27 février 2010

Une catastrophe naturelle - Margriet de Moor

lu dans le cadre de l'opération babelio

une_catastrophe_naturelle Libella-Maren Sell Editions - janvier 2010 – 334 pages

traduit du néerlandais par Danielle Losman

Présentation de l'éditeur :

Un lundi, on apprend qu'une dépression se déplace du Groenland en direction des côtes de l'Europe de l'Ouest. Le même jour, Armanda supplie sa sœur Lidy de partir à sa place en Zélande passer le week-end avec sa filleule. En contrepartie, elle gardera sa fille, âgée de deux ans, et accompagnera son mari à une fête familiale. Cette substitution ne devrait choquer personne puisque les deux sœurs se ressemblent au point d'être parfois confondues. Cette petite mise en scène va pourtant bouleverser leurs vies. Le samedi 31 janvier 1953, tandis que Lidy se rend à Zierikzee, se lève cette tempête historique qui rayera de la carte le sud-ouest des Pays-Bas. Lidy, avec quelques inconnus, tentera de braver les éléments déchaînés. En vain. Armanda se glissera alors dans l'existence de sa sœur disparue. Elle épousera son mari, ils auront deux enfants et, en apparence, ni remords ni culpabilité. Mais l'ombre du drame plane sur tous les actes du quotidien. Entre catastrophe naturelle et catastrophe intime, Margriet de Moor nous fait découvrir dans ce magnifique roman les destins entremêlés de deux sœurs que rien ne peut séparer.

Auteur : Margriet de Moor est néerlandaise. Après avoir étudié le chant et le piano, elle choisit l'écriture. Son premier roman, Gris d'abord puis blanc puis bleu (1993), fut qualifié de chef-d’œuvre par la critique. Ont suivi Le Virtuose (1995), Duc d'Égypte (1999) et Le Rendez-vous (2003).

Mon avis : (lu en février 2010)

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1953, une tempête historique va faire céder de nombreuses digues et rayé de la carte le Sud-Ouest des Pays-Bas, il y aura plus de 1800 morts, 160000 hectares de terres inondées, beaucoup de têtes de bétail noyées et de nombreux bâtiments détruits ou endommagés.

Margriet de Moor va construire son histoire à partir de cette catastrophe naturelle. Amanda et Lidy, deux sœurs, vont échanger leur place le temps d'un week-end. Lidy accepte de partir en Zélande pour la fête de la filleule d'Amanda. En échange, Amanda s'occupera de Nadia la fille de 2 ans de Lidy et accompagnera Sjoerd, le mari de Lidy, à une soirée. Malheureusement, durant ce tragique week-end, la Zélande va se retrouver sous les eaux et Lidy va disparaître.

En parallèle, nous suivons l'histoire des deux sœurs, d'un côté le récit heure par heure de la catastrophe naturelle vécue par Lidy durant deux jours et de l'autre côté la nouvelle vie d'Amanda durant trente ans, en effet, elle va prendre la place de sa sœur auprès de Nadia et Sjoerd. Ce livre est à la fois bouleversant et cruel. J'ai été très ému par Lidy mais le comportement d'Amanda m'a dérangé, elle a en apparence aucun remord ou culpabilité par rapport à la disparition de sa sœur. J'ai été également très intéressé par les descriptions précises de la catastrophe, mais aussi des paysages des Pays-Bas cela me donne vraiment envie de découvrir ce pays.

Merci à l'Opération Masse Critique de Babelio et aux éditions Libella – Maren Shell pour cette belle découverte.

Extrait : (page 99)

Lorsque la Citroën reprit la route, il n'était plus question de rentrer le plus vite possible à la maison pour se glisser sous l'édredon. L'auto qui se dirigeait vers le petit port de débarquement était conduite par un homme qui réfléchissait fiévreusement à des solutions pratiques. A ses côtés, une jeune femme qui, répétons-le, n'était pas du tout à sa place. Elle aussi pourtant ressentait l'atmosphère étrange, intense, l'approche du danger, ce moment où les gens savent qu'ils doivent agir. Après trois ou quatre minutes, la digue apparut, comme une bosse se détachant sous la lumière de la lune. Lorsqu'on prenait à gauche, ici, on était à moins d'un kilomètre du port de débarquement – un simple ponton, dont l'accès par le quai, conformément aux prescriptions en cas de crue, devait être fermé par les vannes.

Mais l'auto freina et stoppa. L'instant d'après, Simon Cau courait, courbé, vers la digue, essayant de grimper à quatre pattes jusqu'au sommet. Ça semblait une gageure. Que voulait-il faire, agrippé aux herbes folles de cette misérable digue, construite en raidillon pour des raisons budgétaires ? Retombant chaque fois dans le réseau de taupinières inondées qui minait la construction de l'intérieur, il parvint néanmoins jusqu'au sommet. Impossible de se tenir debout, face à l'ouragan, sur une corniche bombée et étroite d'un demi-mètre à peine. Cau s'allongea sur le sol, tenant à deux mains sa casquette, et leva sa tête trempée par l'eau qui éclaboussait tout. Quelles visions apocalyptiques eut-il alors ? Des choses improbables dans un décor improbable ? Simon Cau respirait péniblement. En vérité, ce qu'il voyait à hauteur des yeux, à l'infini, c'était une masse d'eau qui montait en roulant ses vagues.

Lidy aussi était descendue. Elle se tenait là, à côté du talus, dont les entrailles produisaient un grondement tellement sonore qu'il couvrait le vent. Elle y prêta l'oreille un moment, sans savoir ce qu'elle écoutait. Ce remblai de sable recouvert d'une mince couche d'argile marin, après toutes ces années de flots déferlants, n'était plus bon à rien. Sur la crête vraiment très fragile, quelques murets, construits après l'inondation de 1906, présentaient quelques ouvertures pour les moutons. Le côté intérieur était déjà alors tellement poreux que c'est par miracle qu'il tint une heure et demie, cette nuit-là, avant de se déchirer sous l'énorme pression hydraulique s'exerçant de l'autre côté et de s'effondrer dans le fossé. Le côté extérieur excavé parvint à retenir la mer durant un quart d'heure, avant de se rompre définitivement.

Lidy dépêtra ses pieds de la boue et retourna en courant vers la voiture. Même sur la route en dur, on pouvait sentir la terre tressaillir.

Opération Masse Critique chez Babelio

Une catastrophe naturelle par Margriet de Moor

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26 février 2010

Hypothermie – Arnaldur Indridason

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (12/26)

hypothermie Éditions Métailié – février 2010 – 294 pages

Présentation de l'éditeur :

Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l'audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous. II découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur. Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au cœur tendre, le commissaire Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en février 2010)

Devenue depuis longtemps une inconditionnelle de Arnaldur Indridason, des descriptions de l'Islande et surtout de son commissaire Erlendur, j'ai dévoré « Hypothermie » avec beaucoup de plaisir. L'histoire se déroule en automne, Marie, la cinquantaine, est découverte pendue par Karen sa meilleure amie, dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après une enquête rapide, la police conclut à un suicide. Depuis la mort de sa mère quelques années auparavant, Marie était devenue une femme dépressive. Mais Karen ne croit pas au suicide et elle remet au commissaire Erlendur un enregistrement d'une séance chez un médium. Troublé par ce qu'il entend sur l'enregistrement, le commissaire Erlendur va mener en solitaire une enquête non officielle qui tourne autour du deuil, de la mort, de l'au-delà, des disparitions... Comme d'habitude, Erlendur est touché par ses problèmes familiaux, ses rapports avec ses enfants sont meilleurs mais il est toujours hanté par la disparition de son jeune frère lors d'une tempête de neige à l'âge de dix ans.

J'ai encore été conquise par cette nouvelle histoire islandaise, l'auteur nous dévoile un peu plus du personnage d'Erlendur, ses rapports avec son ex-femme, en s'attaquant à ceux des autres, il devient plus serein face à ses propres fantômes... A lire !

Extrait : (page 13)

L'appel parvint à la Centrale d'urgence peu après minuit. Depuis un téléphone portable, une voix féminine affolée s'exclama :

– Elle s'est... Maria s'est suicidée... Je... C'est affreux... c'est horrible !

– Quel est votre nom, s'il vous plaît ?

– Ka... Karen.– D'où nous appelez-vous ? demanda l'employé de la Centrale d'urgence.

– Je suis... je me trouve dans... sa maison d'été...

– Où ça ? Où est-ce ?

– ... au lac de Thingvellir. Dans... dans sa maison d'été. Faites vite... je... je vous attends...

Karen avait bien cru qu'elle ne parviendrait jamais à retrouver cette maison. La dernière fois qu'elle y était venue remontait à loin, presque quatre ans. Maria lui avait pourtant fourni des indications détaillées, mais celles-ci lui étaient plus ou moins entrées par une oreille et ressorties par l'autre : elle était certaine de se rappeler la route. Elle avait quitté Reykjavik peu après huit heures du soir, par une nuit aussi noire que du charbon. Elle avait traversé la lande de Mosfell où il n'y avait que peu de circulation, n'y avait croisé que les phares de quelques voitures qui retournaient vers la capitale. Seul un autre véhicule roulait en direction de l'est, elle suivait la lueur rouge des feux arrière, heureuse d'être accompagnée.

Elle, qui n'aimait pas conduire de nuit, se serait mise en route plus tôt, si elle n'avait pas été retardée. Elle était chargée de communication dans une grande banque et elle avait fini par croire que les réunions et les coups de téléphone n'allaient jamais prendre fin. Elle savait la montagne de Grimannsfell à sa droite même si elle ne la voyait pas plus que celle de Skalafell, à sa gauche. Elle avait dépassé la route vers Vindashlid, la ferme où elle avait passé deux semaines en été, toute gamine. Elle avait suivi les feux arrière à une vitesse confortable jusqu'au moment où ceux-ci étaient descendus vers le champ de lave de Kerlingarhraun. Puis leurs chemins avaient divergé. Les lueurs rouges avaient accéléré avant d'aller se perdre dans l'obscurité. Elle s'était dit que la voiture se dirigeait peut-être vers la dorsale d'Uxahryggir et, de là, vers le nord et la vallée de Kaldadalur. Elle avait souvent emprunté ce chemin, elle trouvait jolie la route qui longeait la vallée de Lundarreykdalur et débouchait sur le fjord de Borgarfjördur. Il lui était revenu en mémoire le souvenir d'une belle journée d'été sur les bords du lac de Sandkluftavatn. Elle avait obliqué vers la droite pour continuer de s'enfoncer dans les ténèbres de Thingvellir, les plaines de l'ancien Parlement. Il lui était difficile de s'orienter en ces lieux plongés dans le noir. Aurait-elle dû tourner plus tôt ? Avait-elle pris le bon accès vers le lac ? Ou peut-être était-ce le prochain ? À moins qu'elle ne l'ait déjà dépassé ?

Elle s'était trompée deux fois de suite et avait dû rebrousser chemin. C'était jeudi soir et la plupart des chalets étaient inoccupés. Elle avait emporté avec elle quelques provisions, quelques livres, et Maria lui avait dit qu'ils venaient d'installer une télévision. Elle avait avant tout l'intention de dormir et de se reposer. La banque s'était mise à ressembler à un asile d'aliénés depuis la toute récente opa. Elle avait renoncé à tenter de comprendre les affrontements opposant quelques groupes de grands actionnaires qui s'étaient ligués contre d'autres. De nouveaux communiqués de presse paraissaient toutes les deux heures et les choses ne s'étaient pas arrangées à l'annonce du parachute doré de cent millions de couronnes islandaises attribué à l'un des directeurs de l'établissement dont l'un des groupes d'actionnaires désirait se séparer. La direction de la banque était parvenue à susciter la colère populaire et Karen était chargée de trouver des moyens de l'apaiser. Cela durait depuis plusieurs semaines et elle en avait plus qu'assez lorsqu'elle avait finalement eu l'idée de s'échapper de la ville.

Maria lui avait souvent proposé de lui prêter son chalet d'été pour quelques jours et elle s'était décidée à l'appeler. Évidemment, avait-elle répondu. Karen s'était avancée sur un chemin des plus rudimentaires à travers des buissons et des broussailles jusqu'au moment où les phares de son véhicule avaient illuminé le chalet au bord du lac. Maria lui avait remis la clef en lui indiquant à quel endroit elle en trouverait une autre. Il pouvait parfois être utile d'en cacher une en réserve aux abords de la maison. Elle avait hâte de se réveiller le lendemain entourée par les teintes automnales des plaines de Thingvellir. Du plus loin qu'elle se souvenait, on avait fait de la publicité pour des excursions spécialement consacrées à l'observation des couleurs dont le parc national se parait à l'automne, du reste elles n'étaient nulle part aussi belles que sur les rives du lac où les bruns rouille et les jaunes orangés de la végétation à l'agonie s'étendaient aussi loin que portait le regard.

Elle avait commencé par sortir son bagage de la voiture et le déposer à côté de la porte, sur la terrasse. Elle avait enfoncé la clef dans la serrure, ouvert la porte et cherché à tâtons l'interrupteur. Une lumière s'était allumée dans le couloir menant à la cuisine et elle était entrée avec une petite valise qu'elle avait posée dans la chambre conjugale. Elle avait été étonnée de constater que le lit n'avait pas été fait. Cela ne ressemblait pas à Maria. Une serviette de bain traînait sur le sol des toilettes. En allumant la lumière de la cuisine, elle avait perçu une étrange présence. Elle n'avait pas peur du noir, mais son corps avait brusquement été parcouru d'une sensation désagréable. La salle à manger était plongée dans l'ombre. Quand il faisait jour, on y jouissait d'une vue sublime sur le lac de Thingvellir. Karen avait allumé la lumière de la salle. Quatre poutres imposantes traversaient le plafond de part en part et à l'une d'elles était pendu un corps qui lui tournait le dos.

Elle sursauta si violemment qu’elle heurta le mur et que sa tête se cogna contre le lambris. L’espace d’un instant, ses yeux se voilèrent de noir. Accroché à la poutre par une fine cordelette bleue, le cadavre se reflétait dans la vitre obscure de la fenêtre. Elle ignorait combien de temps s’était écoulé avant qu’elle n’ose s’approcher un peu plus près. L’environnement paisible du lac s’était, en un instant, transformé en une vision d’effroi que jamais elle n’oublierait. Chaque détail s’était gravé dans sa mémoire. Le tabouret de la cuisine, cet objet qui n’avait pas sa place dans la salle à manger au style épuré, couché sur le côté en dessous du cadavre. La couleur bleue de la cordelette. Le reflet dans la fenêtre du salon. L’obscurité posée sur les plaines de Thingvellir. Et ce corps immobile sous la poutre.
Elle s’était approchée avec précaution et avait découvert le visage gonflé et bleui. Son mauvais pressentiment s’était vérifié. C’était son amie. C’était Maria.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac

hiver_arctique Hiver Arctique

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (12/26)

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24 février 2010

Le destin miraculeux d'Edgar Mint - Brady Udall

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (11/26)

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traduit de l'américain par Michel Lederer

Albin Michel – août 2001 – 545 pages

10x18 – mai 2003 – 544 pages

Présentation de l'éditeur :

A sept ans Edgar Presley Mint se fait écraser la tête par la voiture du facteur. Contre toute attente il survit. Commence alors pour Edgar une vie pleine de tribulations. Il passe deux ans à Saint-Divine, un hôpital peuplé de personnages délirants, il est ensuite envoyé dans un orphelinat puis placé dans une famille d'accueil des plus excentriques. C'est alors qu'il décide de partir à la quête du facteur.

Auteur : Né à Arizon en 1971, Brady Udall enseigne la littérature dans une université du Middle West. Révélé par son premier recueil de nouvelles, 'Lâchons les chiens', salué par une presse internationale, il est considéré comme l'un des écrivains américains les plus originaux de la jeune génération.

Mon avis : (lu en février 2010)

Edgar Mint est un garçon de sept ans, il est métis apache, sa mère est alcoolique et son père est parti. Edgar nous raconte le miracle dont il est le héros. Un jour, pour une raison qu'il ignore il se retrouve sous la jeep du facteur qui va lui écraser la tête. Miraculeusement sauvé par un jeune médecin, Edgar va faire un long séjour à l'hôpital, puis apprendra à se défendre dans un pensionnat enfin il est adopté par une famille de mormons. Edgar est un enfant attachant, il a beaucoup d'imagination, il est très observateur, il lutte pour s'en sortir. Son récit est plein de fraîcheur et de drôlerie, j'ai vraiment été touché par son histoire. Ce livre se lit vraiment facilement, les aventures rocambolesques sont racontées par cet enfant avec à la fois de l'humour mais parfois aussi de la cruauté et les dernières pages sont inattendues et magnifiques. A lire !

Extrait : (début du livre)
Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant, où, un matin d'été, la roue arrière gauche de la jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos.

C'était par une journée typique de juillet. A peine dix heures, déjà plus de 37°, et le monde baignait dans une lumière blanche aveuglante. Notre maison était particulièrement vulnérable à la chaleur, car, à l'inverse des autres logements sociaux qui bordaient la route, elle était recouverte de toile goudronnée – le revêtement extérieur n'avait jamais été posé – et il n'y avait ni arbres ni buissons pour faire de l'ombre. Dans le jardin de devant se dressait, squelette calciné, un vieux peuplier frappé par la foudre qui n'offrait pratiquement pas l'ombre jusqu'à ce que ma mère ait pris l'habitude d'accrocher des boîtes de bière aux branches noircies à l'aide de fil de pêche. Les centaines de canettes, auxquelles une bonne douzaine venait chaque jour s'ajouter, tintaient doucement quand la brise se levait, mais elles ne contribuaient guère à donner de la fraîcheur à la maison.

Lorsque le facteur s'arrêta ce jour-là devant chez nous, ma mère installée dans la cuisine aussi sombre qu'une grotte, expédiait son petit déjeuner (quatre boîtes de Pabst Blue Ribbon accompagnées d'un demi-bac de glaçons) cependant que grand-mère Paule, vêtue de jupe traditionnelle et de son sweat-shirt Mickey, broyait des glands sous la pergola tout en réussissant à ne pas transpirer. Moi, j'étais dehors à trainer au milieu des hautes herbes sur le bas-côté de la route ou peut-être à semer la panique dans une fourmilière – à la vérité, peu importe où j'étais et ce que je faisais.

Ce qui compte, c'est que le facteur, un petit gringalet dont les cheveux roux luisants de transpiration évoquaient la chair d'une citrouille, descendit de voiture pour aller dire un mot à ma mère. Ce qui compte aussi, c'est que pendant ce temps-là, quelque chose – Dieu seul sait quoi – me poussa à me glisser en dessous. Peut-être mon attention avait-elle été attirée par une page de catalogue ou un enjoliveur abandonné là, à moins que le rectangle d'ombre pourpre sous la jeep m'ait semblé constituer un bon endroit où m'abriter de la chaleur. Je dois pourtant m'interroger : peut-on imaginer que le petit Edgar de sept ans affligé d'une mère constamment soûle et déprimée et d'un père disparu dans la nature, sans oublier une folle de sorcière pour grand-mère, ait songé au suicide ? Peut-on imaginer qu'Edgar, sept ans et fatigué de tout, après avoir posé sa tête devant la roue, se soit contenté d'attendre ?

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (11/26)

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23 février 2010

Pico Bogue tome 1 : La vie et moi – Dominique Roques et Alexis Dormal

picobogue Dargaud – mai 2008 – 48 pages

Présentation de l'éditeur :

Moi, c'est Pico, un adorable petit rouquin, et la vie, c'est tout le reste : la petite sœur Ana Ana, les parents, Papic, Mamite, les copains, l'école, la plage, la gym, les fâcheries, les ours en peluche, la télé, Dieu, etc. La vie et moi, c'est le tas de problèmes que ça pose de s'arranger avec tout ça. Par exemple, perdre son statut de fils unique (vénéré) pour partager le terrain avec la petite sœur (une pétroleuse).

Auteurs : Dominique Roques, mère d'Alexis Dormal, est née en 1948 à Casablanca. Elle a eu deux fils, dont l'un s'est mis à dessiner. Ainsi en 2005, après s'être intéressée aux dessins de son fils, elle écrit des scénarios.

Alexis Dormal, fils de Dominique Roques, né en 1977 à Bruxelles. Plus tard, diplômé d'une école belge de réalisation cinéma/télévision, il part étudier le dessin à l'école Émile Cohl, à Lyon. Maintenant, il dessine et sa maman écrit les bulles...

Mon avis : (lu en février 2010)

Cet album nous raconte une suite de tranches de vie de Pico, un petit garçon avec une impressionnante chevelure rousse, qui n'a pas sa langue dans sa poche. Il a une petite sœur Ana Ana, des parents, des grands parents Mamite et Papic, des copains… Il est un peu turbulent, il a beaucoup de réparties et sait parfaitement tourner une situation à son avantage. Ses répliques sont d'une grande fraîcheur et ses remarques sont souvent naïves. J'attends avec impatience de pouvoir lire les 2 albums suivants.

Un vrai de coup de cœur ! A découvrir sans attendre !

Extraits :

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22 février 2010

Ocean's Songs – Olivier de Kersauzon

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Le Cherche-Midi – septembre 2008 – 252 pages

Le Cherche-Midi – septembre 2009 – 252 pages

Présentation de l'éditeur

Partant du principe que l'homme libre part pour apprendre et revient pour rendre compte, Olivier de Kersauson a décidé de raconter sa géographie maritime. Il fait le portrait de ses mers comme il pourrait dresser le portrait d'une femme. Il nous révèle, surtout, son destin singulier de skipper d'exception. Pour la première fois peut-être, dans Ocean's Songs, il se dévoile.

Auteur : Né à Bonnetable en 1944, Olivier de Kersauson est l'un des navigateurs français les plus connus au monde. Après dix années aux côtés d'Éric Tabarly, il est devenu le plus grand chasseur de records océaniques.

Mon avis : (lu en février 2010)

Olivier de Kersauson est à la fois un grand marin, une grande gueule et on le sais moins, un grand cœur. Dans son livre, il nous raconte avec beaucoup de poésies et de pudeur la mer, ses voyages, ses compétitions.

Il décrit avec beaucoup de poésie chacun des océans : Indien, Pacifique, Atlantique ainsi que la mer d'Irlande et la mer d'Iroise. Il raconte ses navigations avec Éric Tabarly, son amour pour sa Bretagne et pour la Polynésie... Il est aussi assez nostalgique... Ce livre est un très beau voyage !

En bonus dans l'édition que j'ai lu, un DVD avec un reportage de la série « Empreintes » de France 5 : Olivier de Kersauson 20000 lieues sur les mers que j'avais déjà vu à la télévision et beaucoup aimé.

Extrait : (page 66)

Ouessant, Sein, Molène, l'une des zones du monde où il y a le olus de bouées et de balises, de phares et de feux. Entre l'île de Sein, Le Four, Ouessant, la pointe Saint-Mathieu, le cap de la Chèvre, la pointe du Raz, tout n'est qu'un jardin d'épines sur une mer médiévale qui se défendrait contre les intrus. Au couchant, on dirait un orchestre des ténèbres où brille l'éclat des cuivres. Un accordéon de récifs sur lequel viennent culbuter les forts courants. C'est la mer des grandes nefs et des grandes orgues. A la limite du plateau continental, c'est alors la pointe qui s'avance. La chaussée de Sein, par exemple, où la terre s'étire du cap Sizun, comme un carnassier jusqu'au phare d'Ar-Men. Un chaussée bouillonnante. La climatologie n'est pas vraiment riante. Beaucoup de brumes, beaucoup de pluies, beaucoup de gros temps et énormément de tempêtes.

L'Iroise est une mer sanguine qui plante ses couverts dans la table. On ne rentre pas en mer d'Iroise par effraction. En plus, elle a souvent le poil hérissé. On est à 48°30' nord. Le très mauvais temps est souvent centré à 49°50', 48°51', parfois 47°. Il s'agit d'une zone météorologiquement très attaquée par les dépressions. Une zone hennissante qui ouvre son poitrail en hiver. Ici, la tempête est toujours sur le feu de la gazinière. Prête à être servie. Une zone où il ne faut jamais se fier à la pitié du ciel. C'est une zone de courant puissants. Le territoire des cailloux. Évidemment très peu empruntée par les plaisanciers. Les Anglais passent la pointe du Raz mais toujours en compulsant l'annuaire des marées. Et trois fois pour être bien certains que l'annuaire des marées. Et trois fois pour être bien certains que l'annuaire dit vrai. Il y a quinze mois, le remorqueur Abeille Bourbon a découvert un nouveau caillou parmi ces cailloux innombrables qui entourent Molène. La mer d'Iroise peut vous éborgner comme un rien. Cette mer est habitée par le vent. Naviguer dans le nord d'Ouessant par vents contre et courants de noroît prend des allures de lutte. Le passage du Fromveur est ce chenal qui passe dans le sud d'Ouessant, entre les phares de la Jument et Kéréon. Le courant approche les dix nœuds et le marnage dépasse les sept mètres en eaux vives. On embouque le Fromveur avec dix noeuds de vent, grand-voile haute. Tout va bien, la mer est belle. Soudain, le vent est à contre-courant. Vite, un ris ! Et puis il y a ces creux absolument maudits ! C'est une mer de souffrance, de pêche, de travail. Une mer qui meurtrit, blesse et mord jusqu'au sang. Donc, une mer de ressources.

Les pêcheurs ne peuvent pêcher de dix ou quinze jours par mois. Dès que la marée est au-dessus d'un coefficient de 80, pas moyen de mettre les filets. Le courant va tout emporter. Rien ne tient, rien ne résiste. La mer va tout déchiqueter.

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20 février 2010

Nouveau Challenge...

challenge_caprice

J'avais un peu oublié que je m'étais inscrite à ce nouveau challenge : Le challenge Caprice.

Il s'agit, à partir d'une liste de participants, de lire avant fin 2010, un livre que nous choisi un autre challengeur et soi-même de choisir un livre pour un autre challengeur.

Pour ma part, j'ai donc été défiée par La grande Stef pour lire « Le K » de Dino Buzatti.

Et je défie Virginie de découvrir «La femme en vert » d'Arnaldur Indridason, c'est avec ce roman policier islandais que j'ai découvert cet auteur et que je suis devenue une inconditionnelle.

Pour plus d'information, allez voir chez Cocola qui a organisé ce Challenge.

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19 février 2010

Hunger Games – Suzanne Collins

Lu dans le cadre du Challenge : coeur_vs3

hunger_games Pocket Jeunesse – octobre 2009 – 382 pages

Quatrième de couverture :

Les Hunger Games ont commencé.
Le vainqueur deviendra riche et célèbre.
Les autres mourront...
Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l'arène : survivre, à tout prix.
Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n'hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature...

Auteur : Suzanne Collins est née en 1963. C'est une auteur Américaine qui a commencé sa carrière en 1991 avec des émissions de télé pour enfants. Elle est aussi l'auteur de plusieurs romans pour la jeunesse dont la trilogie Hunger Games. Un film est en préparation. Ses autres séries n'ont pas encore été traduites. Aujourd'hui elle vit dans le Connecticut avec sa famille.

Mon avis : (lu en février 2010)

Livre lu dans le cadre du Challenge Coup de cœur de la blogosphère proposé par Gawou et Clarabel.

Ce livre pour ados mais aussi pour adultes nous emmène dans un univers fantastique. Ce n'est pas le genre de lecture que j'aime vraiment mais la quasi unanimité d’avis positif m’a encouragée à le lire. J'ai été prise par l'histoire et je reconnais avoir été conquise.

L'histoire se déroule dans le futur, sur les ruines des États-Unis. Pour maintenir l'ordre et la peur sur la nouvelle nation, chaque année, 24 enfants sont tirés au sort dans les douze districts. Ils vont devoir s'affronter dans une arène jusqu'à la mort devant les caméras et les yeux du peuple. Dans le district Douze, Prim petite fille de 12 ans est tirée au sort, sa grande sœur Katniss se porte volontaire pour prendre sa place. Peeta est le garçon tiré au sort, un jour où Katniss mourrait de faim, il lui avait donné du pain. Ils vont d’abord suivre un programme d’entraînement avant d’être jeter dans l’arène…

Les personnages sont vraiment attachants, l'histoire a beaucoup de rythme, la tension est omniprésente et le lecteur est non seulement un voyeur d'une téléréalité cruelle et odieuse mais aussi un témoin d'un système injuste et révoltant.

Extrait : (début du livre)

A mon réveil, l’autre côté du lit est tout froid. Je tâtonne, je cherche la chaleur de Prim, mais je n’attrape que la grosse toile du matelas. Elle a dû faire un mauvais rêve et grimper dans le lit de maman. Normal : c’est le jour de la Moisson.

Je me dresse sur un coude. Il y a suffisamment de lumière dans la chambre à coucher pour que je les voies. Ma petite sœur Prim, pelotonnée contre ma mère, leurs joues collées l’une à l’autre. Dans son sommeil, maman paraît plus jeune, moins usée. Le visage de Prim est frais comme la rosée, aussi adorable que la primevère qui lui donne son nom. Ma mère aussi était très belle, autrefois. A ce qu’on dit.

Couché sur les genoux de Prim, protecteur, se tient le chat le plus laid du monde. Il a le nez aplati, il lui manque la moitié d’une oreille et ses yeux sont couleur de vieille courge. Prim a insisté pour le baptiser Buttercup – Bouton d’Or –, sous prétexte que son poil jaunâtre lui rappelait cette fleur. Il me déteste. En tout cas, il ne me fait pas confiance. Même si ça remonte à plusieurs années, je crois qu’il n’a pas oublié que j’ai tenté de le noyer quand Prim l’a rapporté à la maison. Un chaton famélique, au ventre ballonné, infesté de puces. Je n’avais vraiment pas besoin d’une bouche de plus à nourrir. Mais Prim a tellement supplié, pleuré, que j’ai dû céder. Il n’a pas si mal grandi. Ma mère l’a débarrassé de sa vermine, et c’est un excellent chasseur. Il lui arrive même de nous faire cadeau d’un rat. Parfois, quand je vide une prise, je jette les entrailles à Buttercup. Il a cessé de cracher dans ma direction.

Des entrailles. Pas de crachats. C’est le grand amour.

Je balance mes jambes hors du lit et me glisse dans mes bottes de chasse. Le cuir souple épouse la forme de mes pieds. J’enfile un pantalon, une chemise, je fourre ma longue natte brune dans une casquette et j’attrape ma gibecière. Sur la table, sous un bol en bois qui le protège des rats affamés et des chats, m’attend un très joli petit fromage de chèvre, enveloppé dans des feuilles de basilic. C’est mon cadeau de la part de Prim pour le jour de la Moisson. Je le range dans ma poche en me glissant dehors.

coeur_vs3 proposé par Gawou et Clarabel.

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18 février 2010

Une gourmandise – Muriel Barbery

Lu dans le cadre du challenge "A lire et à manger"

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Gallimard – août 2000 – 145 pages

Folio – janvier 2002 – 165 pages

Prix du Meilleur Livre de Littérature gourmande 2000

Présentation de l'éditeur :

C'est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu'il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools... Il se souvient et il ne trouve pas. Pas encore.

Auteur : Née à Bayeux en 1969, avec sa prose mordante et ses personnages insolites, Muriel Barbery a fait une entrée fracassante dans le club des auteurs à succès. Agrégée et enseignante de philosophie, elle prend sa plume en 2000 pour écrire son premier roman et publie 'Une gourmandise', dans lequel un critique gastronomique à l'agonie est en quête d'un goût inconnu. Après le succès aussi fulgurant qu'inattendu de ce premier opus, Muriel Barbery sort en 2006 un second livre, 'L'Elégance du hérisson'. Elle y raconte les destins croisés d'une concierge férue de culture, d'une petite fille bourgeoise et d'un riche Japonais. Avec cette satire sociale à l'humour tendre, Muriel Barbery conquiert - essentiellement grâce au bouche à oreille - un lectorat de plus en plus grand et s'impose comme un écrivain majeur de la littérature populaire.

Mon avis : (lu en février 2010)

Après avoir adoré « L'élégance du hérisson », je me suis procurée « Une gourmandise » que j'ai depuis un an ou deux ce livre dans ma PAL perso et le challenge A lire et à manger était vraiment l'occasion de le lire. C’est l’histoire du plus grand critique culinaire du monde, au seuil de sa mort. Il cherche à se rappeler le souvenir d’une saveur oubliée au fond de sa mémoire et qu’il voudrait retrouver avant de mourir. C’est l’occasion d’un retour en arrière depuis son enfance sur ses souvenirs gustatifs. L’auteur nous fait découvrir ce vieil homme également à travers le témoignage de ses proches qui ne sont pas tendres avec lui ! Ce que j’ai préféré, ce sont les descriptions riche en vocabulaire et parfaitement évocatrices, je me suis donc délectée dans un fabuleux voyage au pays des sens.

Pour réaliser le challenge A lire et à manger, ce livre m’a donné l’embarras du choix…

Une recette presque dictée :

Extrait : (page 80)

« Il rinça soigneusement le riz thaïlandais dans une petite passoire argentée, l'égoutta, le versa dans une casserole, le recouvrit d'un volume et demi d'eau salée, couvrit, laissa cuire. Les crevettes gisaient dans un bol de faïence. Tout en conversant avec moi, essentiellement de mon article et de mes projets, il les décortiqua avec une méticulosité concentrée. Pas un instant il n'accéléra la cadence, pas un instant il ne la ralentit. La dernière petite arabesque dépouillée de la gangue protectrice, il se lava consciencieusement les mains, avec un savon qui sentait le lait. Avec la même uniformité sereine, il plaça une sauteuse en fonte sur le feu, y versa en pluie les crevettes dénudées. Adroitement, la spatule en bois les circonvenait, ne laissant aux menus croissants aucune échappatoire, les saisissant de tous côtés, les faisant valser sur le gril odorant. Puis du curry. Ni trop ni trop peu. Une poussière sensuelle embellissant de son or exotique le cuivre rosé des crustacés : l'Orient réinventé. Sel, poivre. Il égrena aux ciseaux une branche de coriandre au dessus de la poêlée. Enfin, rapidement, un bouchon de cognac, une allumette ; du récipient jaillit une longue flamme hargneuse, comme un appel ou un cri qu'on libère enfin, soupir déchaîné qui s'éteint aussi vite qu'il s'est élevé.

Sur la table de marbre patientaient une assiette de porcelaine, un verre de cristal, une argenterie superbe et une serviette de lin brodé. Dans l'assiette, il disposa soigneusement, à la cuillère en bois, la moitié des crevettes, le riz auparavant tassé dans un minuscule bol et retourné en une petite coupole joufflue surmontée d'une feuille de menthe. Dans le verre, il se versa généreusement d'un liquide de blé transparent.»

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Ma recette de Riz et crevettes au curry

ingrédients (pour 4 personnes) : 200 g de riz thaï - 16 grosses crevettes surgelées – 1 bonne cuillère à café de curry – sel – poivre – huile – persil – 2 bouchons de cognac – des feuilles de menthe (pour la déco)

Prévoir de faire décongeler les crevettes.

Faire chauffer jusqu'à ébullition de l'eau, la saler, puis y mettre le riz pendant environ 8 à 10 minutes pour le cuire.

La cuisson des crevettes doit être très rapide, sinon les crevettes seront "caoutchouteuses"...

Faire chauffer une poêle avec un peu d'huile, jetter les crevettes pour les faire dorer rapidement tout en les remuant, mettre le curry, le sel, le poivre.

Mettre le persil coupé grossièrement (n'ayant pas de coriandre fraîche comme le demande la recette, j'ai remplacé par du persil du jardin)

Au dernier moment, verser le cognac et faire flamber.

Dresser l'assiette avec le riz moulé dans un petit bol surmonté d'une feuille de menthe et les crevettes autour. A servir sans tarder.

****

Une autre recette présente dans le livre, qui m'a donnée un peu plus de liberté...

Extrait : (page 103)

«Une tarte aux pommes, pâte fine, brisée, craquante, fruits dorés, insolents sous le caramel discret des cristaux de sucre.»

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Ma recette de Tarte Tatin aux pommes

ingrédients : une pâte feuilletée prête à dérouler - des pommes – beurre – sucre – cannelle

Mettre le four à pré-chauffer à 180° (thermostat 6)

(1) Prendre un plat à tarte avec au fond du papier sulfurisé. Disposer sur le fond des petits morceaux de beurre et saupoudrer avec du sucre

(2) Éplucher et découper les pommes. Les disposer dans le fond du plat puis (3) saupoudrer de cannelle.

(4) Couvrir l'ensemble avec la pâte feuilletée, froncer le bord de la pâte et (5) tracer des traits en diagonale sur le dessus pour faire quelques ouvertures.

(6) Enfourner et laisser cuire pendant 25 minutes

(7) Démouler la tarte sur un plat de service dès la sortie du four. (8) On peut faire un caramel supplémentaire et le verser sur la tarte démoulée.

Bonne lecture et bon appétit !

Lu dans le cadre du challenge "A lire et à manger"

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17 février 2010

Les visages – Jesse Kellerman

les_visages Sonatine - octobre 2009 – 471 pages

traduction de l'anglais (États-Unis) par Julie Sibony

Présentation de l'éditeur :

Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession. C'est le début d'une spirale infernale à l'intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d'une indéniable qualité littéraire qui, doublée d'une intrigue machiavélique, place d'emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L'Analyste, de John Katzenbach.

Auteur : Jesse Kellerman est né en 1978. Il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.

Mon avis : (lu en février 2010)

J’avais lu beaucoup d’avis positif sur ce livre sur la blogosphère (Amanda Meyre, Canel, Cathulu et Cuné) et lorsque je l’ai vu à la bibliothèque, je n’ai pas hésité…

Ce roman policier se déroule dans le milieu des galeries d’arts.

Ethan Muller, jeune galeriste en vogue découvre des cartons de dessins qui semblent vraiment géniaux. L’auteur de ses dessins, Victor Crack, a mystérieusement disparu après avoir vécu près de quarante ans dans un appartement misérable de New York. Ethan organise une exposition qui est un très grand succès. Lee McGrath, un flic retraité et malade, reconnait sur certains dessins les visages de jeunes enfants assassinés. Ethan veut comprendre qui est Victor Crack et pourquoi ces dessins. Il va donc mener l’enquête avec l’aide de Samantha la fille de Lee McGrath.

Régulièrement le récit est entrecoupé par des interludes qui dévoilent peu à peu les secrets d’une histoire familiale depuis 1847 jusqu’à aujourd’hui.

A travers cette histoire, on découvre un peu le milieu de l'art. L’intrigue est parfaitement construite, avec du suspens et les personnages sont attachants. En conclusion, c’est un livre qui se lit facilement et que j’ai beaucoup aimé. A lire !

Extrait : (début du livre)

Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j’aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. Et encore, c’est un euphémisme. Alors puisqu’il faut être honnête, soyons honnête : j’étais motivé par l’appât du gain et surtout par le narcissisme ; un sentiment de toute-puissance profondément enraciné dans mes gènes et dont je semble incapable de me débarrasser, bien qu’il me fasse parfois honte. Déformation professionnelle, j’imagine, mais aussi une des raisons qui m’ont poussé à tourner la page. « Connais-toi toi-même. »

Et merde. Je m’étais promis de faire un effort pour ne pas parler comme un sale con prétentieux. Il faut que je fasse plus roman noir ; en tout cas j’aimerais bien. Mais je ne crois pas que ce soit mon truc. D’écrire par petites phrases hachées. D’employer des métaphores graveleuses pour décrire des blondes sensuelles (mon héroïne est brune, pas spécialement du genre sensuel ; elle n’a pas les cheveux noir de jais lâchés en une crinière dégoulinante ; ils sont châtain clair et la plupart du temps pragmatiquement attachés en arrière – des queues-de-cheval soignées ou des chignons improvisés – ou bien juste coincés derrière les oreilles). Je n’y arrive pas, alors pourquoi me forcer ?

Nous n’avons chacun qu’une histoire à raconter et nous devons le faire comme ça nous vient naturellement. Je ne porte pas de flingue ; je ne suis pas coutumier des bagarres ou des courses-poursuites en voiture. Tout ce que je peux faire, c’est dire la vérité, et, en vérité, je suis peut-être bien un sale con prétentieux. Peu importe. Je n’en mourrai pas.

« C’est comme ça », ainsi qu’aime à le répéter Samantha.

Je ne suis pas tout à fait d’accord. Une maxime qui me conviendrai mieux – pour ma vie en général, mon travail et cette histoire en particulier – serait plutôt : « C’est comme ça, sauf quand c’est autrement, c'est-à-dire la plupart du temps. » Je ne connais toujours pas toute la vérité, et je doute que je la connaisse un jour.

Mais je m’emballe.

Je veux simplement dire que, ayant vécu longtemps dans un monde d’illusions, un genre de bal costumé géant où chaque phrase est soulignée de clins d’œil entendus et entourée de moult guillemets, c’est un soulagement que de pouvoir m’exprimer sincèrement. Et si ma sincérité ne sonne pas comme celle de Philip Marlowe, tant pis. C’est comme ça. Ce livre est peut-être un roman policier, mais, moi, je ne suis pas un policier. Je m’appelle Ethan Muller, j’ai 33 ans, et avant je travaillais dans l’art.

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16 février 2010

Ma PAL et ma LAL

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Aproposdelivres   

 

PAL = Pile (de livres) à Lire
et LAL = Liste (de livres) à Lire ou Wish Liste

 

Ma  PAL (perso)                                                                                        Mise à jour 18/11/2012

 

Adam Olivier – On ira voir la mer

Adam Olivier – Comme les doigts de la main

Avis de tempête sur Cordouan - Jean-Pierre Alaux

 

My first Sony - Benny Barbash (traduit en français)
Bizot Véronique – Mon couronnement

Bondoux Anne-Laure - L'autre moitié de moi-même
Bucher André – Le pays qui vient de loin

 

Carrère Emmanuel – La classe de neige

Cendres Axl – Échecs et but !

Chedid Andrée – Un enfant multiple

Cusset Catherine – Le problème avec Jane

 

Defromont J.M. – La boîte à musique

Dugain Marc – Heureux comme Dieu en France

 

d'Epernoux François – Deux jours à tuer

Erre J.M. - Made in China

 

Failer Jean – Casa del Amor (policier)

 

Hamilton Hugo – Le marin de Dublin

Hayden Torey L. - Kevin le révolté

Hines Barry - Kes

Hosseini  Khaled - Mille soleils splendides
Huston Nancy - La virevolte

 

Irving John – Une veuve de papier

Ishiguro Kazuo – Lumière pâle sur les collines

 

Jaouen Hervé - Au-dessous du calvaire
Johnson Rachel - Le Diable vit à la campagne
Jonquet Thierry - Vampires

 

Lansdale Joe R. - Sur la ligne noire (policier)

Lindsay Jeff – Les démons de Dexter

 

Mainard, Dominique – Leur histoire

Malet Léo – 120 rue de la Gare (policier)

 

Mankell, Henning –  Le guerrier solitaire (policier)

Mankell, Henning – La cinquième femme (policier)
Mankell, Henning – Avant le gel  (swap)

 

Henning Mankell – Les Morts de la Saint-Jean
Henning Mankell – La Muraille invisible 


Maurier du Daphné - Mad

McCann Colum - Danseur

 

Pancol Katherine - Encore une danse

Pancol Katherine – Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Un homme à distance – Katherine Pancol (swap) 

Pelecanos Georges – Un jour en mai (policier)
Peters Ellis - La vierge dans la glace (policier)
Pirzâd Zoya - Le goût âpre des kakis

 

Quignard Pascal – Tous les matins du monde
Queffélec Yann - Happy Birthday Sara

 


de Saint-André Alix – Ma Nanie,

Simenon - Les Premières Enquêtes de Maigret (policier)

Skarmeta Antonio – Une ardente patience

 

Toibin Colm – Le bateau-phare de Blackwater
Troyat Henri - La neige en deuil

 

Vlérick Colette- Le brodeur de Pont-l'Abbé

 

Wassmo Herbjorg– Le livre de Dina, t1 (swap)


La chambre de la Stella - Jean-Baptiste Harang
Jean-Philippe Blondel – Passage à gué

Jésus le Dieu qui riait - Didier Decoin

Sur ma peau – Gillian Flynn

Les ombres silencieuses – Mari Jungstedt

Les aventures de Mary Lester - Jean Failler (tome 1 à 35)

Stefansson Jon Hallur - Brouillages (cadeau)

 

Avec vue sur la mer de Didier Decoin (swap)

 


Désaccords  - Bernard Friot (swap)

 

L'Heure trouble - Johan Theorin  (swap)

Le grand cahier – Agota Kristof (swap)
Dans les replis du temps – Kate Atkinson (swap)

 

Les Chroniques d'Edimbourg, Tome 1 : 44 Scotland Street - Alexander McCall Smith (swap)
Les Chroniques d'Edimbourg, Tome 2 : Edimbourg express - Alexander McCall Smith (swap)

Au bon roman – Laurence Cossé (swap)

Les coeurs fêlés  – Gayle Forman

Vous descendez ? - Nick Hornby (swap)

A marée basse - Jim Lynch

 

Galettes Saint-Michel les 30 recettes cultes (swap)

Carambar les 30 recettes cultes
Lait concentré les 30 recettes cultes
Speculoos lotus les 30 recettes cultes
Milka les 30 recettes cultes
Véritable petit beurre Lu les 30 recettes cultes
Le Vrai goût de New York ... en 50 recettes 

 

Carton jaune - Nick Hornby
Le cosmonaute - Philippe Jaenada

 

La liseuse - Paul Fournel
Une brève histoire du tracteur en Ukraine - Marina Lewycka
Catholique anonyme - Thierry Bizot
Billy-ze-Kick - Jean Vautrin
Douze femmes qui soulèvent le monde - Annick Lacroix 

Funestes carambolages - Haan Nesser

 

En un monde parfait - Laura Kasischke (swap)

Le treizième conte – Diane Setterfield (swap)

Dennis Lehane – Un pays à l'aube (swap)
Mange, prie, aime - Elizabeth Gilbert (swap)
Dalva – Jim Harrison  (swap)

 

Mystic River - Dennis Lehane

Un dernier verre avant la guerre - Dennis Lehane
Gone baby gone - Dennis Lehane

 

Retour à la grande ombre - Hakan Nesser

Le bruit et la fureur - William Faulkner

Printemps barbare - Hector Tobar (partenariat)

Gains Richard Powers (partenariat)

Les yeux au ciel - Karine Reysset (cadeau)

Smilla et l'amour de la neige - Peter Hoeg (swap) 
Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna (swap)

 

J'apprends l'allemand – Denis Lachaud (swap)

Mississipi - Hillary Jordan (swap)
De pierre et de cendre - Linda Newbery (swap)

Chucho - Grégoire Polet (swap)

 

Le cherche bonheur - Michael Zadoorian
Les larmes de la girafe - Alexander Mc Call Smith
Ces petites choses (Indian Palace) - Deborah Moggach

Corps et âme - Frank Conroy

 

Lorsque j'étais une oeuvre d'art - Eric-Emmanuel Schmitt 
L'homme au balcon - Sjöwall Ma et Wahlöö Per
Vous verrez le ciel ouvert - Gilbert Cesbron

La grande maison - Nicole Krauss 

Les sentinelles - Bruno Tessarech

Treize alligators - Gaetano Bolan

Les Radley - Matt Haig

  

 

PAL (bibliothèque) Mis à jour 19/08/2012

 

La souris bleue – Kate Atkinson

 

Les contes de Murboligen – Frode Grytten
Cadres noirs de Pierre Lemaitre
Le huit de Katherine Neville


Les encombrants - Marie-Sabine Roger

 

 

 

 

Ma LAL :                                                                                      Mis à jour 18/11/2012

Orgueil et Préjugés - Jane Austen

L'école des saveurs - Erica Bauermeister

This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

Ceux qui nous sauvent - Jenna Blum

En cage - Kalisha Buckhanon

Les fleurs de lune – Jetta Carleton
Bleu de Rose - Marie Chartres

L’enfant zig-zag – David Grossman

Une enfance australienne - Sonia Hartnett

Les ciels de la baie d'Audierne, Hervé Jaouen
 

A moi pour toujours - Laura Kasischke
Ne t'inquiète pas pour moi - Alice Kuipers


Le chagrin et la grâce – Wally Lamb
La petite et le vieux - Marie-Renée Lavoie

Meurtres entre sœurs – Willa Marsh
Les Chroniques d'Edimbourg, Tome 3 : L'amour en kilt - Alexander McCall Smith 
Les Chroniques d'Edimbourg, Tome 4 : Le monde selon Bertie - Alexander McCall Smith
Les Larmes de la girafe - Alexander McCall Smith
Vague à l'âme au Botswana - Alexander McCall Smith
Le jardin des secrets - Kate Morton
Kafka sur le rivage - Haruki Murakami


Petits meurtres entre voisins - Saskia Noort

 

Les chutes - Joyce Carol Oates

Les tendres plaintes - Yoko Ogawa

 

L'Evangile selon Pilate - Eric-Emmanuel Schmitt

 

Un hiver de glace – Daniel Woodrell

Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd

 

 

Un autre monde - Barbara Kingsolver
Délicieuses pourritures de Joyce Carol Oates
C'est ici que l'on se quitte - Jonathan Tropper
L’œuvre de Dieu, la part du Diable – John Irving



Le Chant du coyote - Colum McCann

Winter - Rick Bass
Les rues de feu - Thomas H Cook
Vendetta – RJ Ellory
James Lee Burke - La nuit la plus longue
Beach music - Pat Conroy
Bad Chili - Joe R. Lansdale

Landrot Gérard - Tout autour des Halles quand finissait la nuit
Pieds nus - Elin Hilderbrand

 

 


Le cheval soleil - Steinunn Sigurdardottir
Roseanna - Sjöwall Ma et Wahlöö Per
L'homme qui partit en fumée - Sjöwall Ma et Wahlöö Per


L'Appel de la rivière - Ketil Björnstad 

La fille américaine - Monika Fagerholm

Une île trop loin - Annika Thor
L'étang aux nénuphars de Annika Thor
Les profondeurs de la mer de Annika Thor

Les mains rouges - Jens Christian Grondahl

Danse avec l'ange - Åke Edwardson
Un cri si lointain - Åke Edwardson
Ombre et soleil - Åke Edwardson

Celui qui a peur du loup - Karin Fossum

Les Vivants aussi - Herbjørg Wassmo
Mon Bien aimé est à moi - Herbjørg Wassmo

Le cerveau de Kennedy – Henning Mankell

Le demi-frère - Lars Saabye Christensen

 

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