30 septembre 2011

Blog - Jean-Philippe Blondel

blog Actes Sud Junior – mars 2010 – 114 pages

Quatrième de couverture :
Révolté par cette trahison, par ce " viol virtuel ", le narrateur décide de ne plus adresser la parole à son père. Pour se racheter, ce dernier lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence. Un roman de la filiation et de l'écriture intime.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais dans un lycée de province depuis bientôt vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011). Il est également auteur de livre pour la jeunesse avec Un endroit pour vivre (2007), Au rebond (2009), Blog (2010), (R)eplay (2011).

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Le narrateur est un adolescent de seize ans. Il est en conflit avec son père car celui-ci a eu l'audace de lire son blog. L'adolescent considère son blog comme un journal intime et il compare donc l'intrusion de son père comme un viol de son intimité. Pour répondre à ce « crime », il décide de ne plus adresser la parole à son père. Drôle d'ambiance dans la maison !
Alors pour tenter une réconciliation avec son fils, le père exhume du grenier un carton poussiéreux où il a conservé ses souvenirs de sa propre adolescence : photos, lettres, écrits... Il l'offre à son fils.
Celui-ci va se plonger dans la vie passée de son père et découvrir quelque secret...
Le lecteur découvre en parallèle l'adolescence présente du fils et celle du père dans les années 80.
Une belle histoire de partage et d'échange entre un père et un fils. A découvrir !

Extrait : (début du livre)
PUTAIN DE MERDE.
Je sais, ça choque et surtout, ça manque d'élégance. Je devrais plutôt commencer le récit par des jolies phrases, des paragraphes bien tournés, en utilisant des termes éloquents et variés. Simplement, je n'y parviens pas. Cela fait une heure que les faits tournent dans ma tête, on dirait des corbeaux dans un clocher, ils croassent, ils descendent en piqué et remontent en flèche – je suis épuisé. Et retourné. Tout est sens dessus dessous. Je n'arrive plus à penser droit, et les mots me fuient. Ce qui me reste, c'est la stupeur, la colère et cette expression qui les résume : putain de merde.

J'aurais dû m'en douter, en fait.
Parfois, je me demande s'il n'a pas fait exprès de semer des indices pour distiller le doute et me préparer à la révélation. Il paraît que, parfois, les grands criminels agissent comme ça pour aiguiller les policiers et leur permettre de les arrêter. Tout au fond, ils ont envie d'être découverts – et punis. C'est tordu, comme méthode, mais les grands criminels sont tous un peu tordus. Le grand criminel, ici, c'est mon père. Et la victime, évidemment, c'est moi. Bon, d'accord, certains trouveront que tout ça n'est pas si grave, qu'il n'y a pas mort d'homme et que donc, je réagis de façon un peu exagérée. Moi, je ne trouve pas. C'est mon intimité qui est en jeu. Et le respect auquel j'aspire.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229

Posté par aproposdelivres à 06:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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