wasurenagusa_  Wasurenagusa    

Leméac / Actes Sud - 8 mai 2003 – 123 pages

Actes de Sud – février 2009 - 125 pages

Présentation de l'éditeur
Après un premier mariage raté, Kenji Takahashi découvre qu'il est stérile. Accablé, il quitte la maison familiale. Seule compte encore pour lui sa nurse, Sono. Lorsqu'il fait la connaissance de Mariko, qui vit seule avec son fils Yukio, il en tombe amoureux et l'épouse contre l'avis de ses parents, qui le déshéritent. Quarante-six ans plus tard, retraité et affaibli, il recherche les traces de Sono. Au moment où il retrouve sa tombe, sur laquelle est inscrit le nom de la fleur de myosotis (wasurenagusa), il découvre le secret de ses origines et le malheur qui a frappé ses parents.

Biographie de l'auteur
D'origine japonaise, Aki Shimazaki vit à Montréal. Wasurenagusa est le quatrième volet de sa pentalogie Le Poids des secrets, qui comprend également Tsubaki, Hamaguri, Tsubame et Hotaru, prix du Gouverneur général du Canada. Wasurenagusa a reçu le prix Canada- Japon.

Mon avis : (lu en septembre 2009)

Wasurenagusa signifie myosotis (ne m’oubliez pas) en japonais. Un nouveau regard, une quatrième histoire : celle de Kenji Takahashi, le père adoptif de Yukio.

Dans ce livre l’auteur nous parle de la descendance et du mariage au Japon, en effet Kenji Takahashi appartient à une vieille japonaise, par amour, il préfèrera quitter sa famille pour se marier avec Mariko « qui est d’origine douteuse » et adopter son fils Yukio. Dans les toutes dernières pages, Kenji Takahashi découvrira également un secret sur ses origines...

Je suis toujours autant touchée par cette série de livres et j’attends avec impatience de connaître la cinquième et dernière histoire avec le tome 5 : Hotaru.

Extrait : (début du livre)

Le matin du premier dimanche de mai.

Je suis assis dans un fauteuil de bambou, installé dans l’espace entre la fenêtre et la pièce de tatamis où je me couche. Un vent frais effleure ma joue. Rin… rin… rin… Au-dessus de ma tête, le fûrin de cuivre tinte doucement. Je lève les yeux, mon regard reste immobile quelques instants.

Je tiens un livre dans une main et un signet dans l’autre. C’est un ouvrage pharmaceutique, rédigé par mon collègue, monsieur Horibe. J’en ai grand besoin pour mes recherches. J’essaie de me concentrer, mais j’ai du mal à lire. Mes yeux lisent plusieurs fois les mêmes lignes. Je ne saisis pas bien le sens du contenu. Je me demande : « Qu’est-ce qui me dérange ? »

Je regarde distraitement le signet de petites fleurs séchées. La couleur est passée. Au bout est écrit un mot en katakana : niezabudoka. Je ne connais pas ce mot d’origine russe, mais ce doit être le nom de la fleur. Il s’agit d’un souvenir envoyé récemment par Sono, qui séjourne à Harbin, en Mandchourie. Chaque fois que je vois ce signet, je pense à elle. Je la connais depuis mon enfance, elle était ma nurse quand j’avais quatre ans. Elle est maintenant dans la soixantaine.

fûrin : clochette qui tinte au vent.

katakana : écriture syllabique japonais, utilisée principalement pour les mots d’origine étrangère.