Livre lu dans le cadre du partenariat Blog-o-Book et les Éditions Robert Laffont

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Robert Laffont – novembre 1994 – 307 pages

10x18 – octobre 2005 – 307 pages

Robert Laffont – février 2010 – 398 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Léon Mercadet

Présentation de l'éditeur :

Dublin à la fin des années 60. Paddy Clarke est un garnement de dix ans à l'imagination débordante qui n'adore rien tant que de jouer des tours pendables à ceux qui l'entourent. Il rêve de devenir missionnaire, adore les Indiens, résiste aux coups durs mais a le coeur fendu quand ses parents se disputent. Ses ruses de Sioux n'empêcheront pas son père de quitter le foyer conjugal. Cruauté enfantine oblige, ses copains d'école se mettent à le boycotter : " Ha Ha Ha ". L'histoire de Paddy Clarke, ce petit frère de Huck Finn et de Holden Caulfield, a valu à son auteur, le grand Roddy Doyle, le prestigieux Booker Prize.

Auteur : Né à Dublin en 1958, Roddy Doyle s’est imposé dès ses premiers pas comme l’un des auteurs majeurs de la littérature irlandaise contemporaine. Le grand public le découvre grâce à sa célèbre trilogie de Barrytown (The Commitments, The Snapper, The Van) publiée dans la collection « Pavillons » en 1996 (réédités en « Pavillons poche » en 2009) et portée à l’écran par Alan Parker et Stephen Frears. Il reçoit la consécration avec Paddy Clarke Ha Ha Ha, qui obtient le Booker Prize en 1993. Ce prix et les ventes exceptionnelles de ce roman lui permettent d’abandonner son travail d’enseignant et de se consacrer entièrement à l’écriture. 

Mon avis : (lu en mars 2010)

Ce livre m'a été proposé par BoB au moment où je participais au Swap Saint Patrick organisé par Canel, j'ai eu aucune hésitation à le choisir. Et c'est avec plaisir que j'ai découvert ce livre à la fois plein d'humour et de réalisme qui raconte l'histoire de Paddy Clarke est un garçon de 10 ans qui vit à Barrytown, un quartier à la périphérie du Dublin dans les années 1960. Il est l'aîné de la famille, Sinbad est son petit frère, il y a aussi Catherine et Deirdre ses petites sœurs. Il nous raconte l'école, les copains : Kevin, Liam et Aidan. Il est très imaginatif dans ses jeux, ses bêtises. Il a soif d'apprendre et il pose beaucoup de questions. Il adore Geronimo, imagine devenir missionnaire, oblige ses copains à jouer les lépreux et il terrorise son petit frère Sinbad. A la maison, il se rend compte que ces parents se disputent, il va essayer par tous les moyens de faire cesser ces disputes : en ramenant de l'école de bonnes notes, en sollicitant son père pour réciter ses leçons... Paddy est inquiet et guette les discutions entre ses parents, il se lève la nuit pour les espionner. Mais rien n'y fait, un jour son père quitte la maison et à l'école Paddy devient le centre d'un boycott de la part des autres écoliers.

Un livre qui est un retour en enfance et qui m'a fait penser à la fois au Petit Nicolas ou à la Guerre des Boutons, un livre drôle et réaliste avec des personnages très attachants.

Un petit défaut cependant, il n'y a aucun chapitre et les histoires s'enchaînent. Il est un peu difficile de s'interrompre dans sa lecture... Cela reste pourtant une très belle découverte !

Un grand merci à logo_bob_partenariat et robert_laffont de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 20)

Aux allumettes, je préférais la loupe. On passait des après-midi entiers à brûler des petits tas d'herbe sèche. J'aimais voir l'herbe changer de couleur. J'aimais quand la flamme se faufilait dans les herbes. C'était plus facile avec une loupe. Plus facile, mais il fallait être doué. Si le soleil sortait assez longtemps, on pouvait découper une feuille de papier sans la toucher, il suffisait de poser une pierre à chaque coin pour l'empêcher de s'envoler. On faisait la course : allumer, souffler, éteindre, allumer, souffler. Celui qui finissait de couper sa feuille le premier avait le droit de brûler la main de l'autre. On dessinait un bonhomme sur la feuille et le feu perçait des trous dedans ; dans ses mains et ses pieds, comme Jésus. On lui dessinait des cheveux longs. On gardait le zizi pour la fin.

On a taillé des routes dans les orties. Maman m'a demandé ce que j'allais faire dehors avec mon duffle-coat et mes gants par ce beau temps.

- On va couper les orties.

C'étaient des grandes orties ; des orties géantes. Les boutons des brûlures étaient colossaux, ça grattait sans fin même quand ça ne brûlait plus. Les orties occupaient tout un coin du champ derrière les boutiques. Rien d'autre ne poussait là, rien que les orties. On a fauché à grands revers de bâton et il a encore fallu les piétiner. Le jus des orties giclait. On ouvrait des routes droit à travers, chacun la nôtre à cause des bâtons qui moulinaient. Quand on est rentré à la maison, les routes s'étaient rejointes et il ne restait plus une ortie debout. Les bâtons étaient tout verts et j'avais deux brûlures sur la figure : j'avais enlevé mon passe-montagne parce qu'il me grattait la tête.