Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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en_m_moire_de_la_for_t Sonatine éditions – août 2011 – 450 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude

Quatrième de couverture :
En Pologne, quelques années après la chute du communisme. Lorsqu’on retrouve le cadavre d’un homme dans la forêt qui entoure le petit bourg de Jadowia, Leszek, un ami de la famille du disparu, décide de faire la lumière sur cette affaire. Il comprend vite que cet assassinat est lié à l’histoire trouble du village. Mais dans cette petite communauté soudée par le silence, beaucoup ont intérêt à avoir la mémoire courte et sont prêts à tout pour ne pas réveiller les fantômes du passé. L’ère communiste a en effet laissé derrière elle bien des séquelles et personne n’a rien à gagner à évoquer cette période où la dénonciation était encouragée, la paranoïa et la corruption omniprésentes, les comportements souvent veules. Sans parler de secrets plus profondément enfouis encore, datant de la Seconde Guerre mondiale, lors de la disparition brutale des Juifs établis à Jadowia depuis plusieurs générations. Leszek va devoir mettre sa vie en jeu pour venir à bout de cette chape de silence, et faire surgir une vérité bien plus inattendue encore que tout ce qu’il avait imaginé.

Dans ce thriller hors normes, au style d’une beauté et d’une puissance rares, Charles T. Powers aborde avec un art magistral de l’intrigue et du suspense des thèmes aussi universels que la culpabilité collective et individuelle, la mémoire et l’oubli – et les répercussions de l’histoire dans la vie de chacun. Ce «  roman exceptionnel », selon le New York Times, est un véritable chef-d’œuvre du genre.

Auteur : Né en 1943 dans le Missouri, Charles T. Powers a dirigé depuis Varsovie le département Europe de l’Est du Los Angeles Times. Il est décédé brutalement en 1996 après avoir remis le manuscrit de son unique roman, En mémoire de la forêt, à son éditeur.

Mon avis : (lu en juin 2011)
Au début, j'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre sans doute à cause des nombreux personnages et des noms polonais puis je me suis laissée prendre par l'histoire sans pouvoir lâcher le livre.
Tout commence avec l'assassinat de Tomek Powierza. Alors Leszek, son ami et voisin, décide de découvrir qui a tué Tomek. En enquêtant, Leszek découvre plusieurs secrets de la petite ville polonaise de Jadowia, la corruption, la trahison, et finalement la honte qui concerne un lourd secret qui date de la Seconde Guerre Mondiale.
Avec ce livre, l'auteur qui a passé lui même plusieurs années à Varsovie après la chute des communistes nous donne un témoignage très fort de la Pologne à cette époque, on découvre les privations qu'on subit les polonais, le système politique corrompu. Les personnages sont parfaitement décrits et crédibles, ce sont des gens simples qui cherchent à survivre et qui préfèrent oublier le passé sans se poser de questions. Personnellement, j'ai appris beaucoup de choses sur l'Histoire de la Pologne et des polonais, c'est un pays qui a été ravagé par la guerre, qui a été pendant si longtemps sous influences allemandes puis soviétiques, l'économie est au plus bas, les traffics en tous genres s'organisent. L'auteur évoque aussi l'attitude de la Pologne vis a vis de la communauté juive durant la Seconde Guerre Mondiale et après.

Voilà un livre passionnant, un « thriller » hors normes comme il est dit en quatrième de couverture.

Merci à Libfly et Furet du Nord et aux éditions Sonatine pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.

Extrait : (début du livre : Prologue)
Nos forêts sont des lieux sombres, des lieux secrets, mais néanmoins des lieux fréquentés. Peut-être se méprend-on sur leur étendue tant l'image qui prévaut est celle d'un pays hérissé d'aciéries, de cokeries, d'usines fabriquant des tanks et des machines lourdes. Et pourtant elles sont vastes, ces forêts, il émane de leur tristesse mélancolique et méditative une telle impression d'isolement qu'on a du mal, pour certaines d'entre elles, à imaginer qu'un pied humain ait pu un jour fouler leurs feuilles mortes. Mais bien sûr il n'en est rien, car la Pologne est un vieux pays de la vieille Europe.
Dans une des régions qui bordent la frontière orientale, j'ai eu l'occasion de visiter une vieille forêt dont on disait qu'elle était la dernière forêt primitive d'Europe. Au cœur de ces bois épais, silencieux, que les lames ou les scies n'ont jamais touchés, avec ces chênes immenses et ces énormes pins effondrés qui pourrissent au sol pendant des décennies, on trouve des monticules circulaires, délicatement dessinés, qui peuvent parfois s'élever à deux mètres cinquante au-dessus du sol. Sur une de ces buttes, un chêne a poussé jusqu'à atteindre une hauteur de peut-être quarante mètres. Il doit avoir entre 600 et 700 ans. Son emplacement, précisément au sommet de la butte, est un petit mystère en soi : le gland est-il tombé ici par hasard ou a-t-il été planté ? Car sous ce tertre, protégés par les racines enveloppantes de ce géant, gisent les ossements pulvérisés de quelques-uns de mes plus vieux ancêtres, chefs anonymes des tribus slaves qui ont marché, ou chassé ou combattu, non seulement dans cette forêt, mais dans les bois les plus proches de ma maison, ceux que je connais, ou croyais connaître. Aujourd'hui, je repense souvent à cela : il y a toujours eu quelqu'un ici, une trace, une empreinte de pas laissée au fil des saisons, des générations de feuilles mortes et de pourriture. Au cœur de cette immobilité vide, bruissante, attirante, il y a toujours eu quelqu'un.


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