04 juillet 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [36]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou et proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

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A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson (Grande-Bretagne / Ecosse)
Les chevaliers en herbe – Dangereux complots – Arthur Ténor
La Parenthèse – Élodie Durand (BD)
Le portail - François Bizot 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Father - Vito Bruschini  (partenariat Libfly Furet du Nord)

Que lirai-je cette semaine ?

Brooklyn - Colm Toibin
L'extravagant voyage du jeune et prodigieux - T.S. Spivet (partenariat Livraddict / Livre de Poche)

Bonne semaine, bonnes lectures et à lundi prochain !

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03 juillet 2011

Persécution – Alessandro Piperno

Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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pers_cution Liana Levi – septembre 2011 – 420 pages

traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batlle

Titre original : Persecuzione, Arnaldo Mondadori Editore S.p.A, 2010

Présentation éditeur :
Leo Pontecorvo est un professeur de médecine reconnu et un père de famille respecté. Avec savoir vivre et discrétion, il mène une vie confortable. Les excès et les incartades font d’autant moins partie de son univers qu’il est issu d’une famille juive romaine qui a sa place dans la bourgeoisie depuis des décennies, ce qui lui confère une tranquille approche de la vie. Mais voilà qu’un soir, en regardant le journal télévisé, il apprend qu’une gamine de douze ans, petite amie de l’un de ses fils, l’accuse d’avoir tenté de la séduire. Un gouffre s’ouvre sous ses pieds. Rien dans sa vie ne l’a préparé à affronter une situation aussi humiliante. Rien ne l’a préparé à se battre en général. Depuis toujours il s’est déchargé des contingences matérielles sur sa mère et sa femme, Rachel. Au lieu d’affirmer son innocence, Pontecorvo se replie sur lui-même et commence une lente descente aux enfers, tout en se remémorant comment le piège s’est refermé sur lui entre l’indispensable et trop raisonnable épouse, la fillette mythomane, les clinquants parents de l’accusatrice, l’intraitable magistrat, l’ami avocat pervers…
Dans ce roman magistral, Alessandro Piperno décortique les moindres détours de l’âme humaine, sa complexité, ses ambiguïtés. Avec une écriture aux milles subtilités, qui ne dédaigne pas l’inventivité, il enveloppe le lecteur dans un récit aux innombrables ramifications.

Auteur : Alessandro Piperno est né en 1972 à Rome où il vit toujours. Passionné de Proust, auquel il a consacré son premier essai, Proust antijuif (Liana Levi 2007), il enseigne la littérature française à l’université. En 2005 son premier roman, Avec les pires intentions (Liana Levi 2006, Folio 2007), suscite une polémique en Italie parce qu’il y dresse de façon provocatrice le portrait d’une famille de la bonne bourgeoisie juive et de la jeunesse dorée à Rome. C’est avec un ton plus grave, mais sans se départir d’une féroce ironie, qu’il écrit et publie en 2010 Persecuzione. Fan de littérature américaine, de pop music et de foot, Alessandro Piperno est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs majeurs de la Péninsule.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Leo Pontecorvo est un cancérologue, pédiatre réputé, il fait parti de la bourgeoisie juive de Rome. C'est un père de famille respecté et respectable. Mais le 13 juillet 1986, sa vie va basculer. En effet, rassemblé en famille pour le dîner devant la télévision, le présentateur du journal de 20 heures, l'accuse d'avoir voulu séduire la petite amie de son fils Samuel, âgée de 12 ans et demi. C'est un choc pour toute sa famille, sa femme Rachel, ses fils Filippo et Samuel et pour Leo lui-même.
Sa réaction est surprenante, en panique, au comble du désarroi, il est incapable de se défendre et il se réfugie dans le studio aménagé au sous-sol de sa propre maison. Sa femme ne lui parle plus, ses fils font comme s'il n'existait pas... Leo se remet en mémoire les circonstances qui ont fait qu'il se trouve dans cette situation absurde. Il se sent pris au piège.

J'ai mis plusieurs jours à lire ce livre assez dense, avec seulement quatre chapitres (un par partie). Le lecteur suit la lente descente aux enfers de Leo Pontecorvo, il y a du suspens, de nombreuses digressions qui nous font mieux connaître Leo, son épouse, ses fils, son travail...
J'ai été un peu perturbée au début, par les longues digressions de l'auteur, perdant un peu le fil de l'histoire, puis je me suis finalement attachée à Leo et j'avais hâte de savoir comment il allait pouvoir se défendre et faire éclater la vérité.

Merci beaucoup à Libfly et Furet du Nord et aux éditions Liana Levi pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.

Extrait : (début du livre)
C’est le 13 juillet 1986 qu’un désir inconfortable de n’être jamais venu au monde s’empara de Leo Pontecorvo.
Un instant plus tôt, Filippo, son fils aîné, s’autorisait la plus mesquine des lamentations puériles : contester la toute petite portion de frites que sa mère avait fait glisser dans son assiette, en regard de la générosité inouïe qu’elle avait témoignée à l’égard de son petit frère. Et voilà que quelques secondes plus tard le présentateur du journal télévisé de vingt heures insinuait, devant une considérable tranche de la population, que Leo Pontecorvo ici présent avait entretenu une correspondance dépravée avec la petite amie de son fils cadet, âgé de treize ans.
Autrement dit, de ce même Samuel, avec son assiette pleine du trésor doré et croustillant qu’il ne mangerait jamais. Hésitant probablement quant à savoir si la célébrité soudaine que lui apportait la télé serait archivée par ses amis dans la case à ragots rigolos ou dans celle, encore vide, destinée à recevoir l’image la plus irrémédiablement merdique qui puisse être accolée au jeune garçon d’une tribu gâtée et indolente.
Inutile d’espérer que l’âge tendre de Samuel l'ait empêché de deviner ce qui avait instantanément été clair pour tout le monde : quelqu'un à la télé sous-entendait que son père avait baisé sa petite copine. Quand je dis « petite copine », je parle d'un oisillon de douze ans et demi aux cheveux couleur citrouille et au museau de fouine parsemé de taches de rousseur ; mais quand je dis « baiser » je parle bien de baiser. Et donc de quelque chose d'énorme, d'extrêmement grave, de trop brutal pour être assimilé. Même par une épouse et deux fils qui se demandaient depuis quelque temps déjà si ce mari et père était réellement le citoyen irréprochable dont il avait toujours été naturel de se sentir fiers.


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Libfly et Furet du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Italie

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
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3/7

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02 juillet 2011

Le portail - François Bizot

Challenge Destination Cambodge : 2 juillet 2011
proposé par evertkhorus

Destination_Cambodge

Le challenge consistait à découvrir un pays à travers sa littérature et/ou sa culture. Pour cela, il s'agissait de lire un livre se passant au Cambodge ou écrit par un Cambodgien et d'en faire la critique pour aujourd'hui. Nous pouvions aussi ce jour-là présenter des recettes, de la musique, des photos, des carnets de voyage...

   

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La Table Ronde – août 2000 – 397 pages

Folio – janvier 2002 – 439 pages

Prix des lectrices d'Elle, catégorie Essai, 2001

Quatrième de couverture : 
François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch. Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices. Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au coeur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui - dans les forêts du Cambodge comme ailleurs - habitent l'homme depuis toujours.

Auteur : Membre de l'École française d'Extrême-Orient, François Bizot a été affecté depuis 1965 dans différents pays de la péninsule indo-chinoise dont il étudie les religions. Directeur d'études à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il est titulaire de la chaire de "Bouddhisme d'Asie du Sud-Est".

Mon avis : (lu en juin 2011)
Le Cambodge est un pays que je ne connais pas, je me suis donc contentée de lire un livre qui était dans ma bibliothèque depuis très longtemps. En effet, j'avais acheté ce livre lors d'une conférence organisée à la Bibliothèque de ma commune en 2002 et où l'auteur nous avait parlé de son expérience de prisonnier au Cambodge puis d'interprète auprès des Khmers rouges.

François Bizot est arrivé au Cambodge en 1965. Ethnologue, il venait étudier le bouddhisme de l’Asie du sud-est dans la région des temples d’Angkor. Le 10 octobre 1971, il est arrêté avec ses 2 assistants khmers et interné durant 3 mois dans le camp dirigé par Douch.

Durant cette captivité, il est longuement interrogé  par Douch car on l’accuse d’espionnage, ces interrogatoires évoluerons  peu à peu en longues  discutions à propos du Cambodge et de la révolution Khmers. Il s’interroge aussi sur la personnalité de Douch.

« Dans la nuit, le feu vacilla. Une ombre sinistre dédoubla son visage. J'étais effrayé. Jamais je n'aurais cru que le professeur de mathématiques, le communiste engagé, le responsable consciencieux, puisse être en même temps l'homme de main qui cognait. »

Je me rappelle que lors de sa conférence, François Bizot disait que cet homme paraissait équilibré et intelligent et de savoir qu’il soit devenu un tortionnaire lui faisait peur et il s’interrogeait lui-même à ce propos, « Aurait-il pu un jour, lui François Bizot, devenir  un bourreau ?»

En 1971, Douch était un jeune chef révolutionnaire et François Bizot lui doit la vie. Il est l’un des 3 seuls survivants de ce camp.

Plus tard il deviendra l'un des plus terribles chefs de guerre et tortionnaire cambodgien.

Douch  a été arrêté en 1999 et jugé en 2009 pour crime contre l'humanité. En juillet 2010, il est condamné à 30 ans de prison.

Dans la deuxième partie du livre décrit avec grande précision la chute de Phnom Penh en 1975, à cette époque, François Bizot a été désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers à l’Ambassade de France, il est donc le témoin privilégié des tractations entre français et khmers rouge.

En écrivant ce billet, je réalise que ce livre est vraiment d’actualité même s’il parle de faits qui ont plus de trente ans… Il est question d’un otage et un nouveau procès d’anciens dirigeants Khmers rouge s’est ouvert il y a quelques jours au Cambodge.

Voilà un témoignage passionnant et fort sur une période difficile de l’Histoire du Cambodge.

 

Extrait : (page 29)
De mes souvenirs surgit aujourd’hui l’image d’un portail. Il m’apparaît, et je vois l’articulation dérisoire qui fut dans ma vie à la fois un début et une fin. Fais de deux battants qui hantent mes songes, d’un treillis de fer soudé sur un châssis tubulaire, il fermait l’entrée principale de l’ambassade de France quand les Khmers rouges sont entrés dans Phnom Penh, en avril 1975.
Je l’ai revu treize ans plus tard, lors de mon premier retour Cambodge. C’était en 1988, au début de la saison des pluies. Ce portail m’a semblé beaucoup plus petit et fragile. J’y ai, sans attendre, posé mes yeux et mes mains aveugles, immédiatement surpris de mon audace, hésitant sur ce que je cherchais au juste, et surtout ignorant de ce que j’allais y trouver : de la serrure légèrement de travers, des soudures visibles, des plaques de renforcement posées dans les coins, de toutes ce cicatrices qui m’apparaissaient soudain cruciales – mes yeux passant au travers ne s’y étaient jamais arrêtés -, un surprenant mélange de confusion et de crainte m’envahit ; devenu réel et comme doté d’existence, il me faisait éprouver du plaisir en même temps que resurgissait l’horreur.
Ce n’était pas seulement le plaisir du déclenchement des larmes. Cette nouvelle réalité, recouvrant mon souvenir, me fit songer aux soudeurs qui avaient posé sans soin le grillage sur le cadre, et aux maçons qui avaient fiché les charnières dans le ciment. Auraient-ils pu imaginer de quel drame ce montage un jour serait l’instrument ? Je ne m’expliquais pas qu’une ambassade ait pu recevoir une porte de si mauvaise facture ; ni qu’un grillage si fragile ait résisté à tant d’espoirs si forts, se soit ouvert à tant de maux si lourds. J’avais conservé l’image d’une structure beaucoup plus imposante, faite pour retenir, pour refouler, lourde, infranchissable ; or, la ferronnerie, tout à coup mise au jour, et dont je voyais (comme avec gêne) le matériau, les lésions, les souffrances, m’apparaissait dérisoire.
La douceur inattendue qui m’envahissait au moment même où remontait l’horreur – mélange qui coule maintenant dans mes veines pour toujours – fit vaciller mon corps sans chasser l’affliction qui m’étouffait. Je ressentis avec force la dérision du temps et le jeu frivole des choses.

 

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

 

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01 juillet 2011

La Parenthèse – Élodie Durand

la_parenth_se Delcourt – mai 2010 – 221 pages

Prix de la première œuvre à Angoulême 2011  

Quatrième de couverture : 
« On est où là ? Il est quelle heure ? On est où là ? Il est quelle heure ?
Là où je suis...
Je ne vois rien. Je ne sens rien. Je ne peux plus parler...
Je ne peux plus entendre... »

La Parenthèse est un témoignage, une bataille contre l'adversité. Le récit d'une mémoire abîmée par le temps et par la maladie...

Auteur : Élodie Durand a étudié à l'école des arts décoratifs de Strasbourg, et a suivi les cours d'illustration de Claude Lapointe, Christian Heinrich et Joseph Béhé. Elle a obtenu en 2003 le DNSEP Communication "illustration" avec les félicitations du jury. Parmi les projets présentés lors du diplôme, il y avait déjà une ébauche de La Parenthèse. Avant de se lancer dans ce long récit, Elodie a publié ses premières histoires en bande dessinée : "Préavis", collectif Canicule chez l'Institut Pacôme ; "Les Moitiés", collectif Pommes d'amour chez Delcourt, collection Mirages. Elle travaille également pour la presse enfantine et l'édition jeunesse (Actes Sud, Milan, Bayard...).

Mon avis : (lu en juin 2011)
J’ai emprunté cette bande dessinée à la Bibliothèque sur le conseil d’Émilie, j’avoue être plutôt ignare en matière de BD et les conseils sont toujours bienvenus…

Judith a 20ans, et elle va se retrouver face à la maladie. Cela commence avec des petits malaises avec pertes de mémoire. Au début, la maladie se nomme épilepsie, mais celle-ci n’est que le symptôme d’une autre maladie : une tumeur. Et pour conséquence de nombreux effets secondaires : le premier est la perte de la mémoire, il y aura ensuite les pertes d’équilibres, puis du sommeil intense... Sa vie, ainsi que celle de ses proches, va être bouleversée.
Élodie Durand a utilisé son deuxième prénom pour raconter sa propre histoire, un témoignage fort et poignant. Dix ans après, elle nous dévoile tout en douceur et tout en pudeur cette Parenthèse de sa vie.

Le dessin est en noir et blanc, sont inclus également des dessins réalisés par l’auteure pendant la période de ses crises. Le lecteur comprend mieux les différents états d'angoisse, de peur, de solitude et de vide dans lesquels se trouve plongé Judith. Ces dessins sont particulièrement touchants. A découvrir sans hésiter !


Extrait :

La_parenthese_4 La_parenthese_6

 La_parenthese_p7 la_parenth_se_p77

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