04 mai 2011

Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Livre de Poche

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Plon – octobre 2007 – 355 pages

Livre de Poche – février 2010 – 442 pages

traduit du suédois par Maximilien Stadler

Quatrième de couverture :
Après s'être disputée avec son compagnon lors d'une fête dans leur maison de campagne, Helena Hillerström sort promener son chien le long de la plage. Bientôt, cernée par un épais brouillard, elle sent qu'on la suit. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée à coups de hache. Frida Lindh, une jeune mère de trois enfants, quitte le bar où ses amies et elle se rencontrent régulièrement. Malgré la nuit et les quelques verres de vin qu'elle a bus, elle prend son vélo pour rentrer à la maison. Les rues sont désertes. Elle est seule. Non. Pas seule. Une ombre la suit. Celui qu'on ne voit pas. Le commissaire Anders Knutas et son équipe mènent une longue et difficile enquête sous la pression des médias. Quel est le lien entre ces deux jeunes femmes ? Knutas doit au plus vite découvrir le mobile du meurtrier avant que celui-ci ne frappe de nouveau.

Auteur : Ancienne journaliste et productrice d'émissions d'information pour la télévision, Mari Jungstedt vit à Stockholm. Sa série policière mettant en scène le détective Anders Knutas l'a propulsée au premier rang des écrivains suédois de romans policiers.

Mon avis : (lu en mai 2011)

Lorsque Livraddict a proposé ce partenariat, j'étais curieuse de découvrir une  auteur scandinave que je ne connaissais pas.

Cette histoire se passe sur l'île suédoise de Gotland située dans la Mer Baltique. Un matin, Helena Hillerström part promener son chien. Elle sera retrouvée sauvagement assassinée sur la plage quelques heures plus tard. La police commence par soupçonner Per, son compagnon. Car Helena et Per avaient eu une grosse dispute la veille alors qu'ils accueillaient quelques amis pour la soirée. Quelques jours plus tard, une autre femme est assassinée et certains détails laissent à penser que c’est le même criminel qui a fait cela. Puis une troisième femme est retrouvée morte, il semble qu’il n’y ait aucun lien entre les différentes victimes… C’est le commissaire Anders Knutas qui dirige l’enquête et il doit composer avec la présence de journalistes toujours à la recherche du moindre scoop… et l’arrivée prochaine de nombreux touristes sur l’île pour l’été.

C’est un roman facile à lire, avec des chapitres courts qui donnent un bon rythme à l’enquête. Nous suivons à tour de rôle l’enquête policière, les investigations du journaliste et également par petites touches, les états d’âme du meurtrier. Le suspense est présent et les questions nombreuses…
C’est également l’occasion de découvrir l’île de Gotland, son atmosphère, sa nature, ses habitants. J’attache beaucoup d’importance à cette spécificité des romans scandinaves. L’enquête et les personnages sont moins fouillés que pour les romans policiers d’Arnaldur Indridason ou Camilla Läckberg, malgré cela j’ai passé un très bon moment de lecture.
Merci à Livraddict et
Livre de Poche de m'avoir permis de découvrir une nouvelle auteur suédoise, et j'ai déjà dans ma PAL « Les ombres silencieuses », l’enquête suivante du commissaire Anders Knutas.

Extrait : (début du livre)
La soirée se passait mieux qu’elle ne l’avait espéré. Elle avait été un peu nerveuse avant l’arrivée des invités – cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Mais maintenant, son inquiétude avait disparu. Après un verre d’alcool fort en guise de bienvenue, un vin blanc à l’entrée, plusieurs verres de vin rouge avec le plat principal et du porto au dessert, une atmosphère merveilleusement gaie régnait autour de la table. Kristian était encore en train de raconter une anecdote sur son chef, et des éclats de rire emplissaient le salon de la vieille maison en meulière.
Devant les fenêtres s’étalaient des champs de blé et des prés ondulants. Les coquelicots attendraient encore plusieurs semaines avant  de fleurir. Plus loin, dans un dernier crépuscule hésitant, on devinait la mer.
Helena et Per avaient pris quelques jours de congé et s’étaient installés dans leur maison de campagne sur l’île de Gotland, pour la Pentecôte. A l’occasion de ces brèves vacances, ils avaient l’habitude de rencontrer  les amis d’enfance d’Helena. Cette année, seul le lundi de Pentecôte avait convenu à tout le monde.
Il faisait particulièrement froid pour la saison, pas plus de dix degrés. Un vent violent hurlait et sifflait dans les cimes des arbres.
Helena rit à gorge déployée quand Per entonna une chanson paillarde qui parlait des gamins du continent courant les jupons des filles de Gotland, qu’elle lui avait apprise elle-même.
Tous les convives chantèrent le refrain : la meilleure amie d’Helena, Emma, et son mari Olle, les voisins Eva et Rikard, et puis Beata avec son nouveau mari John, un Américain qui participait pour la première fois à une de leurs rencontres. Kristian était le seul à être encore célibataire. Un bel homme, mais manifestement condamné à rester vieux garçon. Bien qu’il eût lui aussi déjà trente-cinq ans, il n’avait jamais vécu avec une femme. Au cours des dernières années, Helena s’était souvent demandé pourquoi.
Sur les rebords des fenêtres, des bougies brûlaient dans des chanceliers en fonte, et le feu crépitait dans la cheminée. Devant l’âtre, le chien Spencer couché sur une peau de bête se léchait les pattes et soupirait profondément en se pelotonnant dans la chaleur du feu.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Mari Jungstedt

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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02 mai 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [27]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou et proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

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Le tailleur gris - Andrea Camilleri
J'irai pas en enfer – Jean-Louis Fournier pour le Rendez-vous mensuel de Pimprenelle
Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Celui qu'on ne voit pas - Mari Jungsted (partenariat Livraddict)

Que lirai-je cette semaine ?

Le caveau de famille - Katarina Mazetti
Le jeu de l'ombre - Sire Cédric

Bonne semaine, bonnes lectures et à lundi prochain !

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01 mai 2011

Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher

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Plon – août 2010 – 390 pages

J'ai Lu - mars 2013 - 475 pages

traduit de l'anglais par Suzanne Mayoux

Quatrième de couverture :
Au cœur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.

Auteur : Susan Fletcher est née en 1979 dans les West Midlands. Son premier roman, La Fille de l'Irlandais (2006) est couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux attribués aux premiers romans en Grande-Bretagne (le Whitbread et le Betty Trask Award). Avis de tempête (2008).

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais beaucoup aimé les deux livres précédent de Susan Fletcher et lorsque j'ai su à l'automne dernier qu'elle en avait écrit un nouveau, je voulais absolument le lire. Mais en lisant la quatrième de couverture, j'ai été refroidie car une histoire de sorcière au XVIIe siècle cela m'attirait moins... Heureusement, j'ai vu de nombreux billets très positifs sur la blogosphère et j'ai emprunté ce livre pour les vacances. Je regrette de ne pas avoir lu plus tôt ce superbe livre car il est pour moi un vrai coup de cœur !
L’histoire de Corrag est émouvante et poignante.
Nous sommes au XVIIe siècle, en Écosse. Le pays est divisé en clans qui soutiennent soit Guillaume d'Orange l'Anglais soit Jacques, héritier des Stuart et émigré en France.
Corrag est accusée d'être une sorcière. Elle va être brûlée sur la place publique dès que la neige aura fondu. Elle attend l'exécution du châtiment, enchaînée au fond d'un cachot.
Elle va recevoir la visite d'un révérend irlandais jacobite Charles Leslie qui cherche à recueillir des informations sur un massacre qui a eu lieu à Glencoe et dont Corrag a été la témoin. Elle accepte de lui parler du massacre à Glencoe en échange elle lui demande de parler d'elle, de faire connaître et d'écrire son histoire à elle. « Venez vous asseoir devant moi pour écouter l'histoire de ma vie et après je vous parlerai de Glencoe. D'une nuit sous la neige. Où des gens que j'aimais soit tombés et sont morts. Quelques-uns ont survécu. »
Charles Leslie accepte ce marché car dès sa première rencontre avec Corrag, il est surpris par cette « sorcière » décrite comme sauvage, le cœur noir, colérique... car il se trouve face un être de la taille d'un enfant, repoussante de saleté qui parle de bonté et de bienfaits. Il reste cependant méfiant.

Chaque jour, il va venir écouter le récit de la vie de Corrag, « C'est comme si j'avais eu plusieurs vies. » « Quatre vies, comme il y a quatre saisons ». Tout d'abord avec sa mère Cora « dans une chaumière près du ruisseau, avec les chats endormis sous l'avant-toit. », celle-ci lui apprend à reconnaître les plantes, les animaux. « Ma deuxième vie était une chevauchée. C'étaient des terres désertes, du vent, et de la boue sur mon visage, soulevée par ses sabots. Cette jument grise, je l'adorais » puis « Ma vie dans la vallée. Je l'ai vécu trop peu de temps, elle a été trop courte. C'est pourtant la meilleure que j'ai connu : où d'autre ai-je vu mon reflet et pensé tu es là où où tu dois être, enfin. Et où d'autre y a-t-il eu des gens qui n'avaient rien contre moi, m'acceptaient comme j'étais ? Ils me mettaient une coupe entre les mains en disant bois donc. Ils déposaient des poules près de ma cabane pour me remercier, me saluaient d'un signe de la main, et j'avais rêvé de ça tout au long de mon existence solitaire. Je ne souhaitais profondément que trouver l'amour et des amis humains. Être au milieu d'une foule et penser Ceux-là sont de la même espèce que moi. Ma tribu.
Voilà ce que fut ma troisième vie. »
Et sa quatrième vie, «Alors j'attends. Avec mes chaînes et la crasse.
J'attends, et le voilà qui vient. Un homme que je ne connais pas vient à cheval vers mon cachot. »
Corragh a le don de raconter, elle met en éveil tous nos sens dans des descriptions précises et pleine de sensibilité de la nature qu'elle aime, elle nous parle des plantes, des animaux, des couleurs, des bruits, des odeurs... De la pure poésie !
Chaque soir, Charles écrit à sa femme pour lui raconter sa rencontre du jour avec Corrag. Au fil des lettres nous voyons la métamorphose qui s'opère chez le révérend au contact de la bonté et de l'humanité de Corrag.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, j'ai été touchée au larmes par la grandeur d'âme de Corrag et par l'humanité de Charles Leslie. J'ai savouré avec beaucoup de plaisir cette lecture au long de mes trajets quotidiens de cette semaine de reprise... Pour la fin du livre, je me suis isolée du bruit du train (conversations bruyantes et téléphones...) avec comme musique dans les oreilles le CD de Sting « If on a Winter's Night », et j'ai beaucoup apprécié ce moment !

J'avais également suivi le conseil d'Yspaddaden et après lu une cinquantaine de pages du livre je suis allée lire l'article de Wikipedia sur le Massacre de Glencoe pour compléter le contexte historique expliqué en postface du livre (page 391)

Extrait : (début du livre)

Édimbourg
18 février 1692

Jane,
Je ne me souviens d’aucun hiver qui fût aussi cruel ou me mît à si rude épreuve. Tempêtes de neige et gel sévissent depuis des semaines. Un féroce vent du nord s’infiltre dans ma chambre et tourmente la bougie à la lumière de laquelle j’écris. Par deux fois, elle s’est éteinte. Ce qui va m’obliger à être concis.
J’ai reçu des nouvelles aussi détestables que le temps.
Édimbourg grelotte et tousse, mais chuchote aussi. Au long des venelles comme sur ses marchés, on parle tout bas de traîtrise et d'une tuerie advenues dans la rude contrée des Highlands. La mort y est souvent violente, mais j'entends dire que les morts en question présentent une particularité méprisable. C'est un véritable massacre, semble-t-il, qu'à subi un clan. Ses hôtes ont trahi sa confiance et tué les gens dans leur lit.
A soi seul, un tel forfait serait abominable. Mais ce n'est pas tout.
Jane, on murmure qu'il a été commis par des soldats.
Mieux que quiconque, tu connais ma façon de penser. Tu connais mes sentiments, et si la chose est vraie – si ce sont des soldats qui ont versé ce sang –, alors ce doit être sur l'ordre du roi (ou l'Orange, l'appellerai-je, le prétendu roi, car il n'est pas le mien).
Il faut que je me rende dans cette vallée. Elle est sauvage et reculée, dit-on, et la neige en rendra sans doute l'accès difficile, mais c'est mon devoir. Il me faut découvrir ce que je pourrai et le communiquer, mon amour, car si Guillaume est l'instigateur de ce crime cela peut amener sa perte, et notre succès. Tout ce que je souhaite, tu le sais, c'est rétablir le vrai roi sur son trône.
Prie pour mon entreprise. Demande au Seigneur d'en favoriser l'issue. Prie pour la sauvegarde de tous nos frères en cette cause, car sa défense nous fait courir de grands risques. Et pourrais-tu aussi prier pour un temps plus clément ? Cette neige me donne la toux.
La bougie coule. Je suis contraint de terminer cette lettre, faute de quoi j'écrirai bientôt à la seule lumière du feu qui ne suffit pas pour mes yeux.
Avec l'amour de Dieu et le mien,

Charles

(page 17)
Quand ils viendront me chercher, je penserai à l'extrémité de la corniche du nord, car c'est là que j'ai été le plus heureuse, avec le ciel et le vent, et les collines toutes sombres de mousse ou de l'ombre d'un nuage les survolant. Je reverrai ce moment où un coin de montagne s'éclaire soudain, comme si ce rocher avait été choisi entre tous les autres par le soleil, marqué par ses rayons. Il va briller, puis s'assombrir à nouveau. Je serai là cheveux au vent puis rentrerai chez moi. J'aurai en moi ce rocher éclairé par le soleil. Je le garderai en sécurité.
Ou bien je penserai à ma course dans la neige. Il n'y avait pas de lune mais je voyais l'étoile du matin, on dit que c'est l'étoile du diable mais c'est aussi celle de l'amour. Elle luisait cette nuit-là, elle luisait très fort. Et moi je courais au-dessous en me répètant que tout aille bien que tout aille bien. Puis j'ai vu les terres en bas qui étaient tellement paisibles, tellement blanches et immobiles et endormies que j'ai pensé que l'étoile avait peut-être entendu, alors tout allait bien, la mort n'approchait pas. C'était une nuit de beauté, à ce moment. La plus grande beauté que j'avais vue de toute ma vie. Ma courte vie. 

 

Déjà lu du même auteur :

La_fille_de_l_Irlandais La fille de l'Irlandais Avis_de_temp_te Avis de tempête 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Grande-Bretagne

Livre 40/42 pour le Challenge du 6% littéraire
1pourcent2010

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Un brin de muguet...

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