12 décembre 2009

Tout peut arriver – Jonathan Tropper

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Fleuve noir – janvier 2007 – 384 pages

10x18 – janvier 2008 – 375 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Nathalie Peronny

Présentation :

En apparence, Zach fait partie des nantis. Il vient de passer le cap de la trentaine, partage son lit avec Hope, la plus belle des fiancées, son appartement, avec Jed le millionnaire, et travaille dans une société de services. Mais si on creuse un peu, rien ne va plus. Du matin au soir, Zach pense à Tamara, la veuve de son meilleur ami. Son colocataire passe ses journées à fumer des joints dans le plus simple appareil, vautré devant la télé. Et son boulot consiste à rester suspendu au téléphone pour servir de réceptacle aux récriminations de ses clients... Tout ça avec le sourire, bien sûr ! Puis, un beau jour, Zach va devoir résoudre de vrais problèmes. Des déraillements de santé inquiétants, et surtout, la réapparition, après des années d'absence, d'un père extravagant... Pourtant, il devrait bien savoir d'expérience que tout peut arriver !

Auteur : Jonathan Tropper est né et a grandi à Riverdale, dans l'Etat de New York. Son premier roman, Plan B, a paru aux Etats-Unis en 2001. Il a écrit par la suite Le Livre de Joe, actuellement en cours d'adaptation pour le cinéma par les studios Warner, Tout peut arriver et Perte et fracas (Fleuve Noir, 2008). Jonathan Tropper vit aujourd'hui à Westchester (New York).

Mon avis : (lu en décembre 2009)

Après avoir lu et bien aimé Le livre de Joe, j'ai eu envie de découvrir d'autres livres du même auteur. J'ai donc lu très facilement l'histoire de Zach. Il appartient à une drôle de famille et ses aventures familiales, amoureuses, professionnelles... nous font passer un très bon moment où le rire est souvent de la partie. Tous les personnages sont attachants. Zach est sur le point de se fiancer avec Hope, une très jolie jeune fille héritière de parents aisées. Il se découvre un souci de santé qu'il préfère partager avec Tamara la veuve de son meilleur ami qu'avec sa fiancée, son père débarque chez lui après vingt ans de silence, il est près de craquer à son travail où la position d'intermédiaire auprès duquel tout le monde se plaint devient pour lui un calvaire. Cela bouleverse sa vie et ses certitudes et réveillent ses angoisses de trentenaire

Zach appartient à une drôle de famille et ses aventures familiales, amoureuses, professionnelles... nous font passer un très bon moment où le rire est souvent de la partie. Tous les personnages sont vraiment attachants.

Extrait : (chapitre 12)
Mais Hope, c'est la conquête du siècle, celle qui n'arrive qu'une fois dans votre vie. L'incarnation même de la perfection quej'avais toujours observée de loin, plein d'espoir, convaincu que c'était le genre de fille qui, au mieux, me prendrait comme confident pour me parler de son petit ami. Et moi, je subirais cette humiliation involontaire, parce qu'il existe une forme d'amour méconnue pratiquée par la classe moyenne sexuelle, c'est-à-dire par des types comme moi qui tolérons ce genre de relation à sens unique parce que nous sommes aveuglément optimistes, ou tout simplement idiots, et que nous avons besoin de nous rapprocher de ce type de femme, même de façon purement platonique, afin de nourrir la chose laide et difforme qui vit en nous, tels des bossus tapis dans leurs clochers et bien décidés à profiter de cette beauté par tous les moyens qui leur seront accordés. Mais pour moi, le rêve est devenu réalité : je me suis élevé au-dessus de ma caste sexuelle pour décrocher une femme d'un calibre a priori inaccessible et qui m'aime vraiment en retour, par dessus le marché. Il faudrait être cinglé pour compromettre une opportunité pareille.

Extrait : (chapitre 25)

Assis là sur le carrelage de la salle de bains, genou contre genou avec Tamara, je me retiens de ne pas éclater en sanglots quand Sophie se penche délicatement pour me déposer un baiser sur la main. Il y a une telle complétude, une telle perfection, dans le visage et la position de Tamara, dans la chair potelée de Sophie et dans ses yeux innocents. Leur univers tout entier est contenu dans cette minuscule salle de bains et, plus que tout au monde, je voudrais en faire partie, me joindre à la solitude si simple de leur existence. Je pourrais aimer Tamara et l'aider à élever Sophie, m'installer avec elle et abandonner ma vieille existence médiocre. En cet instant, cela paraît incroyablement possible, juste à portée de main, et je me dis que si je pouvais rester ici pour toujours et ne plus jamais repartir, alors tout s'arrangerait.

Extrait : (chapitre 27)
'Enfin quoi, regardez-moi, nom de Dieu ! Ma famille me déteste, je suis alcoolo, j'ai fait plus de quinze boulots différents dans ma vie et je n'ai même pas dix mille dollars sur mon compte en banque. S'il y en a un qui devrait avoir peur de vivre, c'est moi. Mais je continue, tous les jours. Je renfile mon costume, je repars et je fais de mon mieux. Certains jours, cela m'amène quelque part. D'autres, non. Mais au moins, je me couche chaque soir en me disant que le lendemain m'offre une nouvelle opportunité d'améliorer mon existence. Et vous savez quoi ? Je dors à poing fermés. Comme un putain de bébé. J'ai peut-être besoin d'une pilule pour bander mais vous deux, ce qu'il vous faudrait, c'est une pilule pour l'âme.' Il hoche la tête d'un air satisfait, content de sa trouvaille.

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