02 mai 2010

Au rebond – Jean-Philippe Blondel

au_rebond Actes Sud Junior - janvier 2009 – 99 pages

Quatrième de couverture :
Au rebond "Quand je suis sorti du gymnase, il faisait beau. Le soleil tapait fort. Mon cœur aussi. Des rouages s'étaient enclenchés dans mon cerveau et j'avais commencé à gamberger. Qu'est-ce qu'on est censé faire quand un camarade s'évapore ? Qu'est-ce qu'on est censé faire quand un copain coupe tout contact, du jour au lendemain ? " Forcer le destin. " C'est ma mère qui a prononcé ces mots-là, le soir même, après m'avoir cuisiné sur mon silence."

 

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais dans un lycée de province depuis bientôt vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007). Au rebond est son deuxième livre pour la jeunesse après Un endroit pour vivre (2007).

 

Mon avis : (lu en mai 2010)
Alex, le narrateur, vit seul avec sa mère infirmière dans une cité. Son «vrai pote» Christian, qui fait partie de la même équipe de basket, habite une maison dans un quartier résidentiel. Son père est également souvent absent car en voyages d'affaires. Et du jour au lendemain, Christian disparaît, ne donne plus signe de vie. Qu'est-ce qu'on est censé faire quand un camarade s'évapore ? Qu'est-ce qu'on est censé faire quand un copain coupe tout contact, du jour au lendemain ? La mère d'Alex va lui dire de Forcer le destin. Et Alex va suivre ce conseil et découvrir ce qu'il se passe chez Christian et avec l'assistance de sa mère, il va l'aider. Ainsi par la même occasion, Alex va faire évoluer le cours de sa vie et trouver sa route future. Ce court et bon roman nous raconte une histoire d'amitié et de solidarité. Les personnages sont attachants et l'on peut savourer cette histoire pleine d'optimisme dès 13 ans !

Extrait : (début du livre)
D'abord, il y a le souffle. Le souffle et les battements du cœur dans les oreilles. Le bruit sourd et répétitif, la ligne de basse d'un morceau de rock, un rythme lancinant. Et puis le souffle, oui. Juste le souffle. Détaché. Couvrant les autres sons. Couvrant le son mat de la balle qui rebondit sur le parquet. Même celui des baskets qui crissent au gré des déplacements des joueurs. Celui des appels mi-angoissés, mi-énervés de mes coéquipiers et de l'entraîneur, sur le banc, au bord du terrain. Je n'entends que mon souffle. Je ne ressens que la balle. Elle va et vient. Elle passe de ma main au sol, elle heurte le parquet et puis revient me caresser la paume. C'est un mouvement qui m'hypnotise. C'est un mouvement qui me berce. Je sens aussi les gouttes de sueur dans mon dos et sur mes tempes. Je déteste être en sueur. La seule exception, c'est ici, dans le gymnase, le mercredi et le samedi après midi, lors des matchs de basket. Le souffle, le bruit de la balle, le cœur qui tambourine, je cherche des yeux mes partenaires. Je suis hors de moi. Je ne sais pas vraiment l'expliquer. C'est comme si je me détachais de mon corps et que l'intégrais un autre espace. Je ne souffre pas de douleurs dans les jambes, ni de celles qui devraient me vriller les épaules après le choc de tout à l'heure. Je suis là, les deux pieds arrimés au sol et le corps pourtant presque aérien, je maîtrise la balle, le temps et l'espace, et les autres patientent, ils attendent de savoir qui sera choisi.

Christian se démarque. C'est à lui que je fais une passe. Je sais qu'il va courir plus vite que les autres vers le panier adverse et qu'il va marquer. Christian ne manque jamais aucun panier en mouvement. Moi non plus, d'ailleurs. Les seuls tirs que je rate, ce sont les lancers francs. Trop de pression. Trop d'attente de la part des autres. Trop peur de décevoir. Alors je déçois.

Posté par aproposdelivres à 07:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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