18 mai 2011

La Boucherie des amants - Gaetaño Bolán

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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La Dragonne - janvier 2005 -

Livre de poche - janvier 2011 - 90 pages

Quatrième de couverture :
Dans une ville du Chili oppressée par le régime de Pinochet, une boucherie de quartier est le théâtre de curieuses rencontres : des réunions obscures s’y tiennent, des passions s’y nouent… Un enfant aveugle, une institutrice et un boucher fort en gueule composent ainsi le trio majeur de cette fable teintée d’humour et de poésie. Mais derrière l’apparente naïveté s’esquisse une condamnation amère des régimes totalitaires…

Auteur : Gaetaño Bolán est né en 1969 à Arica, au Chili. Il vit aujourd’hui à Valparaiso, après plusieurs années passées en France. Largement salué, « La Boucherie des amants » son premier roman a bénéficié d’un vaste bouche à oreille, et a été récompensé par plusieurs prix littéraires. Son deuxième livre « Treize alligators » est paru en 2009.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Ce livre a été écrit en français par cet auteur né au Chili. J'ai découvert ce livre grâce à la blogosphère chez Stephie, Pimprenelle et Canel.
C'est l'histoire de Tom, un enfant chilien, « L'enfant avait le cœur pur et il regardait la nuit » « Il était doux, il était tendre ». Sa mère Antonia est morte à sa naissance et c'est Juan, son père, qui l'élève. Juan est le boucher du village. Tom a des « yeux de nuit », Dolores, son institutrice spécialisé s'occupe bien de lui, elle lui fait la lecture et Tom l'aime comme une maman. Dans ce petit village, on rencontre également des habitants haut en couleur Chico, le coiffeur, Paco, le taxi fan de Madonna. Et chaque soir, « aux environs de minuit, un étrange ballet se faisait à la boucherie : des hommes arrivaient, toujours d'un pas pressé, le plus souvent avec un foulard, ou le col remonté pour masquer en partie leur visage. » Je n'en raconterai pas plus...
J'ai beaucoup aimé ce court roman fait de phrases courtes, d'une grande beauté et avec beaucoup de poésie. C'est un récit simple, émouvant et poignant qui dénonce avec force la dictature de Pinochet. Une belle découverte et un vrai coup de cœur pour moi !

Pour le Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, je n'ai pas hésité une seconde pour choisir ce livre et l'offrir à Mrs Pepys pour une Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (début du livre)
L'enfant avait un cœur pur et il regardait la nuit. Personne n'aurait pu dire s'il était triste, ou simplement assoupi. Il était là, posé dans la masse de son petit corps, comme absorbé par le crépuscule. Toujours il sondait le grand noir de l'âme où passent les comètes, il ne savait pas l'âme et ses grandeurs, ses petitesses tout aussi bien, il connaissait seulement l'ombre. Paisible obscurité qui l'enveloppait. Féroces ténèbres qui le mangeaient. Et câline la nuit jamais n'était, ni ne fut. Pourtant ni l'enfant ni sa famille ne se plaignaient : la nuit devait devenir une amie.

L'enfant avait un petit nom, sec et vif comme l'éclat du silex. Tom. Facile à retenir. Plus facile encore à prononcer.Tom ! Où es-tu Tom ? Où files-tu Tom ? Pour dire vrai, Tom n'était pas son vrai nom. On ne pouvait tout de même pas obliger les gens à le prononcer en entier !
[…]
L'enfant Tom était apprécié de tous. Il était doux, il était tendre. Et espiègle avec ça ! Il furetait ici et là, les mains devant lui, comme ouvertes pour attraper le vent, et trottinait benoîtement. Les gens étaient affables avec lui ; sa seule présence suffisait à ramollir les coeurs les plus endurcis. On lui parlait avec une voix posée, en articulant bien. Toute cette gentillesse faisait grimacer les vieilles, qui se tordaient la bouche à bien prononcer « Tom, petit Tom ! ». Et le gamin riait ainsi d'entendre toutes ces grimaces. Il croquait de tout petits fruits, des fraises sauvages par exemple, et demandait aux vieilles :
- On peut donner des fraises aux crocodiles ?
Ou encore :
- Je peux avoir un crocodile à la fraise ?
Les bonnes dames alors, loin d'en être étourdies, lui répondaient avec douceur, articulant de nouveau, et grimaçant à qui mieux mieux...

Posté par aproposdelivres à 06:45 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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