Lu en partenariat avec Canalblog et les Éditions Robert Laffont

l_homme_de_Kaboul Robert Laffont – mars 2011 - 396 pages

Quatrième de couverture : 
Quand Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul, ancien héros de guerre contre les Russes et les talibans, découvre le cadavre de Wali Wadi, il n'imagine pas déclencher l'une de ces séries de minuscules événements qui se terminent en raz de marée. D'après Oussama, l'homme qui gît au milieu de son magnifique salon, une balle dans la tête, ne peut en aucun cas s'être suicidé, comme l'affirme le ministre de la Sécurité. Profondément intègre, opposé à la corruption qui gangrène son pays, Oussama croit en la justice. Par fidélité à ses principes, il refuse de classer l'affaire. Au contraire, en compagnie de ses fidèles adjoints, il s'acharne à remonter les pistes, à exhumer les vérités travesties. Dès lors, il est l'homme à abattre. Autour de lui, la violence se déchaîne. A l'autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d'un fugitif, dirigeant d'une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L'homme s'est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements.

Auteur : Cédric Bannel a commencé sa carrière à Bercy au service de contrôle des investissements étrangers en France et s’est occupé entre autres des sanctions financières contre la Libye et l’Irak, avant d’entamer une carrière de diplomate comme Attaché financier à Londres.
Il a ensuite quitté l’administration pour se lancer dans l’Internet, où il a fondé et dirigé plusieurs "start up", dont CanalBlog dont il est le PDG. Il pratique les arts martiaux à haut niveau depuis plus de 30 ans.
Il est l’auteur de 3 romans policiers, Le Huitième Fléau (1999), la Menace Mercure (2001) et Elixir (2004), tous les trois traduits dans de nombreuses langues.
Cédric Bannel est le père d’une petite fille de 6 ans.

Mon avis : (lu en mars 2011)
J'ai accepté de lire ce livre dans le cadre du Concours « L’homme de Kaboul » organisé par les Éditions Robert Laffont.
Il s'agit d'un roman d'espionnage dont l'essentiel de l'action se déroule en Afghanistan.
Oussama Kandar est le chef de la brigade criminelle de Kaboul, il est respecté car c'est aussi un ancien héros de guerre contre les Russes puis contre les talibans. Il est très surpris d'être appelé pour un suicide car en Afganistan, « Ceux qui parvenaient à échapper aux attentats, aux gangs, aux règlements de comptes, aux crimes familiaux et aux fatwas lancées par les talibans étaient assez peu portés sur le suicide. » Autre surprise, le ministre de la Sécurité est déjà sur place. Le Qomaandaan Oussama Kanda est vite convaincu que Wali Wadi, l'homme suicidé, a été assassiné. Très intègre et totalement opposé àla corruption, il refuse de classer l'affaire et au péril de sa vie et de celle de ses collaborateurs, il va tout mettre en œuvre pour résoudre cette enquête.
En parallèle, en Suisse, un homme d'affaire est traqué par une police secrète l'Entité car il est en possession d'un rapport confidentiel. Nick, un jeune analyste très intelligent,se lance sur sa piste sans imaginer le réel enjeu du fameux dossier Mandrake.
Bien sûr, ces deux histoires sont liées mais je n'en dévoilerai pas plus car ce livre captivant est plein de suspense, de rebondissements... 

Ce thriller est aussi l'occasion pour le lecteur de découvrir l'Afghanistan, un pays complexe mais également fascinant. L'auteur s'est très bien documenté et il décrit avec beaucoup de précision les conditions de vie, la guerre, les traditions, la culture, la religion sans oublier Kaboul et les superbes montagnes d'Afghanistan.
Plusieurs personnages sont très intéressants, en premier lieu Oussama Kandar le policier intègre, musulman pratiquant mais tolérant, sa femme Malalai, gynécologue qui se révolte discrètement contre la soumission imposée aux femmes. Il y a aussi le Mollah Bakir qui sera un allié surprenant de Kandar durant son enquête. Il imagine l'Afghanistan comme un état taliban moderne, il refuse intégrisme et les violences de l'état actuel.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui à travers une histoire d'espionnage captivante et haletante nous permet de faire sans aucun risque un beau voyage en Afghanistan. J'ai été très intéressée de découvrir la vie quotidienne afghane avec des valeurs et des repères si différents que ceux que nous avons nous occidentaux.

Merci à Canalblog et aux Éditions Robert Laffont pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Allez voir également le blog dédié au livre et les nombreux avis autour de ce livre

Extrait : (début du livre)

- A quoi pensais-tu en appuyant sur la détente ? Demanda Oussama.
- A appuyer sur la détente.
- Tu avais conscience que, au lieu de punir seulement l'homme que tu visais, tes balles risquaient de décimer toute une famille ? Les deux femmes d'Abdul sont décédées avec lui. Ses huit enfants sont à l'hôpital, dont deux entre la vie et la mort.
- Ce salaud d'Abdul, il m'a volé tout mon stock de tissu, tenta de plaider le prisonnier. Huit mille afghanis !

Oussama Kandar, commandant en chef de la brigade criminelle de Kaboul, se leva brusquement, en proie à un accès de colère. Solidement attaché à sa chaise par des menottes, le prisonnier eut un mouvement de crainte qui manqua de le faire tomber. Oussama n'y prêta pas attention. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de remarquer les réactions que son physique hors norme provoquait. Âgé d'un peu plus de cinquante ans, Oussama mesurait deux mètres. Sec (il pesait à peine quatre-vingt-dix kilos), il en imposait avec sa barbe veinée de gris, taillé court, ses cheveux ras. Ses yeux d'un vert métallique hypnotisaient ses adversaires.
- Tu es un crétin et un meurtrier ! Tu as tiré sur toute une famille à la kalachnikov, pendant qu'elle déjeunait tranquillement. Tout ça pour un stock de tissu. Tu te rends compte, au moins, du mal que tu as fait ? Pour rien !
- Pas pour rien. Il m'avait volé pour huit mille afghanis, répéta le prisonnier, buté.

Oussama secoua la tête, dégoûté. La plupart des meurtres commis dans la capitale l'étaient à la kalachnikov, souvent à la suite de dettes non remboursées ou de vols, quand il ne s'agissait pas de meurtres d'honneur. Les coupables ignoraient que la pendaison les attendaient au bout du chemin. Renonçant à discuter avec un prisonnier aussi stupide, il s'apprêtait à appeler un de ses adjoints afin que ce dernier le remplace pour la suite de l'audition lorsqu'un planton entra dans son bureau. Jeune, les yeux bridés typique d'un Hazara. Une large cicatrice barrait sa joue gauche.

- Qomaandaan, on nous signale que le ministre de la Sécurité vient d'arriver sur les lieux d'un suicide.
- Un attentat suicide, veux-tu dire ?
- Na, un vrai suicide.
Surpris, Oussama dévisagea le policier. Le taux de mortalité à Kaboul étant l'un des plus élevés au monde, il ne chômait pas, mais les suicides étaient rares. Ceux qui parvenaient à échapper aux attentats, aux gangs, aux règlements de comptes, aux crimes familiaux et aux fatwas lancées par les talibans étaient assez peu portés sur le suicide. En Afganistan, chaque jour vécu en un seul morceau était un don de Dieu.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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