13 mars 2010

Les candidats - Yun Sun Limet

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Editions de La Martinière - janvier 2004 – 236 pages

Points – janvier 2005 – 235 pages

Quatrième de couverture :

Jean et Marie ont perdu leurs parents dans un accident de voiture. Parce qu'ils avaient imaginé l'impensable, leur possible disparition, ces derniers ont laissé un testament. Dans leur dernière lettre, ils désignent, les un après les autres, quatre couples d'amis, à qui ils demandent d'élever leurs enfants. Les Candidats raconte l'histoire d'une adoption qui n'en finit pas. Qui finira par recueillir ces deux enfants ? Quelle sera leur vie ? Un roman à quatre voix qui reprend " cette crainte qui nous hante tous ", d'une manière sobre et entêtante.

Auteur : Yun Sun Limet est née à Séoul, en Corée du Sud. Après avoir longtemps vécu en Belgique, elle s'est installée à Paris depuis une dizaine d'années. Les Candidats est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2010)

Le livre s'ouvre sur Jean et Marie, ils ont respectivement 8 et 4 ans, ils assistent à l'enterrement de leurs parents disparus brutalement dans un accident de voiture. Les parents avaient pris leurs dispositions avec le testament suivant :

" Si vous lisez ces lignes, c'est qu'un événement improbable, impensable aura eu lieu : notre mort accidentelle à tous les deux, simultanée ou à peu de temps d'intervalle. C'est pourtant une crainte qui nous hante. Et si un tel malheur devait se produire, c'est à Jean et Marie que nous pensons d'abord. C'est pour eux que nous écrivons cette lettre, afin qu'ils soient confiés à une famille amie qui les élève comme ses propres enfants. Conscients de la charge et de la responsabilité qu'appelle notre dernière volonté, nous donnons une liste d'amis, qui nous osons le croire, sont susceptibles d'accepter notre demande, dans l'ordre suivant : Anne et Patrick Sauvage, Valérie et Alain Faye, Laure et Philippe Damiani, Gisèle et Frédéric Humbert. Notre tristesse est infinie à l'idée que cette lettre puisse un jour être lue. Nous croyons que Jean et Marie ont été heureux avec nous et espérons qu'ils continuent de l'être malgré notre absence."

A chaque chapitre, le narrateur change, il prend la voix d'Anne puis d'Alain puis de Laure enfin c'est sur la voix de Marie, alors adulte, qui se conclue le livre. Ce livre pose les questions autour de l'avenir d'orphelins, de l'adoption mais aussi sur les couples car cela n'est pas simple d'accueillir les enfants d'amis dans une famille déjà constituée... Le sujet est grave, et le livre se lit facilement, l'auteur décrit avec beaucoup de justesse les divers situations que cela entraîne. J'ai ressenti avec ce livre beaucoup d'émotions.

Extrait : (début du livre)

Ils sont là. Dans leur manteau de laine noire, certainement acheté pour la circonstance. Il faut bien habiller le chagrin, le représenter, et leur grand-père les a voulu ainsi, serrés l'un contre l'autre, noirs, raides. Ils ont chacun jeté une rose blanche. D'abord Jean puis Marie. On leur a dit : maintenant, prenez une rose du panier posé près du trou. Ils ont obéi et ont jeté la fleur. S'en souviendront-ils ? Oui, sans doute, la rose blanche de la chanson. Les autres suivent, prennent une fleur et la jettent dans le vide.

Lorsqu'ils m'ont vue arriver chez eux, avant la levée des corps (des corps, oui, cela se dit peu), ils ont souri, se sont rappelé que je suis une amie de leurs parents, des goûters et des pique-niques, comme quand je venais, avant, les voir, voir leurs parents, parler dans la cuisine et leur demander comment ça va à l'école. Et puis ils se sont renfermés. Augustin était resté à la maison. J'avais pensé que je l'excuserais auprès de ses petits copains. Mais je n'ai rien dit et je me suis jointe aux autres, parents et amis, j'ai salué leur grand-père maternel et leur grand-mère paternelle. Je ne voulais pas paraître déplacée, je n'ai pas été très démonstrative. Ils appartiennent à leur famille, leurs oncles et tantes, leurs cousins. Et pourtant, je crevais d'envie de les soulever et de les serrer.

Ils n'ont pas pleuré. ils ont assisté à tout sans pleurer à aucun moment. Et ils regardent à la dérobée les sanglots de leurs grands-parents. La messe, la sortie des cercueils, l'un à côté de l'autre, ils se tiennent chacun derrière un des cercueils. Marie a un peu vacillé, reprise par sa grand-mère. Ils auront le souvenir de cette foule, le sentiment qu'il s'agissait bien d'une foule qui suivait leurs parents jusqu'au cimetière.

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