30 avril 2010

Hommage à Denis Guedj

Denis Guedj est un auteur que j'ai découvert avec son célèbre Théorème du perroquet et j'ai également déjà lu Les Cheveux de Bérénice et Zéro ou les cinq vies d'Aémer (avant l'existence de ce blog).

Je vous propose de lui rendre hommage en découvrant son œuvre, en lisant au moins un livre de Denis Guedj durant les 2 mois prochains.

hommage_denis_guedj

L’écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l’âge de 69 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l’auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération jusqu'à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l’ouvrage La gratuité ne vaut plus rien (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman Le Théorème du perroquet (Seuil), une odyssée sur l’origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d’aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les «chiffres arabes», de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela…

Il a aussi publié en 2000 Le Mètre du monde (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s’est imposé pendant la Révolution française.

En 2005, il a publié un roman sur l’invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans Zéro (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur Villa des hommes dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire La vie, t’en as qu’une en 1978. Il était enseignant à l’université Paris VIII.

(Source AFP)

Bibliographie :

  • La Méridienne (1987)

  • La Révolution des savants (1988)

  • L'Empire des nombres (1996)

  • La Gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)

  • Le Théorème du Perroquet (1998)

  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)

  • Le Mètre du monde (2000)

  • La Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)

  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)

  • Les Cheveux de Bérénice (2003)

  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005).

  • Villa des hommes (2007)

  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Je me propose donc de recenser toutes vos lectures régulièrement, il vous suffira de venir les signaler ici ou en utilisant "Contacter l'auteur" de mon blog lors de la parution de vos billets.

J'espère que vous serez nombreux à vous joindre à cet hommage et à diffuser l'information autour de vous. Merci d'avance.

Voir le 1er bilan de cet hommage... je propose de prolonger l'hommage jusqu'à fin septembre

Déja lu du même auteur :  guedj_le_theoreme_ Le Théorème du perroquet    

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Les disparus de Dublin – Benjamin Black

les_disparus_de_dublin Éditions Nil – janvier 2010 – 436 pages

traduit de l’anglais (Irlande) Michèle Albaret-Maatsch

Quatrième de couverture :
"Dans le service de médecine légale, il faisait toujours nuit. C'était un des trucs qui plaisaient à Quirke dans son boulot - avec cette impression d'y perpétuer des pratiques ancestrales, des techniques secrètes, une oeuvre trop sombre pour être accomplie en pleine lumière."
C'est là, dans son repaire, un soir d'ivresse, que le cadarvre d'une inconnue déclarée morte dans de troublantes circonstances va obliger Quirke à sortir de l'ombre - à se lancer dans une enquête que tous cherchent à lui faire abandonner. Car cette enquête, qui met en cause l'Eglise toute-puissante des années 1950, menace de dynamiter la haute société catholique, de Dublin à Boston. Et de gangréner l'âme de sa propre famille, en réveillant ses blessures les plus enfouies.

Il est médecin légiste, veuf, misanthrope, souvent soûl - bref, pas très catholique. Avec Quirke, John Banville a créé un héros que vous allez adorer.

Auteur : Benjamin Black, est le pseudonyme de John Banville. Né en 1945 à Wexford, en Irlande, John Banville vit à Dublin. Depuis son premier livre, Long Lankin (1970), son œuvre est saluée par la critique et récompensée par de nombreux grands prix littéraires. Ses derniers romans sont Éclipse (2002), Impostures (2003), Athena (2005) et La Mer (2007, couronné du prestigieux Booker Prize).

Mon avis : (lu en avril 2010)

Dublin dans les années 50, une atmosphère sombre, un anti-héros attachant, Quirke, médecin légiste veuf, alcoolique et solitaire. Au début, une infirmière quitte Dublin, elle prend en charge un bébé qu'elle doit confier à un orphelinat à Boston. Quirke surprend à la morgue son beau-frère Malachy, gynécologue, avec le dossier de Christine Falls. Où il a falsifié la cause de la mort. Pourquoi ? Mal refuse de donner des explications et Quirke va mener un enquête qui va impliquer sa propre famille et réveiller le passé...

L'intrigue n'est pas très surprenante mais c'est un roman noir qu'on ne lâche pas, « un page-turner » très bien écrit. Dans les dernières pages, le lecteur comprend qu'il a encore à apprendre sur le personnage de Quirke et son passé... J'attends donc de lire la suite des aventures de Quirke ! (trois volumes sont prévus...)

Extrait : (début du livre)
Elle était contente de prendre le paquebot-poste du soir, parce qu'elle avait l'impression qu'un départ matinal aurait été au-dessus de ses forces. A la fête, la veille, un des étudiants en médecine avait sorti un flacon d'alcool à 90° qu'il avait mélangé à de l'Orange Crush et elle s'était enfilé deux verres de ce breuvage, si bien qu'elle avait encore l'intérieur de la bouche irrité et qu'une sorte de tambour cognait derrière son front. Toujours dans le brouillard, elle avait passé la matinée au lit sans pouvoir fermer l'œil et en larmes la moitié du temps, un mouchoir sur les lèvres pour étouffer ses sanglots. Quand elle pensait à ce qu'elle avait à faire le jour même, à ce qu'elle devait entreprendre, elle avait peur. Oui, peur.

A Dun Laoghaire, trop énervée pour rester en place, elle fit les cent pas sur la jetée. Elle avait déposé son bagage dans sa cabine et était redescendue attendre sur le quai, comme on lui avait conseillé. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait accepté. Elle avait déjà cette proposition de boulot à Boston, alors bien sûr l'aspect financier avait joué mais elle avait dans l'idée que c'était plus lié à sa frousse de l'infirmière en chef, à sa frousse de dire non lorsque celle-ci lui avait demandé si elle voulait emmener l'enfant. Quand elle s'exprimait avec cette extrême douceur, l'infirmière en chef était particulièrement intimidante. « Maintenant, Brenda, avait-elle déclaré en la fixant de ses yeux saillants, je veux que vous réfléchissiez bien, parce que c'est une grosse responsabilité. » Tout lui paraissait bizarre, ses nausées, la brûlure de l'alcool dans sa bouche et le fait qu'elle ne portait pas son uniforme d'infirmière mais le tailleur en laine rose qu'elle avait acheté spécialement pour partir – son ensemble de voyage, comme si elle se mariait, alors qu'en fait de lune de miel elle allait se taper une semaine à s'occuper de ce bébé sans l'ombre d'un mari à proximité. « Vous êtes gentille, Brenda, avait affirmé l'infirmière en chef en se placardant un sourire plus effrayant qu'un de ses regards noirs, que Dieu soit avec vous. » Sûr que j'aurai besoin de Sa compagnie, songea-t-elle amèrement : il y aurait la nuit sur le bateau, puis le voyage en train jusqu'à Southampton le lendemain, puis cinq jours en mer, puis quoi ? Elle n'avait encore jamais quitté l'Irlande, sauf une fois, gamine, quand son père avait emmené toute la famille passer une journée à l'île de Man.

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