27 juin 2009

Le week-end - Bernhard Schlink

le_week_end Gallimard – octobre 2008 – 217 pages

Traduit de l’allemand par Bernard Lorthomary

Présentation de l'éditeur
Après plus de vingt ans passés derrière les barreaux, Jörg est gracié par le président de la République allemande. Pour ses premières heures en liberté, sa sœur Christiane a organisé des retrouvailles avec de vieux amis dans une grande demeure à la campagne, près de Berlin. Mais ce week-end, qu'elle avait souhaité paisible, est difficile à vivre pour tout le monde, tant les questions de responsabilité, de culpabilité et de pardon sont dans toutes les têtes. Car Jörg est un ancien terroriste de la Fraction Armée Rouge. Pendant trois jours, les coups de théâtre et de bluff des uns et des autres vont se succéder. Chacun cherche sa place, et le choc des biographies, des rêves et parfois des mensonges produit plus de questions que de réponses. L'amitié passe-t-elle avant tout jugement moral ? Le regret et le pardon sont-ils souhaitables, possibles, suffisants ?. Le week-end renoue avec la force et la concision du premier grand succès de Bernhard Schlink, Le Liseur, et prolonge avec beaucoup de talent les interrogations qui hantent son œuvre.

Biographie de l'auteur
Bernhard Schlink, né en 1944, est juriste. Il est l'auteur de romans policiers et du best-seller mondial Le liseur, traduit en plus de trente langues et paru aux Editions Gallimard comme toute son œuvre.

 

Mon avis : (lu en juin 2009)

C’est le premier livre que je lis de cet auteur. Ici, il nous raconte l’histoire de Jörg qui vient d’être libéré après 20 ans en prison. Il appartenait à la Faction Armée Rouge. Jörg va passer son premier week-end de liberté, dans une maison à la campagne. Sa sœur y a invité des anciens amis de lutte. Nous assistons à un huis clos à la campagne avec des personnages qui ont changé depuis vingt ans, chacun a trouvé sa place dans la société, ils ont fait leurs vies et ils ont un peu oublié leurs idéaux passés. Jörg est en décalage avec eux, il semble que sa vie se soit arrêtée pendant vingt ans entre les murs de la prison. Ce livre pose beaucoup de questions sur l'après : faut-il renier son passé ou lui rester fidèle ? A-t-il des remords, des doutes ? Quel est son avenir ? Peut-on encore justifier ses actes ?

J'ai trouvé ce livre très bien écrit et les discussions, les réflexions et les confrontations entre la dizaine de personnages très profondes. A découvrir !

Extrait : (page 91)

D'abord, le soleil inonde d'une vive lumière la couronne du chêne qui se trouve devant la maison. Les oiseaux qui l'habitent et bavardent déjà depuis l'aurore haussent alors le ton. Le merle chante si fort et si obstinément que, si l'on dort dans la chambre d'angle, on se réveille sans pouvoir se rendormir. La lumière du soleil descend progressivement sur la façade tournée vers la route, elle atteint derrière la maison l'autre chêne, le pavillon de jardin, les arbres fruitiers et le ruisseau. Elle vient éclairer aussi la cabane qui flanque au nord le pavillon de jardin et dont Margarete voudrait faire un poulailler avec son enclos. Elle aimerait bien être réveillée par le cri du coq.

A part les oiseaux, les matins sont silencieux. Les cloches de l'église du village ne sonnent qu'à sept heures, la grand-route est loin, la ligne de chemin de fer plus loin encore. La coopérative agricole, dont les machines démarraient au petit jour et dont on entendait les vaches beugler dans leurs étables quand le vent soufflait de là, n'existe plus depuis déjà longtemps ; ses étables et ses hangars sont vides, ses champs sont loués et cultivés par une ferme du village suivant. Si les habitants du village ont du travail, ce n'est pas ici ; ils partent le dimanche soir et rentrent le vendredi soir. Le samedi matin et le dimanche matin, ils dorment tard.

Posté par aproposdelivres à 14:32 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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