08 mai 2011

Le jeu de l'ombre - Sire Cédric

le_jeu_de_l_ombreLe pré aux clercs - mars 2011 - 475 pages
 
Quatrième de couverture :
Mais que pouvait bien chercher Malko Swann Une overdose d'adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ? Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu'à faire une chute de trente mètres en bas du pont du Diable ? Atteint d'un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d'entendre la musique. Mais il ne s'agit que du début de sa déchéance. Dans l'ombre, quelqu'un l'observe... quelqu'un qui veut jouer avec lui. Un jeu a goût de sang... Il s'engage alors dans un combat désespéré. L'art singulier du suspense de Sire Cédric, sa fascination du vertige et son plaisir manifeste à manipuler le lecteur donnent à ce roman une saveur particulière : l'envie de sympathiser, le temps d'un livre, avec ceux qui sont tombés dans l'obscurité du mal.
 
Auteur : Lauréat du prix Polar de Cognac 2010 pour son roman De fièvre et de sang, Sire Cédric construit pas à pas une oeuvre originale, mariant habilement fantastique et intrigue policière avec un sens du rythme et une écriture redoutablement efficaces. Il a reçu également en 2010 le prix Masterton pour L'Enfant des cimetières.
 
Mon avis : (lu en mai 2011)
Je n'étais pas spécialement attiré par ce livre et cet auteur car je n'apprécie pas spécialement le fantastique... Mais lorsque Jérémy m'a proposé de m'envoyer ce livre, je n'ai pas résisté à la curiosité de découvrir cet auteur plutôt original, d'autant plus que sur la couverture figure le mot Thriller, un genre de littérature que j'apprécie plutôt.
Le personnage central de l'histoire Malko Swann est un musicien très en vogue entouré de fans et surtout de femmes. Un jour, sous l'emprise de l'alcool et de la drogue, il prend sa voiture et il est victime d'un accident spectaculaire dont il sort visiblement sans dommage corporel. Pourtant, il est atteint d'amusie, il ne peut plus entendre la musique.
En parallèle, le corps d'une jeune femme assassinée est retrouvée flottant sur le canal, le commandant de police criminelle Alexandre Vauvert va mener son enquête avec son équipe.
Le lecteur va suivre tour à tour le déroulement et la progression de l'enquête policière et la vie de Malko en proie à des cauchemars, qui entend des voix et qui a l'impression d'être suivie par une ombre... Je n'en dévoilerai pas plus...
Je me suis laissée prendre par cette histoire originale, la partie fantastique est plutôt légère et ne m'a pas dérangée. L'intrigue est bien construite, le rythme est efficace, le lecteur a envie de connaître la suite et ne peut s'empêcher de continuer à lire jusqu'à la fin ! Par moment, l'atmosphère est lourde et oppressante, on s'attache malgré tout au personnage de Malko si égoïste, qui au fil des pages change pourtant son comportement.
Merci à Jérémy et aux éditions le pré aux clercs de m'avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.
 
 

Extrait : (début du livre)
En avril, déjà, les nuits dans le Sud sont douces. Même à trois heures du matin, dans les espaces désertiques entre Montpellier et Carcassonne, la tiédeur persiste. Sous le ciel illuminé d'une poudre d'étoiles, les phares tracent une ligne droite au milieu des silhouettes torsadées des vignes et des pins parasols.
Juste ça. La vitesse, et l'oubli. L'Aston Martin remonte la route déserte, l'avale, telle une balle jaillie d'un pistolet de roulette russe, un engin de mort lancé dans la folle course avant le dernier impact. Malko Swann maintient son pied sur la pédale de l'accélérateur, siège en cuir incliné au maximum, bras tendus pour empoigner le volant à pleines mains, nuque en arrière, confortablement posée sur l'appuie-tête. Un sourire de défi plaqué sur son visage, il sent la musique – la merveilleuse musique – pulser dans ses veines, dans un sens et dans l'autre, un, deux, un, deux. A cause de la coke ou à cause de l'excitation, parce qu'il roule trop vite, bien trop vite. Pourquoi ? Pour défier la mort ou simplement parce qu'il en éprouve le besoin, aussi loin qu'il s'en souvienne. Pour se prouver qu'il est en vie, pour se sentir en vie. Malko est comme ça, un accro aux sensations fortes, un drogué à l'adrénaline. Et sa musique est ainsi. Juste comme lui. Directe et entière, éclatante dans ses excès.
Un, deux. Un rythme binaire, d'une simplicité désarmante. C'est là tout son secret. La recette de l'efficacité de ses compositions. Comme cette route bordée de vignes qui se hachurent et se mélangent et se répondent.
Un, deux. Un et deux. Encore et encore.
Sur le tableau de bord, les chiffres lumineux indiquent cent soixante-dix kilomètres à l'heure, alors que la vitesse est limitée à soixante-dix. L'Aston Martin suit la courbe d'un long virage en éjectant les gravillons sur le bas-côté. Dans l'éclairage blanc des phares jaillissent les premières maisons du village. Des façades blêmes, des volets fermés. Le feu de signalisation, au centre du village, passe au rouge. L'Aston Martin le franchit sans ralentir.
Malko Swann, le pouls emballé, fend l'obscurité, franchit les étroites rues, déjà abandonnées derrière lui, entamant la dernière ligne droite en direction du pont.
Un, deux...
Le pont apparaît. Juste une virgule noire dans l'éclat des phares, à une centaine de mètres devant lui. On l'appelle le pont du Diable, Malko ne se souvient plus qui le lui a expliqué, mais c'est exactement le genre d'endroit dont il a besoin. A présent il va l'emprunter à plus de 180 kilomètres à l'heure, et le Diable pourra bien l'emporter s'il le désire. Ou bien il ne se produira rien, il vivra une fois de plus et il pourra rire à la face du Diable et il se sentira vivant. Un peu plus vivant. Pour quelque temps.

Posté par aproposdelivres à 10:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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