16 septembre 2011

Skoda – Olivier Sillig

skoda Buchet-Chastel – août 2011 – 110 pages

Quatrième de couverture :
Un homme reprend conscience. Autour de lui, ses camarades d’infortune gisent. Tous sont morts. L’histoire se passe aujourd’hui dans un pays qui n’est pas nommé. L’homme s’éloigne. A quelques mètres, une voiture, une Skoda, est à l’arrêt. Elle aussi était dans la cible du raid aérien. Un homme et une femme sont affalés à l’intérieur. Morts. Seul un tout petit bébé respire encore. Après quelques hésitations, l’homme prend l’enfant avec lui et part sur la route. Une fable sur la guerre dans notre monde. En Europe ou ailleurs. L’absurdité et l’horreur du quotidien. Contrebalancées par la beauté du lien qui se crée entre l’homme et l’enfant. La vie contre la mort.

Auteur : Né en 1951, Olivier Sillig est romancier et cinéaste. A publié plusieurs romans, dont Bzjeurd. Il vit à Lausanne.

Mon avis : (lu en août)
A la suite de l’article de Stephie, j’ai eu envie de découvrir ce livre. Et j'ai beaucoup aimé !
Après le passage d’un raid aérien, un jeune soldat se retrouve tout seul vivant, ses compagnons étendus autour de lui sont tous morts. Non loin de là une voiture dont tous les occupants sont morts sauf un bébé âgé de quelques semaines, endormi au sein de sa mère. Stjepan ne sait pas si c’est un garçon ou une fille et décide de le prénommer Skoda, comme la voiture. Il l’emporte avec lui et suit la route, à la recherche d'un toit et de nourriture. Le pays est en guerre, il n’est jamais nommé. Stjepan et Skoda vont faire plusieurs rencontres à la fois violente et douce…

Le style est simple, épuré, des phrases courtes, beaucoup de poésie dans l’atmosphère des lieux, des sons. Jai été particulièrement sensible aux descriptions dépeintes comme sur un tableau, l’auteur insiste sur les couleurs « Le ciel est de plus en plus bleu, un bleu plus froid, plus limpide. »
« Puis cela devient bleu, un bleu comme celui du soir, en un peu plus jaune, mais pas vert, pense Stjepan qui connaît bien les couleurs. »
« Le ciel vire gentiment au bleu, un bleu un peu plus jaune que le soir, les étoilent s’éteignent, le paysage passe d’abord par un vert nuit - Stjepan connaît le nom des couleurs -, puis par un vert plus clair, plus délavé, avec un peu de rose, un peu de brume, puis du jaune, puis le jour. »

Une histoire très forte qui mélange violence et douceur. A lire absolument ! 

Extrait : (début du livre)
Après le coucher du soleil, le bruit des cigales couvre tout. La chaleur, au lieu de descendre, écrasante, s'inverse rapidement et monte du sol, étouffante. Partout, à perte de vue, c'est la garrigue ; de la bruyère, rase mais dense, parsemée d'herbes aromatiques sauvages et vivaces ; quelques arbres, petits et trapus, essentiellement des arbousiers ou des chênes de différentes espèces. Il y a une route. C'est une piste de terre battue. Stjepan est juste au-dessus, étendu de tout son long sur le ventre. Dans un geste apparemment machinal, sa main se promène sur le sommet de son crâne. Ses cheveux et sa barbe sont courts, le barbier de la troupe les a récemment rasés. Ses doigts suivent un sillon assez long, large de presque un centimètre, mou, humide et chaud, mais parfaitement indolore. Ensuite ils descendent vers le visage et s’arrêtent sur le nez. Mais Stjepan ne sent rien, son odorat est encore tout envahi par le parfum du serpolet. Ce parfum domine les odeurs, comme un chant des cigales domine les sons. Stjepan ouvre les yeux. Il voit rouge écarlate, sur ses doigts. C’est du sang. Il se met mollement sur le dos. Il fixe le ciel, maintenant plus bleu. Après un instant de flottement, il s’assied et regarde autour de lui.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Suisse

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
6/7

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

Posté par aproposdelivres à 06:41 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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