16 septembre 2009

Le poids des secrets, Tome 3 : Tsubame - Aki Shimazaki

Tsubame_  tsubame

Actes Sud – novembre 2001 – 123 pages

Actes Sud – janvier 2008 - 118 pages

Présentation de l'éditeur
Lors du tremblement de terre de 1923, qui a dévasté la région du Kanto et entraîné plus de cent quarante mille morts, la Coréenne Yonhi Kim devient, question de survie, la Japonaise Mariko Kanazawa. A la fin de sa vie, alors qu'elle est veuve, mère d'un chimiste et grand-mère de trois petits-enfants, le mystère de sa naissance lui est dévoilé : le prêtre catholique qui l'avait recueillie dans son église lors du tremblement de terre, surnommé monsieur Tsubame, était-il l'instrument du destin qui a permis à cette hirondelle de s'élancer hors du nid ?

Biographie de l'auteur
D'origine japonaise, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991. Tsubame est le troisième volet de sa pentalogie Le Poids des secrets, qui comprend également Tsubaki, Hamaguri, Wasurenagusa et Hotaru. Hamaguri a remporté le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, Wasurenagusa le prix Canada Japon et Hotaru le prix du Gouverneur général du Canada.

Mon avis : (lu en septembre 2009)

Tsubame signifie hirondelle en japonais. La première partie du roman commence en 1923 lors d’un tremblement de terre au Japon. Yonhi a douze ans, elle est coréenne. Pour la protéger, sa mère la confie à un orphelinat catholique avant de disparaître. Yohni est accueilli par un prêtre européen surnommé Monsieur Tsubame qui lui donnera une nouvelle identité japonaise et Yohni Kim devient Mariko Kanzawa. Toute sa vie, Mariko gardera le secret de ses origines. La seconde partie se situe 59 ans plus tard, Mariko vit avec son fils Yukio, sa femme et ses enfants. C'est donc à travers les yeux de Mariko, la mère de Yukio que l'on comprend les événements dans ce nouveau tome. L’auteur met également en lumière la manière le Japon traita la Corée et les coréens au début du siècle : invasion du pays, discriminations et massacres des travailleurs coréens.

La langue est belle, le style épuré, l’histoire est touchante, je suis toujours autant éblouie par cette série de petits livres. Je vais commencer sans tarder le tome 4 : Wasurenagusa qui est dans ma PAL.

Extrait : (début du livre)

Je lève les yeux.

Couvert de nuages épais, le ciel s’étend à l’infini. Il fait anormalement chaud et humide pour une fin d’été. C’est encore tôt le matin. Pourtant, je sens ma chemise déjà trempée de sueur.

Au-dessus de moi, un couple d’hirondelles passe rapidement. Elles vont et viennet entre le toit d’une maison et un fil électrique. Elles partiront bientôt vers un pays chaud. J’aimerais bien voyager librement comme elles.

Ma mère m’a dit une fois : « Si on pouvait renaître, j’aimerais renaître en oiseau. »

Je marche dans le petit chemin qui longe l’étang, un raccourci pour aller chez mon oncle. Je dois lui remettre des épis de maïs que ma mère vient de faire cuire à l’eau. La chaleur se propage à travers le papier journal. Mon oncle travaille à la journée sur une digue d’Arakawa où l’on construit un canal d’évacuation. Il transporte de la terre et du gravier avec une brouette. « La paye est minimale, mais c’est mieux que rien. »

En passant devant l’étang, j’aperçois des acores en pleine floraison. Je m’arrête et les regarde quelques instants. Je pense : « C’est étrange. Ces fleurs ne s’épanouissent d’habitude qu’au mois de mai ou de juin. » Il n’y a pas de vent, la surface de l’eau demeure immobile.

Après un moment, je me rappelle ce que ma mère m’a dit hier soir : « On n’a pas trouvé de rats dans la maison depuis plusieurs semaines. » Pour moi, c’était une bonne nouvelle, car le bruit des rats dérangeait notre sommeil. Pourtant, le visage de ma mère me semblait inquiet.

Je jette un caillou dans l’étang. Les ronds dans l’eau s’étendent en ondulant. Je les observe jusqu’à ce qu’ils disparaissent. Puis je continue à marcher d’un pas rapide.

Posté par aproposdelivres à 07:36 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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