29 juillet 2009

Allez, France ! - Janine Boissard

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Robert Laffont – avril 2007 – 214 pages

Pocket – mai 2008 – 217 pages

Présentation de l'éditeur
"Je m'appelle France, j'ai neuf ans et je viens d'entrer en CM 1.
Dans ma classe, il y a les trois sortes de familles : les vraies. les monoparentales et les recomposées. Depuis le divorce, j'habite juste avec maman. alors moi, c'est la monoparentale. J'aime pas.
J'ai deux grands-mères qui s'entendent moyen et un seul grand-père. Personne ne sait où est passé celui qui manque et ça me fait comme un trou au cœur.
Heureusement, il y a l'école, où Mme la Directrice a dit qu'on était tous frères. Mes meilleures copines, c'est Fatima et Maria, mais on rigole bien aussi avec Ali, Tibère, Romain, Baudouin, qui a une cravate. Ahmed et Israël. Sans compter notre maître. Hugo, hypercool.
Maintenant, je vais vous raconter pourquoi tout le monde dit qu'on est la pire classe de l'école..."
Gaies et tendres, drôles et émouvantes, les aventures d'une petite fille d'aujourd'hui qui n'a pas la langue dans sa poche. Après " la Poison", la jeune héroïne de L'Esprit de famille, découvrez France. sa petite sœur des années 2000.

Auteur : Janine Boissard est née et a fait ses études à Paris. Très jeune, elle a choisi de se consacrer à l'écriture et publie son premier roman, "Driss", à vingt-deux ans chez René Julliard. Ce livre est signé, comme les trois suivants chez le même éditeur, de son nom de femme mariée : Janine Oriano. Toujours sous le nom d'Oriano, elle se lance dans le roman noir: "Un peu par jeu, parce que toutes les formes d'écriture m'intéressent, et aussi parce qu'on m'avait dit que c'était une façon de vivre de sa plume..." Elle est ainsi la première femme à entrer dans la fameuse "Série Noire" avec "B comme Baptiste".

En 1977, Janine Oriano reprend son nom de jeune fille pour publier aux éditions Fayard sa célèbre saga "L'Esprit de famille" (six volumes en tout, de 1977 à 1984). L'évolution de la société, les chambardements dans la famille, les problèmes de couple, ceux de l'adolescence, ceux de la femme moderne face au monde du travail sont ses thèmes favoris. En 1996, elle publie "Une Femme en blanc" (Robert Laffont), un formidable succès en librairie, traduit en Allemagne et en Italie; sans oublier la série télévisée en six épisodes, diffusée en 1997 sur France 2, avec Sandrine Bonnaire.

Également scénariste, adaptatrice, dialoguiste pour la télévision, Janine Boissard a publié à ce jour une trentaine de livres dont Malek (2008) . Décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse, elle vit de sa plume depuis vingt ans. L'écriture est, dit-elle, "à la fois ma passion, un métier exigeant et ma façon de respirer".

Mon avis : (lu en juillet 2009)

J'ai trouvé ce livre dans la maison où je passais mes vacances, moi qui ai découvert Janine Boissard avec sa série "L'Esprit de famille" lorsque j'étais adolescente et depuis j'ai lu beaucoup de livres de cette auteur. Cette lecture a été rapide et distrayante, on suit le quotidien de France, petite fille de 9 ans, chez ses parents séparés, ses grand-parents et surtout à l'école dans sa classe de CM1. On retrouve un peu le ton du Petit Nicolas mais de nos jours avec les copains, les bêtises... C'est un récit d'enfant émouvant, plein de tendresse et de fraîcheur.

Extrait :
À l'école, notre maîtresse est toujours en arrêt maladie. On n'a pas envie qu'elle guérisse parce qu'on préfère garder Hugo.
Il y a eu du ramdam dans les places en classe. Dong et Tibère sont passés du côté des filles. Dong parce qu'il est pacifiste et qu'il a peur pour ses lunettes. Tibère parce que, s'il se bat, sa maman descendra la télé à la cave.
Anne-Laure, qui est un garçon manqué et a trois frères, est passée du côté des bagarreurs qui ne lui font pas peur. Ludivine aussi parce qu'elle est son amie de cœur.
Toutes les deux sont les meilleures élèves de la classe. Ludivine a même été nommée chef de rang, ce qui donne des responsabilités. Par exemple, c'est elle qui efface le tableau et tape la brosse sur les murs de la cour en faisant des petits nuages de poussière. J'aimerais bien être chef de rang mais pour ça j'ai encore du chemin à faire.
On a compris pourquoi Ali dormait tout le temps. Il a des coups de barre parce que justement il habite dans une barre avec tellement de frères et de soeurs qu'il n'arrive pas à les compter.
Patatras ! Dès la première lecture à voix haute, Hugo a découvert qu'un quart de la classe était dyslexique. La dyslexie est la maladie de la lecture. Tu lis en charabia. Les fautes d'orthographe sont son effet secondaire. Là, tu écris en verlan sans faire exprès. Total, l'enfant tombe en échec scolaire, il se décourage de s'instruire et, si on n'y prend pas garde, il se retrouve en zone d'éducation prioritaire.
Pour bien fourrer dans nos têtes de bourricots que la dyslexie n'était pas une maladie honteuse, Hugo a affiché au mur la photo d'un vieux monsieur ébouriffé qui tire drôlement la langue. Il s'appelle Albert Einstein. Quand il avait notre âge, il était dyslexique et gaucher par-dessus le marché. Eh bien devinez, mauvaise troupe : il est devenu un grand savant connu du monde entier. C'est pour ça qu'il lui tire la langue.

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La fenêtre panoramique - Richard Yates

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Robert Laffont – mars 2005 – 528 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Robert Latour

Présentation de l'éditeur
April et Frank Wheeler forment un jeune ménage américain comme il y en a tant : ils s'efforcent de voir la vie à travers la fenêtre panoramique du pavillon qu'ils ont fait construire dans la banlieue new-yorkaise. Frank prend chaque jour le train pour aller travailler à New York dans le service de publicité d'une grande entreprise de machines électroniques mais, comme April, il se persuade qu'il est différent de tous ces petits-bourgeois au milieu desquels ils sont obligés de vivre, certains qu'un jour, leur vie changera... Pourtant les années passent sans leur apporter les satisfactions d'orgueil qu'ils espéraient. S'aiment-ils vraiment ? Jouent-ils à s'aimer ? Se haïssent-ils sans se l'avouer ?... Quand leur échec social devient évident, le drame éclate.

Biographie de l'auteur
Richard Yates naît en 1926 dans l'État de New York. Après une enfance instable dominée par le divorce de ses parents, il rejoint l'armée et est envoyé en France, puis en Allemagne juste après la Seconde Guerre mondiale. De retour à New York au début des années 1950, il devient journaliste puis nègre - il écrit pendant un temps les discours du sénateur Robert Kennedy - et travaille ensuite dans la publicité. En 1961, paraît avec succès aux États-Unis La Fenêtre panoramique (aujourd hui adapté au cinéma sous le titre Les noces rebelles et réédité dans la collection « Pavillons poche »). Après la publication de ce premier roman, finaliste du National Book Award, Richard Yates enseigne entre autres à l'université de New York et de Boston et continue d écrire jusqu à sa mort en 1992.

 

Mon avis : (lu en juillet 2009)

C'est tout d'abord la couverture de ce livre qui m'a attirée lorsque je l'ai découvert dans les blogs, ensuite le film est sortie et la couverture a été changée (dommage... heureusement il s'agit d'une sur-couverture).

Ce livre nous raconte le destin tragique d'un couple américain dans les années 50. Ils font partie de la classe moyenne, ils ont deux jeunes enfants. Leur vie est d'une banalité qui les désole : ils habitent dans une banlieue anonyme, leur vie de couple est houleuse, Frank a un travail plus alimentaire qu'intéressant... Ils souhaiteraient tellement ne pas ressembler à tout le monde et surtout pas à leurs voisins. April propose donc à Frank de quitter son travail et de partir en Europe avec leur deux enfants. Mais leurs projets vont être différés car April tombe enceinte.

Avec un ton souvent désabusé et parfois ironique mais toujours très juste, l'auteur nous décrit avec beaucoup de précisions les sentiments de Frank et d'April ainsi que les nombreux personnages gravitant autour d'eux.

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Une adaptation de ce livre a été faite avec le film «  Les Noces Rebelles » réalisé par Sam Mendes en 2008 et sortie en France le 21 janvier 2009, avec Kate Winslet dans le rôle d'April et Leonardo DiCaprio dans le rôle de Frank

Extrait : (page 200)

Pour les enfants aussi, ce fut une période étrange. Que signifiait exactement : « partir pour l'Europe en automne »? Et pourquoi donc leur mère leur répétait-elle sans cesse que ce serait très drôle, comme si elle supposait qu'ils n'en étaient pas sûrs ? Et d'ailleurs, pourquoi se montrait-elle si fréquemment bizarre ? L'après-midi, elle les serrait contre elle et elle leur posait des questions dans un élan d'effervescence digne d'une veillée de Noël ; et puis, pendant qu'ils lui répondaient, ils la voyaient devenir distraite ; une minute plus tard, elle leur disait : « Oui, mes chéris ; mais ne parlez pas tout à fait autant, voulez-vous ? Une pause pour maman ! »

Et quand leur père rentrait à la maison, ils ne comprenaient pas davantage : il les projetait en l'air et les transportait à bout de bras à travers toute la maison (à croire qu'ils étaient en avion) jusqu'à ce qu'ils eussent le vertige, mais jamais plus avant d'avoir passé un long moment à saluer leur mère près de la porte de la cuisine. Et cette manie de parler pendant tout le dîner ! Impossible pour l'un ou l'autre des enfants de glisser un mot dans la conversation... Michael découvrit qu'il pouvait se trémousser sur sa chaise, répéter à satiété des petites phrases idiotes de bébé dans un monologue perçant et se bourrer la bouche de purée de pomme de terre en faisant pendre sa mâchoire sans encourir le moindre reproche des adultes ; quant à Jennifer, elle restait assise toute droite devant la table, sans daigner regarder son père ; elle feignait de prendre un grand intérêt aux propos de ses parents, et cependant un peu plus tard, impatiente d'aller au lit, elle se décidait à quitter la table d'elle-même, tout tranquillement, en suçant son pouce.

Il y avait au moins quelque chose de consolant : ils pouvaient se coucher sans craindre d'être réveillés une heure plus tard par les bruits soudains d'une dispute (portes claquées, respirations oppressées, coups de poing sur les meubles). Cela, apparemment, était révolu. A présent ils pouvaient somnoler avec, pour fond sonore, deux voix aimables dans un living-room, dont les modulations alternées façonnaient lentement le contour de leurs rêves. Si plus tard ils se réveillaient pour se retourner et chercher du bout de l'orteil une place plus fraîche sous les draps, ils retrouvaient encore ce bruit de fond : une voix de basse, une voix douce et musicale, aussi substantielles et aussi rassurantes qu'une frange bleue de montagnes dans le lointain.

Posté par aproposdelivres à 08:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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