09 août 2009

Week-end de chasse à la mère – Genevière Brisac

week_end_de_chasse___la_m_re week_end_de_chasse___la_m_re_p

Editions de l’Olivier – août 1996 – 204 pages

Point – janvier 2004 – 208 pages

Prix Femina 1996

Quatrième de couverture :

Il y a Nouk, la mère.
Et Eugenio, le fils qu'elle élève seule, dans un minuscule appartement aux rideaux rouges. Elle s'inquiète. Peut-on survivre aux fêtes de fin d'année ? En attendant, il neige sur Paris, sur les clochards et les gens des beaux quartiers. Il neige sur les statues du jardin du Luxembourg. La mère et l'enfant se tiennent par la main, ils marchent dans les rues, tout au long de cette histoire magique, déchirante, follement drôle.
En chemin, ils rencontrent Adam et Ève, Anton Tchekhov, un fleuriste, un chauffeur de taxi, des tortues vieilles comme le monde. S'ils triomphent des obstacles semés sur leur route, il leur reste à affronter le pire : l'implacable bonté de ceux qui ont décidé de faire leur bonheur.

Avec ce roman très moderne où la vie intime se voit constamment menacée par l'intrusion du monde extérieur, Geneviève Brisac semble nous inviter à un retournement. Comme l'artiste qui, parce qu'il porte en lui un "gène d'irréalité" transmue en beauté le matériau brut de la vie.

Biographie : Née à Paris le 18 octobre 1951, normalienne et agrégée de lettres, Geneviève Brisac a tout d'abord enseigné en Seine-Saint-Denis. Elle se lance ensuite dans la littérature jeunesse et l'édition : elle dirige la revue des Livres pour enfants, crée la collection 'Page Blanche', collabore au 'Monde des livres' et est éditrice à l'Ecole des loisirs. En tant qu'écrivain, elle obtient le prix de l'Académie française en 1987 pour 'Les Filles' et le Prix Femina en 1996 avec 'Week-end de chasse à la mère'. Elle écrivit également une biographie de l'auteur du sud des Etats-Unis, Flannery O'Connor.

Mon avis : (lu en août 2009)

J'ai pris vraiment par hasard ce livre à la bibliothèque (même si ma PAL est déjà bien grande, j'ai beaucoup de mal à quitter la bibliothèque sans prendre un livre...), j'ai été intriguée par le titre car machinalement j'ai d'abord lu "Week-end de chasse à la mer".

En fait il n'est pas question de mer, mais bien de mère car c'est l'histoire de Nouk une maman qui élève seul son petit garçon Eugenio. Ils vivent tous les deux dans un petit appartement et leur relation est trop étouffante, fusionnelle. Nouk est faible face à son fils et accepte tous ses caprices, mais aussi elle le couve et l'étouffe de trop d'amour. Eugenio exige beaucoup, il profite de la faiblesse de sa mère et se comporte en enfant-roi, il n'est jamais satisfait. Nouk est très touchante, ancienne artiste peinte, sa sensibilité est forte, elle vit à la fois dans le réel et l'imaginaire.

J'ai passé un bon moment avec ce livre malgré quelques longueurs par moment.

Extrait : (début du livre)

« Quel est ton animal préféré ? » a demandé Eugenio pendant qu'on marchait dans la nuit. C'était l'avant-veille de Noël.

J'ai dit : « Koala, écureuil, loutre. Koala pour le geste des pattes autour du tronc de l'eucalyptus, et pour le voisinage du kangourou. Écureuil pour les noisettes. Quelle douceur dans l'offrande d'une noisette, comme je dis toujours. Loutre, je ne sais pas. A cause de la sonorité assez moche et touchante de son nom. A cause de l'eau. » Je mentais. Je voyais plutôt un animal du genre tatou.

Eugenio avait glissé son bras dans la petite anse invisible que forment mon corps et mon bras. Il avait l'air anxieux : «  Crois-tu que la reine Élisabeth a eu une vie heureuse ? a-t-il murmuré.

J'ai eu au bord des lèvres une riposte mesquine : Qui t'a parlé de cette momie à chapeau ? C'est encore ton père qui t'a parlé d'elle ! J'ai dit : « Assez heureuse, je crois, mais elle a été déçue par ses enfants. »

C'était une méchanceté gratuite d'avoir mis sur le tapis ces mots ensemble : déçue et enfants, et Eugenio s'est ratatiné. J'ai eu honte. « Il faut qu'on se dégrouille, a dit Eugenio. On est en retard, maman, dégrouille-toi !

- Ce verbe est vraiment immonde et la reine Élisabeth ne le dirait certainement pas ! » lui répondis-je.

La reine Élisabeth est notre idole, notre tête de Turc, notre sphinx et notre bouc émissaire. « Elle n'a pas eu une vie heureuse, dis-je finalement, parce qu'elle ne le souhaitait pas tellement. »

Posté par aproposdelivres à 11:17 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :