03 novembre 2009

Sept mers et treize rivières - Monica Ali

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Belfond – août 2004 – 460 pages

10/18 - avril 2006 - 573 pages

Traduit de l'anglais par Isabelle Maillet

Présentation de l’éditeur
L’histoire drôle et poignante d’une Bangladaise émigrée à Londres. Un roman généreux, foisonnant et épicé sur le choc des cultures, les désenchantements de l’exil et les mirages de l’intégration. Une formidable galerie de personnages. Une écriture étincelante. Un pur joyau. En 1967, dans un village de l’est du Pakistan, une femme croit donner le jour à une enfant mort-née. Mais Nazneen survit et devient «  celle qui a été livrée à son Destin « . Un destin qui l’attend à Londres, auprès de l’époux choisi par son père : Chanu, la quarantaine bedonnante, ennuyeuse et pontifiante, des rêves en pagaille, sans les moyens de ses ambitions. Isolée dans ce pays dont elle ne parle pas la langue, Nazneen n’a d’autre choix que se soumettre. Dans la cité de Brick Lane où règnent racisme ordinaire, fondamentalisme rampant et trafics en tous genres, elle découvrira pourtant la solidarité, la débrouillardise et l’amitié. Tiraillée entre traditions ancestrales et espoirs insensés, Nazneen va peu à peu prendre le contrôle de sa vie, jusqu’à franchir le pire des interdits… Et comprendre que s’octroyer le droit au bonheur a un prix.

Biographie de l’auteur
Née en 1967 à Dacca (ex-Pakistan oriental), Monica Ali vit en Angleterre depuis l’âge de trois ans. Sept mers et treize rivières est son premier roman. Sélectionnée par la revue Granta parmi les vingt meilleurs romanciers britanniques de la décennie avant même que son livre soit publié, finaliste du Man Booker Prize 2003, Monica Ali est devenue en moins de un an un véritable phénomène dans le paysage littéraire international.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

Le titre anglais de ce livre est Brick Lane, qui est le nom de la cité Londonienne où se situe l'histoire de Nazneen. A dix-sept ans, Nazneen quitte son village du Bangladesh pour rejoindre à Londres son époux Chanu choisi par son père. Chanu a deux fois son âge, il est gentil, mais malgré ses nombreux diplômes universitaires, il obtient des emplois subalterne. Elle se retrouve dans un autre monde, elle va découvrir la ville, la langue anglaise et ses voisins eux aussi d'origine étrangère. Elle reste attachée à la culture et au mode de vie du Bengladesh : elle est toujours vêtue de son sari et ne sort pas de sa cité « bengali » au cœur de Londres, elle cuisine comme au village. Elle nous décrit sa vie et la vie de la cité de Brick Lane.

Ses filles, nées en Angleterre, sont partagées entre les traditions de leurs parents et la vie à l'occidentale qu'elles ont toujours connue. Lorsqu'il s'agira de retourner au pays, l'aînée Shahana se révoltera car c'est ici son pays !

Tout au long du livre, on découvre Nazdeen qui laisse le destin guider sa vie et qui ne se révolte pas, elle accepte tout puis elle va peu à peu décider pour elle-même et prendre sa vie en main.

J'ai trouvé se livre très intéressant car on découvre la vie d'une immigrée confronté à un pays, à une nouvelle vie très différente de la précédent. En parallèle, grâce au courrier qu'elle échange avec sa jeune sœur restée au Bangladesh, Hasina qui s'est enfuie de son village natal et qui doit travailler pour survivre, le lecteur découvre la dure réalité de la vie au Bangladesh.

Le livre se lit assez facilement, il est très riche en détails et en descriptions.

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Un film Rendez-vous à Brick Lane réalisé en 2007 par Sarah Gavron avec Tannishtha Chatterjee, Satish Kaushik, Christopher Simpson a été tiré de ce livre.

Extrait : (page 15)

Dans sa jeunesse, Nazneen entendit souvent raconter « Comment tu as été confiée à ton Destin ». C'était grâce à la sage résolution de sa mère qu'elle avait pu survivre pour devenir la jeune fille sérieuse au visage large qu'elle était aujourd'hui. Lutter contre son Destin risque d'affaiblir le sang. Parfois, peut-être même la plupart du temps, l'issue est fatale. Jamais Nazneen ne remit en cause la logique à l'œuvre dans « Comment tu as été confiée à ton Destin ». De fait, elle louait le courage tranquille de sa mère, son stoïcisme larmoyant dont chaque jour apportait la preuve. Hamid disait toujours, en détournant invariablement les yeux : « Ta mère est née sainte. Elle vient d'une famille de saints. » Alors, quand Rupban lui conseillait d'apaiser les tourments de son cœur et de son esprit, d'accepter la grâce de Dieu, de manifester envers la vie la même indifférence que celle-ci manifesterait envers elle, Nazneen l'écoutait avec attention, la tête renversée, l'air béat.

C'était une enfant d'une gravité presque comique.

« Comment vas-tu, mon trésor ? Toujours contente d'être revenue à la vie ? Lançais Mumtaz quand elle ne l'avait pas vue depuis deux ou trois jours.

- Je n'ai ni plaintes ni regrets à te confier, répondait Nazdeen. Tout ce que j'ai à dire, je le dis au Seigneur. »

Ce qu'on ne peut pas changer doit être enduré. Et comme rien ne pouvait être changé, il fallait tout endurer. Ce principe gouvernerait son existence. C'était à la fois un mantra, un état d'esprit et un défi. Ainsi, à trente-quatre ans, après que trois enfants lui furent offerts et que l'un d'entre eux lui fut repris, alors qu'elle avait un mari puéril et un jeune amant exigeant imposé par le destin, quand pour la première fois de sa vie elle se découvrit incapable d'attendre que l'avenir se dévoile et obligée de le forger elle-même, Nazdeen fut aussi surprise par sa propre capacité d'agir qu'un nouveau-né agitant son poing serré et se donnant par mégarde un coup dans l'œil.

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