10 juillet 2009

La Femme de Chambre du Titanic – Didier Decoin

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Seuil - janvier 1991 - 330 pages

Points – juin 1992 – 331 pages

Points – novembre 2006 – 330 pages

Quatrième de couverture :

« Voilà l’histoire d’un amour si étrange, dit l’auteur, que je n’étais pas sûr d’oser jamais l’écrire. Mais l’envie de raconter aura été plus forte que mes pudeurs.
Raconter la passion qui, durant l’année 1912 – l’année du Titanic -, a entraîné un docker de cinquante-deux ans, Horty, et Marie Diotret, une très jeune femme de chambre du transatlantique, dans un monde qui n’était pas fait pour eux. »
Dans le sillage d’Horty et de Marie, de la taverne de la Tête d’Écaille aux quais mouillés de Southampton, des terrains vagues de New York aux lacs rêvés de l’Etat du Maine, des lumières du Grand Théâtre à la nuit des docks où rôdent amants et assassins, cette « extrême histoire d’amour » met en images Zoé, la petite épouse rouquine et patiente qui attend qu’Horty rentre enfin à la maison ; Zeppe, le garçon de cirque qui croit pouvoir tirer fortune de l’amour d’Horty pour Marie ; la trop fragile Aïcha à qui le destin ne laissera même pas le temps d’apprendre à compter jusqu’à onze ; Sciarfoni, le lamaneur qui gîte comme une bête sauvage sous une grande barque renversée ; Maureen, la voleuse de bijoux qui opère dans les théâtre de Drury Lane ; et tout le peuple du port – dockers, soutiers, filles de joie, riches voyageurs, émigrants misérables…
Le roman à la fois le plus imaginaire et le plus vrai de l’auteur d’Abraham de Brooklyn et de John l’Enfer.

Biographie de l'auteur
Né en 1945, Didier Decoin est scénariste et écrivain à succès. Auteur d'une vingtaine de romans, il a notamment publié John l'enfer (prix Goncourt 1977), Louise (1998). Didier Decoin est le fils du cinéaste Henri Decoin. Il débute sa carrière comme journaliste de presse écrite à France Soir, au Figaro et à VSD, et de radio sur Europe 1. En parallèle il se lance dans l'écriture, et sera couronné par le Prix Goncourt en 1977 avec John l'Enfer. Tout en continuant son métier d'écrivain, il devient scénariste au cinéma puis à la télévision (adaptations et scripts pour la télévision comme les grands téléfilms Les Misérables, Le Comte de Monte-Cristo, Balzac ou Napoléon). En 1995, il est devenu le Secrétaire de l'Académie Goncourt.

Mon avis : (lu en 2001 et relu en juillet 2009)

J'avais un très bon souvenir de la lecture de ce livre et la relecture a été un vrai plaisir. C'est une belle histoire d'amour.

Nous sommes en 1912 dans un port de la mer du Nord, Horty remporte la course des dockers pour la cinquième année consécutive, mais cette année là le prix n'est pas un veau mais un voyage à Shouthampton pour assister au Départ du Titanic. C'est dans l'hôtel bondé, qu'il va être contraint de partager sa chambre avec Marie, femme de chambre du transatlantique. Horty invite Marie à dîner et ensuite, ils passent la nuit chastement étendus sur le lit. Au matin, Marie s’embarque sur le bateau et Horty regagne son village et retrouve sa femme Zoé. Cette rencontre va bouleversé sa vie, il garde comme seul souvenir une photo de Marie. Et quand quelques jours plus tard, le docker apprendra le naufrage du Titanic, Marie deviendra une véritable obsession pour lui.

Les personnages sont touchants, l'auteur nous raconte une belle histoire avec un certain suspense. Les descriptions des lieux, des personnages sont également minutieuses. En résumé un très bon livre.

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Une adaptation cinématographique a été réalisé en 1997 par Juan José Bigas Luna avec Olivier Martinez, Romane Bohringer, Didier Bezace. Je n'ai pas eu l'occasion de la voir.

Extrait : (page 120)

Horty se doutait bien que marie et lui disposeraient de peu de temps pour se quitter et, tandis qu’ils marchaient tous les deux vers le bassin de l’Océan, il se répétait qu’il ferait mieux de la prendre maintenant dans ses bras pour lui dire combien il avait aimé l’avoir près de lui toute la nuit.

Elle fermerait peut-être les yeux tout en gardant son visage offert, comme font les femmes qui s’attendent à être embrassées. Mais le docker n’était pas sûr d’aller jusqu’à l’embrasser : un baiser serait tellement plus agréable pour lui que pour elle, or tout ce qu’il voulait c’était la remercier d’avoir embelli son séjour à Southampton. Sans elle, il aurait passé une soirée en somme peu exaltante, il aurait sans doute essayé la salle de bains de l’hôtel parce qu’il ne s’était encore jamais plongé dans une vrai baignoire avec des robinets, puis il aurait fait quelques pas sous la pluie le long des murs de Harston & Harston – et quoi ensuite ? il serait rentré finir sa lettre à Zoé et se coucher.

Mais il se retenait. Si je la serre trop tôt contre moi, elle va croire que je ne pensais qu’à ça depuis le début. Je ne veux pas lui donner des hommes une idée dégoûtante, sinon elle hésitera à servir le petit-déjeuner aux passagers célibataires, un steward le fera à sa place, et alors elle ne se mariera pas avec un Américain comme elle en a tellement envie.

(…)

Il faut attendre encore un peu, je la prendrai par les épaules quand on sera tout près du bateau, quand il sera devant nous comme un mur et qu’on me dira que je ne peux pas aller plus loin.

Mais il y avait eu l’intervention précipitée du policier. Marie était devenue tout à coup très pâle et elle s’était mise à courir avec sa valise comme une petite fille effrayée avant qu’Horty ait pu seulement lui frôler la main, et des matelots avaient écarté pour elle les barrières blanches délimitant la zone réservée au personnel du Titanic, Horty l’avait appelée mais il n’était même pas sûr qu’elle l’ait entendu, l’orchestre jouait très fort.

Posté par aproposdelivres à 15:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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