24 novembre 2010

Le sang des Atrides – Pierre Magnan

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Folio – mars 2000 - 245 pages

Fayard - février 2004 – 310 pages

Fayard – 1977 – 217 pages

Prix du Quai des Orfèvres en 1978

Quatrième de couverture :
Rue Prête-à-Partir, une nuit, un long cadavre vêtu d'un ensemble de sport bleu ciel orné d'un grand Gentiane en lettres jaunes attend, en leur barrant la route, les éboueurs de la ville de Digne. Jeannot Vial a été assassiné. Six mois plus tard, c'est au tour de Jules Payan. Deux hommes beaux et jeunes. Il y aura une troisième victime, puis une quatrième : la vieille Adélaïde de Champclos, qui devait connaître l'assassin. C'est bien sûr le commissaire Laviolette qui mène l'enquête.

Auteur : Pierre Magnan est un écrivain français né en 1922 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Il est indéfectiblement attaché à la Provence, source de toute son œuvre. Il fait de rapides études au collège de sa ville natale jusqu'à douze ans. De treize à vingt ans, il est typographe dans une imprimerie locale. Appelé aux Chantiers de jeunesse pendant l'Occupation, il est réfractaire au service du travail obligatoire (STO), et rejoint le maquis à Saint-Pierre d'Allevard en Isère, avec entre autres Thyde Monnier. Il publie son premier roman, L'Aube insolite, en 1946 avec un certain succès d'estime, la critique est favorable mais le public n'adhère pas. Trois autres romans suivent sans davantage de succès. Pour vivre, il travaille alors dans une société de transports frigorifiques, où il reste vingt-sept ans, tout en continuant toutefois à écrire des romans qui ne sont pas publiés.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
J'ai eu une époque où j'ai lu beaucoup de romans de Pierre Magnan comme la Maison Assassinée, les courriers de la mort... Lorsque j'ai vu ce livre à la bibliothèque, j'étais contente de retrouver cet auteur qui sait si bien parler de la Provence à travers un roman policier très bien construit.
Le Sang des Atrides est un roman policier paru en 1976. Le titre fait référence aux Atrides, descendants d'Atrée dans la mythologie grecque et cette référence n'est explicitée que dans les toutes dernières pages du roman.
Une série de meurtres a lieu à Digne. Ils sont commis avec une fronde et des galets venant de la rivière La Bleone. Il s'agit tout d'abord du meurtre de trois jeunes hommes, puis d'une vieille dame... Je n'en dévoilerai pas plus, le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages qui est le meurtrier et surtout son mobile.

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Ce livre a été adapté deux fois à la télévision : En 1981, avec Sam Itzkovitch comme réalisateur et en 2010, téléfilm de Bruno Gantillon avec Victor Lanoux (Laviolette), Thibault de Montalembert (Juge Chabrand), Annie Grégorio, Valeria Cavalli, Cécile Auclert, Thibaud Vaneck.

Extrait : (début du livre)
C'était une nuit du dimanche au lundi. Entre le bruit de la Bléone sur ses galets et celui du torrent des Eaux-Chaudes, aux schistes jaune d'or, Digne dormait dans le calme.
Les feux de signalisations clignotaient en pure perte. La circulation était nulle en direction de Barrême, de Malijai ou de Barcelonnette. Aucun chien n’aboyait. Les autorails colorés du CP étaient au repos dans la gare déserte.

Au-delà des boulevards éclairés, au fin fond du cirque de nuit, sur les collines noires, vers les séminaires, quartier résidentiel, une lueur furtive pointillait le chemin de quelqu’un. Mais, entre ce quelqu’un et les deux torrents qui soulignaient le silence en rabotant leur lit, il n’y avait âme qui vive : il y avait âme qui meurt.
A quatre heures, sortit de son enclos la benne municipale. Il fallut aux éboueurs une heure ponctuée de sifflements stridents, de poubelles rejetées, de broyeurs emballés, d’arrêts, de départs, de joyeuses interpellations d’un bord à l’autre de la chaussée, pour atteindre la rue Prête-à-Partir.
C’est là qu’il les attendait. Oh ! Avec patience ! Il leur barrait la route : c’était un long cadavre, contre terre, face de côté, vêtu d’un ensemble de sport bleu ciel orné d’un grand Gentiane en lettres jaunes.
Le chauffeur l’aperçut le premier, stoppa, descendit devant la benne. C’était un escogriffe à l’œil gauche fermé et au mégot pendant. Comme les deux Maghrébins, à l’arrière, sifflaient en vain pour qu’il repartît, ils vinrent aux nouvelles. Leurs lèvres épaisses esquissèrent un sourire gêné. Ils croyaient voir un ivrogne. Ils voulurent le relever. L’escogriffe étendit ses bras et mit en diagonale, devant leurs pieds, ses immenses espadrilles. Il n’avait toujours que son œil droit ouvert, tant le gênait, à perpétuité, la fumée de son mégot.
« N’y touchez pas !
- Il est malade !
- Il n’est pas malade. Il est mort !
- Comment tu sais ? »

Posté par aproposdelivres à 06:36 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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