Hamaguri_ hamaguri 

Actes de Sud – janvier 2007 - 118 pages

Présentation de l'éditeur
Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l'intérieur d'une palourde, comme un serment d'amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ? Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l'oubli.

Biographie de l'auteur
Née au lapon, Aki Shimazaki vit à Montréal. Hamaguri est le second volet de sa pentalogie Le Poids des secrets, qui comprend Tsubaki, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru. Hamaguri a remporté le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, Wasurenagusa le prix Canada-Japon, et Hotaru le prix du Gouverneur général du Canada.

Mon avis : (lu en septembre 2009)

Hamaguri (qui signifie palourdes en japonais) est le second tome de la série Le poids des secrets d'Aki Shimazaki. J'ai lu ce court roman en moins d'une heure. J'y ai retrouvé la poésie et la simplicité de l'écriture et de l'histoire du premier tome. On revit l'histoire de Tsubaki à travers les yeux de Yukio le demi-frère de Yukiko, le personnage principal du tome 1. Yukio nous raconte son histoire, sa relation avec sa mère, son père adoptif et surtout son amour impossible avec Yukiko. La partie historique, la seconde guerre mondiale et l’explosion de la bombe nucléaire sur Nagasaki est à peine évoquée, au profit de l’histoire d’amitié amoureuse entre Yukio et Yukiko qui ignorent qu’ils sont frère et sœur.

Une merveille encore une fois et je me lance sans tarder dans la lecture du tome 3 : Tsubame !

Extrait : (page 21)

Aujourd’hui, ELLE apporte des coquillages qui s’appellent hamaguri. ELLE les met par terre en deux rangs. Ils sont vraiment grands, mais toutes les dents de la charnière sont séparées. Je prends l’une des coquilles dans ma main. Elle est plus grande que le creux de ma main. Nous les comptons en ordre. Un, deux, trois, quatre… Je sait compter seulement jusqu’à dix. Après dix, je me tais. ELLE continue. Et en touchant à la dernière , ELLE crie :

- Vingt ! Il y en a vingt en tout. On va jouer au kaïawase.

Je répète le mot que j’ai entendu pour la première fois : - Kaïawase ?

- Oui. Les règles du jeu sont très simples : trouver les deux coquilles qui formaient la paire originale.

Je dis : - Mais les grandeurs et les motifs sont tous pareils.

- Non. Regarde bien, dit-ELLE.

ELLE prend deux coquilles et les colle l’une à l’autre. ELLE me montre le coquillage ainsi fermé et dit : - Ces deux coquilles ne sont pas de la même grandeur, n’est-ce pas ?

Je les regarde de très près et dis : - Tu as raison.

- Alors, il faut trouver la bonne paire. Ce n’est pas facile.

Je prends deux coquilles et j’essaie de les joindre, mais elles n’appartiennent pas à la même paire. Je les dépose par terre. ELLE continue. Puis ce sera mon tour. Ainsi, nous répétons le jeu jusqu’à ce que nous ayons reformé les dix coquillages.

Aujourd’hui, ELLE a trouvé sept paires et moi, j’en ai trouvé trois. ELLE m’a dit : « chez les hamaguri, il n’y a que deux parties qui vont bien ensemble. »