05 avril 2010

Les lieux sombres – Gillian Flynn

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (16/26)

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les_lieux_sombres Sonatine – février 2010 – 482 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

Quatrième de couverture :

Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C'est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences. Bien loin des clichés et du manichéisme qui encombrent la plupart des thrillers contemporains, Gillian Flynn nous offre ici une intrigue d'une densité rare, des personnages complexes, tragiques, terriblement humains. Considérée dès son premier roman, Sur ma peau, comme l'une des voix les plus originales du thriller contemporain, elle confirme avec ce livre, où l'on retrouve son style intense et viscéral, son immense talent.

Auteur : Gillian Flynn est née à Kansas City. Après Sur ma peau (1997), Les Lieux sombres est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en avril 2010)

Ce livre est vraiment prenant, superbe et grave à la fois. Il nous raconte un drame et ses conséquences. Le 2 janvier 1985, Libby a sept ans, sa mère et ses deux sœurs vont être sauvagement assassinées. Libby est le seul témoin du drame : cachée dans un placard, elle a tout entendu. Elle accuse son frère Ben âgé de quinze ans.

Vingt-cinq ans plus tard, Libby est sans argent, sans travail. Jusqu'alors elle profitait des dons que suite au drame, les gens avaient fait en sa faveur. Par intérêt financier, elle accepte de rencontrer le Kill Club. Les membres de ce club s'intéressent aux grandes affaires criminelles, et plusieurs d'entre eux sont persuadés que Ben n'est pas coupable et que Libby pourrait les aider à le prouver.

Le lecteur suit en parallèle deux récits, celui de l'enquête d'aujourd'hui menée et racontée par Libby et celui de la journée du meurtre, racontée alternativement par Patty (la mère) et Ben (le frère).

Le personnage principale, Libby Day est au début plutôt antipathique, elle est kleptomane, elle est dépressive, puis elle devient touchante et émouvante. Ben est un adolescent fragile et influençable, c'est mon personnage préféré ! Patty est une mère épuisée, qui n'arrive pas à faire marcher sa ferme et qui élève seule comme elle peut ses quatre enfants.

Au début je croyais savoir et avoir compris ce qui c'était passé, mais plus j'avançais dans l'histoire et plus le mystère s'épaississait et plus l'intrigue m'empêchait de lâcher le livre ! Le dénouement final est à la hauteur de mes espérances. Une superbe découverte d'un roman vraiment palpitant !

Extrait : (début du livre)

La mesquinerie qui m'habite est aussi réelle qu'un organe. Si on me fendait le ventre, elle pourrait fort bien se glisser dehors, charnue et sombre, tomber par terre, et on pourrait sauter dessus à pieds joints. C'est le sang des Day. Il y a quelque chose qui cloche. Je n'ai jamais été une petite fille bien sage, et ça a empiré après les meurtres. En grandissant, Libby la petite orpheline est devenue maussade, lymphatique, trimballée de mains en mains au sein d'un groupe de parents éloignés – des cousins issus de germains, des grands-tantes, des amis d'amis –, collée dans une série de mobil-homes ou de ranches décatis aux quatre coins du Texas. J'allais à l'école dans les vêtements de mes sœurs mortes : des chemises aux aisselles jaunies. Des pantalons comiquement lâches, retenus à la taille par une ceinture élimée serrée jusqu'au dernier cran, qui faisaient des poches aux fesses. Sur les photos de classe, j'ai toujours les cheveux en bataille – mes barrettes pendouillent au bout de mes mèches comme des objets aéroportés pris dans les nœuds – et j'ai toujours des poches gonflées sous les yeux, mes yeux de vieille patronne de pub alcoolique. Peut-être les lèvres retroussées à contrecœur en lieu et place d'un sourire. Peut-être.

Je n'étais pas une enfant aimable, et je suis devenue une adulte profondément mal aimable. Si on voulait dessiner mon âme, on obtiendrait un gribouillis avec des crocs pointus.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (16/26)

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