24 février 2010

Le destin miraculeux d'Edgar Mint - Brady Udall

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (11/26)

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traduit de l'américain par Michel Lederer

Albin Michel – août 2001 – 545 pages

10x18 – mai 2003 – 544 pages

Présentation de l'éditeur :

A sept ans Edgar Presley Mint se fait écraser la tête par la voiture du facteur. Contre toute attente il survit. Commence alors pour Edgar une vie pleine de tribulations. Il passe deux ans à Saint-Divine, un hôpital peuplé de personnages délirants, il est ensuite envoyé dans un orphelinat puis placé dans une famille d'accueil des plus excentriques. C'est alors qu'il décide de partir à la quête du facteur.

Auteur : Né à Arizon en 1971, Brady Udall enseigne la littérature dans une université du Middle West. Révélé par son premier recueil de nouvelles, 'Lâchons les chiens', salué par une presse internationale, il est considéré comme l'un des écrivains américains les plus originaux de la jeune génération.

Mon avis : (lu en février 2010)

Edgar Mint est un garçon de sept ans, il est métis apache, sa mère est alcoolique et son père est parti. Edgar nous raconte le miracle dont il est le héros. Un jour, pour une raison qu'il ignore il se retrouve sous la jeep du facteur qui va lui écraser la tête. Miraculeusement sauvé par un jeune médecin, Edgar va faire un long séjour à l'hôpital, puis apprendra à se défendre dans un pensionnat enfin il est adopté par une famille de mormons. Edgar est un enfant attachant, il a beaucoup d'imagination, il est très observateur, il lutte pour s'en sortir. Son récit est plein de fraîcheur et de drôlerie, j'ai vraiment été touché par son histoire. Ce livre se lit vraiment facilement, les aventures rocambolesques sont racontées par cet enfant avec à la fois de l'humour mais parfois aussi de la cruauté et les dernières pages sont inattendues et magnifiques. A lire !

Extrait : (début du livre)
Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant, où, un matin d'été, la roue arrière gauche de la jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos.

C'était par une journée typique de juillet. A peine dix heures, déjà plus de 37°, et le monde baignait dans une lumière blanche aveuglante. Notre maison était particulièrement vulnérable à la chaleur, car, à l'inverse des autres logements sociaux qui bordaient la route, elle était recouverte de toile goudronnée – le revêtement extérieur n'avait jamais été posé – et il n'y avait ni arbres ni buissons pour faire de l'ombre. Dans le jardin de devant se dressait, squelette calciné, un vieux peuplier frappé par la foudre qui n'offrait pratiquement pas l'ombre jusqu'à ce que ma mère ait pris l'habitude d'accrocher des boîtes de bière aux branches noircies à l'aide de fil de pêche. Les centaines de canettes, auxquelles une bonne douzaine venait chaque jour s'ajouter, tintaient doucement quand la brise se levait, mais elles ne contribuaient guère à donner de la fraîcheur à la maison.

Lorsque le facteur s'arrêta ce jour-là devant chez nous, ma mère installée dans la cuisine aussi sombre qu'une grotte, expédiait son petit déjeuner (quatre boîtes de Pabst Blue Ribbon accompagnées d'un demi-bac de glaçons) cependant que grand-mère Paule, vêtue de jupe traditionnelle et de son sweat-shirt Mickey, broyait des glands sous la pergola tout en réussissant à ne pas transpirer. Moi, j'étais dehors à trainer au milieu des hautes herbes sur le bas-côté de la route ou peut-être à semer la panique dans une fourmilière – à la vérité, peu importe où j'étais et ce que je faisais.

Ce qui compte, c'est que le facteur, un petit gringalet dont les cheveux roux luisants de transpiration évoquaient la chair d'une citrouille, descendit de voiture pour aller dire un mot à ma mère. Ce qui compte aussi, c'est que pendant ce temps-là, quelque chose – Dieu seul sait quoi – me poussa à me glisser en dessous. Peut-être mon attention avait-elle été attirée par une page de catalogue ou un enjoliveur abandonné là, à moins que le rectangle d'ombre pourpre sous la jeep m'ait semblé constituer un bon endroit où m'abriter de la chaleur. Je dois pourtant m'interroger : peut-on imaginer que le petit Edgar de sept ans affligé d'une mère constamment soûle et déprimée et d'un père disparu dans la nature, sans oublier une folle de sorcière pour grand-mère, ait songé au suicide ? Peut-on imaginer qu'Edgar, sept ans et fatigué de tout, après avoir posé sa tête devant la roue, se soit contenté d'attendre ?

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (11/26)

Posté par aproposdelivres à 11:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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