10 juin 2010

La douane volante – François Place

la_douane_volante Gallimard jeunesse – janvier 2010 – 334 pages

Présentation de l'éditeur :
Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l'Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d'écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

Auteur : François Place est né le 26 avril 1957 à Ezanville, dans le Val d'Oise. Il suit les cours d'expression visuelle à l'Ecole Estienne, avant de se lancer dans l’illustration. En tant que dessinateur, il a travaillé dans les domaines de l'audiovisuel, la presse d'entreprise, l'édition et la publicité. Ses premières illustrations de livres pour enfants paraissent en 1983 et il se met à écrire ses premiers textes. Il révèle son talent d'auteur en 1992 avec la parution de l'ouvrage "Les derniers géants", livre qui sera récompensé par de nombreux prix. Il a reçu depuis le Grand Prix de la foire de Bologne pour l' "Atlas des Géographes d'Orbae" ainsi qu'un prix spécial des Librairie Sorcières.

Mon avis : (lu en juin 2010)
J’ai lu ce livre en premier lieu parce qu’il se passe en Bretagne, enfin au début… et parce qu’il m’a été conseillé à mon Café Lecture préféré !
Ce n’est pas le genre de lecture sur lequel je me jette avec avidité, car je ne suis vraiment pas fan de fantastique. Mais comme c’est un roman « jeunesse » et qu’il ne fait que 300 pages, je me suis laissée tenter.

Au début de l'histoire, Gwen le Tousseux a quatorze ans, au retour de sa première campagne de pêche il est soigné par le vieux Braz, un rebouteux. Celui-ci va l'initier aux plantes. Peu de temps après, le vieux Braz meurt et laisse à Gwen sa maison et sa montre. Il est alors jalousé par le village et mis à l'écart. Un soir, il est lâchement attaqué et on lui vole la montre. Gwen est alors emmené dans une charrette noire tirée par un cheval noir dans un pays imaginaire le pays des Douze Provinces où règne la Douane Volante. C'est un monde d'où il est impossible de sortir. Il va rencontrer l'officier
Jorn qui va vouloir exploiter le don de rebouteux dont Gwen semble avoir également hérité du vieux Braz. Il va adopter un drôle d'oiseau, un pibil siffleur qui va l'aider à développer son don. Il va également rencontrer un chirurgien, puis étudiera pour devenir médecin... Pendant ce temps là, en France c'est la Première Guerre Mondiale.
J’ai eu un peu de mal au début à être intéressée par l’histoire puis je me suis laissé prendre au jeu et finalement j’ai passé un bon moment en lisant ce livre. J’ai bien aimé l’évolution du personnage de Gwen qui au cours du livre passe de l’enfance à l’âge adulte. Il est questions de médecine, on retrouve certains éléments des légendes bretonnes, l'atmosphère est souvent sombre, humide et froide. L'auteur dit s'être inspiré des tableaux de Jan Van Goyen, peintre hollandais du XVIIème siècle.

goyen

L’illustration de la couverture a été faite également par François Place.

Extrait : (début du livre)
La Bretagne, c'est ce grand bout de granit qui termine la France, à l'extrême pointe du continent : Finis Terrae, disent les savants. L'océan vient s'y fracasser. Les gens qui vivent là ont toujours eu de l'eau salée dans les veines. Moi, je n'avait pas quatorze ans quand j'ai embarqué pour ma première campagne de pêche. C'était au plus fort de l'hiver, et peu importe la coque de noix sur laquelle j'ai frotté mes sabots, peu importent les jours et les nuits à vider le poisson, les mains plongées dans l'eau glacée, peu importe la méchanceté crasse de ce maudit équipage et son capitaine à moitié fou, peu importe, finalement, puisque j'en suis revenu vivant. Tremblant comme une feuille et claquant des dents, mais vivant. Sitôt débarqué, on m'a couché sur un lit d'algues au fond d'une carriole, avec pour toute compagnie un tas de poissons aux yeux ronds, et roule ! Mes poumons cherchaient l'air comme une vieille baudruche crevée.

Il faisait nuit quand on m'a déposé à la sauvette devant la porte de la ferme. Une nuit froide, criblée d'étoiles. Ma mère n'y croyait pas, de me voir revenir dans cet état. Un bon à rien, aurait dit mon père. Ça, il faut dire que je n'étais plus bon à grand-chose. J'étais parti petit et souffreteux, les épaules guère plus larges que celles d'une sardine, et voilà que je revenais chez moi en tirant des traites sur ce maigre capital, avec une échéance à court thème, mon état ne laissant aucun doute sur mes faibles chances de passer l'hiver.

Posté par aproposdelivres à 21:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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