen. Et quel monde laisserons-nous à nos enfants, qui nous ressemblent si peu ? Pendant ce temps, les États-Unis livrent en Afghanistan et en Irak leurs propres guerres napoléoniennes, tentant d’imposer cette même liberté par la force.

Auteur : Jonathan Franzen, né à Western Springs (Illinois) en 1959, a passé son enfance dans une banlieue de Saint Louis (Missouri). Après des études au Swarthmore College (Pennsylvanie) et à la Freie Universität de Berlin, il travaille quelques années dans le laboratoire de sismologie à l'université d'Harvard, comme assistant chercheur en géologie. Jusqu'au jour où il renonce à une carrière scientifique pour la littérature.
Avec trois romans La Vingt-Septième Ville (1988), Strong Motion (1992), LesCorrections (2001) il est distingué par le New Yorker comme l'un des « vingt écrivains pour le XXIe siècle » ainsi que par le magazine Granta. Il reçoit en 1998 le Whiting Writer's Award et, deux ans plus tard, l'American Academy's Berlin Prize.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
C'est la première fois que je lisais cet auteur américain.

A travers un couple assez représentatif des États-Unis, Patty et Walter Berglund, Jonathan Franzen nous décrit sur trois générations de 1970 à 2010, les illusions et les désillusions du peuple américain avec en toile de fond les évènements politiques et économiques du monde.
Patty était en train de devenir championne universitaire de basket-ball lorsqu'elle rencontre à l’université du Minnesota Walter et Richard, deux copains très différents l'un de l'autre. Walter est travailleur, gentil, prêt à aider son prochain. Richard est un bad boy, séducteur, rockeur et égoïste. Patty est très attirée par Richard, mais c'est avec Walter qu'elle épousera. Elle se consacrera alors à sa famille sa fille Jessica et son fils Joey. Elle accueillera chez elle très souvent Connie la fille d'une voisine mère célibataire. La famille idéale ? Et pourtant, vingt ans plus tard, c'est la désillusion. Patty se serait-elle trompée en épousant Walter ? Le lecteur assiste au délitement du couple de Patty et Walter, de leur famille...
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre et par moment j'y ai trouvé des longueurs. C'est grâce au Read-A-Thon que j'ai réussi à vraiment entrer dans ce livre, à le terminer et à finalement plutôt l'apprécier.

Extrait : (début du livre)
Les nouvelles concernant Walter Berglund ne furent pas découvertes dans un quotidien local – Patty et lui étaient partis pour Washington deux ans plus tôt et ils ne signifiaient dorénavant plus rien pour St. Paul – mais la bonne société urbaine de Ramsey Hill n'était pas loyale à sa ville au point de ne pas lire le New York Times. Selon un long article vraiment peu flatteur de ce journal, Walter avait assez gravement mis en péril sa vie professionnelle dans la capitale du pays. Ses anciens voisins eurent bien du mal à concilier les mots et les expressions le qualifiant dans l'article (« arrogant », « autoritaire », « corrompu sur le plan éthique ») avec le cadre de la 3M dont ils gardaient le souvenir, généreux et souriant, au visage rougeaud, qui se rendait toujours à son travail en bicyclette, remontant Summit Avenue sous la neige de février ; il paraissait bien étrange que Walter, qui était plus vert que Greenpeace et dont les racines étaient rurales, pût maintenant avoir des ennuis pour collusion avec l'industrie du charbon et mauvais traitements envers les gens de la campagne. Mais il y avait toujours eu quelque chose de bizarre chez les Berglund.
Walter et Patty étaient les pionniers de Ramsey Hill – les premiers jeunes diplômés de l'université à acheter une maison dans Barrier Street depuis que le cœur historique de St Paul avait commencé à connaître des jours difficiles quelque trois décennies plus tôt. Ils avaient eu cette maison victorienne pour une bouchée de pain puis s'étaient échinés pendant dix ans à la rénover. Au début, une personne extrêmement déterminée mit le feu à leur garage et fractura à deux reprises leur voiture avant qu'ils ne le fassent reconstruire. Des motards à la peau tannée par le soleil envahissaient le terrain vague qui se trouvait de l'autre côté de la ruelle pour y boire de la Schlitz et y griller des saucisses, tout en faisant rugir leurs moteurs aux petites heures de la nuit, jusqu'au moment où Patty sortait en survêtement pour leur dire, « Hé les gars, ça va comme vous voulez ? » Patty ne faisait peur à personne, mais elle avait été une athlète d'exception au lycée puis à l'université et elle possédait encore une sorte d'intrépidité sportive. Dès la première journée passée dans le quartier, elle avait été désespérément voyante. Grande, coiffée d'une queue-de-cheval, d'une jeunesse absurde, faufilant sa poussette entre les voitures désossées, les bouteilles de bière cassées et les vieilles plaques de neige souillées de vomi, elle aurait très bien pu transporter sa journée heure par heure dans les filets suspendus à sa poussette. Derrière elle, les préparatifs, gênés par le bébé, d'une matinée de courses, elles-mêmes gênées par le bébé ; devant elle, un après-midi à écouter la radio publique, son livre de cuisine du Silver Palate, des couches en tissu, du composé à joints, de la peinture au latex ; ensuite, quelques pages du livre Goodnight Moon, et enfin, un petit verre de zinfandel. Elle était déjà totalement ce qui n'était qu'un balbutiement dans cette rue.

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
14/14

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
challenge_100_ans

50__tats
6/50 : Minnesota
Patty rencontre Walter et Richard à l'université du Minnesota

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27 octobre 2011

Mots de tête – Dominique Resch

 Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Autrement

mots_de_t_te Autrement – août 2011 – 152 pages

Quatrième de couverture :
"Prof n'est pas un vrai métier. C'est une discipline sportive. Une épreuve d'endurance. Un marathon où le plus teigneux gagne à la fin."
Chaque jour, je retrouve Tonio, Nadir, Jérémy et les autres. Chaque jour, dans ce lycée des quartiers Nord de Marseille, je m'apprête à vivre l'inattendu : les rencontres OM/PSG qui rythment la vie et le moral de la classe, les samoussas préparés par Hafoussouate qui réveillent mes papilles, l'arrivée du nouveau surveillant en béton armé qui chancelle au bout d'une semaine, Tonio qui perturbe allègrement la répétition de Cyrano de Bergerac, et cette course à vélo où les élèves foncent à folle allure dans un décor de cinéma...
En une vingtaine de séquences étonnantes, drôles et plus vraies que nature, l'auteur dévoile son goût passionné pour l'enseignement grâce à un regard à la fois lucide et attendri.

Auteur : Dominique Resch est professeur de français, d'histoire-géographie et d'éducation civique dans un lycée professionnel des quartiers Nord de Marseille.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Ce livre est écrit par un professeur de lycée professionnel en banlieue de Marseille. Il raconte son quotidien dans de courts chapitres. Une vingtaine d'épisodes, drôles ou attendrissants qui nous raconte la réalité de l'enseignement dans un cours de français ou d'histoire-géo en lycée professionnel.
Les anecdotes sont variées, parfois effrayantes comme celle où un coup de feu est tiré dans la classe, amusantes quand le professeur apprend à Tonio à respecter sa mère ou à Loïc à respecter les homosexuels, Dominique Resch donne également son palmarès des « bons mots » de ces élèves...
Ce livre se lit très facilement et l'on sent l'attachement du professeur pour ses élèves. J'ai passé un très bon moment de lecture.

Merci Babelio et les éditions Autrement pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Je connais tout.
La superficie du Groenland au centimètre carré près, le poids de l'armure de Bayard au gramme près et le temps de digestion de la loutre des Pyrénées à la seconde près.
Tout.
Je sais absolument tout.
Si un conflit vient à éclater entre l'Irlande de Nord et la Corée du Sud, non seulement je sais exactement c'est la faute à qui mais en plus je sais qui va avoir gain de cause et de quel côté est Dieu.
Tout.
Normal je suis prof.

Si le prof doute, sortez les sarbacanes et envoyez les boulettes. Du coup, pas de problème : je connais tout. Je maîtrise tout. Je parle comme un livre ouvert. Et je ne doute jamais de rien.
Jamais.
Un prof qui doute, c'est une cible. On raconte n'importe quoi aux apprentis profs quand ils apprennent le métier : quelqu'un qui enseigne aurait le droit de douter, voire de se tromper comme tout le monde... Bien sûr que non. Tout le monde a le droit de commettre des erreurs – même les médecins -, mais pas les profs. S'aider d'un dictionnaire ou de n'importe quel bouquin afin de pouvoir répondre à la question un peu pointue d'un élève, c'est la meilleure façon de devenir, oui, une cible. Le prof doit parler comme un livre ouvert parce qu'il a la science infuse. C'est simple. En classe, en cas de doute, je préfère mille fois inventer n'importe quoi que vérifier ma réponse par une aide extérieure. Le prof qui pompe, c'est zéro. Déjà qu'il lui arrive d'être noté par un inspecteur (ça, c'est pas clair), s'il se met à tricher, ce n'est plus possible.

 

 

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
13/14

 

Challenge le nez dans les livres
challenge_le_nez_dans_les_livres

La Lectrice : 2/2

 

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24 octobre 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [49]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?

les_vaches_de_Staline le_combat_ordinaire_2 

Les vaches de Staline – Sofi Oksanen (Finlande)
Le combat ordinaire : tome 2 – Les quantités négligeables - Manu Larcenet (relu en août)
Freedom - Jonathan Franzen (lu durant le RAT) (billet à venir)
Mots de tête - Dominique Resch (lu durant le RAT) (billet à venir)
Le Chat du Rabbin tome 3 : L'Exode - Joann Sfar (lu durant le RAT) (billet à venir)
Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar (lu durant le RAT) (billet à venir)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le pacte des vierges - Vanessa Schneider

Que lirai-je cette semaine ?

Famille modèle - Eric Puchner
Désolations - David Vann 

Bonne semaine et bonne lecture.

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23 octobre 2011

En pause...

Je suis partie vers l'ouest, quelques jours en famille prendre l'air de la campagne...

pommes

Il y aura des pommes à ramasser...
Il n'y aura pas d'internet... mais quelques livres à lire !

A très bientôt.

(Message programmé pour le rendez-vous du Lundi)

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22 octobre 2011

Read-A-Thon du 22 Octobre 2011

logo_read_athon_22oct2011
(c) Van Gogh / Aproposdelivres

J'ai décidé tardivement de participer à mon 3ème Read-A-Thon
organisé pour cette session par Tiboux 

C'est le Jour J pour le Read-A-Thon du 22 et 23 Octobre 2011

Je prends le départ pour le Read A Thon de 12 heures, le Samedi de 10h à 22h ! 

Préparatifs : 
Pas beaucoup de préparatifs pour ce Read-A-Thon... Je piocherai dans ma PAL bibliothèque ou partenariat.
J'ai d'autres préparatifs à faire, car nous partons demain matin pour quelques jours en vacances...  

Ma PAL :
Freedom - Jonathan Franzen (États-Unis) (lu)
Mots de tête - Dominique Resch (lu)
Famille modèle - Eric Puchner
Le pacte des vierges - Vanessa Schneider (en cours)
Désolations - David Vann
Portes ouvertes - Ian Rankin

Quelques BD :
Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar (lu)
Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar (lu)

§§§ Read-A-Thon §§§

10h : C'est le Top de Départ, me voilà partie pour un Marathon de lecture de 12 heures, j'ai décidé de commencer par terminer un livre de la bibliothèque que j'ai en cours, Freedom – Jonathan Franzen, je commence à la page 134.

12h30 : Les deux premières heures sont déjà passées, mais le livre n'est pas facile à lire, je n'ai lu que 132 pages supplémentaires. Un de mes buts de ce Read-A-Thon sera de terminer ce livre...
Je me suis accordée une pause pour déjeuner et je reprend ma lecture.

16h : C'est déjà la mi-temps !
Freedom – Jonathan Franzen est bien avancé, j'ai atteint la page 487.

18h30 : Je me suis accordée une petite pause thé avec la lecture d'une BD, Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode soit 48 pages.
J'ai presque fini
Freedom – Jonathan Franzen, j'ai atteint la page 654.

19h30 :  J'ai terminé Freedom – Jonathan Franzen, 64 pages. J'ai commencé Mots de tête – Dominique Resch, 24 pages. Pause dîner.

 

22h : C'est fini ! 
J'ai terminé Mots de tête – Dominique Resch, 110 pages. Pause BD avec Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar, 52 pages et pour finir j'ai commencé Le pacte des vierges – Vanessa Schneider, j'ai atteint la page 103.

 

Nombre de pages lu : 921 

 

Mon score final, 921 pages, est moins bon que la dernière fois, mais je suis contente de mes lectures et en particulier d'avoir pu terminer "Freedom" – Jonathan Franzen, livre que j'ai vraiment eu du mal à attaquer et donc la lecture était plutôt difficile.
Un grand merci pour les encouragements reçus depuis ce matin !
Je suis contente de m'arrêter pour aller vite me coucher...
Et il faudra attendre une bonne semaine pour lire les billets des livres lus aujourd'hui... Je pars demain en vacances sans internet...

 

Bonne nuit à celles qui ont fini !
Bon courage pour la nuit à celles qui continuent encore 12h ou pour celles qui commencent le Read-A-Thon de nuit !
Avec un peu d'avance, j'encourage aussi celles dont Marathon commencera demain matin !

 

Et un grand Merci à Thiboux pour l'organisation de ce Read-A-Thon !

 

 

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20 octobre 2011

Le combat ordinaire : tome 2 – Les quantités négligeables - Manu Larcenet

le_combat_ordinaire_2 Dargaud – mai 2004 – 54 pages

Prix Tournesol en 2005
Prix du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée en 2005

Quatrième de couverture :
C'est l'histoire d'un photographe convalescent, d'un génie médiocre, d'un cargo qui sombre et du cheval de Zorro. 

Auteur : Né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux, après s'être lancé dans la BD à l'âge de dix ans, Manu Larcenet étudie le graphisme au lycée de Sèvres et obtient un BTS d'expression visuelle option 'images de communication' à l'Ecole des arts appliqués. Parallèlement, il multiplie les concerts avec un groupe punk fondé avec des amis de collège. Il fait son service militaire en 1991 et connaît alors le bataillon disciplinaire. A son retour, il emménage avec des amis musiciens et poursuit la scène et le graphisme : ses premiers dessins sont publiés dans des fanzines de rock et de bande dessinée. Il commence en 1994 une collaboration d'abord discrète avec le magazine Fluide glacial ; son premier récit, 'L' Expert-comptable de la jungle', est bientôt suivi de 'Soyons fous', 'La Loi des séries' et 'Bill Baroud espion'. Spirou, Dupuis, Glénat et Les Rêveurs de runes, une maison d'édition qu'il a fondée avec Nicolas Lebedel, publient depuis ses albums. Les improbables créatures ou les petits bonhommes ordinaires qui peuplent ses dessins font son succès. Il reçoit en 2003 le prix Jacques Lob, puis le prix du meilleur album à Angoulême en 2004 pour 'Le Combat ordinaire'. Mêlant autobiographie et réflexion, à l'instar de son 'Retour à la terre', cette série apparaît comme celle de la maturité. Changement de ton qui ne l'empêche pas, à l'occasion, de revenir, en 2006, à ses premières amours avec l'album 'Chez Francisque', scénarisé par Yan Lindingre. Artiste protéiforme, alternant séries potaches et récits plus profonds, Manu Larcenet compte désormais parmi les auteurs incontournables de la bande dessinée.

Mon avis : (relu en août 2011)
Cet album est plus sombre que le premier, Marco a repris goût à la photographie, il décide de travailler à une exposition photos et choisi de mettre à l'honneur des hommes et femmes qui sont considérés par beaucoup comme des « quantités négligeables ». Ils font partie de l'atelier 22 du chantier naval, où son père a travaillé toute sa vie. Leur vie est difficile, leur avenir est menacé.
Sa relation avec Émilie évolue et l'aide à grandir, à murir. Avec ce projet, Marco va voir régulièrement ses parents et discuter avec eux.
Dans cet épisode, Manu Larcenet fait avec beaucoup de pudeur un constat de la condition humaine, il ne juge pas, mais soulève de multiples interrogations.
Les personnages sont de plus en plus attachants et au fil des pages le lecteur passe par beaucoup d'émotions différentes : le rire, le sérieux, le profond et même parfois quelques larmes...
Un album incontournable !
Et je vais très rapidement poursuivre ma relecture avec les tomes 3 et 4.

Merci à Canel qui m'a donné envie de relire cette série.

Extrait :

le_combat_ordinaire_2_1 le_combat_ordinaire_2_2

 


le_combat_ordinaire_2_3 le_combat_ordinaire_2_4

 


le_combat_ordinaire_2_5

 

 

Déjà lu du même auteur :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5 
Le retour à la terre

blast Blast : 1 - Grasse carcasse 
 blast2  Blast : 2 - L'Apocalypse selon saint Jacky
le_combat_ordinaire_1 Le combat ordinaire : tome 1

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18 octobre 2011

Les vaches de Staline – Sofi Oksanen

Lu en partenariat dans le cadre des
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
les matchs de la rentrée littéraire

les_vaches_de_Staline Stock – septembre 2011 – 528 pages

traduit du finnois par Sébastien Cagnoli

Titre original : Stalinin lehmät, 2003

Quatrième de couverture :
Les « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent sur les terres de Sibérie, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C’est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l’héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d’être acceptée, cette femme a tenté d’effacer toute trace de ses origines, et de taire les peurs et les souffrances vécues sous l’ère soviétique.
Sofi Oksanen décrit avec une grande puissance d’évocation les obsessions de ces deux femmes : Anna ne pense qu'à contrôler l'image de son corps, tandis que sa mère raconte sa rencontre avec « le Finlandais », à Tallinn, dans les années 1970, avec une sorte de distance glaçante, comme si sous ce régime de surveillance, la peur s'infiltrait jusque dans les rapports de séduction. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille ? 

Auteur : Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Elle est devenue en trois romans et quelques pièces de théâtre un personnage incontournable de la scène littéraire finlandaise. Purge a marqué la consécration de l’auteur, qui a reçu en 2008 l’ensemble des prix littéraires du pays, mais le roman a également enrichi le débat historiographique sur cette période de l’occupation soviétique.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Ce livre est le premier roman de Sofi Oksanen, publié en 2003 en Finlande.
Comme dans Purge, Sofi Oksanen revient sur l'histoire de l'Estonie de la deuxième guerre mondiale à aujourd'hui. Une mère Katariina et une fille Anna, deux époques, les années 70 et de nos jours, deux pays l'Estonie et la Finlande.
Anna, la narratrice, nous décrit sa maladie, sa "boulimarexie", elle est à la fois boulimique et anorexique. Elle nous décrit longuement et sans nous épargner aucun détail ses habitudes obsessionnelles autour de la nourriture, un travail à plein temps pour réussir à se maintenir à 45 kg. Un comportement qui a commencé alors qu'elle avait dix ans et qui dure depuis quinze ans...
Pour expliquer le comportement d'Anna, Sofi Oksanen revient (à la 3ème personne du singulier) sur le passé, d'abord dans les années 70, Katariina, jeune ingénieur estonienne se marie avec un Finlandais et après de nombreuses démarches administratives quitte l'Estonie pour la Finlande. A cette époque, après l'invasion allemande en 1939, puis soviétique en 1944, l'Estonie est devenue une république socialiste intégrée dans l'URSS. Katariina est la mère d'Anna. Dès son installation en Finlande, elle va tout faire pour gommer son origine estonienne. Elle interdit à Anna, née en Finlande, de parler estonien et d'avouer son origine estonienne, elle l'encourage à être une vraie finlandaise. Mais pourtant tous les étés, Katariina et Anna prennent le bateau pour Tallinn, et se rendent à la campagne, là où vit Sofi la grand-mère d'Anna.
Au milieu du livre, Sofi Oksanen remonte encore plus le temps, elle revient dans les années 40 et l'enfance de Katariina avec l'occupation allemande, puis soviétique, les déportations en Sibérie...

Ce livre est composé de chapitres courts qui se lisent plutôt facilement même si j'ai eu une impression d'un livre fourre-tout car il accumule beaucoup d'anecdotes qui nous révèlent les réalités de l'Estonie durant cette longue période de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours. Le livre alterne le présent et les passés, on repère assez bien la période dont il est question car le passé est toujours daté.
Ce côté brouillon et fourre-tout du livre reflète parfaitement l'état d'esprit d'Anna et sa difficulté identitaire. Tout se bouscule autour d'elle, elle se sent pas totalement Finlandaise, elle se sent Estonienne mais n'ose pas se l'avouer et surtout l'avouer aux autres. L'Estonie a été longtemps soviétique malgré elle, Anna est Finlandaise malgré elle. Le refus de son origine estonienne imposé par sa mère est, pour elle, impossible à avaler...

J'ai trouvé très savoureuse l'explication du titre de ce livre : Les vaches de Staline, c’est comme cela que les Estoniens déportés en Sibérie appelaient les chèvres maigres qui se trouvaient là-bas. Ils se moquaient ainsi de la propagande soviétique qui racontait que le régime produisait des vaches exceptionnelles. Anna est aussi maigre qu'une vache de Staline.

Merci à Priceminister pour ce partenariat, qui m'a permis de découvrir ce livre très intéressant et touchant qui ne laisse pas indifférent.

Extrait : (début du livre)
MA
PREMIÈRE
FOIS, c’était différent. Je croyais que ce serait atroce, compliqué, sale et gluant. Je croyais que mes entrailles cracheraient du sang et que j’aurais deux fois plus mal au ventre. Je croyais que je n’y arriverais jamais, que je ne pourrais pas, que je ne voudrais pas, mais quand les premiers craquements de mes abdominaux me sont parvenus aux oreilles, mon corps  en a décidé pour moi. Il n’y avait pas d’alternative.
C’était divin.
La flamme du briquet a fait scintiller mes yeux à l’éclat fatigué. Ma première cigarette après ma première fois. Ça aussi, c’était divin. Tout était divin.
La seule chose qui l’emportait, c’était la satisfaction et le triomphe. J’avais peut-être la voix un peu rocailleuse et éraillée, mais bon.
Et j’ai su qu’il y aurait une deuxième fois. Une troisième. Une centième. A chaque fois, bien sûr, ça ne se passerait pas comme ça. Pour certains, la première fois reste la dernière, mais pas pour ceux qui sont bons à ça et bons pour ça.
Moi, j’ai été bonne à ça tout de suite.
Certes, mon inexpérience m’a fait vomir dans le lavabo, la première fois. La deuxième fois encore. Peut-être que la lunette des WC était un peu trop basse, humiliante.

Déjà lu du même auteur : purge_prixfemina_etranger Purge

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
12/14

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Animaux"

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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