16 novembre 2010

Le voyage dans le passé - Stefan Zweig

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traduit de l'allemand par Baptiste Touverey, suivie du texte original en Allemand

Grasset & Fasquelle - octobre 2008 – 172 pages

Livre de Poche – mars 2010 – 177 pages

Quatrième de couverture :
Le voyage dans le passé est l'histoire des retrouvailles au goût amer entre un homme et une femme qui se sont aimés et qui croient s'aimer encore. Louis, jeune homme pauvre mû par une " volonté fanatique " tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L'amour résiste t-il à tout ? A l'usure du temps, à la trahison, à une tragédie ? Dans ce texte bouleversant, jamais traduit en français jusqu'à ce jour, on retrouve le savoir-faire unique de Zweig, son génie de la psychologie, son art de suggérer par un geste, un regard, les tourments intérieurs, les arrières-pensées. les abîmes de l'inconscient.

Auteur : Né en Autriche en 1881, mort au Brésil en 1942, auteur de romans, de pièces de théâtre et de poèmes, Stefan Zweig excelle dans la nouvelle, l'essai et la biographie. Sont parus les biographies de Magellan, Marie-Stuart, Marie-Antoinette et Fouchet, ainsi que trois tomes de sa correspondance, couvrant d'abord les années 1897-1919, puis 1920-1931 et enfin 1932-1942. Le voyage dans le passé est dans la lignée des célèbres nouvelles : Brûlant secret et La peur.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Voilà un auteur dont j'ai beaucoup entendu parler, entre autre dans la blogosphère, et je n'avais pas encore eu l'occasion de le lire. Voici donc le premier livre de Stefan Zweig que je lis.

Ce livre est en fait une nouvelle de 100 pages nous racontant un amour passé. Un jeune homme Louis tombe amoureux de la femme de son patron, ils vivent deux ans proche l'un de l'autre sans s'avouer cette amour interdit. Or un jour, Louis est envoyé en mission pour deux ans au Mexique, c'est alors qu'il ressent un déchirement de quitter cette femme mais il ne peut refuser cette superbe promotion. Mais lorsque ses deux ans de mission s'achèvent, la Première Guerre Mondiale éclate et il est impossible pour Louis de revenir en Europe. Et c'est seulement neuf années plus tard qu'ils pourront enfin se retrouver. Mais les sentiments peuvent-ils rester intacts durant tout ce temps ? Voilà la question qui est au centre de cette histoire.
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui nous permet de ressentir l'atmosphère d'une autre époque, avec
des descriptions si précises des sentiments des personnages.
J'ai seulement feuilleté rapidement la version allemande... je n'ai même pas pris le temps d'essayer de lire quelques pages en VO... Aurai-je un jour le courage de le faire ?
Je compte bien après cette première expérience découvrir de nouveaux livres de Stefan Zweig.

Extrait : (page 44)
Les dix jours qui les séparaient du départ, ils les passèrent tous deux dans un état de continuelle et grisante frénésie. La soudaine explosion des sentiments qu'ils s'étaient avoués, par l'immense puissance de son souffle, avait fait voler en éclat toutes les digues et barrières, toutes les convenances et les précautions : comme des animaux, brûlants et avides, ils tombaient dans les bras l'un de l'autre quand ils se croisaient dans un couloir obscur, derrière une porte, dans un coin, profitant de deux minutes volées ; la main voulait sentir la main, la lèvre la lèvre, le sang inquiet sentir son frère, tout s'enfiévrait de tout, chaque nerf brûlait de sentir contre lui le pied, la main, la robe, une partie vivante, n'importe laquelle, d'un corps qui se languissait de lui. En même temps, ils étaient obligés de se maîtriser dans la maison, elle, de dissimuler sans cesse devant son mari, son fils, ses domestiques, la tendresse qui l'illuminait un instant auparavant, lui, de garder l'esprit en éveil pour les calculs, les conférences, les comptes dont il avait la responsabilité. Ils se contentaient à chaque fois d'attraper au vol des secondes, des secondes vibrantes, clandestines, guettées par le danger ; ce n'était que des mains, des lèvres, des regards, d'un baiser avidement dérobé, qu'ils parvenaient furtivement à se rapprocher, et la présence vaporeuse, voluptueuse de l'autre, grisé lui-même, les grisait. Mais ce n'était jamais assez, tous les deux le sentaient : jamais assez.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (25/26)

Posté par aproposdelivres à 07:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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