il_n_y_a_pas_beaucoup  Fayard – août 2003 – 225 pages

Quatrième de couverture :
Énervée. Affamée. Exténuée. Terrorisée. En retard. Frigorifiée. Les journées, pour Sylvie Testud, sont une succession de moments intenses. Elle nous emmène à une interview au Plaza, sur un tournage en japonais, acheter du plâtre au BHV, faire l'amour devant vingt personnes pendant huit heures, essayer des robes chez Chanel pour les Césars, tout en refusant d'embrasser un serpent ou de sauter par la fenêtre... Le quotidien d'une actrice, en somme. Sauf que Sylvie Testud fait montre d'un regard ultra-lucide. Comment entre-t-on dans un rôle ? Comment apprend-on à l'aimer, comment le quitte-t-on, comment dire non, comment dire oui ? Où est la limite entre la vie qu'on vit et la vie qu'on joue ? Et si notre existence était un interminable casting ?
Décalée, d'une voix qui ne ressemble à aucune autre, drôle et sans concession, Sylvie Testud éteint les feux trompeurs de la rampe, et l'on découvre qu'Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir

Auteur : Sylvie Testud est comédienne. Révélée dans Karnaval, elle a obtenu en 2001 le César du meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines. Ses derniers films : Stupeur et tremblements d'après le roman d'Amélie Nothomb, Filles uniques et Vivre me tue.

Mon avis : (lu en août 2010)
Un livre plein d'humour agréable et rapide à lire. Sylvie Testud nous raconte l'envers du décor de la vie d'une actrice au théâtre ou lors des tournages. Nous découvrons ses débuts, son quotidien, ses peurs, ses joies... Son style est vivant, plein de fraîcheur... J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce livre.

Extrait : (page 129)
Je suis nominée aux Césars !
C’est ça qu’elle hurle ? Parce que mon agent hurle dans le téléphone.
Ben oui. Je suis nominée aux Césars en tant que meilleur espoir.
- C’est français ça comme mot « nominée » ? Je me demande.
Ce sont les directeurs de castings qui proposent des filles et des garçons comme espoir et après les gens du cinéma doivent voter qui est le meilleur et la meilleure espoir de l’année. Celui et celle qui remporteront le plus de voix seront immédiatement émus meilleur espoir.
Tous les acteurs et actrices vont aux Césars. La cérémonie est retransmise en direct à la télévision ! Sur Canal+ en clair.
- Mon grand-père pourra suivre la cérémonie si c’est en clair.
Oh le pauvre, il va pleurer… Et ma grand-mère aussi elle va pleurer…
Et ma mère ? Et mes sœurs ? Et… Tous, ils vont pleurer c’est certain.
- Il faut que tu trouves une robe. Me dit mon agent. Où veux-tu aller ?
Saint-Laurent ? Chanel ? Versace ? Armani ? Lolita Lempicka ?
- Oh putain ! Mais elle a pété les plombs mon agent ! Je pense.
Je n’ai pas le fric pour m’offrir une robe chez Saint-Laurent moi !
- Ne t’inquiète pas. Elle rit. Ils te prêtent une robe pour la cérémonie.
Quoi ? Je vais me pointer chez Chanel ou Saint-Laurent et ils vont me prêter une robe ? Elle est complètement à la masse mon agent. Je commence à me dire.
- Il y a des gens qui s’occupent de la presse. Ils te prêtent une robe « couture » pour des occasions comme les Césars, Cannes…
- Ah bon ? L’attachée de presse va me prêter une robe ? C’est possible ça ? Je demande.
- Je vais téléphoner et tu auras des rendez-vous. Tu pourras choisir la robe que tu veux porter pour la cérémonie. J’entends dans le téléphone.
« Je pourrai choisir la robe que je veux porter pour la cérémonie des Césars »… Mon agent est un être très puissant. Sur un simple coup de fil, elle obtient que « je peux choisir la robe que je veux porter pour la cérémonie des Césars ».
Je n’en reviens pas…
Mais… Ça veut dire alors que toutes ces grandes actrices toujours bien habillées, dans des robes fourreau, dans des robes dos nu, dans des robes « couture » quoi, elles ne les achètent pas ? Les robes ne sont pas à elles ? On leur prête des robes pour la cérémonie ?

Un miroir se brise. Une fleur se fane. Un oiseau est abattu en plein vol, un mythe se casse.
Les actrices françaises portent des robes prêtées ?
Mais c’est fou ça !
- Réfléchis. Rappelle-moi. Je te prendrai les rendez-vous. Continue mon agent puissant.
Je raccroche le téléphone. Les bras m’en tombent. On prête des robes aux actrices.
Les actrices en France n’ont pas de robe de « cérémonie des Césars ».

Déjà lu du même auteur : Gamines Gamines