19 décembre 2010

Double faute - Lionel Shriver

Lu dans le cadre du partenariat  Livraddict et Belfond

double_faute Belfond – octobre 2010 – 444 pages

traduit de l'américain par Michèle Lévy-Bram

Quatrième de couverture :
Après Il faut qu'on parle de Kevin et La Double Vie d'Irina, Lionel Shriver passe à nouveau le couple au vitriol de sa plume impitoyable. Un roman magistral sur le pouvoir, l'ambition et le mariage, une brillante déconstruction du sentiment amoureux, pour une réinterprétation virtuose de la guerre des sexes. Un soir, à New York, lors d'un match de tennis improvisé, Willy rencontre Eric. Elle est joueuse professionnelle, battante et accrocheuse, il est tennisman dilettante mais étonnamment doué. Entre eux, c'est le coup de foudre. Ils se marient. Et les difficultés commencent. Car la douceur des débuts dans Ripper West Side fait bientôt place à la compétition. Une rivalité professionnelle et amoureuse acharnée, jusqu'à l'ultime balle de match, ce moment décisif où aucune faute n'est plus permise et où Willy aura à faire un choix crucial.

Auteur : Née en 1957 en Caroline du Nord, Lionel Shriver a fait ses études à New York. Diplômée de Columbia, elle a été professeur avant de partir parcourir le monde. Elle a notamment vécu en Israël, à Bangkok, à Nairobi et à Belfast. Après Il faut qu'on parle de Kevin (Belfond, 2006 ; J'ai lu, 2008), lauréat de l'Orange Prize en 2005, et La Double Vie d'Irina (Belfond, 2009 ; J'ai lu, 2010), Double faute est son troisième roman traduit en français. Lionel Shriver vit à Londres avec son mari, jazzman renommé.

Mon avis : (lu en décembre 2010)
Dans ce livre, il est question de tennis et d'amour. Et dès les premières phrases du livre, le lecteur est plongé dans le monde du tennis. Willy, l'héroïne de l'histoire, est sur le court, elle y fait un match et elle vient de faire un service face au soleil. C'est à cet instant qu'elle va faire la connaissance d'Eric, il est en train de l'observer jouer à travers le grillage du terrain de tennis. De cette rencontre fortuite, une passion va naître entre Willy et Eric, et rapidement ils vont se marier.
Depuis l'âge de cinq ans, Willy ne pense que tennis. A l'âge de dix-sept ans elle rencontre Max Upchurch qui accepte de l'entraîner dans son école de tennis. Elle n'a jamais été encouragé par ses parents à réussir dans cette voie, malgré cela, elle passe professionnelle tout en préparant une licence d'espagnol. Elle est fonceuse et battante, elle veut à tout prix monter dans le classement WTA.
Eric a toujours été idolâtré par ses parents, qui le voit comme le fils parfait. Il a commencé à jouer au tennis à l'âge de dix-huit ans et après son diplôme en Mathématique à l'Université de Princeton, il s'est donné deux ans pour devenir professionnel dans le tennis. Il est naturellement doué et il joue pour le plaisir que cela lui procure.

Avec ce livre, l'auteur (qui est une femme contrairement à ce pourrait faire penser son prénom) va analyser l'évolution des relations de ce jeune couple uni par la passion du tennis. Rapidement il va se créer au sein du couple une rivalité aussi bien sur les courts de tennis que dans la vie de tous les jours.

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire où le tennis est omniprésent, nous avons droit à de longues descriptions d'échanges de balles, de séances d'entrainements... J'aime regarder un match de tennis à la télévision, mais sans image, c'est vite rébarbatif ! Les personnages de Willy et Eric ne sont pas vraiment attachants, mais plutôt agaçants. Willy devient touchante dans les toutes dernières pages. J'ai donc un avis mitigé sur ce livre, l'histoire est intéressante, en particulier pour ceux qui connaissent un peu le tennis, mais j'ai trouvé certains passages un peu long.

Merci aux Éditions Belfond et à Livraddict de m'avoir permis de découvrir ce livre. Et en bonus pour ce partenariat, le livre précédent de Lionel Shriver, La double vie d'Irina, qui sortait en Livre de Poche, nous a été envoyé. Je le lirai donc prochainement.

Extrait : (début du livre)
La balle, en apesanteur, se figea au sommet de sa course. Servie face au soleil, elle l'éclipsa exactement. Willy laissa retomber son bras derrière son dos. La couronne flamboyante s'imprima sur sa rétine, un cercle de feu qui lui ferait jouer le reste du point en aveugle.
Clac. La gêne devait être négligeable, car la balle tomba pile dans le carré de service avant de poursuivre, en toute intégrité, sa véloce trajectoire pour se ficher, bing, dans un losange du grillage. Randy lutta pour l'extraire. Ça l'occupait.
Willy cligna des yeux. « Ne jamais regarder le soleil », lui ressassait-on quand elle était enfant. Typique de ses parents. « Ne pas regarder la gloire en face, s'effaroucher devant la beauté du métal en fusion. » Comme si, soi-même, on pouvait fondre.
Un froissement de feuilles à sa gauche, derrière le grillage, attira son attention. Le cercle de feu inscrit dans son champ de vision révéla le visage de l'inconnu dans une auréole pourpre, comme désigné à son attention par un marqueur violet. Ses doigts s'agrippaient au fil de fer galvanisé. Il avait des yeux avides et un sourire retors, d'une patience troublante, comme celui du lion nonchalant qui, à l'ombre, attend toute la journée que son repas passe à proximité. Ce dégingandé était jeune, avec un front qui tendait à se dégarnir. Il était trop blanc pour faire partie des résidents du Harlem voisin, ces garçons qui récupéraient les balles perdues pour jouer au stick-ball. Il avait, sans nul doute, fouillé les fourrés à la recherche de la sienne, puis il s'était arrêté pour la regarder jouer.

Livre 31/35 pour le Challenge du 5% littéraire 1pourcent2010

Posté par aproposdelivres à 12:45 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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