28 juin 2009

Les carnets de guerre de Victorien Mars - Maxence Fermine

les_carnets_de_guerre_de_Victorien_Mars Albin Michel – octobre 2008 – 192 pages

Quatrième de couverture : « Cette histoire commence comme ça. On est tous les cinq dans cette tranchée qui n 'est pas la nôtre. Trois agenouillés au sol et deux debout. J'ai un pistolet sur la tempe. De l'autre côté du pistolet, il y a un soldat français. Et j'attends qu'il tire. »
Verdun, avril 1916. En première ligne, l'épouvante des tranchées: un gouffre de peur, de faim, de froid. Mais pas seulement. Non loin de l'ennemi déclaré, un autre, plus sournois, sévit. Un adjudant qui se repaît de la souffrance de ses hommes. Un bourreau que la guerre, enfin, autorise à tuer.
Dans ce roman atypique et dérangeant, Maxence Fermine explore cette « mise entre parenthèses de la vie » qu'impose la guerre. Mais plus que l'horreur du conflit, c'est, sous un angle humain, l'enfer psychologique et les sentiments extrêmes suscités par la crainte de la mort qu'il met en abyme avec un incontestable talent.

Auteur : Né à Albertville en 1968, écrivain ayant vécu entre Paris et l'Afrique, Maxence Fermine est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. En 1999, il se lance en publiant 'Neige' qui est une agréable surprise. Fort de ce premier succès, l'auteur se consacre pleinement à l'écriture. Toujours en 1999, il dévoile son deuxième roman, 'Le Violon noir'. En 2000, il écrit 'L' Apiculteur' qui reçoit le Prix del Duca et le Prix Murat en 2001. La même année, il co-écrit 'Sagesses et malices de Confucius le roi sans royaume' avec Olivier Besson. Véritable bourreau de travail, il enchaîne avec 'Opium' en 2002, 'Billard blues', 'Jazz blanc' et 'Poker' en 2003. En 2004, il décroche le Prix Europe 1 grâce au roman 'Amazone'. S'en suit les romans 'Tango Massaï' en 2005 et 'Le labyrinthe du temps' en 2006. En 2007, Maxence Fermine publie 'Le Tombeau d'étoiles'.

Mon avis : (lu en juin 2009)

Le narrateur, Victorien nous raconte le cauchemar de la Guerre 14-18 : la vie dans les tranchées. Il y a la peur, la faim, le froid... Dans les tranchées au delà du no man's land, il y a les ennemis allemands, mais l'ennemi peut aussi être dans son propre camp. Ici c'est le cruel As de Pique, un criminel devenu adjudant au début de la guerre et qui se joue de la mort : il revient toujours seul et indemne de toutes ses missions, pour lui la guerre, c'est le meurtre autorisé. Ce livre nous plonge dans le monde sombre de la guerre et de ses atrocités, mais surtout nous montre l'enfer psychologique que peut subir les soldats.

Le récit est simple, Victorien nous raconte sa guerre au front, jour après jour, il se battra à Ypres puis à Verdun. il s'interroge sur le comportement des officiers, à l'abri dans leurs bureaux et qui envoient au feu les hommes sans aucune considération pour la vie. J'ai trouvé ce livre intéressant pour son côté historique et très facile à lire. Il est pourtant très différent des premiers livres de Maxence Fermine.

Extrait : (début du livre)

C'est en avril 1916 que tout a commencé, dans une tranchée lugubre où pleuvaient les obus et les balles par centaines, sous un ciel obscur formant une voûte de fer, de grisaille, d'acier et de sang.

Ce spectacle, c'était la guerre. Et elle allait durer deux années de plus, même si nous ne le savions pas encore. Une guerre sans merci, dans laquelle nous n'étions que de bien piètres figurants. Je me souviens qu'il faisait horriblement froid. Le sol était recouvert d'un mélange de boue et de neige fondue qui collait à nos bottes et nous maculait jusqu'à l'entrecuisse. Chacun de nos pas était un supplice. Nos mains étaient pleines d'engelures, nos membres, nos corps engourdis, transis depuis des heures. Mais nous aurions eu tort de nous plaindre, souffrir c'est vivre encore. Car dans le long boyau de terre qui nous servait de refuge, une multitude de morts à demi enterrés attendaient en vain une sépulture plus décente que ce cimetière à ciel ouvert.

Nous étions entrés dans les ténèbres de l'humanité, aux frontières du néant, un champ de destruction où se dispersaient les dernières cendres du vivant. Un champ de mitraille qu'on appelait Verdun.

Cette tranchée n'était pas la nôtre. C'était celle de l'ennemi. Celle des Allemands, où nous aurions jamais dû aller, et d'où, peut-être, nous ne ressortirions jamais. Pourtant, des Allemands, il n'y en avait plus guère. Ou bien réduits en bouillie, amas d'os et de chair sanglante exposés aux quatre vents. Les derniers avaient été délogés avec fracas par notre armée et s'étaient repliés quelques dizaines de mètres plus loin. Pour notre état-major comme pour la Nation tout entière, ce recul constituait une immense victoire, même si nous n'étions pas dupes et que nous savions, nous, les soldats de troupe, que ce succès temporaire ne servirait à rien.

(…)

Le soleil se couchait à l'ouest. Il était peut-être six heures du soir, six heures et demie à tout prendre. L'heure de la brune. Bientôt, il ferait noire et nous serions plongés dans l'obscurité la plus totale. Nous n'étions plus que quatre hommes de la compagnie. Quatre survivants, c'était tout ce qui subsistait de l'Escouade des Braves.

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Comment j'ai raté mes vacances - Geoff Nicholson

comment_j_ai_rat__mes_vacances Robert Laffont – juin 2007 – 276 pages

traduit de l'anglais par Bernard Turle

Présentation de l'éditeur
" Ne vous inquiétez pas, messieurs les policiers, je peux tout expliquer... " Votre vie peut basculer très vite, même en vacances ! Motivé par une crise existentielle, Eric a décidé de goûter aux délices du camping-caravaning en famille. Malgré une tenace bonne volonté et un goût modéré pour l'imprévu, les événements déroutants et effrayants s'enchaînent. Sa femme est prise de pulsions sexuelles irrépressibles, sa fille traverse une crise de mysticisme et son fils retourne à l'état de nature. Viennent s'ajouter à cette tribu déjantée des vacanciers loufoques, un policier cinglé et des corps sans tête. Dans cette comédie grinçante, les scènes cocasses, voire hilarantes, côtoient des situations plus tragiques.. L'élixir satirique subtilement dosé ajoute au burlesque que Geoff Nicholson manie avec talent.

Biographie de l'auteur
Geoff Nicholson est né en 1953 à Sheffield. Il est passé par Essex puis Cambridge, avant, si l'on en croit la notice rédigée par ses propres soins, d'exercer les professions les plus diverses (vendeur de meubles, libraire, homme de ménage, agent de sécurité, jardinier et chef cuisinier...) puis de se consacrer à plein temps à l'écriture. Il est l'auteur de quinze romans parus entre 1987 et 2004. Seul What We Did On Our Holidays (Comment j'ai raté mes vacances) a été traduit en français. Son premier livre, Street Sleeper (1987), a été nominé pour le Yorshire Post First Work Award (Prix du meilleur premier roman) et Bleeding London pour le Whitbread Prize. Il a aussi publié plusieurs ouvrages de non-fiction consacrés à Andy Warhol, Frank Lloyd Wright et, récemment, les Sex Collectors (2006). Comment j'ai raté mes vacances a été porté à l'écran en 2006 par Scott Peak, avec David Carradine et Gina Bellman dans les rôles principaux. Pour le New York Times, il s'agit de " la plus drôle des comédies noires ".

Mon avis : (lu en juin 2009)

J'ai pris ce livre par hasard à la bibliothèque, son titre "Comment j'ai raté mes vacances" m'a attiré car c'est très rare que quelqu'un vous avoue qu'il a raté ses vacances ! La quatrième de couverture était également vendeuse... Malheureusement, le livre n'est pas à la hauteur de mes attentes... trop c'est trop...

Eric vient d'avoir 45 ans, il décide de partir quinze jours en famille au camping pour faire un bilan sur sa vie et sur ses proches qu'il a du mal à comprendre. Ce livre est son journal quotidien pendant ce séjour catastrophique... En effet, toutes les tuiles possibles et inimaginables vont s'abattre sur leurs vacances : accident de voiture, garagiste véreux, voisins de camping bruyants... Sans compter sur la famille un peu "frapa-dingue" : sa femme Kathleen est prise de pulsions sexuelles, sa fille Sally traverse une crise mystique et son fils Max fait un retour à la nature et se promène avec un os dans le nez... Au début, j'ai été prise par l'histoire et je riais bien mais rapidement c'est l'accumulation des cataclysmes et trop c'est trop et c'est l'indigestion... J'ai donc eu du mal à finir ce livre... En conclusion, c'est pas terrible !

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