05 décembre 2009

La Terre des mensonges - Anne Birkefeldt Ragde

la_terre_des_mensonges Balland – juin 2009 – 370 pages

traduit du norvégien par Jean Renaud

Présentation de l'éditeur

Un registre de condoléances était ouvert, un stylo posé en travers de la première page. Une photo encadrée de la défunte la montrait en blouson sur une plage de galets, tenant à la main une racine d'arbre grise qui avait l'air d'un cygne.» Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s'annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l'héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.

Auteur : Née en 1957, elle a passé son enfance à Trondheim, ancienne professeur assistante de communication à l'Université de Trondheim, elle a écrit plus de quarante livres depuis 1986 aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Anne B. Ragde décrit les relations ambiguës entre les trois frères avec un talent remarquable et signe un roman passionnant à l'humour grinçant. La Terre des mensonges est le phénomène incontournable de la scène littéraire norvégienne (traduit dans plus de 15 langues, il a reçu en Norvège le très prestigieux prix Riksmal). II a été adapté au théâtre et à l'écran. Plus d'un million de téléspectateurs ont suivi cette saga familiale subtile et incroyablement bien menée. La suite paraîtra en 2010.

Mon avis : (lu en décembre 2009)

Un livre assez original qui nous raconte l'histoire de trois frères très différents les uns les autres qui se retrouvent à la suite de l'hospitalisation puis le décès de leur mère. Cela commence par la description détaillée et précise de la vie de chacun des frères. Ainsi, dès les premières lignes du livre le lecteur est confronté au suicide d'un adolescent et nous accompagnons Margido dans son travail de croque-mort. Cela annonce dès le début l'atmosphère froide et sombre de cette campagne norvégienne et de cette histoire. Le plus jeune frère, Erlend, est parti il y a 20 ans s’exiler à Copenhague, il exerce la profession de décorateur de vitrines et partage sa vie avec un homme prénommé Krumme, rédacteur en chef d’un grand hebdomadaire. Le second, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et derrière une façade stricte et austère, il dissimule sa solitude affective. Le frère aîné, Tor, est resté à la ferme familiale, il s'occupe d'un élevage de porcs. Ses relations un peu particulières avec ses animaux témoignent du mal-être dans lequel il est. Depuis longtemps, les trois frères n'ont plus de relations les uns avec les autres et la mort de leur mère sera l’occasion d’étranges retrouvailles entre les trois frères.

L'écriture est fluide, les personnages attachants et l'histoire nous tient en haleine. C'est aussi une chronique sociale et ethnologique avec un humour grinçant, je ne me suis pas ennuyée un instant ! Et l'éditeur nous annonce une suite pour 2010.

Extrait : (début du livre)

Lorsque le téléphone sonna à dix heures et demie un dimanche soir, il en savait bien sûr la raison. Il prit la télécommande et baissa le son, la télé diffusait un reportage sur Al-Qaïda.

- Allo, Margido Neshov à l'appareil.

Et il pensa : j'espère que c'est une personne âgée morte dans son lit, pas un accident de la route.

Il s'avéra que ce n'était ni l'un ni l'autre, mais un adolescent qui s'était pendu. C'était le père qui appelait, Lars Kotum. Margido savait bien où se trouvait la grosse ferme de Kotum, à Bynes.

En fond sonore quelqu'un poussait des cris de bestiaux, perçants. Des cris qui, d'une certaine façon, lui étaient familiers : ceux d'une mère. Il demanda au père s'il avait prévenu le juge de paix et le médecin. Non, le père l'avait appelé aussitôt, lui, Margido, il savait qui il était et quelle profession il exerçait.

- Il faut quand même que vous leur téléphoniez, peut-être préférez-vous que je le fasse ?

- Il ne s'est pas pendu... normalement. Il s'est plutôt... étranglé. C'est absolument horrible. Oui, téléphonez ! Et venez ! Je vous en supplie.

Il ne prit pas le fourgon noir, mais la Citroën. Il valait mieux que le juge fasse venir une ambulance de l'hôpital Saint-Olav.

Posté par aproposdelivres à 16:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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